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À l’heure où les restrictions sanitaires sont allégées, le sport amateur est toujours en sommeil. À Perros-Guirec, les activités n'ont jamais cessé, mais l'absence de compétitions commence à peser.

Privés de compétitions depuis des mois, pas facile pour les enfants de rester motivé dans leurs activités sportives. Au complexe sportif de Kerabram à Perros-Guirec, les éducateurs s’appliquent à proposer des activités à la fois ludiques et dans le respect des règles sanitaires. Le club municipal de tennis de Perros-Guirec n’a jamais été contraint d’arrêter ses entraînements. Les sportifs pouvaient en effet pratiquer en extérieur, mais la mauvaise météo de cet hiver a contraint les éducateurs à annuler une grande partie des entrainements.

Pour François Gueret, éducateur au club municipal de tennis de Perros Guirec, c’est ce qui explique en partie la baisse de motivation des sportifs : « Cet hiver, on a eu quelques jeunes qui ont souhaité arrêter car la tenue des entrainements n’était jamais certaine en raison de la météo. Pour les adultes, on a essayé d’organiser des animations en extérieur mais nous n’avons pas vraiment eu de retours. » L’absence de compétitions aussi engendré une baisse de motivation chez certains.

Le club de foot de Perros-Louanec n’a pas non plus été contraint d’arrêter les entrainements ces dernières semaines. Et les éducateurs ont eux aussi observé une baisse de motivation chez les jeunes. « Le manque de compétitions a démotivé certains de nos jeunes » explique Frédéric Frei, entraineur des U13 à l’US Perros Louannec. « Nous avons dû adopter de nouvelles méthodes d’entraînement, sans contacts, qui ont rendu le jeu beaucoup moins fun ».

 

 

Même si on observe une baisse des licenciés en tennis et en football, ces sports ont été très peu affecté par rapport à la lutte ou la natation. 

Remotiver les jeunes

Grâce au travail des éducateurs, les U13 de l'US Perros-Louannec regagnent en motivation avant la reprise des compétitions.

 

En tennis comme en football, les éducateurs redoublent d’efforts pour proposer des activités ludiques adhérents. À partir de la semaine prochaine, le club de tennis organise un tournoi interne sur une durée d’un mois. Selon François Guéret, « cela leur permettra de retrouver le goût de la compétition et de patienter jusqu’aux premières échéances prévues au mois de juillet. »

Pour les éducateurs de l’US Perros-Louannec une forte implication de leur part est primordiale : « Tout dépend de l’animation et de la motivation qu’on leur donne. On doit être éducateur et animateur en même temps. Si nous ne sommes pas motivés les joueurs vont le ressentir et ils vont arrêter ». Pour le moment le club organise de petits matchs en donnant des thèmes à respecter pour perfectionner les joueurs dans un domaine précis. Encore un peu de patience : les U13 de l’US Perros-Louannec devraient reprendre la compétition dans deux semaines.

Dans les Côtes-d’Armor, sur les 19 librairies recensées, sept ont fait le choix de rouvrir en cette période de confinement. Certaines ont décidé de se lancer dans la livraison ou utiliser le site « click & collect », un système de vente à emporter. Tandis que d’autres, préfèrent rester fermés. Nous faisons le point.

Le « click & collect », est le nouveau terme à la mode dans le domaine des librairies. Un anglicisme qui permet aux consommateurs de commander en ligne et de venir retirer son produit directement sur place. Depuis le 17 mars, de nombreuses librairies ont dû fermer suite au confinement lié au Covid 19, mais peu à peu, certaines ont rouvert. Au total, sept librairies des Côtes-d’Armor sur 19 ont fait le choix de passer par la livraison à domicile ou la vente à emporter. Un moyen rapide et sécurisé qui satisfait la demande des clients les plus fidèles.

Comment ça marche ?

