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La saison des mariages, qui se tient habituellement de mai à septembre, est décalée d'un mois. Entre couvre-feu, reports de cérémonies et mariages décalés en journée, les wedding planners sont contraints de s’adapter.

Alors que la saison des mariages débute habituellement au mois de mai, le déconfinement partiel oblige certains mariés à décaler les festivités. “Sur mai, j’avais 5 mariages prévus. Trois ont été reportés, deux décalés en journée”, indique Lisa Le Loët, wedding-planneuse située à Aix en Provence. Le couvre-feu à 21h instauré jusqu’au 9 juin, empêche amoureux et invités de profiter pleinement de la fête. Les cérémonies qui se tiennent en mai se concentrent sur des fêtes le midi pour finir avant l’heure imposée par les mesures gouvernementales. 

La grande nouveauté, c’est les mariages programmés en semaine l’été, vu que les weekend sont pleins.

Une autre forme de mariage

 

Alors que la quasi intégralité des mariages prévus en 2020 ont été décalés, la profession a largement bénéficié de l'aide de l’Etat. Elle a aussi pu compter sur les réservations anticipés qui n'ont pas été annulées. Suite à cette année quasi blanche, organisateurs et fédérations regroupant professionnels des mariages souhaitaient une dérogation pour le couvre feu. Malheureusement celle-ci n'a pas été acceptée et ils sont donc contraint de s’adapter comme le rappelle la préfecture du Nord : "aucune dérogation au couvre-feu n'est applicable aux célébrations des mariages". Ainsi, “pour rester après le couvre feu, il faut que les invités restent sur place” explique Marie Adam, wedding planneuse à Lannion. Elle admet que cela représente un budget supplémentaire pour les mariés qui ne peuvent pas forcément s’offrir ce type de logement.

 

C’est pourquoi une nouvelle forme de mariage voit le jour :  “La grande nouveauté, ce sont les cérémonies programmées en semaine, vu que les weekends sont pleins”, explique Lisa, qui travaille également comme make-up artist pour les mariages. Les festivités commencent donc le matin ou le midi afin que les invités puissent rentrer avant le couvre feu. 

Ces reports de mariages ont entraîné des coûts supplémentaires pour les mariés. Lors de la réservation d’un prestataire (photographe, maquilleurs, DJ…), les demandeurs versent généralement un acompte de 30% du prix du service. Si le mariage est décalé ou annulé, les prestataires ne rendent pas nécessairement ce montant : “ Ils n’ont plus forcément le moyens de rembourser, ça a été une année compliquée pour eux”, précise Lisa. Pour les organisateurs de mariages, la recherche de nouveaux prestataires due aux changements des dates de cérémonies est aussi très chronophage.

Pour autant, en raison du report d'une majorité de mariages de 2020 à cette année, les organisateurs affichent quasi complets jusqu'en octobre. Et la tendance devrait se poursuivre : L'année prochaine risque d'être encore plus incroyable pour les mariages”, anticipe la gérante de Marie & Vous.

L'ispisiri a ouvert ses portes le 1er mai à Lannion. C'est un lieu autogéré et solidaire, basé sur le volontariat des adhérents. Tout le monde participe pour proposer à la vente des produits locaux et écologiques.

Pour trouver l'Ispisiri, fiez-vous aux fleurs dessinées sur le trottoir, et aux fenêtres décorées de la rue Roger Barbé à Lannion. Une trentaine de personnes ont crée cette épicerie solidaire, autogérée et ouverte à tous. Ici, pas de salariés, ni de hiérarchie. Tout le monde participe au bon fonctionnement de l'épicerie. Les adhérents sont à la fois bénévoles et consommateurs : « On fait fonctionner la structure et on en bénéficie aussi. » explique Marielle André, adhérente. Et c'est justement ce qui a plu à Claire Gablin, membre de la première heure : « comment on amène une autre façon de penser, de gérer les choses, c'est ça qui m'intéresse. On expérimente. »

Le fonctionnement de l'épicerie repose sur une confiance mutuelle. Les adhérents peuvent prendre l'initiative de commander les produits qu'ils souhaitent, dans le respect de la charte commune. « Tout le monde peut faire ce qu'il veut, il faut juste que les adhérents soient logiques dans leurs choix. Comme c'est une communauté, il y aura toujours des gardes-fous. » explique Axel Bouteiller, adhérent de l'épicerie.

