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Arrivé le 8 avril à Perros-Guirec, l’Atelier 100Dwich surmonte difficilement la crise sanitaire. Ayant acheté l’enseigne bien avant la pandémie et fraîchement installé, se lancer dans la restauration actuellement est compliqué.

Au 26 Rue du Général de Gaulle, à Perros-Guirec, l’enseigne Chez Antoine a laissé place à l’Atelier du 100Dwich, gérée par Jean et Sylvie Guillet, mari et femme. Auparavant installé dans un camion sur le bord d’une nationale près de Saint-Brieuc, la beauté de Perros-Guirec et la mer les ont fait chavirer.

La devanture, provisoire, de l'Atelier du 100Dwich

Jean et Sylvie sont arrivés le 8 avril, en pleine crise sanitaire. Ces Bretons avaient acheté l’enseigne il y a bien longtemps mais leur lancement est plus complexe que prévu. « Pour le coup nous sommes très juste financièrement » confie le co-gérant de l’Atelier du 100Dwich.

« Nous n’avons pas d’aides de l’État. C’est un vrai challenge. »

La difficulté de se lancer en ces temps-ci est le fait que Jean et Julie n’ont pas d’antécédents. En effet, l'État ne livre d'aides qu'aux restaurateurs installés depuis au moins 1 an. « La plupart des restaurants qui sont installées depuis près 10 ans ont des aides. Nous nous venons d’arriver. Nous n'avons pas d'aides de l'État. C'est un vrai challenge. »

C’est très difficile de surmonter la crise. En revanche, si l'occasion se présente, Sylvie Guillet songerait à faire une demande pour percevoir ces aides plus tôt. Malgré un démarrage récent et ne sachant pas vraiment où cela va les emmener, le couple compte bien rehausser leur chiffre d'affaire. "Pour l'instant, nous venons d'arriver alors nous n'arrivons pas vraiment à chiffrer nos pertes mais l'objectif est bien d'augmenter notre chiffre d'affaire avec ce déconfinement et de se faire une visibilité" affirme la co-gérante.

Des moyens pour attirer la clientèle

Afin de lutter contre les effets de cette crise sanitaire qui touche fortement les gérants, l’Atelier du 100Dwich s’est lancé sur Instagram dans le but d’avoir davantage de visibilité. Sur ce réseau social, Jean et Sylvie annoncent leur menus et communiquent avec leur clientèle.

Par ailleurs, ce vendredi 21 mai, Jean Guillet a un rendez-vous pour faire sa devanture. « Les clients vont mieux comprendre ce que nous proposons. Pour l’instant, nous avons des sandwichs. La devanture indiquera d'une meilleure manière d’autres chose comme des pâtisseries. » Le lancement de ces gérants, freiné par la Covid-19, va se faire au mieux et étape par étape.

Duane et Tom, skateurs lannionais aguerris
Duane et Tom, skaters lannionnais aguerris

Absent des Jeux olympiques de Rio en 2016, le skateboard a été promu discipline olympique pour les trois éditions à venir. Alors que la discipline se professionnalise peu à peu, l'accès à sa pratique pour les amateurs reste très inégalitaire au niveau national et régional.

Tokyo 2021, Paris 2024, Los Angeles 2028 : le skateboard sera bien de la partie. Alors que les skaters professionnels s'affronteront sur deux épreuves olympiques lors des prochains JO, cette reconnaissance nouvelle a permis une professionnalisation croissante de la discipline. Elle est illustrée par le parcours d’Aurélien Giraud, Vincent Milou et Vincent Matheron, qui disputent actuellement les qualifications aux JO aux Etats-Unis.

En Bretagne, des difficultés de pratique pour les amateurs

On a tout à faire en France, on est loin d'être structurés. On a un championnat de Bretagne depuis seulement 2 ans.

