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Arrivée de la redadeg 2018 à Plouguerneau. crédits photo : Bernard Cambay, FR3 Breizh

La redadeg court toujours plus loin et plus fort pour le breton. Cette course en relai solidaire est organisée tous les deux ans pour soutenir les associations en langues bretonnes. Après une annulation en 2020, elle partira bien ce vendredi de Carhaix-Plouguer.

« 10 000 coureurs en 2018... donc 20 000 en 2021 » voilà le défi que lance l'équipe de la redadeg à son public. Après 13 ans de croissance constante et une annulation l'an passé, l'organisation espère un retour triomphal. L'objectif de cette course en relai est simple : jour comme nuit, passer le bâton témoin de main en main pour transmettre d’un bout à l’autre de la région un message écrit en breton et porteur d’espoir pour le développement de la langue. Pour avoir la chance de tenir le témoin, les coureurs doivent acheter leur kilomètre en amont. Les fonds récoltés sont ensuite reversés aux associations en langue bretonne.

Ce vendredi 21 mai au soir, la redadeg partira de Carhaix-Plouguer pour arriver à Guingamp après 2020 kilomètres. La course n’aura pas son air de fête habituel, les rassemblements étant interdits à l’exception de la manifestation déclarée pour son arrivée. Malgré tout, la musique résonnera dans le camion de tête pour motiver les coureurs, comme pour chaque édition.

La redadeg est née en 2008 à l’occasion des 30 ans des écoles Diwan (écoles en immersion en langue bretonne). Le concept est inspiré de la Korrika, course basque créé en 1980, qui a vite conquis les autres langues minorisées. Rith, Ras, Correllengua, Correlingua... Autant de courses visant à soutenir ces langues et assurer la pérennité des associations qui en font la promotion.

Chaque année, la redadeg reverse des fonds essentiels pour le fonctionnement des associations, notamment pour les écoles Diwan qui, du fait de leur statut associatif, ont besoin de stabilité. D’autres associations et initiatives bénéficient aussi des financements : chaque nouvelle édition est l’occasion d’aider des organismes divers grâce à un appel à projets. Les montants accordés dépendent du nombre de kilomètres vendus en amont de la course.

L’édition 2018 a notamment permis la création de Radio Naoned la première radio en breton à Nantes. « Sans la redadeg nous n’aurions jamais pu lancer la radio si rapidement et facilement », explique Melaine Looten, coordinateur de la radio. Derrière son aspect symbolique, la course devient au fil des éditions un maillon essentiel du développement de l'écosystème associatif bretonnant.

 

 

Partout en France, les salles obscures aperçoivent le bout du tunnel. L'impatience était de mise devant le cinéma Les Baladins à Lannion, ce mercredi 19 mai. Comment le public vit-il cette renaissance ?

Enfin ! En ce mercredi après-midi ensoleillé, le public s'est rendu en nombre à la réouverture des cinémas. Les salles obscures ne rouvrent qu’à seulement 35 % de leur capacité, mais pour le moment, la plupart de ces cinéphiles disent surtout vouloir retrouver "l’ambiance".

Un goût de liberté

Au programme, cinéma français et ça plaît ! Diane et Emmanuel sont amis. Ils attendent tous les deux, en terrasse, autour d’une tasse de café, que le cinéma Les Baladins de Lannion rouvre ses portes pour aller voir le biopic de l’artiste Michel Ange. "Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça", assure Diane. Plus qu'un film en particulier, la sexagénaire attendait plus généralement le retour du cinéma en grand format.

Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça

"Je veux l’odeur des pop-corn et des bruits de bouche s’il le faut, un voisin de fauteuil un peu trop bavard, un couple s’embrassant juste devant moi, un enfant un peu trop turbulent, tout, je suis prête à tout accepter", lance une jeune fille dans la file d'attente. Annette, retraitée, attend son amie pour aller voir Adieu les cons d'Albert Dupontel. Elle n’avait pas prévu ce matin d’aller au cinéma, raconte-t-elle, contrairement à son amie qui avait noté la date dans son agenda : c'était cinéma ou rien ! "Je suis très heureuse d’aller le voir, j’ai hâte, hâte de retrouver les salles", se réjouit Annette.

« Aller au cinéma, c’est aider la culture ! »

L’absence de blockbusters américain ne gêne visiblement pas le public. Au contraire, plusieurs privilégient le cinéma d’auteur. Ces cinéphiles de la première heure ont été sensibles aux discours du monde du cinéma les incitant à soutenir la création. "Aller au cinéma c’est aider la culture", abonde Diane.

