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Après près de 7 mois de fermeture, les bars et restaurants avec terrasses ont rouvert ce mercredi 19 mai. Les clients étaient-ils au rendez-vous pour ces deux premières soirées de réouvertures ? Quel bilan tirer de cette première étape de déconfinement ?

Les terrasses ont rouvert ce mercredi 19 mai.

 

Ce mercredi 19 mai marque enfin la fin des fermetures des bars. Si certains établissements ont choisi de rouvrir le 9 juin ou le 30 juin pour attendre l'autorisation d'accueillir plus de clients, d'autres patrons ont préféré démarrer leur saison dès cette semaine.

Un soulagement pour tous …

"On s'est tous retrouvés dans la joie et la bonne humeur", s'exclame Valérie, propriétaire du bar Cap O' Bar de Perros-Guirec. "Les terrasses étaient pleines hier et aujourd'hui de 10h30 à 13h30 et de 17h30 à 18h30". A quelques pas de là, au Celtic. "Il y a avait beaucoup de monde avec une très bonne ambiance." Les deux lieux de fêtes ont atteint près de 50 à 60 personnes, remplissant toutes les tables en terrasses. "Le bar, c'est aussi un des premiers liens social. On s'ouvre à la liberté" souligne Valérie.

… mais un piège pour les commerçants

"Ouvrir les terrasses c'est une chose. Mais c'est un cadeau empoissonné. On est limité juste pour les terrasses. Je comprends que certains veulent ouvrir le 9 juin." juge pourtant le propriétaire du bar le Celtic. En effet, quelques commerces préfèrent ouvrir plus tard, ce qui leur serait plus bénéfique financièrement. Au Cap O'Bar, c'est la convivialité qui prime, au détriment du profit : "On ouvre mais ce n'est pas rentable pour nous financièrement. Ce n'est pas 50 clients qui vont payer le salaire de nos trois salariés."

Les terrasses ont enfin accueilli du public ce mercredi 19 mai après 6 mois de fermeture administrative. Une bonne nouvelle pour les responsables des bars mais aussi pour les brasseurs qui peuvent enfin commercialiser leurs fûts.

 

Les établissements ouverts pour la réouverture des terrasses ont fait carton plein. A Lannion, le gérant du bar Le Bistronome, a réalisé une très grosse journée. « On a accueilli 5 fois plus de personnes que pour une journée normale ». Les autres grands gagnants de cette soirée exceptionnelle : les brasseurs de bière.

Quentin Bellec gère la brasserie 2B qui produit des bières artisanales dans le Finistère. Il en est le premier témoin. Après l’annonce de la date de reprise de l’activité il a brassé près de 7000L de bières, « de quoi vendre jusqu’à la mi-juillet » pense t’il alors. Mais le producteur a été submergé par les commandes.

« On s’est fait dévaliser. Il ne nous reste qu’un quart de la production, je dois rebrasser comme un fou pour les prochaines semaines ».

Mais Quentin Bellec se félicite aussi d’avoir enregistré de nouveaux clients pour ce début de saison. Bars, restaurant, « la demande a été énorme pour la réouverture » ajoute t-il.

Des fûts de bières prêts à être livrés aux bars, devant des cuves de brassage / Photo : Guillaume SALIGOT

A Lannion, la brasserie Kerampont a elle aussi ressenti les effets de l’ouverture des terrasses. « Les fûts pour les bars ont tous été pris d’assaut. Il ne m’en reste que 2 de bière blonde ». Cependant, pour Guillaume, rien d’exceptionnel. « Dans tous les cas, le début de saison est toujours à cette période de l’année, on s’y était bien préparé ».

Le 9 juin en ligne de mire

Les bières font enfin leurs retours sur les tables des terrasses / Photo d'illustration : Guillaume SALIGOT

Des brasseurs satisfaits de ce début de déconfinement, mais qui attendent la prochaine étape : la réouverture complète des établissements, le 9 juin. A la brasserie 2B, « Nous n’appréhendions pas vraiment la réouverture, la pression va monter dans 3 semaines, quand les bars ne vont plus être dépendant de la météo ».

