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La saison des mariages, qui se tient habituellement de mai à septembre, est décalée d'un mois. Entre couvre-feu, reports de cérémonies et mariages décalés en journée, les wedding planners sont contraints de s’adapter.

Alors que la saison des mariages débute habituellement au mois de mai, le déconfinement partiel oblige certains mariés à décaler les festivités. “Sur mai, j’avais 5 mariages prévus. Trois ont été reportés, deux décalés en journée”, indique Lisa Le Loët, wedding-planneuse située à Aix en Provence. Le couvre-feu à 21h instauré jusqu’au 9 juin, empêche amoureux et invités de profiter pleinement de la fête. Les cérémonies qui se tiennent en mai se concentrent sur des fêtes le midi pour finir avant l’heure imposée par les mesures gouvernementales. 

La grande nouveauté, c’est les mariages programmés en semaine l’été, vu que les weekend sont pleins.

Une autre forme de mariage

 

Alors que la quasi intégralité des mariages prévus en 2020 ont été décalés, la profession a largement bénéficié de l'aide de l’Etat. Elle a aussi pu compter sur les réservations anticipés qui n'ont pas été annulées. Suite à cette année quasi blanche, organisateurs et fédérations regroupant professionnels des mariages souhaitaient une dérogation pour le couvre feu. Malheureusement celle-ci n'a pas été acceptée et ils sont donc contraint de s’adapter comme le rappelle la préfecture du Nord : "aucune dérogation au couvre-feu n'est applicable aux célébrations des mariages". Ainsi, “pour rester après le couvre feu, il faut que les invités restent sur place” explique Marie Adam, wedding planneuse à Lannion. Elle admet que cela représente un budget supplémentaire pour les mariés qui ne peuvent pas forcément s’offrir ce type de logement.

 

C’est pourquoi une nouvelle forme de mariage voit le jour :  “La grande nouveauté, ce sont les cérémonies programmées en semaine, vu que les weekends sont pleins”, explique Lisa, qui travaille également comme make-up artist pour les mariages. Les festivités commencent donc le matin ou le midi afin que les invités puissent rentrer avant le couvre feu. 

Ces reports de mariages ont entraîné des coûts supplémentaires pour les mariés. Lors de la réservation d’un prestataire (photographe, maquilleurs, DJ…), les demandeurs versent généralement un acompte de 30% du prix du service. Si le mariage est décalé ou annulé, les prestataires ne rendent pas nécessairement ce montant : “ Ils n’ont plus forcément le moyens de rembourser, ça a été une année compliquée pour eux”, précise Lisa. Pour les organisateurs de mariages, la recherche de nouveaux prestataires due aux changements des dates de cérémonies est aussi très chronophage.

Pour autant, en raison du report d'une majorité de mariages de 2020 à cette année, les organisateurs affichent quasi complets jusqu'en octobre. Et la tendance devrait se poursuivre : L'année prochaine risque d'être encore plus incroyable pour les mariages”, anticipe la gérante de Marie & Vous.

Contre le "syndrome de la chaussette orpheline", la boutique de mode éco-responsable Inspire, basée à Pont-L'Abbé, récolte depuis un an ces bouts de tissus condamnés à l’oubli. Elle les confie à l’association "Chaussettes orphelines" qui recycle ce qui devait finir à la poubelle.

Claire dans son magasin "Imagine", au côté de la "boîte à chaussettes"
Claire dans son magasin "Imagine", au côté de la "boîte à chaussettes". / Photo Ouest France

Chez "Inspire", la petite boutique de Claire Guine, qui a ouvert en mai dernier à Pont-L'Abbé, on peut acheter des vêtements "made in France", mais on peut aussi déposer ses chaussettes uniques, restées seules depuis la perte de leur moitié. Alors que nous perdons en moyenne 15 chaussettes par an, selon une étude britannique de 2016, le magasin morbihanais se propose de récupérer ces bouts de tissu inutiles afin de les confier à l'association parisienne "Chaussettes Orphelines", qui les transforme en nouveau vêtements.

L'upcycling : transformer l'inutile en beau

Cette pratique est qualifiée d'"upcycling", car elle vise à récupérer des matériaux ou des produits usagés pour les transformer en beaux objets. Depuis son ouverture il y a un an, la boutique de Claire a déjà confié un colis de 25 kilos de chaussettes "orphelines" à l'association. "Les gens m'appellent souvent parce qu'ils en ont entendu parler un peu au hasard de l'initiative", raconte la gérante.

