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Décédé le 6 mai à l'âge de 54 ans, l’auteur de Berserk, Kentaro Miura laisse derrière lui un manga culte de la dark fantasy, qui restera inachevé au regret des fans.

Un manga de légende a perdu son auteur. Kentaro Miura est décédé le 6 mai 2021 à l'âge de 54 ans, d'une dissection aortique, une maladie rare touchant l'aorte. Le magazine de mangas Young Animala l'a annoncé ce jeudi 20 mai. Depuis plus de 30 ans, Kentaro Miura travaillait sur Berserk, un manga vendu à plus de 50 millions d’exemplaires dans le monde. Cette œuvre phare de la dark fantasy est brutalement interrompue après 40 tomes parus.

Il a donné ses lettres de noblesse au manga de dark fantasy

A Lannion, la disparition du mangaka laisse des regrets. « Le monde du manga est en deuil », témoigne Jessica Rey, co-responsable du rayon manga à la librairie Gwalarn de Lannion. Les dizaines de tomes de Berserk mettent en scène des combats sanguinaires dans un univers médiéval et fantastique, mis en valeur par le dessin méticuleux de Kentaro Miura. "Il a donné ses lettres de noblesse au manga de dark fantasy" explique t-elle. Les planches en noir et blanc présentent dans une ambiance apocalyptique des monstres et guerriers détaillés, aux puissantes lignes noires. Pour la libraire, la création de Berserk en 1989 est "incroyable pour l'époque, avec de tels dessins et un univers si sombre".

La série de sa vie restera inachevée, c’est terrible

Grande amatrice de manga, Jessica Rey attendait que la série soit achevée pour se lancer dans l’aventure de Berserk. "La série de sa vie restera inachevée, c’est terrible" ajoute t-elle. Après avoir appris la mort du mangaka, elle a décidé de commencer la série de 40 tomes au plus vite. Elle anticipe une forte demande pour ce manga et imagine que sa maison d’édition rendra hommage à Kentaro Miura.

Un succès mérité

Le manga est particulièrement populaire chez les jeunes adultes. « Au moins une fois par mois, un jeune achetait un exemplaire de Berserk à la librairie », raconte la libraire. Marius, un étudiant, partage sa passion : « C’est mon manga préféré » témoigne t-il. Il a commencé Berserk il y a trois ans, par l’animé d’abord, puis par les mangas. Malgré un récit « très trash », le manga est aussi porteurs de problématiques contemporaines. « L’histoire est très touchante, et on retrouve des caractéristiques de la vie de l’auteur dans le personnage principal » raconte t-il. Marius est aussi amoureux du trait, et explique les dessins du manga comme des chefs d’œuvres. « L’univers de Berserk est très réaliste et travaillé » rajoute l’étudiant. Pour lui, la mort du mangaka a été un choc. L’histoire reste inachevée, mais il relativise malgré tout. « C’est dommage car il reste beaucoup de mystères, mais au moins je ne serais pas déçu par la fin ». Avant tout, Berserk reste dans l’univers du manga comme une œuvre majeure de la dark fantasy.

Dans le centre-ville de Lannion, la librairie Gwalarn présente une vitrine sur le génocide des Tutsi au Rwanda. Objectif : sensibiliser le public alors que le rapport Duclert a établi en mars 2021 la responsabilité de la France dans ce génocide.

Rendre visible la mémoire du génocide rwandais. C'est l'objectif de la librairie Gwalarn, qui a consacré sa vitrine à ce massacre au cours duquel 800 000 à un million de Tutsi furent tués entre avril et juillet 1994. Vingt sept ans plus tard, le rapport Duclert pointe les "lourdes et accablantes responsabilités de la France dans la crise rwandaise". Alors que ce document crée le débat, la librairie lannionnaise compte informer ses lecteurs sur cet événement historique.

L’actualité comme prétexte

Cette vitrine, c’est l'idée du responsable du rayon essais de la librairie Gwalarn, Philippe Saget. "Je souhaite que les gens qui ne connaissent pas ce sujet se posent des questions", explique-t-il. Le sujet est selon lui trop méconnu en France, alors que le gouvernement a une part de responsabilité dans ce génocide.