Même son de cloche à la brasserie Kerampont, « on avait prévu de se mettre à vendre nos fûts à partir de juin. Ca nous a une petit peu surpris mais on s’est adapté ». Une attente du déconfinement total partagé par les gérants de bars, comme pour Jean, gérant du Gringo à Lannion. « On a hâte d’être le 9 juin, le temps va moins jouer, on pourra vraiment être au maximum ! » Si des doutes subsistent sur le déroulé de la saison estivale, une chose est sûre, l’été est lancé pour les brasseurs et leurs brasseries !

Après des mois de fermeture, les commercant.es des magasins textiles du centre-ville de Lannion s’inquiètent : le click and collect n’a pas permis d'écouler les collections hivernales. Les vendeurs renvoient celles-ci ou essaient de les brader... quitte à annuler les soldes d’été prévus mi-juin.

Alors que le e-commerce a bondi de 13% pendant les 6 premiers mois de 2020 par rapport au trimestre précédent, selon le média LSA , le click and collect n’a visiblement pas porté ses fruits chez les commercant.es textiles de Lannion. On a essayé, mais personne n’est venu commander chez nous. Au mois de novembre, par exemple, nous n’avons reçu qu’une seule commande”, déplore Sébastien, le gérant du magasin Devred situé place du Centre à Lannion.

Face à cette situation, beaucoup de magasins ont donc fait le choix de fermer la boutique, le temps de travail des employé.es ne pouvant être rentabilisé. Pour beaucoup de magasins et de clients, la fracture numérique est trop grande. “Il faut prévoir un site web, mettre en place des moyens que nous n'avions pas anticipés. Et de nombreux clients ne se sont pas du tout habitués à ces nouvelles habitudes de consommation”, explique Caroline, employée de La Fée Maraboutée. "Si les gens viennent en boutique; c’est pour essayer, être conseillé ! Sinon ils commanderaient directement sur internet”, estime la vendeuse. 

Un surplus de stock des collections d’hiver 

L’échec du "click & collect" a eu des conséquences sur les stocks. Philippe, qui a ouvert 7 magasins cette année malgré la pandémie dans le centre-ville de Lannion, est ainsi confronté à des problèmes de gestion des collections d’hiver commandées en septembre. Celles-ci n’ont jamais réussi à s’écouler et restent à la charge des magasins non franchisés. “Une collection nous coûte plus de 10 000 euros ! Nous n’avons quasiment pas réalisé de ventes depuis octobre et nous ne pouvons plus nous renouveler.", témoigne le gérant de Sélection, ainsi que d'autres commercant.es. Certains ont fait le choix de revendre une partie de leur marchandise soldée à des usines, des grossistes ou des boutiques éphémères. 

Devanture du magasin Kookai le 19/05/2021

"Jusqu'à moins 60 % sur certaines collections” peut on lire sur la devanture du magasin Kookaï du centre de Lannion, dès le premier jour de la réouverture, le 19 mai. Une manière d'écouler une partie de ses vêtements d'hiver, l'autre partie étant renvoyée à l'usine. A l'inverse, la maroquinerie Léonie choisit de ne pas solder sa collection hivernale. Les soldes d'été arrivent beaucoup trop tôt, alors que nous n’avons même pas pu écouler nos stocks d'hiver. On ne peut pas se permettre de faire des prix dès la réouverture alors qu’on ne fait plus de bénéfices depuis des mois”, juge le gérant. Les soldes d’été ne concernerons donc pas tous les commerçant.es.

Laudet Esther 

Les machines à sous et jeux électroniques des casinos ont repris du service. Ces restrictions sanitaires excluent donc les tables de jeux. Mais pas de quoi refroidir les clients, qui étaient venus par centaines pour la réouverture.