Pour les amateurs du skate, cette nouvelle légitimation de leur sport n'efface pas tous les problèmes du quotidien. David Meurou, éducateur professeur de skateboard à Perros-Guirec, explique que la discipline souffre d'un manque de reconnaissance au niveau administratif. « Quand les responsables des salles ont à choisir entre le skate et une autre activité, plus reconnue, on se rend vite compte de notre place », déplore-t-il. En février 2020, faute de salle, le club de skateboard lannionais Lann'skate a été contraint de suspendre ses activités.

Nicolas Hémous, référent régional des clubs de skateboard, rappelle qu'en Bretagne, seules les villes de Plougastel et Quimper, dans le Finistère, sont équipées d'un terrain en intérieur. Il explique avoir accueilli l'arrivée du skateboard aux Jo comme une surprise, étant donné les obstacles pour la pratique au niveau local : "On a tout à faire en France, on est loin d'être structurés. En régions par exemple, on a un championnat de Bretagne depuis 2 ans. Du coup nous n'étions pas forcément prêts pour cette démarche là."

Les JO comme tremplin en France ?

Pour Nicolas Hémous, les JO restent cependant un motif d’espoir pour faire prendre conscience aux administrations d’investir dans les infrastructures qui permettent la pratique du skate. Il reste tout de même optimiste pour l'avenir, étant donné la démocratisation de la pratique, qui va s'amplifier grâce à cette nouvelle visibilité. David Meurou estime pour sa part qu'une amélioration de l'encadrement de la formation des skateurs permettra aux amateurs de progresser dans un cadre plus bénéfique.

Alors que le plan de licenciement de Nokia illustre les difficultés de l'industrie des télécommunications à Lannion, le secteur de l'optique se développe à la technopole. Lauréate d'une subvention pour un projet de relocalisation, l'entreprise Keopsys en est un acteur.

Keopsys, basé à Lannion est en pleine période de recrutement

Le 19 mai, l'entreprise Keopsys accueillait dans ses locaux de Lannion le sous-préfet à la relance des Côtes-d'Armor et du Finistère, Yannick Scalzotto. Ce dernier remettait à la filiale de Lumibird le prix "France Relance", qui s'accompagne de subventions issues du plan de relance national de 100 milliards d'euros. La société spécialisée dans la photonique, la détection laser ou les lasers à fibres recevra 540 000 euros de l’État.

Le projet de Keopsys soutenu par l’État, prénommé "ARCOL", représente un investissement total de 3 à 4 millions d'euros. Il consiste à créer une ligne de fabrication de composants que l'entreprise devait auparavant importer. Pendant la crise, l'entreprise a reçu d'autres subventions pour la rénovation énergétique de ses bâtiments, ainsi que pour l'emploi de jeunes, d'handicapés et "d'emplois francs".

Un ancrage local

Fort de plus de 190 salariés sur son site de la technopole de Lannion, Keopsys n'arrête pas de recruter. Depuis août 2020, plus de 40 contrats ont été signés. Parmi ces nouvelles recrues, toujours présentes dans l'entreprise selon le groupe, 14 sont âgées de moins de 26 ans et ont été formées à Lannion (ENSAT, IUT, BTS au lycée Félix Le Dantec).

"Nous recevons des candidatures tous les jours et devrions continuer à recruter", indique Florence Bonneaud, des ressources humaines de Keopsys. La technopole est devenue au fil des ans une place forte de la photonique en France et même dans le monde, grâce à des entreprises comme IXblue, Ekinops, IDIL, réunies au sein du groupement Photonics Bretagne.

Pour de nombreuses entreprises, l'annonce de la suppression de 240 emplois par Nokia a fait craindre des conséquences en cascade pour la technopole. Florence Bonneaud se veut rassurante et juge que la secousse a été facilement absorbée : "Bien sûr au niveau de la région, on a eu peur pour l'emploi, mais ça n'a jamais remis en question notre engagement, ici à Lannion."

