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L'entrée du studio de Michel est faite d'une petite terrasse en bois. (image : Esther Laudet)

Perdu dans la campagne trégoroise, l'éco-village de Tréduder a vu sa fondatrice décéder en janvier. Créé il y a plus de 15 ans, le lieu est méconnu de la plupart des Costarmoricains, car ses habitants tiennent à vivre discrètement leur communion avec la nature.

On l’aperçoit sur le bord d’une route de campagne, brièvement. Pourtant, lorsqu’on s’engouffre dans la végétation, c’est bien un vrai hameau qui apparaît. Excepté ses habitant.es, peu de Costarmoricain.es connaissent l’existence de cet éco-village. Ils ne divulguent jamais leur adresse précise, et ont choisi de s’isoler des curieux. Cette discrétion était d'abord la volonté d'Annie Le Duffec, instigatrice du projet et propriétaire des terrains. Décédée il y a plusieurs semaines, son souvenir persiste au sein du hameau, qui continue de partager et d'appliquer sa morale et son goût du secret.  

Six maisons se sont construites ici, mêlant infirmier, professeur, ou encore charpentier sur les mêmes terrains. Ces habitant.es partagent des espaces communs faits de verdure, mais aussi, un bâtiment abritant un frigo, un congélateur, et une tondeuse pour toute la communauté. Leurs maisons sont toutes différentes, de l’humble cabane à la belle maison de bois, en passant par la yourte.

Michel, l'ancien compagnon d'Annie, vit dans le hameau de Tréduder depuis 11 ans. Dans son studio de 25 mètres carrés fait de bois et de laine de bois, il récupère l’eau de pluie et n’utilise que des toilettes sèches. Dehors, il crée des zones d’ombres pour favoriser l'apparition des chauves-souris. Notre objectif c’est que la planète aille mieux”, résume le sexagénaire. 

A l'intérieur du studio de Michel se trouve une petite kitchenette. (image : Esther Laudet)

Un réseau relativement fermé 

Cet esprit collectif qui caractérise les habitant.es les incite à se préserver de l'extérieur. Ils ne fonctionnent que par réseau de connaissances et chacun s’entraide lorsque il y a besoin. S'ils ont besoin de l’intervention d’artisans, ceux-ci sont toujours membres de ce réseau. “La mairie nous connaît, et nous respecte”, précise cependant Michel. Ce réseau se retrouve habituellement au café Théodore à Locquémeau, à quelques kilomètres. Cet état d’esprit se vérifie aussi dans les achats alimentaires des habitants du hameau : ils ne se fournissent qu'en circuits courts. 

Photos du studio après sa construction, sous la neige. (Esther Laudet)

Une méfiance envers l’extérieur 

Ce goût du secret est aussi le fruit d’une frustration éprouvée par la fondatrice Annie. Dans les premières années d'existence du hameau, beaucoup de visiteurs sont venus observer l’éco-village : “Les touristes arrivaient par centaines en car, les habitants avaient le sentiment d’être en vitrine” raconte Michel, qui se remémore la “fureur” de ces nombreux badauds. Cette effervescence a contribué à l’isolement médiatique et à l’absence de publicité sur ce lieu singulier. “Nous n’avons pas besoin de publicité”, appuie Michel.

Désormais, l’éco-village ne souhaite accueillir que des visiteurs engagé.es. “Ce qui nous intéresse c’est qu’il y ait un échange sur le long terme, pas une rencontre sans lendemain”, souligne Michel. “On marche au sentiment, depuis toujours”. D’autant plus qu’ici, les valeurs et les principes sont partagés : “Bien qu’on vive chacun de notre côté, Annie nous a initié à des valeurs de partage, de tolérance et d’entraide” termine Michel. 

La maison d'Annie à gauche et le studio de Michel au fond. (Esther Laudet)

Extrait sonore : Michel pousse la chansonnette à l’Orgue de Barbarie. C’est un morceau de Renaud intitulé : Laisse béton. 