Mercredi 19 mai, Pierre Journé, directeur du Kasino à Perros-Guirec, a accueilli environ 450 personnes. « On a même dû refuser des personnes » précise le directeur. De quoi renflouer les caisses, qui étaient vides depuis octobre. Un protocole sanitaire avec une interdiction des tables de jeux et une jauge limitée de 35%, en sont les principaux points. Le couvre-feu à 21 heures limite aussi le casino dans son activité, surtout à l’approche du week-end de la Pentecôte. « On aurait pu avoir trois soirs chargés avec le lundi férié, mais on ne peut pas en profiter ». 140 personnes sont désormais autorisées à entrer dans le casino en même temps. Une différence avec les 400 personnes que la structure pouvait initialement accueillir.

« On ne peut accueillir que 35% de notre capacité d’accueil habituel. On ne va pas se plaindre, c’est toujours mieux que 0 »

Gel hydroalcoolique, nombre d’entrées limitées…Les retrouvailles entre le personnel et les clients étaient tout de même très attendues. Pour Jeanette, une habituée du casino, « c’est un bonheur de les voir ! ». Mais comme tous les lieux publics, l’incertitude sur la durée de ces retrouvailles inquiètent. « J’espère juste que ça va durer » avoue Jeanette. Le service restauration et bar du casino sont fermés. Les clients peuvent donc seulement jouer pour l’instant. Mais malgré toutes ses contraintes, le directeur se dit soulagé : « On ne peut accueillir que 35% de notre capacité d’accueil habituel. On ne va pas se plaindre, c’est toujours mieux que 0 »

Un personnel réduit

Le fonctionnement des équipes a été revu. Organisé avec une ronde de 3 équipes par jour, c’est avec 2 équipes que le Casino fonctionne désormais. Une partie des employés est donc toujours en chômage partiel. Pour les croupiers du casino, pas d’exception. Ils sont tous en chômage partiel et « attendent de pouvoir reprendre du service au plus vite » affirme Pierre Journé qui espère un retour à la normale pour mi-juin. Pour le moment, la réouverture totale des casinos est prévus pour le 30 juin, comme les cinémas.

Alors que les salles obscures ont rouvert le 19 mai, les cinémas du Trégor privilégient les films français de 2020, victimes des confinements successifs. Une "semaine blanche" qui ne dit pas son nom, et qui a de bonnes chances d'attirer le public.

Le cinéma Les Baladins situé à Lannion, Bretagne

“Garçon Chiffon” de Nicolas Maury, “Envole moi” de Christophe Barratier, le multiple césarisé “Adieu les cons”... Les cinémas des Baladins à Lannion et Perros-Guirec proposent un large choix de films français à l'occasion de la réouverture des salles obscures, ce 19 mai. Bien loin de la programmation habituelle qui favorise blockbusters ou films étrangers.

C’est mon choix“, explique Laurence Le Quéré, propriétaire des deux cinémas. Les Baladins vont “reprendre des films qui n'ont presque pas été vus comme 'Adieu les cons', à l'affiche qu'une semaine, ADN et Sous les étoiles de Paris, seulement deux jours", affirmait la gérante au Trégor la veille de la réouverture des cinémas.

La "semaine blanche" n’a pourtant pas été actée entre les acteurs du monde cinématographique. Carole Scotta, co-présidente des Distributeurs indépendants réunis européens (DIRE) avait suggéré cette "semaine blanche", par nécessité de préserver les films indépendants européens de la concurrence des long-métrages hollywoodiens lors de cette semaine de reprise. Finalement, chaque salle obscure gérera elle-même ses priorités.

Si cette semaine blanche n'a pas été officiellement mise en place, c'est aussi parce que le calendrier des sorties est modifié en permanence. "Les dates de sortie ne cessent de changer. Rien que cette semaine, 100 films ont changé de date", déplore Laurence Le Quéré, qui peine à s'organiser. Alors que le public du prochain James Bond, Fast and Furious et Black Widow devra attendre, les amateurs de cinéma d'art et d'essai se satisfont de la sélection actuelle. "On trouve ça normal que les films qui sortent ne soient pas les plus récents", juge Emmanuel, qui approuve le fait de privilégier les films français.