Certains libraires ont rouvert de manière spontanée et individuelle en indiquant à leurs clients leurs modes de fonctionnement par le biais d’affiches ou des réseaux sociaux. C’est le cas de la librairie Mot et Images à Guingamp, Céline Vignon, responsable, s’est lancé dans la vente en ligne via son site internet. Les clients peuvent ensuite récupérer leurs achats en magasin, « j’ai un sas dans l’entrée de la librairie, c’est une personne à la fois » explique-t-elle. Puis, elle a décidé de suivre ses confrères et de se lancer dans le « click & collect ». Cette initiative est portée par Livres Hebdo, qui tient à jour une carte nationale interactive des librairies proposant ce service. Daniel Verdier, gérant de Tom’ Librairie à Perros-Guirec, fait partie de ces recenser, « les commandes se font soit par téléphones, soit par mail. Je réserve les livres, puis les clients viennent les chercher. Il faut savoir que la librairie n’est pas ouverte au public, il n’y a donc pas de circulation ». Alors, pour les plus férus de lecture qui ne peuvent pas attendre la fin du confinement, commander est possible.

Plus qu’une demande, un besoin

Si les difficultés économiques se font sentir en cette période de confinement, certains libraires ont décidé de rouvrir mais, surtout pour satisfaire leurs clients. « Certains voulaient récupérer les livres qu’ils avaient en commande et je me sentais mal de leur dire non, alors que le livre était là, j’ai les moyens de le faire en toute sécurité sanitaire » souligne Cécile Vignon. Sa librairie effectue environ une dizaine de commandes par jour. Ce qui permet de ravir les plus fanatiques de lecture.

Une vente à emporter controversé

Tous les libraires n’ont pas fait le même choix, comme par exemple Benoit Le Louarn, gérant de la librairie Du Renard à Paimpol, qui a décidé de rester fermé jusqu’à la fin du confinement. « Il y a une crise sanitaire énorme. Si tous les commerces font ça, il y aura du monde plein les rues. Ce n’est peut-être pas très responsable vis-à-vis des soignants qui ne demandent qu’une chose, c’est que l’on reste chez soi et que l’on fasse attention » relate Benoit Le Louarn. Le système de « click & collect » sera mis en place dans sa librairie, mais seulement à partir du 11 mai prochain avec un protocole sanitaire très strict.

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Alors que le déconfinement approche, la reprise des courses cyclistes n’est pas à l’ordre du jour. L’impossibilité de se démarquer sème le doute chez les coureurs professionnels dont le contrat arrive à terme et pourrait mettre fin aux rêves de certains amateurs.

Être confinés, un comble pour des cyclistes habitués à passer des heures de selle à l’air libre. Mais pour certains cette situation met leur carrière en péril. Le Lannionnais Alan Riou, cycliste professionnel pour la formation bretonne Arkéa-Samsic, gagne sa vie grâce à son sport. Dans l'élite depuis janvier 2018, le trégorois comptait sur la saison 2020 pour convaincre son équipe de prolonger son contrat. En effet, pour celui qui a fait ses classes au club cycliste du Granit Rose, 2020 était aussi la dernière année le liant à l’équipe managée par Emmanuel Hubert. Heureusement pour lui, il a été auteur d'une première saison satisfaisante qui lui a permis de se mettre en avant. « J’ai fait une première saison mitigée mais avec de bonnes performances. J’ai aussi eu la chance de faire quelques courses en début de saison donc je reste positif. » Nombreux sont les cyclistes dans le flou. Au sein du WorldTour, la catégorie reine du cyclisme professionnel, plus d'un quart des coureurs sont dans l'attente d'un nouveau contrat.

A désormais moins d’un an de leur fin de contrat, l’idée d’un retour dans les pelotons amateurs préoccupe plusieurs d’entre eux. Les équipes ont déjà baissé les salaires en raison de la crise et vont devoir composer avec les effectifs déjà en place. Ce sont les amateurs qui pourraient pâtir de la situation.

