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Un nouveau microbe jamais vu dans la baie de Lannion a été détecté mercredi 12 mai. Les pêcheurs de coquillages ont été contraint par la préfecture de jeter leurs productions, mais les pêcheurs au large n'ont rien à craindre.

La pêche à pied est mise en pause dans la baie de Lannion jusqu’à nouvel ordre. Un microbe, le pseudo-nitzschia australis, microalgue présentant un risque d’intoxication alimentaire, a été détecté sur les côtes de Locquémeau.

L’eau qui dort à Locquémeau

Les pécheurs à pied sont les plus affectés par cette microalgue. Tous les producteurs de coquillages sauf les huîtres ayant continué leur activité le lundi et le mardi, ont été contraints de jeter leurs récoltes. Jean, cultivateur de bigorneaux témoigne : "J’ai péché lundi mais maintenant je dois tout détruire [...] ce sont les aléas du métier"

Maintenant je dois tout détruire [...] ce sont les aléas du métier.

C’est la première fois que l’on détecte ce microbe dans la baie de Lannion. Mais les pécheurs de la baie ne sont pas pour autant inquiets. Les situations de ce genre sont fréquentes. L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) réalise souvent des « contrôles de routine » pour s’assurer que l’eau n’est pas potentiellement infectée. Les pécheurs sont prévenus généralement le lundi, et s’adaptent.

Carte des zones touchés par le microbe

C’est quoi, ce pseudo Nitzchia ?

Quelle est cette microalgue qui débarque en Côtes-d'Armor ? « C’est un plancton végétal », explique Arthur Le Pas, responsable de la communication pour de l'Ifremer. « Cette algue microscopique se laisse porter par les courants », cela provient de phénomènes naturels, et ne se maîtrise donc pas.

Comme l’écrit la préfecture du Finistère dans un communiqué de presse, « les personnes ayant consommé des coquillages provenant de ces zones et présentant des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, nausées) et/ou des symptômes neurologiques (maux de tête persistants, désorientation et confusion) sont invitées à se rapprocher de leur médecin. » La toxine est nocive et peut à forte dose devenir responsable d’intoxications amnésique chez l’humain.

Cela n'a pas empêché certains pêcheurs au large de prendre des précautions dès l'annonce des analyses. Johnny Brochault, mytiliculteur dit avoir mis son activité entre parenthèse sur la journée du mardi et du mercredi : "Je ne voulais pas prendre le risque d'expédier, parce que si les taux dévoilés étaient trop élevé, tous ce qu’on a récolté lundi aurait du être détruit".

Leïlou Robert

L'ispisiri a ouvert ses portes le 1er mai à Lannion. C'est un lieu autogéré et solidaire, basé sur le volontariat des adhérents. Tout le monde participe pour proposer à la vente des produits locaux et écologiques.

Pour trouver l'Ispisiri, fiez-vous aux fleurs dessinées sur le trottoir, et aux fenêtres décorées de la rue Roger Barbé à Lannion. Une trentaine de personnes ont crée cette épicerie solidaire, autogérée et ouverte à tous. Ici, pas de salariés, ni de hiérarchie. Tout le monde participe au bon fonctionnement de l'épicerie. Les adhérents sont à la fois bénévoles et consommateurs : « On fait fonctionner la structure et on en bénéficie aussi. » explique Marielle André, adhérente. Et c'est justement ce qui a plu à Claire Gablin, membre de la première heure : « comment on amène une autre façon de penser, de gérer les choses, c'est ça qui m'intéresse. On expérimente. »

Le fonctionnement de l'épicerie repose sur une confiance mutuelle. Les adhérents peuvent prendre l'initiative de commander les produits qu'ils souhaitent, dans le respect de la charte commune. « Tout le monde peut faire ce qu'il veut, il faut juste que les adhérents soient logiques dans leurs choix. Comme c'est une communauté, il y aura toujours des gardes-fous. » explique Axel Bouteiller, adhérent de l'épicerie.