La remise du rapport Duclert replace le génocide dans l’actualité, et Philippe Saget y voit une occasion de revenir sur les faits. Le libraire a lui même découvert ce sujet par hasard, lors d’une rencontre avec l'auteur d'un ouvrage consacré au génocide des Tutsi.

Remuer les idées

A la librairie Gwalarn, les vitrines thématiques sont rarement dédiées à des sujets aussi graves, mais "elles ont toujours un écho chez les clients", explique le libraire. Le choix d'avoir consacré la devanture de l'établissement au génocide rwandais suscite à la fois la curiosité de certains, et la satisfaction des ceux qui sont familiers du sujet, raconte-t-il. Il constate ainsi une hausse des ventes des livres sur ce sujet, surtout des ouvrages "plus accessibles" destinés aux profanes.

Ces ouvrages sont divers dans leurs formats : témoignages, livres historiques, romans, bande-dessinées… Le choix est large pour sensibiliser au génocide au Rwanda. Et le libraire le rappelle : "le rôle d’une librairie est de remuer les idées".

Partout en France, les salles obscures aperçoivent le bout du tunnel. L'impatience était de mise devant le cinéma Les Baladins à Lannion, ce mercredi 19 mai. Comment le public vit-il cette renaissance ?

Enfin ! En ce mercredi après-midi ensoleillé, le public s'est rendu en nombre à la réouverture des cinémas. Les salles obscures ne rouvrent qu’à seulement 35 % de leur capacité, mais pour le moment, la plupart de ces cinéphiles disent surtout vouloir retrouver "l’ambiance".

Un goût de liberté

Au programme, cinéma français et ça plaît ! Diane et Emmanuel sont amis. Ils attendent tous les deux, en terrasse, autour d’une tasse de café, que le cinéma Les Baladins de Lannion rouvre ses portes pour aller voir le biopic de l’artiste Michel Ange. "Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça", assure Diane. Plus qu'un film en particulier, la sexagénaire attendait plus généralement le retour du cinéma en grand format.

Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça

"Je veux l’odeur des pop-corn et des bruits de bouche s’il le faut, un voisin de fauteuil un peu trop bavard, un couple s’embrassant juste devant moi, un enfant un peu trop turbulent, tout, je suis prête à tout accepter", lance une jeune fille dans la file d'attente. Annette, retraitée, attend son amie pour aller voir Adieu les cons d'Albert Dupontel. Elle n’avait pas prévu ce matin d’aller au cinéma, raconte-t-elle, contrairement à son amie qui avait noté la date dans son agenda : c'était cinéma ou rien ! "Je suis très heureuse d’aller le voir, j’ai hâte, hâte de retrouver les salles", se réjouit Annette.

« Aller au cinéma, c’est aider la culture ! »

L’absence de blockbusters américain ne gêne visiblement pas le public. Au contraire, plusieurs privilégient le cinéma d’auteur. Ces cinéphiles de la première heure ont été sensibles aux discours du monde du cinéma les incitant à soutenir la création. "Aller au cinéma c’est aider la culture", abonde Diane.

Pour l'industrie cinématographique francophone, cette réouverture représente un bol d'air financier. En effet, une taxe est prélevée sur chaque ticket de cinéma - la "taxe spéciale additionnelle" (TSA) - afin de financer le cinéma français. Mais, habituellement, ce sont d'abord les blockbusters hollywoodiens qui contribuent le plus à ce financement. Or, ils sont peu nombreux à l'affiche cette semaine.

Leïlou Robert

Alors que les salles obscures ont rouvert le 19 mai, les cinémas du Trégor privilégient les films français de 2020, victimes des confinements successifs. Une "semaine blanche" qui ne dit pas son nom, et qui a de bonnes chances d'attirer le public.

Le cinéma Les Baladins situé à Lannion, Bretagne

“Garçon Chiffon” de Nicolas Maury, “Envole moi” de Christophe Barratier, le multiple césarisé “Adieu les cons”... Les cinémas des Baladins à Lannion et Perros-Guirec proposent un large choix de films français à l'occasion de la réouverture des salles obscures, ce 19 mai. Bien loin de la programmation habituelle qui favorise blockbusters ou films étrangers.