L'entrée du studio de Michel est faite d'une petite terrasse en bois. (image : Esther Laudet)

Perdu dans la campagne trégoroise, l'éco-village de Tréduder a vu sa fondatrice décéder en janvier. Créé il y a plus de 15 ans, le lieu est méconnu de la plupart des Costarmoricains, car ses habitants tiennent à vivre discrètement leur communion avec la nature.

On l’aperçoit sur le bord d’une route de campagne, brièvement. Pourtant, lorsqu’on s’engouffre dans la végétation, c’est bien un vrai hameau qui apparaît. Excepté ses habitant.es, peu de Costarmoricain.es connaissent l’existence de cet éco-village. Ils ne divulguent jamais leur adresse précise, et ont choisi de s’isoler des curieux. Cette discrétion était d'abord la volonté d'Annie Le Duffec, instigatrice du projet et propriétaire des terrains. Décédée il y a plusieurs semaines, son souvenir persiste au sein du hameau, qui continue de partager et d'appliquer sa morale et son goût du secret.  

Six maisons se sont construites ici, mêlant infirmier, professeur, ou encore charpentier sur les mêmes terrains. Ces habitant.es partagent des espaces communs faits de verdure, mais aussi, un bâtiment abritant un frigo, un congélateur, et une tondeuse pour toute la communauté. Leurs maisons sont toutes différentes, de l’humble cabane à la belle maison de bois, en passant par la yourte.

Michel, l'ancien compagnon d'Annie, vit dans le hameau de Tréduder depuis 11 ans. Dans son studio de 25 mètres carrés fait de bois et de laine de bois, il récupère l’eau de pluie et n’utilise que des toilettes sèches. Dehors, il crée des zones d’ombres pour favoriser l'apparition des chauves-souris. Notre objectif c’est que la planète aille mieux”, résume le sexagénaire. 

A l'intérieur du studio de Michel se trouve une petite kitchenette. (image : Esther Laudet)

Un réseau relativement fermé 

Cet esprit collectif qui caractérise les habitant.es les incite à se préserver de l'extérieur. Ils ne fonctionnent que par réseau de connaissances et chacun s’entraide lorsque il y a besoin. S'ils ont besoin de l’intervention d’artisans, ceux-ci sont toujours membres de ce réseau. “La mairie nous connaît, et nous respecte”, précise cependant Michel. Ce réseau se retrouve habituellement au café Théodore à Locquémeau, à quelques kilomètres. Cet état d’esprit se vérifie aussi dans les achats alimentaires des habitants du hameau : ils ne se fournissent qu'en circuits courts. 

Photos du studio après sa construction, sous la neige. (Esther Laudet)

Une méfiance envers l’extérieur 

Ce goût du secret est aussi le fruit d’une frustration éprouvée par la fondatrice Annie. Dans les premières années d'existence du hameau, beaucoup de visiteurs sont venus observer l’éco-village : “Les touristes arrivaient par centaines en car, les habitants avaient le sentiment d’être en vitrine” raconte Michel, qui se remémore la “fureur” de ces nombreux badauds. Cette effervescence a contribué à l’isolement médiatique et à l’absence de publicité sur ce lieu singulier. “Nous n’avons pas besoin de publicité”, appuie Michel.

Désormais, l’éco-village ne souhaite accueillir que des visiteurs engagé.es. “Ce qui nous intéresse c’est qu’il y ait un échange sur le long terme, pas une rencontre sans lendemain”, souligne Michel. “On marche au sentiment, depuis toujours”. D’autant plus qu’ici, les valeurs et les principes sont partagés : “Bien qu’on vive chacun de notre côté, Annie nous a initié à des valeurs de partage, de tolérance et d’entraide” termine Michel. 

La maison d'Annie à gauche et le studio de Michel au fond. (Esther Laudet)

Extrait sonore : Michel pousse la chansonnette à l’Orgue de Barbarie. C’est un morceau de Renaud intitulé : Laisse béton. 

 

Les machines à sous et jeux électroniques des casinos ont repris du service. Ces restrictions sanitaires excluent donc les tables de jeux. Mais pas de quoi refroidir les clients, qui étaient venus par centaines pour la réouverture.