Le fonctionnement en autogestion peut surprendre, comme pour Marielle André, qui a travaillé dans une enseigne alimentaire : « J'étais habituée à un fonctionnement plus commercial. Découvrir cette liberté de fonctionnement, ça m'oblige à travailler un peu sur moi. Je n'avais pas pensé à certains aspects de l'organisation. Je me rends compte qu'il y a toujours des manières de fonctionner à inventer. »

Une répartition des taches basée sur le volontariat

Au début du projet, ils étaient une quinzaine de personnes motivées. « Le but c'est de rassembler les gens autour d'un projet, de les faire se rencontrer. » s’enthousiasme Claire Gablin. Avec le bouche-à-oreille, ils sont maintenant 60 adhérents. Planning et tableaux sont nécessaires pour se répartir les taches, entre les permanences sur les heures d’ouverture, la manutention, la réception des commandes, etc... Là encore, le système repose sur le volontariat. « Chacun fait ce qui l'attire selon ses disponibilités. » précise Marielle André. Pour l'instant, l'épicerie est ouverte 3 fois par semaine. Les adhérents envisagent de nouveaux horaires lorsqu’ils seront plus nombreux.

Quand des décisions doivent être prises à l'Ispisiri, elle le sont sur la base du consensus. Il n'y a aucun vote, et le président est tiré au sort parmi tous les adhérents. Ce statut ne lui donne pas plus de poids que les autres membres, mais l'épicerie est obligée de désigner des représentants pour être déclarée en tant qu'association.

Des commissions ont également lieu entre groupes d'adhérents pour discuter de sujets spécifiques. Pas de règles strictes, chacun est libre d'y participer et de donner son avis. « Parfois la communication est difficile. Il peut y avoir aussi des prises de tête parce que tout le monde n'est pas d'accord, mais c'est normal. » raconte Marielle André. Pour Elise Barreaud, adhérente elle aussi, c'est justement un des intérêts du projet : « Ce qui va être intéressant, c’est de voir comment on va résoudre et désamorcer les problèmes, et à quoi cela va nous mener. »

Un projet à échelle humaine

L'Ispisiri cherche de nouveaux adhérents, il faut suffisamment de monde pour que l'épicerie puisse fonctionner en autogestion. Mais elle souhaite rester une initiative à taille humaine. Les adhésions devraient donc s'arrêter à 150 membres. « On cherche à faire du lien, et au-delà de 150 personnes, je ne suis pas sûre qu'on arrive tous à se rappeler de nos prénoms ! » précise Elise Barreaud.


Comment l'idée d'une épicerie solidaire s'est construite ? L'explication de Marielle André.

Lannion Trégor Communauté (LTC) a lancé une campagne en 2020 pour aider financièrement ses habitants à détruire des nids de frelons asiatiques. Bien que ces aides soient appréciées, pour certains professionnels, elles restent insuffisantes.

Le mois de mai est propice au développement des frelons asiatiques. C’est donc le début de la saison pour les désinsectiseurs, qui devront faire face à une demande de plus en plus importante jusqu’à novembre. Pour pouvoir détruire un nid de frelons asiatiques, les habitants de Lannion peuvent faire une demande directement auprès de la mairie. Cette dernière s’occupe ensuite de faire des requêtes vers des entreprises spécialisées. Les aides liées à l’intervention peuvent varier entre 15 et 25 euros pour LTC et s’élèvent à hauteur de 25 euros pour la mairie de Lannion. Elles ne sont donc pas négligeables pour les particuliers et les apiculteurs à qui, il reste généralement une vingtaine d’euros à payer.

Carte représentant la répartition des frelons asiatiques en 2015. Elle a été réalisée par l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) le 10/09/2015.

Nicolas Gouizan, qui est désinsectiseur pour l'entreprise Neature, dans Lannion et ses alentours, détaille la démarche à suivre : « Un référent mandaté par la mairie, vient s’assurer qu’il s’agit bien de frelons asiatiques avant de nous appeler ». Bien qu’il soit intéressant, le montant accordé aux aides reste pour certains apiculteurs, insuffisant.

Une image d'un nid de frelons asiatiques, provenant de la banque d'images: Pixabay.

« Les pouvoirs publics ne me versent pas un euro pour m’aider à rembourser cette perte de chiffre d’affaire »

Des aides incomplètes pour les professionnels ?

Jean-Christophe Cosnier, apiculteur à Lannion, déplore un manque d’aide de la ville. « Les conséquences des frelons asiatiques sont désastreuses pour mes abeilles et mes ruches. Les pouvoirs publics ne me versent pas un euro pour m’aider à rembourser cette perte de chiffre d’affaire ». En plus d’être aidé financièrement pour la désinsectisation, ce dernier réclame des aides sur ses pertes de chiffres d'affaires.  Eric Sionneau, également apiculteur, reconnaît les efforts mis en place par la ville. « L’argent qui nous est versé pour nettoyer les nids des frelons asiatiques est important ». Il admet cependant, qu’ils peuvent demeurer incomplets. « Il est vrai qu’il n’y a pas d’aides quand on perd des ruches, il faut absolument avoir des assurances. »

Les apiculteurs s’accordent donc tous sur un point : des aides supplémentaires ne seraient pas de refus.

