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En quelques mois, le secteur du bâtiment a vu le prix de ses matières premières bondir. Retards d’approvisionnement, devis approximatifs, forte concurrence outre-Atlantique… Michel Jaouanet, dirigeant d’une entreprise de charpente à Plouagat, s'alarme d'une crise inédite.

« La situation est très inquiétante » pour Michel Jaouanet, président du Conseil de Surveillance de l’entreprise Charpentes EMG, basée à Plouagat. Tous les jours, il regarde sur internet l’indice du prix du bois. Depuis quelques temps, les chiffres sont effrayants.

Globalement, le prix du bois a doublé ce mois-ci. Une flambée causée et accentuée par une pénurie inédite : « En quarante ans, je n’ai jamais vu ça. Il y avait eu de brutales hausses spéculatives en 2008, mais on trouvait encore le bois qu’on voulait. Aujourd’hui, on a non seulement une hausse, mais en plus, même si on est prêt à payer, on ne trouve pas forcément le bois. »

« C’est la première fois qu’on voit une hausse des prix et une pénurie en même temps. »

Conséquence : des délais de livraison multipliés par trois ou sept, selon le type de bois. « On a de plus en plus de mal à se faire livrer par nos fournisseurs. Le délai de livraison pour le bois massif [planches, ndlr] est passé d’une à sept semaines. Pour le lamellé-collé [bois transformé, ndlr], il est passé de quatre à douze semaines. Et tout cela, sous réserve d’en trouver. » Pour pallier au manque d’approvisionnement, l’entreprise touche à ses stocks. Mais Michel Jaouanet reste lucide, « ça ne peut pas durer éternellement ».

Des prestations plus coûteuses

Incertitudes, fluctuations incessantes… à l’heure de faire un devis, c’est le grand flou. « Quand on vend pour 100 euros aujourd’hui une commande pour septembre, on ne sait pas si ça va nous coûter 100, 110, 120. On fait des devis en étant complètement dans le brouillard. » Fixer un prix en temps incertains est devenu mission impossible : « Dès qu’on met trop, évidemment on ne vend pas, donc c’est embêtant. C’est très compliqué ».

La flambée des prix touche directement le client « Ils montent tellement que nous aussi nous augmentons le prix de nos prestations. Nos charpentes commencent à devenir chères. Je me demande jusqu’à quand la clientèle acceptera de payer de plus en plus. » se désole Michel Jaouanet. Actuellement, mieux vaut avoir déjà fait son devis que le demander.

Un phénomène mondial

A l’origine de la raréfaction du bois et de l’augmentation de son prix : une très forte demande sur le marché mondial, par les Chinois et Américains notamment. Les deux pays se prêtent à une concurrence déloyale en achetant le bois beaucoup plus cher que la France ne peut se le permettre.

« Depuis plusieurs années, les grumes [tronc d'arbre couvert de ses écorces, ndlr] françaises, le chêne en particulier, sont massivement exportées vers l’Asie et la Chine à un prix supérieur, de 25 à 30% à ce que les entreprises françaises sont en mesure de proposer. » a déclaré, il y a deux semaines, le sénateur du parti socialiste Christian Redon-Sarrazy. Même schéma Outre-Atlantique selon Michel Jaouanet, où « les Américains sont prêts à payer le bois plus cher, et achètent ainsi celui qui nous était destiné, donc nous on est en pénurie ». Aujourd’hui, l’indice du bois américain donne le tempo du marché mondial. Michel Jaouanet le surveille au « jour le jour ». En un an, le prix du bois a été multiplié par trois.

Reprise complète pour les enfants, plus progressive pour les adultes et retour des compétitions en plein air depuis ce mercredi. Cette nouvelle étape du déconfinement est vécue différemment selon les activités.

Pour certains sportifs, c'est enfin l'heure du déconfinement. Depuis ce mercredi, le monde du sport renaît progressivement et les mineurs peuvent pratiquer à nouveau normalement, en intérieur et avec des contacts. La nouvelle réjouit plusieurs associations sportives de Lannion, comme le Lannion Handball Côtes d’Armor qui peut accueillir à nouveau ses jeunes sportifs dans son enceinte.