Mercredi 19 mai, Pierre Journé, directeur du Kasino à Perros-Guirec, a accueilli environ 450 personnes. « On a même dû refuser des personnes » précise le directeur. De quoi renflouer les caisses, qui étaient vides depuis octobre. Un protocole sanitaire avec une interdiction des tables de jeux et une jauge limitée de 35%, en sont les principaux points. Le couvre-feu à 21 heures limite aussi le casino dans son activité, surtout à l’approche du week-end de la Pentecôte. « On aurait pu avoir trois soirs chargés avec le lundi férié, mais on ne peut pas en profiter ». 140 personnes sont désormais autorisées à entrer dans le casino en même temps. Une différence avec les 400 personnes que la structure pouvait initialement accueillir.

« On ne peut accueillir que 35% de notre capacité d’accueil habituel. On ne va pas se plaindre, c’est toujours mieux que 0 »

Gel hydroalcoolique, nombre d’entrées limitées…Les retrouvailles entre le personnel et les clients étaient tout de même très attendues. Pour Jeanette, une habituée du casino, « c’est un bonheur de les voir ! ». Mais comme tous les lieux publics, l’incertitude sur la durée de ces retrouvailles inquiètent. « J’espère juste que ça va durer » avoue Jeanette. Le service restauration et bar du casino sont fermés. Les clients peuvent donc seulement jouer pour l’instant. Mais malgré toutes ses contraintes, le directeur se dit soulagé : « On ne peut accueillir que 35% de notre capacité d’accueil habituel. On ne va pas se plaindre, c’est toujours mieux que 0 »

Un personnel réduit

Le fonctionnement des équipes a été revu. Organisé avec une ronde de 3 équipes par jour, c’est avec 2 équipes que le Casino fonctionne désormais. Une partie des employés est donc toujours en chômage partiel. Pour les croupiers du casino, pas d’exception. Ils sont tous en chômage partiel et « attendent de pouvoir reprendre du service au plus vite » affirme Pierre Journé qui espère un retour à la normale pour mi-juin. Pour le moment, la réouverture totale des casinos est prévus pour le 30 juin, comme les cinémas.

À l’heure où les restrictions sanitaires sont allégées, le sport amateur est toujours en sommeil. À Perros-Guirec, les activités n'ont jamais cessé, mais l'absence de compétitions commence à peser.

Privés de compétitions depuis des mois, pas facile pour les enfants de rester motivé dans leurs activités sportives. Au complexe sportif de Kerabram à Perros-Guirec, les éducateurs s’appliquent à proposer des activités à la fois ludiques et dans le respect des règles sanitaires. Le club municipal de tennis de Perros-Guirec n’a jamais été contraint d’arrêter ses entraînements. Les sportifs pouvaient en effet pratiquer en extérieur, mais la mauvaise météo de cet hiver a contraint les éducateurs à annuler une grande partie des entrainements.

Pour François Gueret, éducateur au club municipal de tennis de Perros Guirec, c’est ce qui explique en partie la baisse de motivation des sportifs : « Cet hiver, on a eu quelques jeunes qui ont souhaité arrêter car la tenue des entrainements n’était jamais certaine en raison de la météo. Pour les adultes, on a essayé d’organiser des animations en extérieur mais nous n’avons pas vraiment eu de retours. » L’absence de compétitions aussi engendré une baisse de motivation chez certains.

Le club de foot de Perros-Louanec n’a pas non plus été contraint d’arrêter les entrainements ces dernières semaines. Et les éducateurs ont eux aussi observé une baisse de motivation chez les jeunes. « Le manque de compétitions a démotivé certains de nos jeunes » explique Frédéric Frei, entraineur des U13 à l’US Perros Louannec. « Nous avons dû adopter de nouvelles méthodes d’entraînement, sans contacts, qui ont rendu le jeu beaucoup moins fun ».