Malgré les difficultés des commerces à survivre aux confinements successifs, le centre-ville de Lannion voit se créer depuis plus d’un an de nouvelles boutiques. Philippe Auriou a ouvert 7 commerces afin de redynamiser le centre-ville, et ne compte pas s’arrêter là.

Des boutiques de mode et de chaussures fleurissent dans le centre ville de Lannion. Ouvertes l’année dernière, en pleine crise sanitaire, ces nouveaux commerces font face à des défis particuliers. Philippe Auriou a ouvert 7 boutiques en centre-ville de Lannion depuis un an : Les deux font la paire, IKKS, Sélection, Les chaussures, Sélection Bis, Sinequanone et Du pareil au même. Les restrictions sanitaires n’entament pas la détermination du chef d'entreprise, qui compte ouvrir une huitième boutique.

Une stratégie commerciale

Il compte sur un nouveau dynamisme du centre ville, insufflé grâce à l’ouverture des boutiques et une volonté commune entre les commerçants. Selon lui, il est primordial de proposer une offre diversifiée à Lannion et de recréer l’attraction autour du centre ville. Cette offre permettra d’attirer une clientèle plus large, qui trouvera son bonheur parmi les commerces lannionais. La plupart de ses boutiques sont des franchises et ont été ouvertes l’année dernière, en pleine crise sanitaire.

Cet investissement du centre-ville par le chef d'entreprise contre la fuite des commerces vers les zones commerciales. Alors que les centre-villes perdent en activité, celui de Lannion est la cible des grandes marques.

 C’est assez paradoxal sur Lannion, car lorsqu’on fait appel à une marque, 9 fois sur 10 elle est intéressée.

Philippe Auriou explique que lorsque la ville n'attirait plus, c'est car elle était vide. Aux yeux du commerçant, Lannion possède de nombreux atouts : le charme du centre-ville, et une forte demande de commerces de proximité par les habitants.

Des difficultés mais de l’optimisme

Philippe Auriou parie sur ce nouvel élan du centre ville pour se relever économiquement des confinements. Le click and collect n’a pas bien fonctionné pour ses boutiques. Pour ce chef d'entreprise, la clientèle est attachée au contact, incompatible avec ce système virtuel. Fidéliser une clientèle est un enjeu de taille pour les commerces récemment ouverts.

Ces créations de boutiques représentent un investissement important, qui se heurte aux restrictions sanitaires actuelles. Cette chute du chiffre d'affaire l'empêche aujourd'hui des soldes, témoigne t-il. Les collections (de vêtements ou de chaussures) coûtent chères, et ses magasins gardent des charges à payer.

Durant la fermeture de ses commerces, il n’a pas utilisé les réseaux sociaux. Cette rupture avec sa clientèle est difficile, et il espère la retrouver rapidement à la réouverture.

Ces périodes de confinements nous ont fait un peu tomber dans l'oubli, c’est très dur

Les petits commerces locaux sont mis de côté dans cette période selon lui, et il témoigne d’une incompréhension vis à vis de certaines décisions gouvernementales. Philippe Auriou explique pouvoir mettre en place des jauges de clients et autres dispositifs sanitaires facilement, a contrario des grands magasins.

Malgré ces difficultés, le commerçant reste optimiste et prévoit même d'ouvrir une huitième boutique dans le centre ville. Une franchise Benetton, la marque de vêtements italienne, sera la prochaine étape de sa conquête.

Alors que le plan de licenciement de Nokia illustre les difficultés de l'industrie des télécommunications à Lannion, le secteur de l'optique se développe à la technopole. Lauréate d'une subvention pour un projet de relocalisation, l'entreprise Keopsys en est un acteur.

Keopsys, basé à Lannion est en pleine période de recrutement

Le 19 mai, l'entreprise Keopsys accueillait dans ses locaux de Lannion le sous-préfet à la relance des Côtes-d'Armor et du Finistère, Yannick Scalzotto. Ce dernier remettait à la filiale de Lumibird le prix "France Relance", qui s'accompagne de subventions issues du plan de relance national de 100 milliards d'euros. La société spécialisée dans la photonique, la détection laser ou les lasers à fibres recevra 540 000 euros de l’État.