C’est mon choix“, explique Laurence Le Quéré, propriétaire des deux cinémas. Les Baladins vont “reprendre des films qui n'ont presque pas été vus comme 'Adieu les cons', à l'affiche qu'une semaine, ADN et Sous les étoiles de Paris, seulement deux jours", affirmait la gérante au Trégor la veille de la réouverture des cinémas.

La "semaine blanche" n’a pourtant pas été actée entre les acteurs du monde cinématographique. Carole Scotta, co-présidente des Distributeurs indépendants réunis européens (DIRE) avait suggéré cette "semaine blanche", par nécessité de préserver les films indépendants européens de la concurrence des long-métrages hollywoodiens lors de cette semaine de reprise. Finalement, chaque salle obscure gérera elle-même ses priorités.

Si cette semaine blanche n'a pas été officiellement mise en place, c'est aussi parce que le calendrier des sorties est modifié en permanence. "Les dates de sortie ne cessent de changer. Rien que cette semaine, 100 films ont changé de date", déplore Laurence Le Quéré, qui peine à s'organiser. Alors que le public du prochain James Bond, Fast and Furious et Black Widow devra attendre, les amateurs de cinéma d'art et d'essai se satisfont de la sélection actuelle. "On trouve ça normal que les films qui sortent ne soient pas les plus récents", juge Emmanuel, qui approuve le fait de privilégier les films français.

Les blockbusters dans les starting blocks

Plusieurs films multi-récompensés vont sortir dans les semaines suivantes et devraient attirer un public conséquent : The Father de Florian Zeller le 26 mai, le road movie Nomadland de Chloé Zhao le 9 juin ou encore l'onde Sound of Metal de Darius Marder le 16 juin. Avant l'arrivée de cette vague de productions oscarisées, certaines salles obscures ont donc pris le parti de l’industrie française, en lui consacrant une semaine sans trop de concurrence internationale.

La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner

Certains observateurs estiment que ces films français peuvent rencontrer leur public. "La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner", estime Xavier Albert, directeur général d'Universal.

Ce mercredi, à l'occasion de la réouverture des salles, Diane, une habituée, a pourtant choisi d'aller voir Michel Ange, le biopic du cinéase russe Andreï Kontchalovski. "J'aurais choisi n’importe quel film, du moment que je vais au cinéma. Je ne pouvais pas louper ça !", lance-t-elle. Comme elle, une majorité de Français ne privilégie pas nécessairement les productions nationales. Un sondage d'Allociné montre ainsi qu'au delà des nouveautés, c’est l’expérience des salles obscures qui a manqué aux spectateurs durant la crise sanitaire.

La course de relais Redadeg démarre ce 21 mai de Carhaix-Plouguer et empruntera les routes du Trégor ce weekend, avant d'arriver le 29 mai à Guingamp. Pour les associations et organisations bretonnantes, elle constitue un moyen de faire connaître et diffuser la langue.

  1. File:PanneauMichelin-Henanbihen22-1-byRundvald.jpgCrédits : Pixabay

Alors que l’Assemblée nationale se divise sur la question des langues régionales, les initiatives perdurent en faveur du « brezhoneg ». Ce 21 mai marque le départ de la 7ème édition de la course Redadeg, créée en 2008 pour populariser la langue bretonne, et qui se déroule tous les 2 ans.

Le principe de cette course en relais est le suivant : toute personne peut acheter un kilomètre, et ainsi avoir le droit de porter le témoin sur cette distance. La participation est ouverte à tous.tes : particuliers, collectivités, entreprises, associations...

Comme l’explique le site officiel, le témoin est un "symbole de la langue bretonne" : il contient un message secret écrit en breton, qui est lu à l’arrivée. A chaque édition, un artiste bretonnant différent se charge d’inscrire le message.

Pour Lara, salariée de l’organisme de formation au breton Stumdi, il est primordial de diffuser et de faire connaître la langue bretonne à travers cet évènement : "Nous sommes près de 200 000 bretonnants, mais beaucoup de gens ne connaissent pas ou très peu la langue bretonne. Certains ne soupçonnaient pas l’existence même de la langue, avant de voir la Redadeg passer."