 

 

Même si on observe une baisse des licenciés en tennis et en football, ces sports ont été très peu affecté par rapport à la lutte ou la natation. 

Remotiver les jeunes

Grâce au travail des éducateurs, les U13 de l'US Perros-Louannec regagnent en motivation avant la reprise des compétitions.

 

En tennis comme en football, les éducateurs redoublent d’efforts pour proposer des activités ludiques adhérents. À partir de la semaine prochaine, le club de tennis organise un tournoi interne sur une durée d’un mois. Selon François Guéret, « cela leur permettra de retrouver le goût de la compétition et de patienter jusqu’aux premières échéances prévues au mois de juillet. »

Pour les éducateurs de l’US Perros-Louannec une forte implication de leur part est primordiale : « Tout dépend de l’animation et de la motivation qu’on leur donne. On doit être éducateur et animateur en même temps. Si nous ne sommes pas motivés les joueurs vont le ressentir et ils vont arrêter ». Pour le moment le club organise de petits matchs en donnant des thèmes à respecter pour perfectionner les joueurs dans un domaine précis. Encore un peu de patience : les U13 de l’US Perros-Louannec devraient reprendre la compétition dans deux semaines.

Ce mercredi, les lannionnais ont occupé en nombre les terrasses de restaurants et les cinémas. Pourtant, l'effervescence ne profite pas au musée des Ursulines, où encore personne ne se presse à l'entrée.

 

Les portes viennent de rouvrir à la chapelle des Ursulines, mais seuls quelques amateurs d'art sont présents . Depuis 14 heure, ce mercredi 19 mai, le musée est accessible au public, avec une jauge limite de 20 personnes. Tout a été préparé attentivement par le personnel encadrant, spots de lumière et musiques d'ambiance ont été placés pour convenir au mieux à l'ambiance sacrée du lieu. Pourtant, ces efforts de présentation ne semblent pas suffire : il n'y a pas foule à l'exposition "Océanités", galerie d'art contemporain.

"Les gens attendent tellement de choses, depuis tellement longtemps, qu'ils ne peuvent pas tout faire dans la même journée"

Ce manque d'affluence ne surprend pourtant pas Nathalie Rémond, responsable du lieu. Selon elle, ce jour de réouverture n'offre pas d'opportunités d'affluence au musée des Ursulines, mais illustre davantage les priorités personnelles des habitants. "Il faut se souvenir qu'on est mercredi, jour des enfants pour les parents. Aujourd'hui, les habitants vont surtout être attirés par les terrasses, et les magasins de vêtements pour habiller leurs petits. On ne peut pas tout faire en même temps". Les préférences culturelles des lannionais se sont aussi illustrées cet après-midi : le cinéma Les Baladins a affiché complet pour ses deux séances du jour. Le musée des Ursulines avait pourtant l'opportunité de concurrencer le grand écran, en étant la seule des trois galeries d'art ouvertes en ce jour de réouverture.

Problèmes de médiatisation

Pour Nathalie Rémond, le musée souffre également d'un manque de médiatisation quant à la communication des nouveaux projets du lieu. "On est dépendants des médias lorsqu'on veut annoncer des nouvelles expositions. On invite les journalistes à venir ici, mais c'est rare que l'on publie des choses sur nous." Un point de vue réaffirmé par un visiteur. Amateur d'art aguerri, il sillonne la bretagne à la recherche de galeries d'art "Les musées sont marginalisés par les médias, ils sont trop intellectualisés alors qu'il y a du personnel compétent pour nous aider à comprendre les œuvres d'art". Selon lui, la chapelle gagnerait à gagner en visibilité, il désire la voir se transformer en lieu de rencontre entre adeptes d'art contemporain et curieux du coin.

Alors qu'un vent de liberté souffle sur la France en ce début de déconfinement, la situation de certains restaurateurs n'appelle pas à l'optimisme. A Lannion, peu de restaurants ouvrent leur porte en ce 19 mai, certains les ferment même définitivement.