Situation compliquée pour les amateurs

Les meilleurs cyclistes amateurs ont pour objectif de décrocher un contrat professionnel. Cela passe par des performances remarquées tout au long de l’année sur les plus grandes épreuves du calendrier. « Je savais qu’à mon âge ça allait être compliqué. La période de confinement m’a permis de me remettre en question. Maintenant le but c’est de trouver un travail qui me plaît. » A 26 ans, Aurélien Le Lay, voit son objectif de passer professionnel s'envoler alors qu'il avait bien commencé la saison. Depuis deux ans, le coureur des Côtes d'Armor Marie Morin - Véranda Rideau se consacre à la pratique de son sport pour se donner un maximum de chances pour réussir. Aujourd'hui, il n'a plus beaucoup voire plus du tout le temps de faire ses preuves auprès des formations professionnelles. Il continue de s'entraîner tout en aidant ses beaux-parents dans leur boulangerie et laisse derrière lui ses espoirs d’obtenir un contrat professionnel. « Ce serait vache que les équipes laisse tomber leurs coureurs déjà en contrat. En plus, elles ne prendront pas le risque d’aller dans l’inconnu. C’est compliqué pour elles aussi. » Heureusement pour les équipes professionnelles, l’Union Cycliste Internationale a annoncé une fin de saison remodelée qui leur permettra d’observer les forces en présence et d'offrir un nouveau contrat selon les performances. Le calendrier amateur n’a quant à lui pas encore été dévoilé.

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Le 12 mars, le président de la République annonçait la mise en quarantaine des activités culturelles françaises. Des millions d’artistes se sont retrouvés au chômage technique. Le monde de Shakespeare connaît de réelles difficultés face à la pandémie. Difficile d'organiser l’avenir théâtral breton où le contact est plus que nécessaire, et où les réponses sanitaires manquent à l'appel.

Quand les consignes du déconfinement sont annoncées par le Premier Ministre le 28 avril à l’Assemblée Nationale, le monde théâtral breton attendait la marche à suivre. Chou blanc, il n’y a pas eu d’informations sur une quelconque réouverture des lieux culturels de la part d’Edouard Philippe. Quant au ministre de la Culture, il n’a pas été plus bavard sur le sujet, ce qui tendance à énerver le monde du spectacle vivant. Nous n’avons pas eu d’informations sur notre sort depuis le début du confinement. Franck Riester communique très peu. Nous avons l’impression d’être oubliés, l’impression que la culture est la dernière roue du carrosse”, témoigne avec passion Grégory Fernandes, comédien d’une troupe de théâtre. 

Sans directives, les professionnels du secteur ont l’impression de vivre un entracte sans fin. Il aura fallu attendre 51 jours de confinement et d’une tribune d’un collectif de personnalités de la sphère culturelle pour espérer à des réponses. Jeanne Balibar, Catherine Deneuve ou encore Jean Dujardin ont fait part de leurs craintes face aux conditions des intermittents du spectacle dans une tribune du journal le Monde. Suite à cet appel, Emmanuel Macron a réagi sur Twitter : 

Mercredi 6 mai au matin, le chef de l’État a pu échanger pendant environ trois heures avec des artistes de différents domaines en présence de Franck Riester, ministre de la Culture, et de ses collègues de l’Économie Bruno Le Maire et du Travail Muriel Pénicaud. Un “plan de sauvetage” a été annoncé. Dès le 11 mai, les musées et les galeries d’art pourront ouvrir s'il y a une possibilité de gérer les flux d'affluence. Concernant les théâtres, seules les répétitions sont motifs de réouverture. Les conditions de sécurité vont être annoncées au début du mois de juin par le ministre de la Culture.

Une profession forcée à se réinventer

Aucune consigne concrète n'a été donnée, il est donc difficile de reprogrammer les spectacles culturels bretons. Emmanuel Macron a tout de même évoqué le rôle du Gouvernement pour la création du calendrier 2021. “On doit vous offrir des conditions pour préparer la saison prochaine (ndlr: afin de respecter les normes sanitaires)” déclare-t-il en direct sur les chaines de télévision. Mais comment organiser les représentations théâtrales de septembre, sachant qu’une seconde vague reste dans la tête des Français ?

Mariane Gauthier, chargée de la communication du théâtre lannionnais "Le Carré Magique", va devoir modifier ses habitudes. “On se demande si nous n’allons pas changer notre manière de communiquer. Nous allons devoir créer une autre relation au public, notamment avec la création d’un programme trimestriel”, confie-elle.