Le projet de Keopsys soutenu par l’État, prénommé "ARCOL", représente un investissement total de 3 à 4 millions d'euros. Il consiste à créer une ligne de fabrication de composants que l'entreprise devait auparavant importer. Pendant la crise, l'entreprise a reçu d'autres subventions pour la rénovation énergétique de ses bâtiments, ainsi que pour l'emploi de jeunes, d'handicapés et "d'emplois francs".

Un ancrage local

Fort de plus de 190 salariés sur son site de la technopole de Lannion, Keopsys n'arrête pas de recruter. Depuis août 2020, plus de 40 contrats ont été signés. Parmi ces nouvelles recrues, toujours présentes dans l'entreprise selon le groupe, 14 sont âgées de moins de 26 ans et ont été formées à Lannion (ENSAT, IUT, BTS au lycée Félix Le Dantec).

"Nous recevons des candidatures tous les jours et devrions continuer à recruter", indique Florence Bonneaud, des ressources humaines de Keopsys. La technopole est devenue au fil des ans une place forte de la photonique en France et même dans le monde, grâce à des entreprises comme IXblue, Ekinops, IDIL, réunies au sein du groupement Photonics Bretagne.

Pour de nombreuses entreprises, l'annonce de la suppression de 240 emplois par Nokia a fait craindre des conséquences en cascade pour la technopole. Florence Bonneaud se veut rassurante et juge que la secousse a été facilement absorbée : "Bien sûr au niveau de la région, on a eu peur pour l'emploi, mais ça n'a jamais remis en question notre engagement, ici à Lannion."

En quelques mois, le secteur du bâtiment a vu le prix de ses matières premières bondir. Retards d’approvisionnement, devis approximatifs, forte concurrence outre-Atlantique… Michel Jaouanet, dirigeant d’une entreprise de charpente à Plouagat, s'alarme d'une crise inédite.

« La situation est très inquiétante » pour Michel Jaouanet, président du Conseil de Surveillance de l’entreprise Charpentes EMG, basée à Plouagat. Tous les jours, il regarde sur internet l’indice du prix du bois. Depuis quelques temps, les chiffres sont effrayants.

Globalement, le prix du bois a doublé ce mois-ci. Une flambée causée et accentuée par une pénurie inédite : « En quarante ans, je n’ai jamais vu ça. Il y avait eu de brutales hausses spéculatives en 2008, mais on trouvait encore le bois qu’on voulait. Aujourd’hui, on a non seulement une hausse, mais en plus, même si on est prêt à payer, on ne trouve pas forcément le bois. »

« C’est la première fois qu’on voit une hausse des prix et une pénurie en même temps. »

Conséquence : des délais de livraison multipliés par trois ou sept, selon le type de bois. « On a de plus en plus de mal à se faire livrer par nos fournisseurs. Le délai de livraison pour le bois massif [planches, ndlr] est passé d’une à sept semaines. Pour le lamellé-collé [bois transformé, ndlr], il est passé de quatre à douze semaines. Et tout cela, sous réserve d’en trouver. » Pour pallier au manque d’approvisionnement, l’entreprise touche à ses stocks. Mais Michel Jaouanet reste lucide, « ça ne peut pas durer éternellement ».

Des prestations plus coûteuses

Incertitudes, fluctuations incessantes… à l’heure de faire un devis, c’est le grand flou. « Quand on vend pour 100 euros aujourd’hui une commande pour septembre, on ne sait pas si ça va nous coûter 100, 110, 120. On fait des devis en étant complètement dans le brouillard. » Fixer un prix en temps incertains est devenu mission impossible : « Dès qu’on met trop, évidemment on ne vend pas, donc c’est embêtant. C’est très compliqué ».

La flambée des prix touche directement le client « Ils montent tellement que nous aussi nous augmentons le prix de nos prestations. Nos charpentes commencent à devenir chères. Je me demande jusqu’à quand la clientèle acceptera de payer de plus en plus. » se désole Michel Jaouanet. Actuellement, mieux vaut avoir déjà fait son devis que le demander.