Depuis le 3 mai, le club proposait aux jeunes de 3 à 13 ans des activités sans contacts et en extérieur "quand la météo le permettait"Parcours physiques et entraînements techniques autour du tir et de la passe étaient alors au programme. "Maintenir une activité sportive en extérieure permet aux jeunes de garder du lien, de les faire courir, et de leur faire du bien", se réjouit Hélène Saliou, présidente du club. 

La fréquentation des jeunes adhérents lors des séances en plein air n’était que de 30 %, mais le club connaît un retour progressif de son effectif depuis ce mercredi et la réouverture des salles. Avec « le retour du vrai handball en intérieur», la présidente espère revoir une fréquentation maximale d’ici la fin de la saison. Pour la suite, elle envisage de mettre en place des séances de portes ouvertes et d’interventions dans les écoles, tout en proposant des rencontres contre les clubs du secteur et des tournois de beach handball aux jeunes du club.

Les rugbymen reprennent en douceur

A partir de ce 19 mai, les joueurs du club Rugby Lannion Perros peuvent aussi goûter à nouveau au véritable rugby, avec plaquages et mêlées. Le club préfère cependant rester prudent, et propose un retour progressif et modéré du plaquage lors des séances d’entraînement. "Il est difficile d’appréhender et de reprendre le plaquage après une longue période sans", juge Philippe Sourbets, président du club. Il envisage cette étape comme une préparation progressive à une reprise de la compétition en septembre prochain.

Depuis le mois de novembre, le club n’avait jamais cessé ses activités mais avait dû les adapter pour répondre aux restrictions sanitaires instaurées par le gouvernement. Le club a dû notamment proposer à ses adhérents des séances d’entraînement sans contacts et reprogrammer les entraînements de l’équipe senior le dimanche matin en raison du couvre-feu. Le club a profité de cette période où les plaquage étaient interdits pour développer tous les samedis matin une nouvelle forme de rugby : un rugby sans impact qui se joue à cinq et "en douceur pour permettre aux sportifs de tous genres et âges de se retrouver autour du ballon", explique le président.

Combats sans contacts

Les clubs de sports de combat doivent attendre le 30 juin avant de reprendre leurs activités normales. D’ici là, ils essaient de s’adapter au mieux pour proposer à leurs adhérents une activité physique et sportive. Le club de boxe anglaise de Lannion a par exemple accueilli ce mercredi une dizaine de jeunes de 12 à 18 ans pour une reprise sans contacts. Ces derniers ont quand même pu profiter des sacs de combat et des autres équipements en intérieur. Jusqu’au 30 juin, "les gants ne touchent pas le visage", explique Sandrine Moisan, présidente de l’association Trégor Boxing. Si les jeunes sont de retour au club depuis mercredi, ses portes n’ont pas été fermées pour tout le monde : deux jeunes de 19 ans évoluant à haut niveau ont été autorisés à poursuivre la boxe avec contacts et sans aucune restriction.

Les jeunes karatékas de Lannion n’auront pas quant à eux le plaisir de se retrouver sur les tatamis. Fermé depuis le 15 janvier et pour la troisième fois depuis un an, le club de karaté de la ville a préféré mettre fin aux entraînements des plus jeunes. L'incertitude et le peu d’entraînements restants d’ici les vacances d’été ont incité le club à prendre cette décision. Les adultes poursuivent quant à eux leurs séances d’entraînements en extérieur avec une jauge limitée à 6 personnes et toujours sans aucun contact. Répétitions des « kata » et des positions de combat (en respectant les distances physiques) sont au programme de ces entraînements.

Le 9 juin attendu avec impatience

Les activités qui ne sont pas « encadrées par un animateur diplômé » comme nous l’explique le gérant du City Sport de Lannion, ne sont pas autorisés avant le 9 juin. Ce complexe proposant entre autre du football indoor ou du squash ne peut accueillir à partir de ce 19 mai que des mineurs lors de cours d’escalade collectifs. Pour profiter des autres sports, il va falloir attendre.