Devanture du restaurant Umami

Les 6 clients qu'elle a installé au soleil sont peut-être les derniers. Corinne Pellegrin a décidé de faire de cette réouverture un cadeau d'adieu : "Je ferme dans deux semaines". Son restaurant Umami est niché dans une des nombreuses petites ruelles qui traversent le centre de Lannion et propose quelques tables devant sa façade

Restaurant, épicerie et salon de massage, son établissement a pris la crise de plein fouet. Corinne Pellegrin a bien essayé de mettre en place la vente à emporter et la livraison mais, seule pour s'en occuper, elle n'a "pas tenu". La rentabilité de son commerce est au plus bas depuis le début de la crise sanitaire, dit-elle, malgré les aides de l’État.

Comme beaucoup d'autres restaurateurs avec peu de places en terrasses, elle s'attend à ce que les bénéfices ne soient pas au rendez-vous. Son bail finissant dans quelques semaines, elle a décidé de tout arrêter et de prendre sa retraite : "Je vais peut-être continuer à vendre quelques plats préparés par-ci par-là, mais j'arrête le restaurant, il n'est plus viable."

Des coûts trop importants

D'autres établissements, aussi confrontés à des difficultés, retardent leur ouverture. Au Maestro, brasserie et pizzeria du centre-ville, on ne rouvre pas avant la mi-juin. Là encore, faute de rentabilité. Les salaires des cuisiniers et du service sont trop importants par rapport aux bénéfices potentiels, explique Carine Le Meur, qui estime que la situation des bars est différente. "Quand on a un restaurant, on ne doit pas juste servir des verres, on a besoin de plus de monde et de moyens." Même si les aides continueront tout le mois de mai, elles ne sont pas suffisantes pour tenter le pari de la réouverture dès aujourd'hui, poursuit. Elle laissera donc le bar "le Chapelier" situé juste en face de son établissement, utiliser sa petite terrasse pour la réouverture de ce mercredi.

Privé d’entraînements en salle depuis octobre, à cause de la crise sanitaire, le club d’escrime de Lannion retrouve les terrains.  Jean Louis Legros, président du club attendait cette nouvelle avec impatience, mais refuse le passe sanitaire.

C’est enfin la reprise des entrainements à l’intérieur, pour le club d’escrime de Lannion ! Cela faisait depuis sept mois que les escrimeurs lannionais étaient privés de salles. Contraint de faire des entraînements à l’extérieur depuis avril.

 

Un protocole sanitaire très strict est cependant mis en place : « Le masque chirurgical est obligatoire sauf lorsque les jeunes portent le masque d’escrime ». Le club de Lannion a dû aussi revoir le nombre d’escrimeurs passant de 60 à 93. Des groupes, par tranche d’âge sont aussi fait pour permettre un roulement au niveau des heures d’entraînements. Des règles ont été par ailleurs changés pour permettre aux escrimeurs d’être le moins en contact possible. Concernant les compétitions Jean-Louis Legros nous confie que c’est un peu plus compliqué, en effet un test PCR est obligatoire pour pouvoir combattre.

« On ne veut pas de passe sanitaire »

Le président du club se montre assez ferme concernant le passe sanitaire. Conscient des risques de contaminations à l’intérieur, Jean-Louis Legros préfère se référer au protocole sanitaire. « Si on commence à faire un tri de ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne le sont pas, on n’en sortira plus. » Laisser le choix aux adhérents de se faire vacciner ou pas est une notion très importante pour le président. Avec l’organisation a mis bien en place en amont, le club a pu accueillir tous ses groupes d’escrimeurs. La force du club a été de ne perdre aucun de ses licenciés entre le moment où le COVID est apparu et aujourd’hui. « On a eu aucun désistement jusqu’à présent sur les licences ni même sur la saison ». Jean-Louis Legros suit avec attention les consignes fédérales et gouvernementales. « Si on nous dit en septembre, vous avez le feu vert pour accueillir tous les enfants dans les conditions normales on le fera ». Ce qu’il ne veut surtout pas, c'est d’imposer des restrictions d’adhésion. Il veut désormais avoir des aides financières de la mairie.