Le fonctionnement en autogestion peut surprendre, comme pour Marielle André, qui a travaillé dans une enseigne alimentaire : « J'étais habituée à un fonctionnement plus commercial. Découvrir cette liberté de fonctionnement, ça m'oblige à travailler un peu sur moi. Je n'avais pas pensé à certains aspects de l'organisation. Je me rends compte qu'il y a toujours des manières de fonctionner à inventer. »

Une répartition des taches basée sur le volontariat

Au début du projet, ils étaient une quinzaine de personnes motivées. « Le but c'est de rassembler les gens autour d'un projet, de les faire se rencontrer. » s’enthousiasme Claire Gablin. Avec le bouche-à-oreille, ils sont maintenant 60 adhérents. Planning et tableaux sont nécessaires pour se répartir les taches, entre les permanences sur les heures d’ouverture, la manutention, la réception des commandes, etc... Là encore, le système repose sur le volontariat. « Chacun fait ce qui l'attire selon ses disponibilités. » précise Marielle André. Pour l'instant, l'épicerie est ouverte 3 fois par semaine. Les adhérents envisagent de nouveaux horaires lorsqu’ils seront plus nombreux.

Quand des décisions doivent être prises à l'Ispisiri, elle le sont sur la base du consensus. Il n'y a aucun vote, et le président est tiré au sort parmi tous les adhérents. Ce statut ne lui donne pas plus de poids que les autres membres, mais l'épicerie est obligée de désigner des représentants pour être déclarée en tant qu'association.

Des commissions ont également lieu entre groupes d'adhérents pour discuter de sujets spécifiques. Pas de règles strictes, chacun est libre d'y participer et de donner son avis. « Parfois la communication est difficile. Il peut y avoir aussi des prises de tête parce que tout le monde n'est pas d'accord, mais c'est normal. » raconte Marielle André. Pour Elise Barreaud, adhérente elle aussi, c'est justement un des intérêts du projet : « Ce qui va être intéressant, c’est de voir comment on va résoudre et désamorcer les problèmes, et à quoi cela va nous mener. »

Un projet à échelle humaine

L'Ispisiri cherche de nouveaux adhérents, il faut suffisamment de monde pour que l'épicerie puisse fonctionner en autogestion. Mais elle souhaite rester une initiative à taille humaine. Les adhésions devraient donc s'arrêter à 150 membres. « On cherche à faire du lien, et au-delà de 150 personnes, je ne suis pas sûre qu'on arrive tous à se rappeler de nos prénoms ! » précise Elise Barreaud.


Comment l'idée d'une épicerie solidaire s'est construite ? L'explication de Marielle André.

Adopté par une famille bretonne à l’âge de 4 ans, Jean-Eldar Ollivier débute un périple à pied jusqu'à Astrakhan, en Russie, sa ville natale. 6 000 km séparent l'aventurier de sa famille biologique.

C’est un long périple qui attend Jean-Eldar Ollivier. 6 000 km sépare sa ville natale d'Astrakhan, en Russie, de Brest, sa ville d’adoption. À 22 ans, il a décidé de quitter la famille bretonne qui l'a recueilli à 4 ans, pour rejoindre à pied sa patrie d'origine et retrouver les traces de sa famille biologique russe. Passé par Lannion mercredi 19 mai, il souhaite achever cette expédition pour « expérimenter la liberté la plus complète possible ».  En se libérant des contraintes de transport, il est « entièrement autonome et libre de [ses] mouvements ».

6 000 km de solidarité

Afin de parcourir ce voyage de 6 000 km qu'il espère "fort émotionnellement", il compte s’appuyer sur la solidarité des citoyens. Pour cela, il mise sur son réseau d’amis et la communauté du site Couchsurfing.com, un service de mise en relation pour être hébergé gratuitement chez l'habitant. Les restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 ne l'empêchent pas de trouver des hébergements, explique-t-il : « Je suis toujours en Bretagne pour l’instant, les habitants sont assez décontractés à ce sujet ». Le couvre-feu n’est pas un problème non plus : « Si je me fais contrôler, je dis que je n’ai plus de domicile fixe. Chez moi, c’est mon sac à dos. »

Pour préparer ce voyage, il a mis en place une cagnotte en ligne en février dernier, qui a récolté 3 300 euros en seulement un mois. Cet argent lui permet de se nourrir au cours de son voyage, mais surtout d’acheter du matériel indispensable à ce périple : un sac à dos à 200 euros, une tente et un téléphone satellitaire à 600 euros.