Pour l'industrie cinématographique francophone, cette réouverture représente un bol d'air financier. En effet, une taxe est prélevée sur chaque ticket de cinéma - la "taxe spéciale additionnelle" (TSA) - afin de financer le cinéma français. Mais, habituellement, ce sont d'abord les blockbusters hollywoodiens qui contribuent le plus à ce financement. Or, ils sont peu nombreux à l'affiche cette semaine.

Leïlou Robert

Apprentissage du breton : Roudour sereine pour la rentrée 2021

Monna Roudaut formatrice à Carhaix et ses élèves en cours d'apprentissage. (image : Roudour, Carhaix)

Malgré une année pleine d'incertitudes, la société d'apprentissage du breton Roudour affiche sa sérénité pour la rentrée. Avec plus de cours en présentiel et un nouveau public, elle aborde avec quiétude les stages à venir. Une réunion aura lieu jeudi 20 mai à l'Espace Sainte-Anne de Lannion pour présenter le déroulement de la prochaine saison.

Adaptation, solidarité et sérénité. Ce sont les mots d’ordre du groupe d’élèves et d’encadrants participant à la formation de breton Roudour pendant la crise sanitaire. La SCOP (société coopérative et participative) d'apprentissage intensif présente son programme demain lors d'une réunion qui arrive après une année 2020, qui n'a pas été de tout repos. Ces stages se déroulent habituellement à partir de septembre pour une durée de 6 à 9 mois et réunissent une cinquantaine de personnes. Néanmoins, ils ont eu beaucoup de mal à recruter : “L’année 2020 nous avons perdu 20% d’inscrits” souligne Sedrig Laur, gérant de la société.

L’année 2020 nous avons perdu 20% d’inscrits

Alternant période de présentiel et de distanciel, le personnel a constaté le décrochage de certain.es élèves et a préféré reprendre au maximum les cours dans les locaux de Roudour. Mais apprendre une langue en présentiel avec un masque et la distanciation sociale n’est pas simple non plus : Le port du masque rendait l’apprentissage moins confortable, notamment pour les expressions du visage.” poursuit Sedrig Laur. Pour cette saison, les enseignant.es ont choisi de privilégier un calendrier spécifique en conservant un emploi du temps hybride déjà fixé depuis deux ans : “Les semaines sont faites de quatre jours de présentiel et un jour de distanciel” précise Sedrig Laur.

 “Les semaines sont faites de quatre jours de présentiel et un jour de distanciel

Ce fonctionnement doit permettre aux élèves d’avoir un suivi plus personnalisé et une plus grande autonomie. “Ce système permet à chacun d’avancer à son rythme” affirme le gérant. Un mode d’apprentissage qui correspond aux participants du programme, pour la plupart dans la vie active avec des enfants. Mais aussi un système qui a permis à la société d'appréhender sereinement la crise du covid, le  distanciel était déjà instauré. 

Les formations intensives proposées par Roudour. utilisent des méthodes pédagogiques ludiques pour apprendre : ici, un groupe d'étudiants a imaginé un "Jacques a dit" pour réviser les formes verbales. Monna Roudaut (à gauche), formateur à Carhaix, se prête au jeu. (image : Roudour Carhaix)

Un nouveau succès 

Si le public visé par ces stages intensifs était composé d'étudiant.es souhaitant apporter une plus-value à leur cursus, de professionnels en reconversion, ainsi que de professeurs, la crise sanitaire a fait apparaître de nouveaux-venus, de quoi rassurer les encadrant.es. En effet, nombreux sont les inscrits originaires de région parisienne, venus se confiner en Bretagne. Ils ont profité de l’occasion pour démarrer un apprentissage du breton. Sedrig Laur constate également l’arrivée de plusieurs instituteur.trices monolingues originaires d’autres régions de France, souhaitant à l’avenir être muté.es en Bretagne.

Une arrivée massive dans les groupes d’apprentissage qui, selon lui, traduit la grande attractivité du territoire mais aussi la forte demande de la région. En effet, il existe de plus en plus de postes à pourvoir nécessitant la maîtrise du breton partout au sein de la Bretagne. 

Pour plus d’informations, une réunion se tient jeudi 20 mai à 10h, 2 rue Kerampont, à l’Espace Saint-Anne de Lannion. 

 

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