Alors que les terrasses du centre-ville de Lannion se sont remplies à l'occasion de la réouverture des bars et restaurants, certains établissements ont trouvé des combines pour dépasser la jauge qui leur était attribuée. Jusqu'ici, mairie et police ferment les yeux.

Terrasse d'un bar de Lannion, mercredi 19 mai 2021.

Pour attirer un maximum de personnes et relancer leur activité, les bars et restaurants envisagent toutes les solutions, quitte à étendre leur terrasse et dépasser les jauges imposées par les autorités. Mercredi 19 mai à midi, à l'occasion de la réouverture des terrasses, on pouvait voir une restauratrice du centre-ville de Lannion faire des allers-retours entre son restaurant et sa terrasse située de l’autre côté de la route. Celle-ci est habituellement située juste devant l’entrée du restaurant, mais le soleil de ce mercredi réchauffait le trottoir d’en face... La restauratrice a donc déplacé toute sa terrasse au soleil.

"On n'a pas le droit mais on le prend", assume la restauratrice. Le confinement a lourdement touché cet établissement, qui doit fermer définitivement dans deux semaines. Contrainte de réduire son nombre de couverts - trois tables aujourd’hui contre six à huit avant l’épidémie - la patronne tente tout pour attirer ses derniers clients. Elle n'est pas la seule.

On ne sait pas vraiment si on a le droit, mais je pense que la mairie ne va pas nous embêter

Dans les rues de Lannion, plusieurs bars ont rajouté des tables sur le côté des terrasses en bois, espérant que la police et la municipalité ne soient pas pointilleuses. Le gérant de l’un ces bars avoue ne pas s’être beaucoup renseigné avant de prendre cette initiative : "on ne sait pas vraiment si on a le droit, mais je pense que la mairie ne va pas nous embêter". La police, elle, a prévenu qu’elle veillera au respect des gestes barrières et du couvre-feu sur les terrasse.

Dépassement de jauge

Certains bars dérogent totalement à la jauge diminuant de 50 % le nombre de clients autorisés en terrasse. Derrière son comptoir, une employée explique que « les tables sont toutes espacées de plus d’un mètre, donc on n'a pas vraiment diminué le nombre de tables ». L’établissement, qui peut accueillir une cinquantaine de personnes en extérieur, s’est tout de même étendu sur le trottoir pour mieux espacer ces tables.

Pour la Crêperie de la place, l'extension de la terrasse s'est avérée plus compliquée. Celle-ci étant située entre deux magasins, elle ne peut pas empiéter sur le trottoir situé devant ces établissements, malgré une tentative de négociation. La terrasse s’est donc enrichie de quelques tables hautes, afin de d'accueillir plus de clients debout. D’après tous les responsables d'établissements interrogés, ces combines visant à dépasser les jauges s’expliquent également par l'absence de volonté par la mairie d'aider les restaurateurs à agrandir les terrasses de manière éphémère. Contactée, la mairie n’a pas pu répondre à nos questions.

A l’occasion de sa réouverture, la Galerie du Dourven (Locquémeau) présente l’exposition « L’océanique des flaques ». L'oeuvre contemporaine veut être rendue accessible à tous par ses auteurs.

La Galerie du Dourven rouvre ses portes ce mercredi

Pas de queue devant la galerie. Quelques passants seulement, venus se balader sur les chemins du domaine, jouent les curieux en s’arrêtant un instant avant de continuer leur marche. Ce qui suscite leur curiosité : des champignons en bois et des coquillages en terre sur les flancs des murs.

Avant même de pénétrer à l’intérieur de la galerie, l’on aperçoit toutes sortes d’objets fixés sur la façade. De quoi donner le ton de « L’océanique des flaques », exposition de Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre, à l’honneur pour la réouverture de la Galerie du Dourven.

Fragments de vie et éclairage

A l’intérieur, comme attendu, de l’Art contemporain. Le redouté, l’éternel incompris. Pour beaucoup, l’œuvre peut paraître abstraite. Palettes de bois superposées et accrochées à un mur, petits blocs de ciment répartis sur une planche bétonnée…

Pourtant, ces objets sont porteurs d’un sens qui, selon Claire, médiatrice de l’exposition, mérite d'être rendu accessible au plus grand nombre : « Les artistes se sont inspirés des territoires où ils sont allés pour recréer ici un environnement. Ils sont sans cesse en train d’explorer de nouvelles choses, de nouveaux matériaux… Ils aimeraient être les précurseurs de nouvelles façons de faire ».