Les retrouvailles familiales

Lors de son arrivée à Astrakhan, il compte mener l'enquête pour retrouver sa famille biologique. En novembre 2019, sa mère adoptive lui a transmis son dossier d’adoption, qu’elle lui avait caché jusque-là. À l’intérieur de celui-ci apparaissent le prénom et le nom de sa mère biologique. Une amie traductrice qui se trouve en Russie ainsi que des juges et notaires, pourront aussi l’aider dans sa démarche.

Qu'envisage-t-il de faire après avoir retrouvé sa famille biologique ? « Ce sera une période de découverte, je ne m’attends pas à grand-chose, je ne veux pas me faire d’illusion », expose l’aventurier. Une chose est sûre : un retour définitif à Brest n’est pas envisagé. « L’idée n’est pas de revenir en Bretagne, mon objectif est de rester dans ma ville natale. Je ne serai plus la même personne après ce voyage », estime Jean-Eldar, avant de se diriger vers Bréhat pour une journée de repos. 5 870 km le sépare encore de ses racines russes.

Arrivé le 8 avril à Perros-Guirec, l’Atelier 100Dwich surmonte difficilement la crise sanitaire. Ayant acheté l’enseigne bien avant la pandémie et fraîchement installé, se lancer dans la restauration actuellement est compliqué.

Au 26 Rue du Général de Gaulle, à Perros-Guirec, l’enseigne Chez Antoine a laissé place à l’Atelier du 100Dwich, gérée par Jean et Sylvie Guillet, mari et femme. Auparavant installé dans un camion sur le bord d’une nationale près de Saint-Brieuc, la beauté de Perros-Guirec et la mer les ont fait chavirer.

La devanture, provisoire, de l'Atelier du 100Dwich

Jean et Sylvie sont arrivés le 8 avril, en pleine crise sanitaire. Ces Bretons avaient acheté l’enseigne il y a bien longtemps mais leur lancement est plus complexe que prévu. « Pour le coup nous sommes très juste financièrement » confie le co-gérant de l’Atelier du 100Dwich.

« Nous n’avons pas d’aides de l’État. C’est un vrai challenge. »

La difficulté de se lancer en ces temps-ci est le fait que Jean et Julie n’ont pas d’antécédents. En effet, l'État ne livre d'aides qu'aux restaurateurs installés depuis au moins 1 an. « La plupart des restaurants qui sont installées depuis près 10 ans ont des aides. Nous nous venons d’arriver. Nous n'avons pas d'aides de l'État. C'est un vrai challenge. »

C’est très difficile de surmonter la crise. En revanche, si l'occasion se présente, Sylvie Guillet songerait à faire une demande pour percevoir ces aides plus tôt. Malgré un démarrage récent et ne sachant pas vraiment où cela va les emmener, le couple compte bien rehausser leur chiffre d'affaire. "Pour l'instant, nous venons d'arriver alors nous n'arrivons pas vraiment à chiffrer nos pertes mais l'objectif est bien d'augmenter notre chiffre d'affaire avec ce déconfinement et de se faire une visibilité" affirme la co-gérante.

Des moyens pour attirer la clientèle

Afin de lutter contre les effets de cette crise sanitaire qui touche fortement les gérants, l’Atelier du 100Dwich s’est lancé sur Instagram dans le but d’avoir davantage de visibilité. Sur ce réseau social, Jean et Sylvie annoncent leur menus et communiquent avec leur clientèle.

Par ailleurs, ce vendredi 21 mai, Jean Guillet a un rendez-vous pour faire sa devanture. « Les clients vont mieux comprendre ce que nous proposons. Pour l’instant, nous avons des sandwichs. La devanture indiquera d'une meilleure manière d’autres chose comme des pâtisseries. » Le lancement de ces gérants, freiné par la Covid-19, va se faire au mieux et étape par étape.

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Dans les Côtes-d'Armor, les auto-écoles sont restées closes pour l’apprentissage du code de la route pendant le confinement. Des solutions numériques se sont lancées, mais semblent être insuffisantes.