Les blockbusters dans les starting blocks

Plusieurs films multi-récompensés vont sortir dans les semaines suivantes et devraient attirer un public conséquent : The Father de Florian Zeller le 26 mai, le road movie Nomadland de Chloé Zhao le 9 juin ou encore l'onde Sound of Metal de Darius Marder le 16 juin. Avant l'arrivée de cette vague de productions oscarisées, certaines salles obscures ont donc pris le parti de l’industrie française, en lui consacrant une semaine sans trop de concurrence internationale.

La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner

Certains observateurs estiment que ces films français peuvent rencontrer leur public. "La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner", estime Xavier Albert, directeur général d'Universal.

Ce mercredi, à l'occasion de la réouverture des salles, Diane, une habituée, a pourtant choisi d'aller voir Michel Ange, le biopic du cinéase russe Andreï Kontchalovski. "J'aurais choisi n’importe quel film, du moment que je vais au cinéma. Je ne pouvais pas louper ça !", lance-t-elle. Comme elle, une majorité de Français ne privilégie pas nécessairement les productions nationales. Un sondage d'Allociné montre ainsi qu'au delà des nouveautés, c’est l’expérience des salles obscures qui a manqué aux spectateurs durant la crise sanitaire.

Ce mercredi, les lannionnais ont occupé en nombre les terrasses de restaurants et les cinémas. Pourtant, l'effervescence ne profite pas au musée des Ursulines, où encore personne ne se presse à l'entrée.

 

Les portes viennent de rouvrir à la chapelle des Ursulines, mais seuls quelques amateurs d'art sont présents . Depuis 14 heure, ce mercredi 19 mai, le musée est accessible au public, avec une jauge limite de 20 personnes. Tout a été préparé attentivement par le personnel encadrant, spots de lumière et musiques d'ambiance ont été placés pour convenir au mieux à l'ambiance sacrée du lieu. Pourtant, ces efforts de présentation ne semblent pas suffire : il n'y a pas foule à l'exposition "Océanités", galerie d'art contemporain.

"Les gens attendent tellement de choses, depuis tellement longtemps, qu'ils ne peuvent pas tout faire dans la même journée"

Ce manque d'affluence ne surprend pourtant pas Nathalie Rémond, responsable du lieu. Selon elle, ce jour de réouverture n'offre pas d'opportunités d'affluence au musée des Ursulines, mais illustre davantage les priorités personnelles des habitants. "Il faut se souvenir qu'on est mercredi, jour des enfants pour les parents. Aujourd'hui, les habitants vont surtout être attirés par les terrasses, et les magasins de vêtements pour habiller leurs petits. On ne peut pas tout faire en même temps". Les préférences culturelles des lannionais se sont aussi illustrées cet après-midi : le cinéma Les Baladins a affiché complet pour ses deux séances du jour. Le musée des Ursulines avait pourtant l'opportunité de concurrencer le grand écran, en étant la seule des trois galeries d'art ouvertes en ce jour de réouverture.

Problèmes de médiatisation

Pour Nathalie Rémond, le musée souffre également d'un manque de médiatisation quant à la communication des nouveaux projets du lieu. "On est dépendants des médias lorsqu'on veut annoncer des nouvelles expositions. On invite les journalistes à venir ici, mais c'est rare que l'on publie des choses sur nous." Un point de vue réaffirmé par un visiteur. Amateur d'art aguerri, il sillonne la bretagne à la recherche de galeries d'art "Les musées sont marginalisés par les médias, ils sont trop intellectualisés alors qu'il y a du personnel compétent pour nous aider à comprendre les œuvres d'art". Selon lui, la chapelle gagnerait à gagner en visibilité, il désire la voir se transformer en lieu de rencontre entre adeptes d'art contemporain et curieux du coin.