Une fois que l'un des 32 points de collecte de l'association a récupéré 20 à 25 kg de tissu, celle-ci fait venir un transporteur pour récupérer les produits. Ils sont ensuite transformés en pulls, sacs, bonnets ou encore pelotes de laine. Donner une deuxième vie au tissu à l'aide de ce circuit de recyclage made in France permet de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile.

“Pour produire 1kg de fibres de coton, l’irrigation requiert entre 15 000 et 20 000 litres d’eau. Ramené à la production d'une paire de chaussettes, soit 60 grammes de coton, cela donne 1 000 litres d’eau. Juste pour une paire de chaussettes !” rapporte le site de l'association. 

Injectées dans le circuit de tri, les chaussettes serviront à la conception des vêtements de travail des salariés

L'année dernière, "Chassettes orphelines" a récupéré 2 tonnes de chaussettes, désormais recyclées. "Les chaussettes sont un très bon moyen de sensibiliser au recyclage. Injectées dans le circuit de tri, elles serviront à la conception des vêtements de travail des salariés. La boucle est bouclée”, commente Gersende Tanguy-Blanchard, gérante de Norme et style, un magasin partenaire de l’initiative, dans un article du Ouest France.

 Pour minimiser les pertes de chaussettes, il existe même une formule qui permet de mesurer ce risque. Cet "index de perte de chaussette"développé par deux scientifiques anglais permet ainsi de savoir que le taux de perte est corollé au nombre des lavages.

Alors que les salles obscures ont rouvert le 19 mai, les cinémas du Trégor privilégient les films français de 2020, victimes des confinements successifs. Une "semaine blanche" qui ne dit pas son nom, et qui a de bonnes chances d'attirer le public.

Le cinéma Les Baladins situé à Lannion, Bretagne

“Garçon Chiffon” de Nicolas Maury, “Envole moi” de Christophe Barratier, le multiple césarisé “Adieu les cons”... Les cinémas des Baladins à Lannion et Perros-Guirec proposent un large choix de films français à l'occasion de la réouverture des salles obscures, ce 19 mai. Bien loin de la programmation habituelle qui favorise blockbusters ou films étrangers.

C’est mon choix“, explique Laurence Le Quéré, propriétaire des deux cinémas. Les Baladins vont “reprendre des films qui n'ont presque pas été vus comme 'Adieu les cons', à l'affiche qu'une semaine, ADN et Sous les étoiles de Paris, seulement deux jours", affirmait la gérante au Trégor la veille de la réouverture des cinémas.

La "semaine blanche" n’a pourtant pas été actée entre les acteurs du monde cinématographique. Carole Scotta, co-présidente des Distributeurs indépendants réunis européens (DIRE) avait suggéré cette "semaine blanche", par nécessité de préserver les films indépendants européens de la concurrence des long-métrages hollywoodiens lors de cette semaine de reprise. Finalement, chaque salle obscure gérera elle-même ses priorités.

Si cette semaine blanche n'a pas été officiellement mise en place, c'est aussi parce que le calendrier des sorties est modifié en permanence. "Les dates de sortie ne cessent de changer. Rien que cette semaine, 100 films ont changé de date", déplore Laurence Le Quéré, qui peine à s'organiser. Alors que le public du prochain James Bond, Fast and Furious et Black Widow devra attendre, les amateurs de cinéma d'art et d'essai se satisfont de la sélection actuelle. "On trouve ça normal que les films qui sortent ne soient pas les plus récents", juge Emmanuel, qui approuve le fait de privilégier les films français.

Les blockbusters dans les starting blocks

Plusieurs films multi-récompensés vont sortir dans les semaines suivantes et devraient attirer un public conséquent : The Father de Florian Zeller le 26 mai, le road movie Nomadland de Chloé Zhao le 9 juin ou encore l'onde Sound of Metal de Darius Marder le 16 juin. Avant l'arrivée de cette vague de productions oscarisées, certaines salles obscures ont donc pris le parti de l’industrie française, en lui consacrant une semaine sans trop de concurrence internationale.

La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner

Certains observateurs estiment que ces films français peuvent rencontrer leur public. "La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner", estime Xavier Albert, directeur général d'Universal.

Ce mercredi, à l'occasion de la réouverture des salles, Diane, une habituée, a pourtant choisi d'aller voir Michel Ange, le biopic du cinéase russe Andreï Kontchalovski. "J'aurais choisi n’importe quel film, du moment que je vais au cinéma. Je ne pouvais pas louper ça !", lance-t-elle. Comme elle, une majorité de Français ne privilégie pas nécessairement les productions nationales. Un sondage d'Allociné montre ainsi qu'au delà des nouveautés, c’est l’expérience des salles obscures qui a manqué aux spectateurs durant la crise sanitaire.

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