Un rapport de Vinci Autoroute présenté dans Le Parisien le 11 mai a révélé que les Français.es sont parmi les moins respectueux du code de la route en Europe. Et selon les auto-écoles, la situation ne s’arrange pas depuis le confinement. L’auto-école Gaillard à Saint-Brieuc a vu le temps de réussite des examens augmenter et le nombre d’élèves diminuer depuis le confinement. « L’apprentissage du code à distance a eu des conséquences désastreuses, on n'a jamais vu autant de décrochage. Les élèves décrochent déjà scolairement depuis le distanciel alors pour le code, c’est pire», explique une employée.

Un manque de motivation qui se fait sentir

De plus, le manque de contact humain détériore la motivation des élèves. L’école a pu mettre en place des cours en visioconférence, mais celles-ci n’ont eu qu’un succès très limité. « On a reçu beaucoup d’appels d’élèves demandant si une dérogation n’était pas possible pour suivre les cours à l'auto-école, mais nous ne pouvions évidemment pas donner suite à leurs demandes… ».  Malgré le temps laissé par le confinement, le manque de cours en présentiel se fait sentir quant à la compréhension des leçons. Selon cette école, le niveau des élèves se serait détérioré par rapport aux années précédentes. 

Stéphane lui, a tout de même fait le pari de rester en auto-école classique sur Lannion. Inscrit en septembre, il a très vite assisté à l'arrêt des leçons. Cet étudiant a essayé de passer son code de la route sur le site web mis à disposition par l’auto-école, mais sans réel succès. « Des visioconférences avaient été mises à disposition sur certains horaires, mais je n'avais pas du tout le temps d’y assister. Et comme nos cours étaient déjà en distanciel, j’en avais marre de passer ma journée derrière des écrans », témoigne ce dernier. Après plusieurs tentatives de l’obtenir, Stéphane sent sa motivation diminuer et déplore les pertes financières engendrées. Cette tendance est confirmée par l’école de conduite de Saint-Brieuc. 

Un tournant vers les solutions numériques

Suite à la fermeture des auto-écoles, certain.es élèves ont donc décidé de se tourner vers des solutions numériques. Dans un article du Point, Édouard Rudolf, le fondateur d'En voiture Simone, a revendiqué 35 % de nouveaux inscrits depuis le 15 mars. L'application Ornikar a également son succès auprès des élèves. Marius et Lilou, deux étudiant.es breton.nes, ont passé leur code en deux mois sur la plateforme. « Mes amis m’avaient conseillé le site, j’ai choisi cette solution, car elle permettait tout d’abord d’avoir une plus grande liberté et était beaucoup moins chère que des cours en auto-école » explique Lilou. En revanche, malgré la liberté que l’application lui a procuré au cours de ses études Marius nuance : « Même si l’application est très pratique, il manquait tout de même un contact humain et plus d’explications sur certaines leçons ».

Même si aucune étude n’a pour l’instant montré un potentiel taux de réussite en baisse, le manque de cours en présentiel se fait ainsi sentir. Mais la reprise des cours en présentiel reste encore très incertaine pour le mois de juin. 

Laudet Esther

 

Contre le "syndrome de la chaussette orpheline", la boutique de mode éco-responsable Inspire, basée à Pont-L'Abbé, récolte depuis un an ces bouts de tissus condamnés à l’oubli. Elle les confie à l’association "Chaussettes orphelines" qui recycle ce qui devait finir à la poubelle.

Claire dans son magasin "Imagine", au côté de la "boîte à chaussettes"
Claire dans son magasin "Imagine", au côté de la "boîte à chaussettes". / Photo Ouest France

Chez "Inspire", la petite boutique de Claire Guine, qui a ouvert en mai dernier à Pont-L'Abbé, on peut acheter des vêtements "made in France", mais on peut aussi déposer ses chaussettes uniques, restées seules depuis la perte de leur moitié. Alors que nous perdons en moyenne 15 chaussettes par an, selon une étude britannique de 2016, le magasin morbihanais se propose de récupérer ces bouts de tissu inutiles afin de les confier à l'association parisienne "Chaussettes Orphelines", qui les transforme en nouveau vêtements.