Un phénomène mondial

A l’origine de la raréfaction du bois et de l’augmentation de son prix : une très forte demande sur le marché mondial, par les Chinois et Américains notamment. Les deux pays se prêtent à une concurrence déloyale en achetant le bois beaucoup plus cher que la France ne peut se le permettre.

« Depuis plusieurs années, les grumes [tronc d'arbre couvert de ses écorces, ndlr] françaises, le chêne en particulier, sont massivement exportées vers l’Asie et la Chine à un prix supérieur, de 25 à 30% à ce que les entreprises françaises sont en mesure de proposer. » a déclaré, il y a deux semaines, le sénateur du parti socialiste Christian Redon-Sarrazy. Même schéma Outre-Atlantique selon Michel Jaouanet, où « les Américains sont prêts à payer le bois plus cher, et achètent ainsi celui qui nous était destiné, donc nous on est en pénurie ». Aujourd’hui, l’indice du bois américain donne le tempo du marché mondial. Michel Jaouanet le surveille au « jour le jour ». En un an, le prix du bois a été multiplié par trois.

Avec les résultats des demandes Parcoursup, la course aux logements étudiants va bientôt commencer à Lannion. Cet été, ils seront encore nombreux à batailler face à une offre d'hébergement limitée sur le territoire trégorrois. 

 

La fin d’année scolaire est rarement signe de repos pour les étudiants de Lannion. Entre le stress des validations de partiels et les périodes de stages, certains doivent en plus s’atteler à une pénible recherche de logement pour la rentrée prochaine.  "J'ai vu des cas dramatiques, notamment un jeune qui a passé l'année scolaire dans une chambre d'hôtel car il ne trouvait pas d'appartement", témoigne David Rivoallan, animateur du service jeunesse à la mairie de Lannion.

Concrètement, moi je n'ai plus rien à la mi-juillet.

La ville subit selon lui un manque évident de logements étudiants. Nombreux sont les jeunes à venir lui demander conseil à l'approche de la rentrée, parfois dans la précipitation. Dans l'idéal, dit-il, le logement doit être trouvé avant juillet. Ensuite, le marché est "saturé" jusqu'à septembre. "Concrètement, moi je n'ai plus rien à la mi-juillet", poursuit David Rivoallan, qui participe à la sélection des dossiers de demande de logements dans les foyers de jeunes travailleurs.

La solution par la communication

Cette pénurie de logements peut pourtant être diminuée, d'après le responsable. La ville gagnerait selon lui à davantage informer les futurs étudiants de toutes les possibilités de location : "Il faudrait rassembler les données de toutes les structures de logement, pour ensuite les fournir aux futurs locataires. Ca éviterait à beaucoup de jeunes de passer à côté de locations."

Outre ce manque d'offre, de nombreux étudiants choisissent un logement éloigné de leurs lieux d'études. Une fois en périphérie de la ville, certains rencontrent des difficultés à se déplacer. "Le réseau de bus n'est pas encore assez performant. Habiter loin du centre-ville, c'est possible surtout si l'on a une voiture", explique David Rivoallan, qui conseille aux jeunes de surveiller les annonces des résidences universitaires du Crous, ainsi que les foyers de jeunes travailleurs comme Cosmos et Thos.

 

Après des mois de fermeture, les commercant.es des magasins textiles du centre-ville de Lannion s’inquiètent : le click and collect n’a pas permis d'écouler les collections hivernales. Les vendeurs renvoient celles-ci ou essaient de les brader... quitte à annuler les soldes d’été prévus mi-juin.

Alors que le e-commerce a bondi de 13% pendant les 6 premiers mois de 2020 par rapport au trimestre précédent, selon le média LSA , le click and collect n’a visiblement pas porté ses fruits chez les commercant.es textiles de Lannion. On a essayé, mais personne n’est venu commander chez nous. Au mois de novembre, par exemple, nous n’avons reçu qu’une seule commande”, déplore Sébastien, le gérant du magasin Devred situé place du Centre à Lannion.

Face à cette situation, beaucoup de magasins ont donc fait le choix de fermer la boutique, le temps de travail des employé.es ne pouvant être rentabilisé. Pour beaucoup de magasins et de clients, la fracture numérique est trop grande. “Il faut prévoir un site web, mettre en place des moyens que nous n'avions pas anticipés. Et de nombreux clients ne se sont pas du tout habitués à ces nouvelles habitudes de consommation”, explique Caroline, employée de La Fée Maraboutée. "Si les gens viennent en boutique; c’est pour essayer, être conseillé ! Sinon ils commanderaient directement sur internet”, estime la vendeuse. 