Transmettre une culture

Elle-même bénévole pour la course, Lara estime que le dynamisme de l'événement est lié à la mobilisation de personnes de tous âges, dont beaucoup de jeunes. "Ce qui est très positif, c’est que la course amène beaucoup d'habitants de villes et villages bretons à échanger. Quand ils voient passer devant eux des camions avec des chants et des couleurs, ils en parlent autour d'eux !"

Au-delà de cet effet positif, Lara constate depuis des années une recrudescence du nombre de personnes intéressées par l'apprentissage de la langue bretonne. L’organisation et la médiatisation d’évènements comme la Redadeg se place selon elle dans ce processus de diffusion, qui se poursuit après grâce au bouche à oreille.

Une course pour diffuser, mais aussi financer

Une question de visibilité donc, mais aussi d’incitation : "Notre travail consiste à faire participer les mairies, qui pour la plupart ont signé la charte Ya d'ar brezhoneg", visant à la promotion de la langue bretonne dans la vie courante des administrés. "Nous faisons aussi en sorte aussi que des entreprises prennent part au projet, en achetant plusieurs kilomètres", précise Lara. Elle explique que "l’objectif est aussi financier car, sans moyens, il est impossible d’investir dans des projets bretonnants".

Pour l'édition 2018 (Quimper-Plouguerneau), 134 000 euros ont été récoltés. La moitié de la somme récoltée à chaque édition est redirigée vers les écoles Diwan, qui enseignent exclusivement en breton. Les 47 établissements constituent un véritable pilier de cette transmission culturelle. En 2020, ils scolarisaient 4059 élèves de la maternelle jusqu'au baccalauréat dans les cinq départements de Bretagne historique.

Ce mercredi, les lannionnais ont occupé en nombre les terrasses de restaurants et les cinémas. Pourtant, l'effervescence ne profite pas au musée des Ursulines, où encore personne ne se presse à l'entrée.

 

Les portes viennent de rouvrir à la chapelle des Ursulines, mais seuls quelques amateurs d'art sont présents . Depuis 14 heure, ce mercredi 19 mai, le musée est accessible au public, avec une jauge limite de 20 personnes. Tout a été préparé attentivement par le personnel encadrant, spots de lumière et musiques d'ambiance ont été placés pour convenir au mieux à l'ambiance sacrée du lieu. Pourtant, ces efforts de présentation ne semblent pas suffire : il n'y a pas foule à l'exposition "Océanités", galerie d'art contemporain.

"Les gens attendent tellement de choses, depuis tellement longtemps, qu'ils ne peuvent pas tout faire dans la même journée"

Ce manque d'affluence ne surprend pourtant pas Nathalie Rémond, responsable du lieu. Selon elle, ce jour de réouverture n'offre pas d'opportunités d'affluence au musée des Ursulines, mais illustre davantage les priorités personnelles des habitants. "Il faut se souvenir qu'on est mercredi, jour des enfants pour les parents. Aujourd'hui, les habitants vont surtout être attirés par les terrasses, et les magasins de vêtements pour habiller leurs petits. On ne peut pas tout faire en même temps". Les préférences culturelles des lannionais se sont aussi illustrées cet après-midi : le cinéma Les Baladins a affiché complet pour ses deux séances du jour. Le musée des Ursulines avait pourtant l'opportunité de concurrencer le grand écran, en étant la seule des trois galeries d'art ouvertes en ce jour de réouverture.

Problèmes de médiatisation

Pour Nathalie Rémond, le musée souffre également d'un manque de médiatisation quant à la communication des nouveaux projets du lieu. "On est dépendants des médias lorsqu'on veut annoncer des nouvelles expositions. On invite les journalistes à venir ici, mais c'est rare que l'on publie des choses sur nous." Un point de vue réaffirmé par un visiteur. Amateur d'art aguerri, il sillonne la bretagne à la recherche de galeries d'art "Les musées sont marginalisés par les médias, ils sont trop intellectualisés alors qu'il y a du personnel compétent pour nous aider à comprendre les œuvres d'art". Selon lui, la chapelle gagnerait à gagner en visibilité, il désire la voir se transformer en lieu de rencontre entre adeptes d'art contemporain et curieux du coin.