L'upcycling : transformer l'inutile en beau

Cette pratique est qualifiée d'"upcycling", car elle vise à récupérer des matériaux ou des produits usagés pour les transformer en beaux objets. Depuis son ouverture il y a un an, la boutique de Claire a déjà confié un colis de 25 kilos de chaussettes "orphelines" à l'association. "Les gens m'appellent souvent parce qu'ils en ont entendu parler un peu au hasard de l'initiative", raconte la gérante.

Une fois que l'un des 32 points de collecte de l'association a récupéré 20 à 25 kg de tissu, celle-ci fait venir un transporteur pour récupérer les produits. Ils sont ensuite transformés en pulls, sacs, bonnets ou encore pelotes de laine. Donner une deuxième vie au tissu à l'aide de ce circuit de recyclage made in France permet de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile.

“Pour produire 1kg de fibres de coton, l’irrigation requiert entre 15 000 et 20 000 litres d’eau. Ramené à la production d'une paire de chaussettes, soit 60 grammes de coton, cela donne 1 000 litres d’eau. Juste pour une paire de chaussettes !” rapporte le site de l'association. 

Injectées dans le circuit de tri, les chaussettes serviront à la conception des vêtements de travail des salariés

L'année dernière, "Chassettes orphelines" a récupéré 2 tonnes de chaussettes, désormais recyclées. "Les chaussettes sont un très bon moyen de sensibiliser au recyclage. Injectées dans le circuit de tri, elles serviront à la conception des vêtements de travail des salariés. La boucle est bouclée”, commente Gersende Tanguy-Blanchard, gérante de Norme et style, un magasin partenaire de l’initiative, dans un article du Ouest France.

 Pour minimiser les pertes de chaussettes, il existe même une formule qui permet de mesurer ce risque. Cet "index de perte de chaussette"développé par deux scientifiques anglais permet ainsi de savoir que le taux de perte est corollé au nombre des lavages.

Duane et Tom, skateurs lannionais aguerris
Duane et Tom, skaters lannionnais aguerris

Absent des Jeux olympiques de Rio en 2016, le skateboard a été promu discipline olympique pour les trois éditions à venir. Alors que la discipline se professionnalise peu à peu, l'accès à sa pratique pour les amateurs reste très inégalitaire au niveau national et régional.

Tokyo 2021, Paris 2024, Los Angeles 2028 : le skateboard sera bien de la partie. Alors que les skaters professionnels s'affronteront sur deux épreuves olympiques lors des prochains JO, cette reconnaissance nouvelle a permis une professionnalisation croissante de la discipline. Elle est illustrée par le parcours d’Aurélien Giraud, Vincent Milou et Vincent Matheron, qui disputent actuellement les qualifications aux JO aux Etats-Unis.

En Bretagne, des difficultés de pratique pour les amateurs

On a tout à faire en France, on est loin d'être structurés. On a un championnat de Bretagne depuis seulement 2 ans.

Pour les amateurs du skate, cette nouvelle légitimation de leur sport n'efface pas tous les problèmes du quotidien. David Meurou, éducateur professeur de skateboard à Perros-Guirec, explique que la discipline souffre d'un manque de reconnaissance au niveau administratif. « Quand les responsables des salles ont à choisir entre le skate et une autre activité, plus reconnue, on se rend vite compte de notre place », déplore-t-il. En février 2020, faute de salle, le club de skateboard lannionais Lann'skate a été contraint de suspendre ses activités.

Nicolas Hémous, référent régional des clubs de skateboard, rappelle qu'en Bretagne, seules les villes de Plougastel et Quimper, dans le Finistère, sont équipées d'un terrain en intérieur. Il explique avoir accueilli l'arrivée du skateboard aux Jo comme une surprise, étant donné les obstacles pour la pratique au niveau local : "On a tout à faire en France, on est loin d'être structurés. En régions par exemple, on a un championnat de Bretagne depuis 2 ans. Du coup nous n'étions pas forcément prêts pour cette démarche là."

Les JO comme tremplin en France ?

Pour Nicolas Hémous, les JO restent cependant un motif d’espoir pour faire prendre conscience aux administrations d’investir dans les infrastructures qui permettent la pratique du skate. Il reste tout de même optimiste pour l'avenir, étant donné la démocratisation de la pratique, qui va s'amplifier grâce à cette nouvelle visibilité. David Meurou estime pour sa part qu'une amélioration de l'encadrement de la formation des skateurs permettra aux amateurs de progresser dans un cadre plus bénéfique.