Pour l’heure, les objets exposés restent des ébauches. Car, partager avec le public leur processus de création, telle est la démarche des deux artistes qui veulent démocratiser leur Art.

Objets d'Art Contemporains exposés à la Galerie

Réconciliation avec l'Art Contemporain

Pour que l’œuvre parle à celui ou celle qui déambule dans la Galerie, Nicolas et Sylvain mélangent leurs récits inventés à de vraies thématiques locales.

Dans une interview vidéo, Nicolas explique « Nos projets avec Sylvain se déroulent souvent sur des questionnements qui sont autour d’un territoire précis comme à l’Estran. C’est-à-dire de s'intéresser à un milieu, à son biotope, à son historique et de créer une histoire autour de ça. Nous ça passe par la création d’images et d’objets au sein d’une galerie. ».

Et pour ceux qui s’interrogent encore, contemplant les objets dubitativement, en l’absence des deux artistes, Claire reste disponible : « Je sers à ça. A donner des pistes interprétatives aux visiteurs ».

Finalement, pour les novices, Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre ont trouvé le remède. Les visiteurs pourront s’installer à une table et jouer à la bataille navale. Ludique, ce jeu en bois dessiné par les deux artistes devrait rendre plus attractif les objets d’Art installés autour.

Pour ceux qui resteront fâchés avec l’Art Contemporain, pas de panique. Dans le Trégor, de nombreuses autres expositions sont désormais ouvertes au public. La peinture est notamment à l’affiche à la la Roche-Jaudy, avec « CIRK », ainsi qu’à Plestin-les-Grèves avec « Encres et aquarelles ».

Voir en plein écran

Les restaurateurs peuvent dès ce 19 mai accueillir leurs clients, mais cette réouverture n’est pas vue de la même façon par les restaurateurs de Perros-Guirec. Pour certains d’entre eux, la période qui suit ne sera pas rentable : ils attendent avec impatience la vraie ouverture du 9 juin prochain.

Un retour à la liberté ? La deuxième phase de l’assouplissement des restrictions sanitaires débute ce mercredi 19 mai avec la réouverture des terrasses des restaurants. La reprise du service à l'extérieur de ces établissements , synonyme de plaisir pour les clients, réjouit également des restaurateurs de Perros-Guirec. Gwenael Odic, gérant du restaurant La Crémaillère, a rouvert sa terrasse ce matin, après l'avoir mise en place la semaine dernière avec l’autorisation de la mairie.

Tout en continuant la vente à emporter, mise en place depuis le premier confinement de mars 2020, Gwenael Odic attend avec impatience de servir sur place à nouveau ses clients, six mois après sa fermeture : « Beaucoup de clients habitués nous ont demandé de réserver des places pour la terrasse. ». Certains d'entre eux étaient déjà sur le pont une semaine avant.  Il reste également très confiant sur l’arrivée des clients dans son établissement : « Enormément de gens reviendront. De nombreux touristes circulent à cette période, ce qui va nous apporter de la clientèle."

Afin d'anticiper cette arrivée massive et un éventuel manque de personnel, le chef d'entreprise a préféré embaucher dès maintenant du personnel pour la saison.

Une remise en route pour le 9 juin

Plusieurs restaurateurs de Perros-Guirec comptent reprennent du service ce mercredi, mais restent perplexes sur la rentabilité de leur activité. Autorisés à remplir seulement 50 % de leur terrasse, ils s'attendent à une période délicate. C’est le cas de Franck Lascaux, patron de la crêperie Les Calculots : « On n'a que la terrasse, divisée par deux, et toujours pas l’intérieur. Il suffit qu’il pleuve et ça ne sert plus à rien d'ouvrir. Donc on ne pourra travailler correctement qu'à partir du 9 juin, pas avant. » À partir de cette date, il pourra rouvrir entièrement sa terrasse et accueillir ses clients à l’intérieur de son établissement, à 50 % de sa capacité d’accueil maximale. Pour le gérant, la réouverture de ce 19 mai n'est qu'une transition avant une véritable reprise de son activité au mois de juin.