Quant aux conditions de reprises, il n’est pas question de transgresser la loi. Les gestes barrières continuent malgré le déconfinement. L’infectiologue et membre de l’académie de médecine, François Bricaire, a émis des recommandations sur la reprise des activités culturelles : le masque va devoir être obligatoire pour les spectateurs, une distance de deux sièges devra être respectée (entre chaque personne n'appartenant pas à la même famille), l’entracte devra être annulé et pour finir le metteur en scène respectera un mètre de distance entre les comédiens. Un cahier des charges inapplicable et incompatible pour un grand nombre de professionnels.

“ La distanciation sociale dans la culture n’existe pas ! On ne peut pas jouer avec des masques. C’est incompatible et absurde. On essaie de réfléchir à d’autres méthodes mais c’est très difficile

Grégory Fernandes

En effet, les gestes barrières et spectacles vivants ne sont pas bons partenaires. Philippe Le Gal, directeur du Carré Magique, voit cette distanciation d’un mètre entre les comédiens, comme un “non-sens”. Cette mesure, indispensable pour maintenir l’ordre sanitaire, est néanmoins impensable pour le monde théâtral. “Quant aux Circassiens, faire de l’acrobatie sans se toucher ce n’est pas possible ! Il y a un problème majeur. S'ils ne se touchent plus demain, il n’y aura plus de spectacles jusqu’à ce que le contact redevienne possible” , conclut le directeur du théâtre. 

Une période compliquée pour les intermittents

Dans cette crise du coronavirus, l’intermittence du spectacle pourrait devenir encore plus précaire qu’avant. Pour bénéficier des indemnités de chômage versées par l'Assedic, qui est une caisse interprofessionnelle de solidarité, l'intermittent doit justifier 507 heures d’activités pour une durée d’un an avec une date d’anniversaire. Cette période, où les manifestations de plus de 10 personnes sont interdites, paralyse fortement ce quota.

Si les représentations sont annulées, il y a deux possibilités : soit l’établissement décide de payer ces intermittents et donc de valider les heures, soit il décide de payer “au service fait” et donc ne valide pas les heures de travail. Grégory Fernandes, membre de la compagnie DEUG DOEN GROUP, a eu cette chance. “Tous les théâtres qui devaient nous accueillir ont honoré les contrats de la compagnie malgré les annulations des représentations “, confie le comédien. Il s'est rappelé de sa dernière montée sur scène au Carré Magique pour la pièce “Absence de Guerre” le 12 mars 2020 à 20h00, sans savoir qu’au même moment le Président allait le mettre au chômage technique. 

Ces intermittents ont attendu un geste fort de la part du Gouvernement sur un “plan de soutien à la culture”. Une année blanche a été demandée pour ne pas précariser une nouvelle fois ce statut. L’enseignement artistique soutient cette démarche : “ Ils demandent une année blanche à raison ! Les interventions dans les établissements artistiques représentent une partie non négligeable du comptage des heures”, témoigne Anne Huonnic, professeure dans un établissement artistique de Tréguier. Conscient de ce problème, Emmanuel Macron promet cette année blanche . “Beaucoup ne vont pas faire leurs heures”, déplore-t-il. Les intermittents du spectacle auront jusqu'en août 2021 afin de réaliser les 507 heures nécessaires. Le président de la République veut mettre en place des nouvelles collaborations entre les écoles et ces intermittents. Pour se faire, Emmanuel Macron veut organiser du temps périscolaire, financés par l’Education Nationale, pour implanter la culture au sein des écoles. Cela permettra également pour certains comédiens de justifier ses heures d’activités. “C’est une très bonne idée. Il faut développer la culture dans le milieu scolaire et si cela peut aider les intermittents, c’est encore mieux”, reconnaît Anthony Pezron, chargé à la culture de la ville de Lannion.   

Première victime des restrictions des regroupements publics, le théâtre va être l’un des derniers lieux culturels à ouvrir ses portes. Quand ? Comment ? Des questions sans réponses claires et précises pour l'instant.

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