Agora au Graslin à Nantes

Lannion, Saint-Brieuc, Lorient, Morlaix, Brest… Partout en Bretagne, les théâtres restent occupés malgré la réouverture des salles de spectacles, leurs intermittents n’ayant toujours pas obtenu gain de cause. Entre cohabitation et tentative d’expulsion la situation se tend dans nombre de théâtres.   

 

« Pas de réouverture sans droits sociaux » ce slogan fédère les occupants des théâtres bretons aujourd’hui plus que jamais. Alors que les théâtres rouvrent pour le bonheur d'une partie de la population, les intermittents occupent toujours une majorité des théâtres bretons. Les occupants attendent toujours des réponses à l’échelle locale comme nationale. Quand dans certaines salles les intermittents ont le soutien des directions et que la collaboration est de mise en cette période de réouverture. Dans d'autres théâtres les mennaces d'expulsion planent.

En Bretagne, sur les 12 théâtres initialement occupés depuis mars 2021, 11 le sont toujours. Les militants restent car leur droits sociaux ne sont toujours pas garantis malgré l’organisation la semaine dernière du Conseil National des professions du spectacle en présence des ministres de la Culture et du Travail. À Lannion, les occupants du Carré magique demandent , la prolongation de l’année blanche jusqu'à la fin de la crise. Mais aussi, plus largement l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage et un plan de relance massif pour l’emploi.     

Ronan Bléjean, occupant du Carré magique « La réouverture des salles permettrait à une personne sur quatre d'avoir du travail. »  :    

Les occupants on la chance d’entretenir de très bonne relation avec l’équipe de la salle qui soutien leur lutte. « Au début de chaque spectacle on laissera de la place aux occupants pour expliquer leurs revendications. » affirme Marianne Gauthier, chargée de communication de la salle.

Expulsion et incompréhension    

La paisible ambiance de Lannion est loin d’être partagée dans tous les théâtres. À Lorient, la situation est bien plus tendue. Lundi, les occupants du Grand théâtre ont été invité à quitter les lieux, lors d'une réunion avec les élus locaux et responsables du théâtre, initialement prévue pour discuter d'un plan de relance à l'échelle locale. Motif invoqué : la jauge de 35% sera dépassée s'ils restent sur place. Pourtant, aucune représentation ne sera jouées au Grand théâtre jusqu'à mi-juin, il servira uniquement à la billetterie pour quelques riverains.

À ce jour aucune expulsion n’est en cours. « Pour l’instant, les politiques se passent la balle, mais personne n’ose nous expulser. Ils ont peur que l’ont se joigne aux ouvriers de la Fonderie »explique Kristell, une des occupantes. Le maintient des occupations inquiète les directeurs de salles qui bloquent à certains endroits la réouverture par peur d'une confrontation entre public et artistes. Ainsi le zèle des théâtres distrayant en temps de confinement inquiètes à l'heure d'une convergence des luttes grandissante.

A l’occasion de sa réouverture, la Galerie du Dourven (Locquémeau) présente l’exposition « L’océanique des flaques ». L'oeuvre contemporaine veut être rendue accessible à tous par ses auteurs.

La Galerie du Dourven rouvre ses portes ce mercredi

Pas de queue devant la galerie. Quelques passants seulement, venus se balader sur les chemins du domaine, jouent les curieux en s’arrêtant un instant avant de continuer leur marche. Ce qui suscite leur curiosité : des champignons en bois et des coquillages en terre sur les flancs des murs.

Avant même de pénétrer à l’intérieur de la galerie, l’on aperçoit toutes sortes d’objets fixés sur la façade. De quoi donner le ton de « L’océanique des flaques », exposition de Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre, à l’honneur pour la réouverture de la Galerie du Dourven.