Sébastien Le Rallec de la crêperie Les blés noirs considère lui aussi cette étape du déconfinement comme une préparation au 9 juin : « Ca va permettre de se remettre au boulot, parce qu'il était temps, et de refaire vivre un peu le bourg.» Il mise cependant sur une ouverture seulement le midi et l’après-midi. Malgré le report du couvre-feu à 21h, la fraîcheur des soirées bretonnes l’incite à rester fermé pour le service du soir.

Une reprise plus tardive

Face à ces nombreuses incertitudes, certains restaurateurs préfèrent garder leur rideau fermé et envisagent une reprise plus tardive. Sur le front de mer de Perros-Guirec, le restaurant La Plage attendra encore avant d’ouvrir ses portes au public, « compte tenu de la jauge de 50 % en terrasse, et du fait que l’on ne soit jamais trop sûr des conditions ».

Les problèmes d'organisation liés au personnel confortent la décision du gérant : « C'est compliqué de dire aux employés un jour : 'tu viens au boulot', puis le lendemain 'tu ne viens pas'». Entre jubilation, questionnement sur la rentabilité et attentisme, un retour à la liberté vu différemment par les restaurateurs de Perros-Guirec.

Pour éviter la propagation du coronavirus dans les prisons, des détenus en fin de peine et en détention provisoire ont été libérés. A Saint-Brieuc, la maison d’arrêt reste pourtant soumise à une forte surpopulation, incompatible avec le respect des règles sanitaires.

La maison d’arrêt de Saint-Brieuc n’a jamais accueilli aussi peu de détenus. Et pourtant, la surpopulation carcérale reste très forte. Malgré les mesures prises par l’administration pénitentiaire, qui a décidé de libérer exceptionnellement des détenus en fin de peine, la crise sanitaire actuelle aggrave les conditions d’incarcération des détenus français. 

Nous nous sommes entretenus avec Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), qui accompagne les proches des détenus avant les visites au parloir.

La maison d'arrêt de Saint-Brieuc accueille aujourd'hui 124 détenus. Crédits : DAVID ADEMAS / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Surpopulation carcérale  

Fin mars, ils étaient 166 prisonniers à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc. Ils ne sont plus que 124. « On n’a jamais eu aussi peu de détenus », se réjouit Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (AFDMA 22). Les libérations anticipées et le fonctionnement ralenti de la justice réduisent le taux d’occupation des prisons un peu partout en France. « Les seules incarcérations en ce moment, c’est pour violences conjugales », précise le co-président de l’AFDMA 22. Mais à Saint-Brieuc, malgré 25 % de détenus en moins et un taux d’occupation de 144 %, la surpopulation carcérale reste supérieure à la moyenne nationale qui vient de passer pour la première fois depuis plusieurs décennies sous la barre des 100 %. Malgré une capacité d’accueil de 86 places théoriques, les détenus se partagent à trois des cellules de neuf mètres carré. La promiscuité empêche l'application des gestes barrières et le respect des règles de distanciation sociale. En Bretagne, 324 détenus en fin de peine ont été libérés

Même si la tendance générale est à une diminution de la surpopulation carcérale, Jean-Jacques Le Doré est plutôt pessimiste. « Quand la justice va se remettre en place ça va repartir. Pour que ça baisse vraiment, il faudrait une décision ministérielle. Sinon il n’y a pas de raisons que les procureurs condamnent moins », déplore le co-président de l’AFDMA de Saint-Brieuc. 

Des conséquences sur les détenus

L'isolement et la promiscuité « fragilisent l'état psychologique de certains détenus », explique Jean-Jacques Le Doré. La crise sanitaire aggrave un contexte difficile, déjà exacerbé par la surpopulation. Avec la fermeture des parloirs le 17 mars, garder le contact avec leurs proches est devenu plus compliqué pour les détenus. « Mais depuis le début de l’année, toutes les cellules de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc sont équipées d’un téléphone ». ajoute Jean-Jacques Le Doré ; un moindre réconfort en attendant une reprise progressive des visites.