Alors qu'un vent de liberté souffle sur la France en ce début de déconfinement, la situation de certains restaurateurs n'appelle pas à l'optimisme. A Lannion, peu de restaurants ouvrent leur porte en ce 19 mai, certains les ferment même définitivement.

Devanture du restaurant Umami

Les 6 clients qu'elle a installé au soleil sont peut-être les derniers. Corinne Pellegrin a décidé de faire de cette réouverture un cadeau d'adieu : "Je ferme dans deux semaines". Son restaurant Umami est niché dans une des nombreuses petites ruelles qui traversent le centre de Lannion et propose quelques tables devant sa façade

Restaurant, épicerie et salon de massage, son établissement a pris la crise de plein fouet. Corinne Pellegrin a bien essayé de mettre en place la vente à emporter et la livraison mais, seule pour s'en occuper, elle n'a "pas tenu". La rentabilité de son commerce est au plus bas depuis le début de la crise sanitaire, dit-elle, malgré les aides de l’État.

Comme beaucoup d'autres restaurateurs avec peu de places en terrasses, elle s'attend à ce que les bénéfices ne soient pas au rendez-vous. Son bail finissant dans quelques semaines, elle a décidé de tout arrêter et de prendre sa retraite : "Je vais peut-être continuer à vendre quelques plats préparés par-ci par-là, mais j'arrête le restaurant, il n'est plus viable."

Des coûts trop importants

D'autres établissements, aussi confrontés à des difficultés, retardent leur ouverture. Au Maestro, brasserie et pizzeria du centre-ville, on ne rouvre pas avant la mi-juin. Là encore, faute de rentabilité. Les salaires des cuisiniers et du service sont trop importants par rapport aux bénéfices potentiels, explique Carine Le Meur, qui estime que la situation des bars est différente. "Quand on a un restaurant, on ne doit pas juste servir des verres, on a besoin de plus de monde et de moyens." Même si les aides continueront tout le mois de mai, elles ne sont pas suffisantes pour tenter le pari de la réouverture dès aujourd'hui, poursuit. Elle laissera donc le bar "le Chapelier" situé juste en face de son établissement, utiliser sa petite terrasse pour la réouverture de ce mercredi.

Agora au Graslin à Nantes

Lannion, Saint-Brieuc, Lorient, Morlaix, Brest… Partout en Bretagne, les théâtres restent occupés malgré la réouverture des salles de spectacles, leurs intermittents n’ayant toujours pas obtenu gain de cause. Entre cohabitation et tentative d’expulsion la situation se tend dans nombre de théâtres.   

 

« Pas de réouverture sans droits sociaux » ce slogan fédère les occupants des théâtres bretons aujourd’hui plus que jamais. Alors que les théâtres rouvrent pour le bonheur d'une partie de la population, les intermittents occupent toujours une majorité des théâtres bretons. Les occupants attendent toujours des réponses à l’échelle locale comme nationale. Quand dans certaines salles les intermittents ont le soutien des directions et que la collaboration est de mise en cette période de réouverture. Dans d'autres théâtres les mennaces d'expulsion planent.

En Bretagne, sur les 12 théâtres initialement occupés depuis mars 2021, 11 le sont toujours. Les militants restent car leur droits sociaux ne sont toujours pas garantis malgré l’organisation la semaine dernière du Conseil National des professions du spectacle en présence des ministres de la Culture et du Travail. À Lannion, les occupants du Carré magique demandent , la prolongation de l’année blanche jusqu'à la fin de la crise. Mais aussi, plus largement l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage et un plan de relance massif pour l’emploi.     

Ronan Bléjean, occupant du Carré magique « La réouverture des salles permettrait à une personne sur quatre d'avoir du travail. »  :    

Les occupants on la chance d’entretenir de très bonne relation avec l’équipe de la salle qui soutien leur lutte. « Au début de chaque spectacle on laissera de la place aux occupants pour expliquer leurs revendications. » affirme Marianne Gauthier, chargée de communication de la salle.