Fragments de vie et éclairage

A l’intérieur, comme attendu, de l’Art contemporain. Le redouté, l’éternel incompris. Pour beaucoup, l’œuvre peut paraître abstraite. Palettes de bois superposées et accrochées à un mur, petits blocs de ciment répartis sur une planche bétonnée…

Pourtant, ces objets sont porteurs d’un sens qui, selon Claire, médiatrice de l’exposition, mérite d'être rendu accessible au plus grand nombre : « Les artistes se sont inspirés des territoires où ils sont allés pour recréer ici un environnement. Ils sont sans cesse en train d’explorer de nouvelles choses, de nouveaux matériaux… Ils aimeraient être les précurseurs de nouvelles façons de faire ».

Pour l’heure, les objets exposés restent des ébauches. Car, partager avec le public leur processus de création, telle est la démarche des deux artistes qui veulent démocratiser leur Art.

Objets d'Art Contemporains exposés à la Galerie

Réconciliation avec l'Art Contemporain

Pour que l’œuvre parle à celui ou celle qui déambule dans la Galerie, Nicolas et Sylvain mélangent leurs récits inventés à de vraies thématiques locales.

Dans une interview vidéo, Nicolas explique « Nos projets avec Sylvain se déroulent souvent sur des questionnements qui sont autour d’un territoire précis comme à l’Estran. C’est-à-dire de s'intéresser à un milieu, à son biotope, à son historique et de créer une histoire autour de ça. Nous ça passe par la création d’images et d’objets au sein d’une galerie. ».

Et pour ceux qui s’interrogent encore, contemplant les objets dubitativement, en l’absence des deux artistes, Claire reste disponible : « Je sers à ça. A donner des pistes interprétatives aux visiteurs ».

Finalement, pour les novices, Nicolas Desverronières et Sylvain Le Corre ont trouvé le remède. Les visiteurs pourront s’installer à une table et jouer à la bataille navale. Ludique, ce jeu en bois dessiné par les deux artistes devrait rendre plus attractif les objets d’Art installés autour.

Pour ceux qui resteront fâchés avec l’Art Contemporain, pas de panique. Dans le Trégor, de nombreuses autres expositions sont désormais ouvertes au public. La peinture est notamment à l’affiche à la la Roche-Jaudy, avec « CIRK », ainsi qu’à Plestin-les-Grèves avec « Encres et aquarelles ».

Voir en plein écran

Il y a quelques semaines, la mairie de Perros-Guirec, accompagné du Crédit Agricole local, a investit de l'argent dans un accès aux personnes à mobilités réduites, sur le sentier des douaniers. Un budget spécifique a été voté. 

La Joëlette permet aux personnes à mobilités réduites de découvrir le sentier des douaniers en toute                           tranquillité - Crédit : Service COM de la ville de Perros-Guirec

À Perros-Guirec, visiter le sentier des douaniers est désormais accessible à tous. Pour les personnes à mobilités réduites, une Joëlette est à disposition. L'ambassadeur de l'accessibilité et maire de Langoëlan (Morbihan) avait déjà évoqué ce sujet à Perros-Guirec, en 2019. Il sensibilisait aux actions à mener en faveur des personnes handicapées.

Cette Joëlette coûte environ 4000 euros, selon Christophe Tabourin, délégué aux mobilités et à l'accessibilité. La mairie de Perros-Guirec a alors voté durant une réunion, il y a quelques semaines, qu’un budget de 3600 euros allait y être dédié, précise la Maison du littoral. Le Crédit Agricole local prend le reste de cet investissement en charge. Une Joëlette est un fauteuil maniable, pliable et tout terrain qui permet aux personnes atteintes d’handicap de visiter le sentier des douaniers. "La mairie de la ville a un budget de 15 millions d'euros et nous avons décidé ensemble de fixer une somme pour cette joëlette. C'est un petit investissement quand même" confie Monsieur Tabourin.

Les élus Christophe Tabourin, Gwenaël Le Guillouzer, conseiller municipal sont à l’origine du projet. Ils ont été accompagnés par l’équipe de la Maison du littoral. « Nous avions déjà analysé le sentier il y a quelques temps mais nous n’avions pas de solutions techniques. Gwenaël Le Guillouzer connaissait le système. Puis, c’est un choix de la politique municipale » confie Christophe Tabourin.