Apprentissage du breton : Roudour sereine pour la rentrée 2021

Monna Roudaut formatrice à Carhaix et ses élèves en cours d'apprentissage. (image : Roudour, Carhaix)

Malgré une année pleine d'incertitudes, la société d'apprentissage du breton Roudour affiche sa sérénité pour la rentrée. Avec plus de cours en présentiel et un nouveau public, elle aborde avec quiétude les stages à venir. Une réunion aura lieu jeudi 20 mai à l'Espace Sainte-Anne de Lannion pour présenter le déroulement de la prochaine saison.

Adaptation, solidarité et sérénité. Ce sont les mots d’ordre du groupe d’élèves et d’encadrants participant à la formation de breton Roudour pendant la crise sanitaire. La SCOP (société coopérative et participative) d'apprentissage intensif présente son programme demain lors d'une réunion qui arrive après une année 2020, qui n'a pas été de tout repos. Ces stages se déroulent habituellement à partir de septembre pour une durée de 6 à 9 mois et réunissent une cinquantaine de personnes. Néanmoins, ils ont eu beaucoup de mal à recruter : “L’année 2020 nous avons perdu 20% d’inscrits” souligne Sedrig Laur, gérant de la société.

L’année 2020 nous avons perdu 20% d’inscrits

Alternant période de présentiel et de distanciel, le personnel a constaté le décrochage de certain.es élèves et a préféré reprendre au maximum les cours dans les locaux de Roudour. Mais apprendre une langue en présentiel avec un masque et la distanciation sociale n’est pas simple non plus : Le port du masque rendait l’apprentissage moins confortable, notamment pour les expressions du visage.” poursuit Sedrig Laur. Pour cette saison, les enseignant.es ont choisi de privilégier un calendrier spécifique en conservant un emploi du temps hybride déjà fixé depuis deux ans : “Les semaines sont faites de quatre jours de présentiel et un jour de distanciel” précise Sedrig Laur.

 “Les semaines sont faites de quatre jours de présentiel et un jour de distanciel

Ce fonctionnement doit permettre aux élèves d’avoir un suivi plus personnalisé et une plus grande autonomie. “Ce système permet à chacun d’avancer à son rythme” affirme le gérant. Un mode d’apprentissage qui correspond aux participants du programme, pour la plupart dans la vie active avec des enfants. Mais aussi un système qui a permis à la société d'appréhender sereinement la crise du covid, le  distanciel était déjà instauré. 

Les formations intensives proposées par Roudour. utilisent des méthodes pédagogiques ludiques pour apprendre : ici, un groupe d'étudiants a imaginé un "Jacques a dit" pour réviser les formes verbales. Monna Roudaut (à gauche), formateur à Carhaix, se prête au jeu. (image : Roudour Carhaix)

Un nouveau succès 

Si le public visé par ces stages intensifs était composé d'étudiant.es souhaitant apporter une plus-value à leur cursus, de professionnels en reconversion, ainsi que de professeurs, la crise sanitaire a fait apparaître de nouveaux-venus, de quoi rassurer les encadrant.es. En effet, nombreux sont les inscrits originaires de région parisienne, venus se confiner en Bretagne. Ils ont profité de l’occasion pour démarrer un apprentissage du breton. Sedrig Laur constate également l’arrivée de plusieurs instituteur.trices monolingues originaires d’autres régions de France, souhaitant à l’avenir être muté.es en Bretagne.

Une arrivée massive dans les groupes d’apprentissage qui, selon lui, traduit la grande attractivité du territoire mais aussi la forte demande de la région. En effet, il existe de plus en plus de postes à pourvoir nécessitant la maîtrise du breton partout au sein de la Bretagne. 

Pour plus d’informations, une réunion se tient jeudi 20 mai à 10h, 2 rue Kerampont, à l’Espace Saint-Anne de Lannion. 

 

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