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Les infirmiers anesthésistes ont démarré un mouvement de grève dans toute la France. Lundi, ils étaient 4 grévistes sur 13 à Lannion, 11 sur 13 à Guingamp, et 90% d'infirmiers anesthésistes grévistes à l’hôpital de Saint Brieuc. Parmi leurs revendications, une hausse salariale et une reconnaissance de leur statut, qu'ils obtiennent à la suite de cinq ans d'études.

Thomas Barbotaud, infirmier anesthésiste à l’hôpital de Lannion, était gréviste, mais n'a pas pu aller manifester auprès de ses collègues. Il a dû assurer un service minimum à l’hôpital, et il n'est pas le seul : « Le nombre de gens dans la rue n'est pas du tout représentatif du nombre de grévistes. Il y avait beaucoup plus de personnels grévistes, mais ils étaient assignés dans les hôpitaux. » Lundi 17 mai, les infirmiers anesthésistes bretons étaient environ 150 environ devant l'ARS (Agence Régionale de Santé) de Rennes.

« On est l’objet à tout faire de l’hôpital »

La profession d'infirmier anesthésiste est méconnue. Pourtant, ils occupent un poste clé dans les hôpitaux : ils réalisent 15 millions d’anesthésies par an dans les blocs opératoires, les urgences et les blocs de réveil.

Parmi les slogans des manifestants figurait « Un métier formidable mais un statut fort minable ». Le statut représente justement le nerf de la guerre pour les quelques 11 000 infirmiers anesthésistes en France. Ils demandent principalement une meilleure reconnaissance de leur spécialité, accompagnée d'une revalorisation salariale. « Il y a un ras-le-bol depuis des années, mais on ne les voit pas ou on ne les entend pas souvent. » observe Mathieu Nicole, secrétaire général du syndicat CGT de l’hôpital de Saint Brieuc.

Une amélioration de statut refusée

Pour cinq années d'études, les infirmiers anesthésistes gagnent en moyenne seulement 100€ supplémentaires par mois par rapport aux infirmiers non spécialises, qui effectuent deux années de formation. Ils ont donc demandé l'obtention du statut d'auxiliaire médical en pratique avancée, qui leur a été refusé le 6 mai à l'Assemblée nationale. « Sauf que la pratique avancée, c'est exactement ce qu'on fait depuis 50 ans. » souligne Thomas Barbotaud. Les infirmiers anesthésistes assistent les médecins, qui supervisent généralement deux à trois salles d'opération. « Le médecin anesthésiste, c'est comme le pilote, il donne le plan de vol, et l'infirmer anesthésiste l'exécute. On a une responsabilité énorme, on reste tout le temps avec le patient dans le bloc opératoire, de l'entrée à la sortie. »

Une augmentation des compétences requises

Les taches réalisées par les infirmiers anesthésistes augmentent selon Mathieu Nicole, secrétaire général du syndicat CGT de l’hôpital de Saint Brieuc. « La responsabilité qui leur incombe devient de plus en plus lourde à porter, ils doivent gérer de plus en plus de missions. » Un problème notamment liée à la pénurie des médecins anesthésistes, et aux sous-effectifs. A l’hôpital de Lannion, ils ne sont que 13 infirmiers anesthésistes, alors qu'ils étaient encore 18 en 2010. « On cumule les heures supplémentaires. J'ai treize horaires différents possibles, je travaille de jour, de nuit, des week-ends, des jours fériés, ... » explique Thomas Barbotaud. Ces conditions de travail difficiles inquiètent quant à l'attractivité du métier, qui est en train de « fondre comme neige. »

Les syndicats du corps médical sont actuellement en négociation avec le gouvernement pour refaire une grille des salaires. Elle devrait être présentée en octobre. En attendant, une grève nationale de l'ensemble des personnels hospitaliers aura lieu le 15 juin.

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