Réouverture des parloirs le 11 mai

Les parloirs de tous les établissements pénitentiaires devraient réouvrir le 11 mai dans le cadre d'un déconfinement progressif.  Les visites seront limitées à une personne un masque obligatoire. L’AFDMA 22 se prépare elle aussi à accompagner les proches des détenus à partir de lundi.

AFDMA 22 : 16, rue de la Tullaye 22000 Saint-Brieuc, 02 96 52 06 94

A lire aussi : A Lannion, les associations attendent de pied ferme la fin du confinement

La jeune association trégoroise Second Degré organise des soirées de musique électronique depuis 3 ans. En ces temps de confinement, l'association n'éprouve aucunes pertes économiques. A l'inverse de grands festivals comme Les Vieilles Charrues, Art Rock ou Panoramas.

Depuis le début des restrictions liées à l'épidémie du Covid-19, de nombreux festivals ont dû reporter ou annuler leurs éditions 2020. Les grands festivals bretons comme Les Vieilles Charrues, Art Rock ou Panoramas ont dû se plier face à l'épidémie grandissante. Pour Second Degré, petite association d'une vingtaine de membres, la gestion économique se limite à la bonne entente avec les partenaires et les artistes. "Même si c'est dans les projets de Second Degré, nous n'avons pas encore de salariés", explique le co-fondateur Thomas Lorgeré. Un problème que doivent gérer les grandes associations de festivals disposant de plusieurs membres permanents.

Nuit au château de Bien-Assis reporté au 8 mai 2021

Le collectif de jeunes amis trégorois, Second Degré, propose tous les ans des "nuits au château", mêlant découverte du patrimoine et musique électronique. Le 25 avril dernier, une nouvelle soirée qui aurait dû se dérouler entre les murs du château de Bien-Assis (Pléneuf-Val-André). Heureusement, l'édition pourra avoir lieu dans un an, le 8 mai 2021. "Nos partenaires et les artistes invités ont su être compréhensifs" raconte Thomas, soulagé.

Une vingtaine de jeunes composent l'association Second Degré. (Logo Facebook)

"Faire bouger les jeunes du Trégor"

Thomas, actuel chargé de communication, revient sur la création de Second Degré. "Il y a 5 ans, nous faisions des soirées entre potes et nous avons eu la volonté de créer quelque chose pour faire bouger les jeunes du Trégor", raconte-t-il. Et en 2017, la 1ère édition voit le jour dans un nouveau format de soirée. La "nuit au château de Kergrist" attire 1 000 personnes, "nous étions satisfaits, nous en avions prévu 500 !", explique Thomas. Leur première soirée étant réussite, l'association grandit et en 2018, deux nouvelles nuits au château sont programmées, l'une à Keranno (Grâces) et l'autre à Kergrist (Ploubezre).

Pour cette deuxième édition 2018 au château de Kergrist, l'association trégoroise voit les choses en grand : un festival sur 2 jours, un camping pour les festivaliers ainsi qu'une programmation alléchante. "Promouvoir le patrimoine breton à travers nos soirées a beaucoup plu, mais on a perdu pas mal de budget sur cette édition", se remémore Thomas. Heureusement, "la dernière édition en 2019 s'est bien passé, nous avons pu retomber sur nos pattes".

Pour la fin de l'année 2020, Second Degré prévoit de fêter ses trois ans, "on espère que tout va se dérouler comme prévu, ce ne sera pas une édition gros budget", prévient le jeune originaire de Tréguier. Les membres de Second Degré gardent les pieds sur terre, avec beaucoup d'idées en tête.

La playlist confinement de Thomas, spéciale édition 2020

Le jeune de 24 ans nous a sélectionné ses artistes préférés qui aurait dû venir lors de l'édition du 25 avril au château de Bien-Assis. "Chaque année, nous essayons à la fois de ramener des bonnes têtes d'affiches et de faire découvrir des talents locaux". Une playlist à écouter avant de retrouver les dancefloors, ou plutôt les parvis des châteaux.

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