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Ce mercredi, les lannionnais ont occupé en nombre les terrasses de restaurants et les cinémas. Pourtant, l'effervescence ne profite pas au musée des Ursulines, où encore personne ne se presse à l'entrée.

 

Les portes viennent de rouvrir à la chapelle des Ursulines, mais seuls quelques amateurs d'art sont présents . Depuis 14 heure, ce mercredi 19 mai, le musée est accessible au public, avec une jauge limite de 20 personnes. Tout a été préparé attentivement par le personnel encadrant, spots de lumière et musiques d'ambiance ont été placés pour convenir au mieux à l'ambiance sacrée du lieu. Pourtant, ces efforts de présentation ne semblent pas suffire : il n'y a pas foule à l'exposition "Océanités", galerie d'art contemporain.

"Les gens attendent tellement de choses, depuis tellement longtemps, qu'ils ne peuvent pas tout faire dans la même journée"

Ce manque d'affluence ne surprend pourtant pas Nathalie Rémond, responsable du lieu. Selon elle, ce jour de réouverture n'offre pas d'opportunités d'affluence au musée des Ursulines, mais illustre davantage les priorités personnelles des habitants. "Il faut se souvenir qu'on est mercredi, jour des enfants pour les parents. Aujourd'hui, les habitants vont surtout être attirés par les terrasses, et les magasins de vêtements pour habiller leurs petits. On ne peut pas tout faire en même temps". Les préférences culturelles des lannionais se sont aussi illustrées cet après-midi : le cinéma Les Baladins a affiché complet pour ses deux séances du jour. Le musée des Ursulines avait pourtant l'opportunité de concurrencer le grand écran, en étant la seule des trois galeries d'art ouvertes en ce jour de réouverture.

Problèmes de médiatisation

Pour Nathalie Rémond, le musée souffre également d'un manque de médiatisation quant à la communication des nouveaux projets du lieu. "On est dépendants des médias lorsqu'on veut annoncer des nouvelles expositions. On invite les journalistes à venir ici, mais c'est rare que l'on publie des choses sur nous." Un point de vue réaffirmé par un visiteur. Amateur d'art aguerri, il sillonne la bretagne à la recherche de galeries d'art "Les musées sont marginalisés par les médias, ils sont trop intellectualisés alors qu'il y a du personnel compétent pour nous aider à comprendre les œuvres d'art". Selon lui, la chapelle gagnerait à gagner en visibilité, il désire la voir se transformer en lieu de rencontre entre adeptes d'art contemporain et curieux du coin.

Agora au Graslin à Nantes

Lannion, Saint-Brieuc, Lorient, Morlaix, Brest… Partout en Bretagne, les théâtres restent occupés malgré la réouverture des salles de spectacles, leurs intermittents n’ayant toujours pas obtenu gain de cause. Entre cohabitation et tentative d’expulsion la situation se tend dans nombre de théâtres.   

 

« Pas de réouverture sans droits sociaux » ce slogan fédère les occupants des théâtres bretons aujourd’hui plus que jamais. Alors que les théâtres rouvrent pour le bonheur d'une partie de la population, les intermittents occupent toujours une majorité des théâtres bretons. Les occupants attendent toujours des réponses à l’échelle locale comme nationale. Quand dans certaines salles les intermittents ont le soutien des directions et que la collaboration est de mise en cette période de réouverture. Dans d'autres théâtres les mennaces d'expulsion planent.

En Bretagne, sur les 12 théâtres initialement occupés depuis mars 2021, 11 le sont toujours. Les militants restent car leur droits sociaux ne sont toujours pas garantis malgré l’organisation la semaine dernière du Conseil National des professions du spectacle en présence des ministres de la Culture et du Travail. À Lannion, les occupants du Carré magique demandent , la prolongation de l’année blanche jusqu'à la fin de la crise. Mais aussi, plus largement l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage et un plan de relance massif pour l’emploi.     

Ronan Bléjean, occupant du Carré magique « La réouverture des salles permettrait à une personne sur quatre d'avoir du travail. »  :    

Les occupants on la chance d’entretenir de très bonne relation avec l’équipe de la salle qui soutien leur lutte. « Au début de chaque spectacle on laissera de la place aux occupants pour expliquer leurs revendications. » affirme Marianne Gauthier, chargée de communication de la salle.