« Si ça répond à un réel besoin, on en mettra une seconde »

Avec qu’une seule Joëlette à disposition, il est nécessaire que les visiteurs fassent une réservation. Pour cela, il suffit de contacter la Maison du littoral. Cependant, il faudra débourser 15€ pour louer ce fauteuil et seulement pour une demi-journée. « Il n’y a qu’une joëllette alors il faut venir vers nous pour réserver. Une caution de 2000€ est demandé en échange ainsi qu'un contrat de location à signer avant le départ » affirme la Maison du littoral.

"On verra en fonction du taux d’utilisation"

Pour le moment, les élus à l’origine du projet n’ont lancé qu’une joëllette, en guise de « test ». « Si ça répond à un réel besoin, on en mettra une seconde" avoue le délégué aux mobilités et à l’accessibilité. S’il y en a besoin, un nouveau budget y sera dédié.

Dans les Côtes-d’Armor, sur les 19 librairies recensées, sept ont fait le choix de rouvrir en cette période de confinement. Certaines ont décidé de se lancer dans la livraison ou utiliser le site « click & collect », un système de vente à emporter. Tandis que d’autres, préfèrent rester fermés. Nous faisons le point.

Le « click & collect », est le nouveau terme à la mode dans le domaine des librairies. Un anglicisme qui permet aux consommateurs de commander en ligne et de venir retirer son produit directement sur place. Depuis le 17 mars, de nombreuses librairies ont dû fermer suite au confinement lié au Covid 19, mais peu à peu, certaines ont rouvert. Au total, sept librairies des Côtes-d’Armor sur 19 ont fait le choix de passer par la livraison à domicile ou la vente à emporter. Un moyen rapide et sécurisé qui satisfait la demande des clients les plus fidèles.

Comment ça marche ?

Certains libraires ont rouvert de manière spontanée et individuelle en indiquant à leurs clients leurs modes de fonctionnement par le biais d’affiches ou des réseaux sociaux. C’est le cas de la librairie Mot et Images à Guingamp, Céline Vignon, responsable, s’est lancé dans la vente en ligne via son site internet. Les clients peuvent ensuite récupérer leurs achats en magasin, « j’ai un sas dans l’entrée de la librairie, c’est une personne à la fois » explique-t-elle. Puis, elle a décidé de suivre ses confrères et de se lancer dans le « click & collect ». Cette initiative est portée par Livres Hebdo, qui tient à jour une carte nationale interactive des librairies proposant ce service. Daniel Verdier, gérant de Tom’ Librairie à Perros-Guirec, fait partie de ces recenser, « les commandes se font soit par téléphones, soit par mail. Je réserve les livres, puis les clients viennent les chercher. Il faut savoir que la librairie n’est pas ouverte au public, il n’y a donc pas de circulation ». Alors, pour les plus férus de lecture qui ne peuvent pas attendre la fin du confinement, commander est possible.

Plus qu’une demande, un besoin

Si les difficultés économiques se font sentir en cette période de confinement, certains libraires ont décidé de rouvrir mais, surtout pour satisfaire leurs clients. « Certains voulaient récupérer les livres qu’ils avaient en commande et je me sentais mal de leur dire non, alors que le livre était là, j’ai les moyens de le faire en toute sécurité sanitaire » souligne Cécile Vignon. Sa librairie effectue environ une dizaine de commandes par jour. Ce qui permet de ravir les plus fanatiques de lecture.

Une vente à emporter controversé

Tous les libraires n’ont pas fait le même choix, comme par exemple Benoit Le Louarn, gérant de la librairie Du Renard à Paimpol, qui a décidé de rester fermé jusqu’à la fin du confinement. « Il y a une crise sanitaire énorme. Si tous les commerces font ça, il y aura du monde plein les rues. Ce n’est peut-être pas très responsable vis-à-vis des soignants qui ne demandent qu’une chose, c’est que l’on reste chez soi et que l’on fasse attention » relate Benoit Le Louarn. Le système de « click & collect » sera mis en place dans sa librairie, mais seulement à partir du 11 mai prochain avec un protocole sanitaire très strict.

A lire aussi: Les cinémas d'art et essai vont-ils disparaître après le confinement ?

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