Expulsion et incompréhension    

La paisible ambiance de Lannion est loin d’être partagée dans tous les théâtres. À Lorient, la situation est bien plus tendue. Lundi, les occupants du Grand théâtre ont été invité à quitter les lieux, lors d'une réunion avec les élus locaux et responsables du théâtre, initialement prévue pour discuter d'un plan de relance à l'échelle locale. Motif invoqué : la jauge de 35% sera dépassée s'ils restent sur place. Pourtant, aucune représentation ne sera jouées au Grand théâtre jusqu'à mi-juin, il servira uniquement à la billetterie pour quelques riverains.

À ce jour aucune expulsion n’est en cours. « Pour l’instant, les politiques se passent la balle, mais personne n’ose nous expulser. Ils ont peur que l’ont se joigne aux ouvriers de la Fonderie »explique Kristell, une des occupantes. Le maintient des occupations inquiète les directeurs de salles qui bloquent à certains endroits la réouverture par peur d'une confrontation entre public et artistes. Ainsi le zèle des théâtres distrayant en temps de confinement inquiètes à l'heure d'une convergence des luttes grandissante.

A l’occasion de sa réouverture, la Galerie du Dourven (Locquémeau) présente l’exposition « L’océanique des flaques ». L'oeuvre contemporaine veut être rendue accessible à tous par ses auteurs.

La Galerie du Dourven rouvre ses portes ce mercredi

Pas de queue devant la galerie. Quelques passants seulement, venus se balader sur les chemins du domaine, jouent les curieux en s’arrêtant un instant avant de continuer leur marche. Ce qui suscite leur curiosité : des champignons en bois et des coquillages en terre sur les flancs des murs.

Avant même de pénétrer à l’intérieur de la galerie, l’on aperçoit toutes sortes d’objets fixés sur la façade. De quoi donner le ton de « L’océanique des flaques », exposition de Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre, à l’honneur pour la réouverture de la Galerie du Dourven.

Fragments de vie et éclairage

A l’intérieur, comme attendu, de l’Art contemporain. Le redouté, l’éternel incompris. Pour beaucoup, l’œuvre peut paraître abstraite. Palettes de bois superposées et accrochées à un mur, petits blocs de ciment répartis sur une planche bétonnée…

Pourtant, ces objets sont porteurs d’un sens qui, selon Claire, médiatrice de l’exposition, mérite d'être rendu accessible au plus grand nombre : « Les artistes se sont inspirés des territoires où ils sont allés pour recréer ici un environnement. Ils sont sans cesse en train d’explorer de nouvelles choses, de nouveaux matériaux… Ils aimeraient être les précurseurs de nouvelles façons de faire ».

Pour l’heure, les objets exposés restent des ébauches. Car, partager avec le public leur processus de création, telle est la démarche des deux artistes qui veulent démocratiser leur Art.

Objets d'Art Contemporains exposés à la Galerie

Réconciliation avec l'Art Contemporain

Pour que l’œuvre parle à celui ou celle qui déambule dans la Galerie, Nicolas et Sylvain mélangent leurs récits inventés à de vraies thématiques locales.

Dans une interview vidéo, Nicolas explique « Nos projets avec Sylvain se déroulent souvent sur des questionnements qui sont autour d’un territoire précis comme à l’Estran. C’est-à-dire de s'intéresser à un milieu, à son biotope, à son historique et de créer une histoire autour de ça. Nous ça passe par la création d’images et d’objets au sein d’une galerie. ».

Et pour ceux qui s’interrogent encore, contemplant les objets dubitativement, en l’absence des deux artistes, Claire reste disponible : « Je sers à ça. A donner des pistes interprétatives aux visiteurs ».

Finalement, pour les novices, Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre ont trouvé le remède. Les visiteurs pourront s’installer à une table et jouer à la bataille navale. Ludique, ce jeu en bois dessiné par les deux artistes devrait rendre plus attractif les objets d’Art installés autour.