Expulsion et incompréhension    

La paisible ambiance de Lannion est loin d’être partagée dans tous les théâtres. À Lorient, la situation est bien plus tendue. Lundi, les occupants du Grand théâtre ont été invité à quitter les lieux, lors d'une réunion avec les élus locaux et responsables du théâtre, initialement prévue pour discuter d'un plan de relance à l'échelle locale. Motif invoqué : la jauge de 35% sera dépassée s'ils restent sur place. Pourtant, aucune représentation ne sera jouées au Grand théâtre jusqu'à mi-juin, il servira uniquement à la billetterie pour quelques riverains.

À ce jour aucune expulsion n’est en cours. « Pour l’instant, les politiques se passent la balle, mais personne n’ose nous expulser. Ils ont peur que l’ont se joigne aux ouvriers de la Fonderie »explique Kristell, une des occupantes. Le maintient des occupations inquiète les directeurs de salles qui bloquent à certains endroits la réouverture par peur d'une confrontation entre public et artistes. Ainsi le zèle des théâtres distrayant en temps de confinement inquiètes à l'heure d'une convergence des luttes grandissante.

A l’occasion de sa réouverture, la Galerie du Dourven (Locquémeau) présente l’exposition « L’océanique des flaques ». L'oeuvre contemporaine veut être rendue accessible à tous par ses auteurs.

La Galerie du Dourven rouvre ses portes ce mercredi

Pas de queue devant la galerie. Quelques passants seulement, venus se balader sur les chemins du domaine, jouent les curieux en s’arrêtant un instant avant de continuer leur marche. Ce qui suscite leur curiosité : des champignons en bois et des coquillages en terre sur les flancs des murs.

Avant même de pénétrer à l’intérieur de la galerie, l’on aperçoit toutes sortes d’objets fixés sur la façade. De quoi donner le ton de « L’océanique des flaques », exposition de Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre, à l’honneur pour la réouverture de la Galerie du Dourven.

Fragments de vie et éclairage

A l’intérieur, comme attendu, de l’Art contemporain. Le redouté, l’éternel incompris. Pour beaucoup, l’œuvre peut paraître abstraite. Palettes de bois superposées et accrochées à un mur, petits blocs de ciment répartis sur une planche bétonnée…

Pourtant, ces objets sont porteurs d’un sens qui, selon Claire, médiatrice de l’exposition, mérite d'être rendu accessible au plus grand nombre : « Les artistes se sont inspirés des territoires où ils sont allés pour recréer ici un environnement. Ils sont sans cesse en train d’explorer de nouvelles choses, de nouveaux matériaux… Ils aimeraient être les précurseurs de nouvelles façons de faire ».

Pour l’heure, les objets exposés restent des ébauches. Car, partager avec le public leur processus de création, telle est la démarche des deux artistes qui veulent démocratiser leur Art.

Objets d'Art Contemporains exposés à la Galerie

Réconciliation avec l'Art Contemporain

Pour que l’œuvre parle à celui ou celle qui déambule dans la Galerie, Nicolas et Sylvain mélangent leurs récits inventés à de vraies thématiques locales.

Dans une interview vidéo, Nicolas explique « Nos projets avec Sylvain se déroulent souvent sur des questionnements qui sont autour d’un territoire précis comme à l’Estran. C’est-à-dire de s'intéresser à un milieu, à son biotope, à son historique et de créer une histoire autour de ça. Nous ça passe par la création d’images et d’objets au sein d’une galerie. ».

Et pour ceux qui s’interrogent encore, contemplant les objets dubitativement, en l’absence des deux artistes, Claire reste disponible : « Je sers à ça. A donner des pistes interprétatives aux visiteurs ».

Finalement, pour les novices, Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre ont trouvé le remède. Les visiteurs pourront s’installer à une table et jouer à la bataille navale. Ludique, ce jeu en bois dessiné par les deux artistes devrait rendre plus attractif les objets d’Art installés autour.

Pour ceux qui resteront fâchés avec l’Art Contemporain, pas de panique. Dans le Trégor, de nombreuses autres expositions sont désormais ouvertes au public. La peinture est notamment à l’affiche à la la Roche-Jaudy, avec « CIRK », ainsi qu’à Plestin-les-Grèves avec « Encres et aquarelles ».

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