Le Hamas et Israël ont convenu d'un cessez-le-feu, après 11 jours de bombardements dans la Bande de Gaza. L’Association France Palestine Solidarité du Trégor appelle à un rassemblement silencieux samedi 22 mai à 11h devant la mairie de Lannion. Mais pour exprimer concrètement leur solidarité, ses militants s’activent toute l’année.

Un accord de cessez-le-feu a été trouvé ce vendredi 21 mai entre le Hamas (au pouvoir à Gaza) et Israël. Dans l'enclave palestinienne, on dénombre 230 Gazaouis tués. Un premier rassemblement a réuni 90 personnes samedi 15 mai devant la sous-préfecture lannionnaise, à l’appel de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) du Trégor. « C’est pas mal pour Lannion ! » commente Claire Theret, présidente de l’association depuis 2 ans.

« On vend des pâtisseries palestiniennes »

Bien que les bombardements de Gaza aient motivé ces rassemblements, la mobilisation des militants de l’AFPS s’inscrit aussi dans la durée. Annulée cette année, la Quinzaine de la Palestine en Trégor se tiendra en janvier 2022. Entre exposition et conférences, l’évènement permet de sensibiliser sur la politique de colonisation israélienne. « Depuis 2005, des militants reviennent de Palestine avec des photos, des récits. C’est l’occasion de témoigner de l’avancement des colonies, de la construction du mur de séparation, des violences perpétrées contre les populations », explique Claire Theret. Un sujet qui la touche intimement, « je suis juive et arabe, je me sens donc concerné et consterné que les sionistes perpétuent des crimes au nom de la judaïté ». L’association projette aussi des fictions et documentaires sur le sujet, en partenariat avec les cinémas Les Baladins de Lannion et Le Douron à Plestin-les-Grèves, « et à la pause on vend des pâtisseries palestiniennes ».

Soutien à une coopérative palestinienne

L’argent récolté permet ensuite de financer des projets en Palestine. C'est une façon pour l’AFPS d’aider au développement d’une économie palestinienne indépendante d’Israël. « On a récolté 3000 euros pour une coopérative de jus de raisin en Cisjordanie, près de Hébron ». Un succès, puisque « l’entreprise possède désormais tout le matériel nécessaire, donc on va chercher un autre projet à soutenir, se réjouit Claire Theret. « Nous avons aussi donné de l’argent à la MAP (L'aide médicale aux Palestiniens) pour aider face à la pandémie ». Selon elle, les Bretons sont à la pointe de la mobilisation pro-palestinienne. « Peut-être ressent-on une espèce de solidarité avec les régions occupées ? » s’interroge-t-elle, faisant écho à l’histoire de la Bretagne.

« La situation s’empire en Palestine »

Lors du rassemblement de samedi 15 mai, elle a déposé une lettre à l’attention d’Emmanuel Macron. « On proteste contre le fait que le président de la république française ne proteste pas. » Un acte symbolique pour la militante associative, qui ne se fait pas d’illusions. « En général on n’a pas de réponse ». Pas de quoi décourager les militants de l’AFPS, qui appellent à battre le pavé samedi 22 mai, « car la situation s’empire en Palestine ». Cette fois, ce sera face à la mairie, « c’est sur une plus grande place, ça permet de faire des images et d'en parler ». Mais pas durant le rassemblement, qui prendra la forme d’une vigie silencieuse. « À la mémoire des morts, nous attirerons l’attention par notre silence » espère Claire Theret.

Après le rassemblement, l’AFPS continuera donc son action au long cours, par la pédagogie et la sensibilisation, « c’est d’abord par le biais de la culture qu’on essaye de communiquer sur ce conflit » conclut Claire Theret.

Hier, les bars étaient dans les starting-blocks pour accueillir de nouveau la clientèle. Maxime Michel, barman du Bistronome à Lannion, a vécu une « reprise sportive ».

A vos marques, prêts, buvez ! Hier soir, comme partout en France les terrasses lannionaises ont pu se remplir à nouveau. Difficile de trouver une table libre, certains étaient même prêts à faire la queue pour s'offrir leur première verre de 2021. Comme tous les bars de la ville, le Bistronome a affiché complet toute la soirée.