 

Apprentissage du breton : Roudour sereine pour la rentrée 2021

Monna Roudaut formatrice à Carhaix et ses élèves en cours d'apprentissage. (image : Roudour, Carhaix)

Malgré une année pleine d'incertitudes, la société d'apprentissage du breton Roudour affiche sa sérénité pour la rentrée. Avec plus de cours en présentiel et un nouveau public, elle aborde avec quiétude les stages à venir. Une réunion aura lieu jeudi 20 mai à l'Espace Sainte-Anne de Lannion pour présenter le déroulement de la prochaine saison.

Adaptation, solidarité et sérénité. Ce sont les mots d’ordre du groupe d’élèves et d’encadrants participant à la formation de breton Roudour pendant la crise sanitaire. La SCOP (société coopérative et participative) d'apprentissage intensif présente son programme demain lors d'une réunion qui arrive après une année 2020, qui n'a pas été de tout repos. Ces stages se déroulent habituellement à partir de septembre pour une durée de 6 à 9 mois et réunissent une cinquantaine de personnes. Néanmoins, ils ont eu beaucoup de mal à recruter : “L’année 2020 nous avons perdu 20% d’inscrits” souligne Sedrig Laur, gérant de la société.

L’année 2020 nous avons perdu 20% d’inscrits

Alternant période de présentiel et de distanciel, le personnel a constaté le décrochage de certain.es élèves et a préféré reprendre au maximum les cours dans les locaux de Roudour. Mais apprendre une langue en présentiel avec un masque et la distanciation sociale n’est pas simple non plus : Le port du masque rendait l’apprentissage moins confortable, notamment pour les expressions du visage.” poursuit Sedrig Laur. Pour cette saison, les enseignant.es ont choisi de privilégier un calendrier spécifique en conservant un emploi du temps hybride déjà fixé depuis deux ans : “Les semaines sont faites de quatre jours de présentiel et un jour de distanciel” précise Sedrig Laur.

 “Les semaines sont faites de quatre jours de présentiel et un jour de distanciel

Ce fonctionnement doit permettre aux élèves d’avoir un suivi plus personnalisé et une plus grande autonomie. “Ce système permet à chacun d’avancer à son rythme” affirme le gérant. Un mode d’apprentissage qui correspond aux participants du programme, pour la plupart dans la vie active avec des enfants. Mais aussi un système qui a permis à la société d'appréhender sereinement la crise du covid, le  distanciel était déjà instauré. 

Les formations intensives proposées par Roudour. utilisent des méthodes pédagogiques ludiques pour apprendre : ici, un groupe d'étudiants a imaginé un "Jacques a dit" pour réviser les formes verbales. Monna Roudaut (à gauche), formateur à Carhaix, se prête au jeu. (image : Roudour Carhaix)

Un nouveau succès 

Si le public visé par ces stages intensifs était composé d'étudiant.es souhaitant apporter une plus-value à leur cursus, de professionnels en reconversion, ainsi que de professeurs, la crise sanitaire a fait apparaître de nouveaux-venus, de quoi rassurer les encadrant.es. En effet, nombreux sont les inscrits originaires de région parisienne, venus se confiner en Bretagne. Ils ont profité de l’occasion pour démarrer un apprentissage du breton. Sedrig Laur constate également l’arrivée de plusieurs instituteur.trices monolingues originaires d’autres régions de France, souhaitant à l’avenir être muté.es en Bretagne.

Une arrivée massive dans les groupes d’apprentissage qui, selon lui, traduit la grande attractivité du territoire mais aussi la forte demande de la région. En effet, il existe de plus en plus de postes à pourvoir nécessitant la maîtrise du breton partout au sein de la Bretagne. 

Pour plus d’informations, une réunion se tient jeudi 20 mai à 10h, 2 rue Kerampont, à l’Espace Saint-Anne de Lannion. 

 

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