Pour ceux qui resteront fâchés avec l’Art Contemporain, pas de panique. Dans le Trégor, de nombreuses autres expositions sont désormais ouvertes au public. La peinture est notamment à l’affiche à la la Roche-Jaudy, avec « CIRK », ainsi qu’à Plestin-les-Grèves avec « Encres et aquarelles ».

Voir en plein écran

Les restaurateurs peuvent dès ce 19 mai accueillir leurs clients, mais cette réouverture n’est pas vue de la même façon par les restaurateurs de Perros-Guirec. Pour certains d’entre eux, la période qui suit ne sera pas rentable : ils attendent avec impatience la vraie ouverture du 9 juin prochain.

Un retour à la liberté ? La deuxième phase de l’assouplissement des restrictions sanitaires débute ce mercredi 19 mai avec la réouverture des terrasses des restaurants. La reprise du service à l'extérieur de ces établissements , synonyme de plaisir pour les clients, réjouit également des restaurateurs de Perros-Guirec. Gwenael Odic, gérant du restaurant La Crémaillère, a rouvert sa terrasse ce matin, après l'avoir mise en place la semaine dernière avec l’autorisation de la mairie.

Tout en continuant la vente à emporter, mise en place depuis le premier confinement de mars 2020, Gwenael Odic attend avec impatience de servir sur place à nouveau ses clients, six mois après sa fermeture : « Beaucoup de clients habitués nous ont demandé de réserver des places pour la terrasse. ». Certains d'entre eux étaient déjà sur le pont une semaine avant.  Il reste également très confiant sur l’arrivée des clients dans son établissement : « Enormément de gens reviendront. De nombreux touristes circulent à cette période, ce qui va nous apporter de la clientèle."

Afin d'anticiper cette arrivée massive et un éventuel manque de personnel, le chef d'entreprise a préféré embaucher dès maintenant du personnel pour la saison.

Une remise en route pour le 9 juin

Plusieurs restaurateurs de Perros-Guirec comptent reprennent du service ce mercredi, mais restent perplexes sur la rentabilité de leur activité. Autorisés à remplir seulement 50 % de leur terrasse, ils s'attendent à une période délicate. C’est le cas de Franck Lascaux, patron de la crêperie Les Calculots : « On n'a que la terrasse, divisée par deux, et toujours pas l’intérieur. Il suffit qu’il pleuve et ça ne sert plus à rien d'ouvrir. Donc on ne pourra travailler correctement qu'à partir du 9 juin, pas avant. » À partir de cette date, il pourra rouvrir entièrement sa terrasse et accueillir ses clients à l’intérieur de son établissement, à 50 % de sa capacité d’accueil maximale. Pour le gérant, la réouverture de ce 19 mai n'est qu'une transition avant une véritable reprise de son activité au mois de juin.

Sébastien Le Rallec de la crêperie Les blés noirs considère lui aussi cette étape du déconfinement comme une préparation au 9 juin : « Ca va permettre de se remettre au boulot, parce qu'il était temps, et de refaire vivre un peu le bourg.» Il mise cependant sur une ouverture seulement le midi et l’après-midi. Malgré le report du couvre-feu à 21h, la fraîcheur des soirées bretonnes l’incite à rester fermé pour le service du soir.

Une reprise plus tardive

Face à ces nombreuses incertitudes, certains restaurateurs préfèrent garder leur rideau fermé et envisagent une reprise plus tardive. Sur le front de mer de Perros-Guirec, le restaurant La Plage attendra encore avant d’ouvrir ses portes au public, « compte tenu de la jauge de 50 % en terrasse, et du fait que l’on ne soit jamais trop sûr des conditions ».

Les problèmes d'organisation liés au personnel confortent la décision du gérant : « C'est compliqué de dire aux employés un jour : 'tu viens au boulot', puis le lendemain 'tu ne viens pas'». Entre jubilation, questionnement sur la rentabilité et attentisme, un retour à la liberté vu différemment par les restaurateurs de Perros-Guirec.

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