Maxime Michel, barman, ne s'attendait pas à voir autant de monde. «On ne pensait pas que les places allaient être si chères», s'étonne le jeune de 24 ans. Une reprise «rythmée» pour l'employé de ce bistrot, vite revenu à ses habitudes :  «On reprend rapidement les automatismes». Un retour des terrasses qui s'est déroulée dans le calme. «Quand on voit ce qu'il s'est passé à Rennes, on peut être contents que ça se soit bien déroulé ici», observe le serveur.

«Les gens étaient de bonne humeur»

Si l'employé du Bistronome n'a pas eu un seul moment de répit jusqu'à la fermeture, à 21 heures, le barman se réjouit d'avoir pu reprendre le service, après de nombreux mois en chômage partiel. «Ça fait du bien de bosser, avoue-t-il. En plus les gens étaient de bonne humeur, c'était super !».

«J'étais pressé de reprendre le service»

Depuis octobre 2020, le Lannionnais n'avait pas pu poursuivre son activité. «J'ai aidé de temps en temps au Bistronome», explique-t-il. Même si le bar a mis en place de la vente à emporter, Maxime était jusque-là en chômage partiel. «J'étais pressé de reprendre le service après tant d'attente».

Selon Maxime, cette forte affluence devrait continuer jusqu'à ce week-end : «Le jeudi est synonyme de soirée étudiante, donc on s'attend à beaucoup de monde». «La semaine prochaine devrait être plus tranquille», nuance-t-il. Bilan de ce premier jour réussi pour le Bistronome et son serveur, qui ont réalisé un chiffre cinq fois plus important qu'à l'accoutumée. Echangeant avec les employés des bars voisins,  Maxime et ses confrères s'accordent pour dire que cette reprise «festive» fait «du bien au moral», à celui des clients comme des serveurs.

 

 

 

Depuis 1998, La Potinière, bar-restaurant en bord de mer à Trébeurden, est à l'abandon. Alors que la Cour administrative d'appel de Nantes a rejeté en 2020 un permis de construire pour un nouveau projet, la bâtisse délabrée surplombe toujours la ville, au point d’être surnommée “la verrue de Trébeurden” par ses habitants.  

Surnommée la "verrue de Trébeurden", le bar-restaurant La Potinière est à l'abandon depuis 1998

Elle a fait le bonheur des habitants de l'ouest du Trégor autrefois. Désormais, elle est surnommée “la verrue de Trébeurden”. Le bar-restaurant La Potinière n’a plus ouvert ses portes depuis 1998. Une bataille judiciaire autour des murs délabrés de cette vieille bâtisse divise la mairie et les propriétaires depuis 23 ans.

En octobre 2020, la cour administrative d’appel de Nantes a annulé un permis de construire délivré par la société Eolarmor, propriétaire du bâtiment, estimant le nouveau projet trop dégradant pour le site des "Roches Blanches". Deux mois plus tard, en décembre 2020, une tempête a arraché la charpente de l'édifice, qui s'était progressivement transformé en ruine depuis son abandon.

Un projet de surface commerciale refoulé

La société Eolarmor et son gérant Hubert du Boisbaudry, ainsi que la société Yola avaient racheté le bar-restaurant en 1998. Les deux nouveaux co-propriétaires prévoyaient de transformer ce lieu de fête en complexe commercial et d'habitation. Mais la commune n'approuve pas ce projet de rénovation. S’ensuit un combat juridique pour faire valider le permis de construire… “Les propriétaires ne voulaient pas accepter les propositions de la mairie et la mairie refusait les demandes des propriétaires”, se souvient Eliane, habitante de Trébeurden. "La Potinière est donc restée telle quelle depuis...".

La Potinière, quadrillée par des barrières.

Tous les Trébeurdinais pensent la même chose : ça ne peut plus durer

De la Potinière, il ne reste que des murs. Eliane a connu le bar-restaurant avant qu'il ne devienne cet édifice délabré. "On passait du très bon temps là-bas”, se remémore la retraitée, originaire de Lannion et mariée à un Trébeurdinais depuis 25 ans. “Il y avait la salle de jeux au sous-sol, le restaurant au-dessus et le bar sur le côté droit, à l’entrée”. Comme beaucoup d’habitants, elle juge la situation catastrophique : “Tous les Trébeurdinais pensent la même chose : ça ne peut plus durer."

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