Un surplus de stock des collections d’hiver 

L’échec du "click & collect" a eu des conséquences sur les stocks. Philippe, qui a ouvert 7 magasins cette année malgré la pandémie dans le centre-ville de Lannion, est ainsi confronté à des problèmes de gestion des collections d’hiver commandées en septembre. Celles-ci n’ont jamais réussi à s’écouler et restent à la charge des magasins non franchisés. “Une collection nous coûte plus de 10 000 euros ! Nous n’avons quasiment pas réalisé de ventes depuis octobre et nous ne pouvons plus nous renouveler.", témoigne le gérant de Sélection, ainsi que d'autres commercant.es. Certains ont fait le choix de revendre une partie de leur marchandise soldée à des usines, des grossistes ou des boutiques éphémères. 

Devanture du magasin Kookai le 19/05/2021

"Jusqu'à moins 60 % sur certaines collections” peut on lire sur la devanture du magasin Kookaï du centre de Lannion, dès le premier jour de la réouverture, le 19 mai. Une manière d'écouler une partie de ses vêtements d'hiver, l'autre partie étant renvoyée à l'usine. A l'inverse, la maroquinerie Léonie choisit de ne pas solder sa collection hivernale. Les soldes d'été arrivent beaucoup trop tôt, alors que nous n’avons même pas pu écouler nos stocks d'hiver. On ne peut pas se permettre de faire des prix dès la réouverture alors qu’on ne fait plus de bénéfices depuis des mois”, juge le gérant. Les soldes d’été ne concernerons donc pas tous les commerçant.es.

Laudet Esther 

Reprise complète pour les enfants, plus progressive pour les adultes et retour des compétitions en plein air depuis ce mercredi. Cette nouvelle étape du déconfinement est vécue différemment selon les activités.

Pour certains sportifs, c'est enfin l'heure du déconfinement. Depuis ce mercredi, le monde du sport renaît progressivement et les mineurs peuvent pratiquer à nouveau normalement, en intérieur et avec des contacts. La nouvelle réjouit plusieurs associations sportives de Lannion, comme le Lannion Handball Côtes d’Armor qui peut accueillir à nouveau ses jeunes sportifs dans son enceinte.

Depuis le 3 mai, le club proposait aux jeunes de 3 à 13 ans des activités sans contacts et en extérieur "quand la météo le permettait"Parcours physiques et entraînements techniques autour du tir et de la passe étaient alors au programme. "Maintenir une activité sportive en extérieure permet aux jeunes de garder du lien, de les faire courir, et de leur faire du bien", se réjouit Hélène Saliou, présidente du club. 

La fréquentation des jeunes adhérents lors des séances en plein air n’était que de 30 %, mais le club connaît un retour progressif de son effectif depuis ce mercredi et la réouverture des salles. Avec « le retour du vrai handball en intérieur», la présidente espère revoir une fréquentation maximale d’ici la fin de la saison. Pour la suite, elle envisage de mettre en place des séances de portes ouvertes et d’interventions dans les écoles, tout en proposant des rencontres contre les clubs du secteur et des tournois de beach handball aux jeunes du club.

Les rugbymen reprennent en douceur

A partir de ce 19 mai, les joueurs du club Rugby Lannion Perros peuvent aussi goûter à nouveau au véritable rugby, avec plaquages et mêlées. Le club préfère cependant rester prudent, et propose un retour progressif et modéré du plaquage lors des séances d’entraînement. "Il est difficile d’appréhender et de reprendre le plaquage après une longue période sans", juge Philippe Sourbets, président du club. Il envisage cette étape comme une préparation progressive à une reprise de la compétition en septembre prochain.

Depuis le mois de novembre, le club n’avait jamais cessé ses activités mais avait dû les adapter pour répondre aux restrictions sanitaires instaurées par le gouvernement. Le club a dû notamment proposer à ses adhérents des séances d’entraînement sans contacts et reprogrammer les entraînements de l’équipe senior le dimanche matin en raison du couvre-feu. Le club a profité de cette période où les plaquage étaient interdits pour développer tous les samedis matin une nouvelle forme de rugby : un rugby sans impact qui se joue à cinq et "en douceur pour permettre aux sportifs de tous genres et âges de se retrouver autour du ballon", explique le président.

Combats sans contacts

Les clubs de sports de combat doivent attendre le 30 juin avant de reprendre leurs activités normales. D’ici là, ils essaient de s’adapter au mieux pour proposer à leurs adhérents une activité physique et sportive. Le club de boxe anglaise de Lannion a par exemple accueilli ce mercredi une dizaine de jeunes de 12 à 18 ans pour une reprise sans contacts. Ces derniers ont quand même pu profiter des sacs de combat et des autres équipements en intérieur. Jusqu’au 30 juin, "les gants ne touchent pas le visage", explique Sandrine Moisan, présidente de l’association Trégor Boxing. Si les jeunes sont de retour au club depuis mercredi, ses portes n’ont pas été fermées pour tout le monde : deux jeunes de 19 ans évoluant à haut niveau ont été autorisés à poursuivre la boxe avec contacts et sans aucune restriction.

Les jeunes karatékas de Lannion n’auront pas quant à eux le plaisir de se retrouver sur les tatamis. Fermé depuis le 15 janvier et pour la troisième fois depuis un an, le club de karaté de la ville a préféré mettre fin aux entraînements des plus jeunes. L'incertitude et le peu d’entraînements restants d’ici les vacances d’été ont incité le club à prendre cette décision. Les adultes poursuivent quant à eux leurs séances d’entraînements en extérieur avec une jauge limitée à 6 personnes et toujours sans aucun contact. Répétitions des « kata » et des positions de combat (en respectant les distances physiques) sont au programme de ces entraînements.

Le 9 juin attendu avec impatience

Les activités qui ne sont pas « encadrées par un animateur diplômé » comme nous l’explique le gérant du City Sport de Lannion, ne sont pas autorisés avant le 9 juin. Ce complexe proposant entre autre du football indoor ou du squash ne peut accueillir à partir de ce 19 mai que des mineurs lors de cours d’escalade collectifs. Pour profiter des autres sports, il va falloir attendre.

Partout en France, les salles obscures aperçoivent le bout du tunnel. L'impatience était de mise devant le cinéma Les Baladins à Lannion, ce mercredi 19 mai. Comment le public vit-il cette renaissance ?

Enfin ! En ce mercredi après-midi ensoleillé, le public s'est rendu en nombre à la réouverture des cinémas. Les salles obscures ne rouvrent qu’à seulement 35 % de leur capacité, mais pour le moment, la plupart de ces cinéphiles disent surtout vouloir retrouver "l’ambiance".

Un goût de liberté

Au programme, cinéma français et ça plaît ! Diane et Emmanuel sont amis. Ils attendent tous les deux, en terrasse, autour d’une tasse de café, que le cinéma Les Baladins de Lannion rouvre ses portes pour aller voir le biopic de l’artiste Michel Ange. "Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça", assure Diane. Plus qu'un film en particulier, la sexagénaire attendait plus généralement le retour du cinéma en grand format.

Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça

"Je veux l’odeur des pop-corn et des bruits de bouche s’il le faut, un voisin de fauteuil un peu trop bavard, un couple s’embrassant juste devant moi, un enfant un peu trop turbulent, tout, je suis prête à tout accepter", lance une jeune fille dans la file d'attente. Annette, retraitée, attend son amie pour aller voir Adieu les cons d'Albert Dupontel. Elle n’avait pas prévu ce matin d’aller au cinéma, raconte-t-elle, contrairement à son amie qui avait noté la date dans son agenda : c'était cinéma ou rien ! "Je suis très heureuse d’aller le voir, j’ai hâte, hâte de retrouver les salles", se réjouit Annette.

« Aller au cinéma, c’est aider la culture ! »

L’absence de blockbusters américain ne gêne visiblement pas le public. Au contraire, plusieurs privilégient le cinéma d’auteur. Ces cinéphiles de la première heure ont été sensibles aux discours du monde du cinéma les incitant à soutenir la création. "Aller au cinéma c’est aider la culture", abonde Diane.

Pour l'industrie cinématographique francophone, cette réouverture représente un bol d'air financier. En effet, une taxe est prélevée sur chaque ticket de cinéma - la "taxe spéciale additionnelle" (TSA) - afin de financer le cinéma français. Mais, habituellement, ce sont d'abord les blockbusters hollywoodiens qui contribuent le plus à ce financement. Or, ils sont peu nombreux à l'affiche cette semaine.

Leïlou Robert

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