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Le confinement des personnes en situation de handicap est devenu une épine dans le pied pour l’État, révélant l’incapacité du gouvernement à répondre à leurs besoins. 

Durant le confinement ce sont 9,6 millions de Français en situation de handicap qui sont livrés à eux-mêmes. Dans l'objectif d'expliquer la crise du coronavirus et de donner la possibilité de compléter une autorisation de sortie, le Gouvernent a mis en place une foire aux questions et « une rubrique accessible à tous ». Il a fallu attendre 12 jours pour avoir le lancement de la plateforme Handicaps Solidaires. Elle permet de recenser tous les acteurs se mobilisant sur le territoire, afin de les mettre en relation avec les personnes atteintes de handicap. La plateforme a été suivie de nombreux sites internet dédiés pour ces personnes. Les sites sont très peu mis en avant par le ministère de la Santé. De plus, ils redirigent souvent les utilisateurs vers des associations au bord de la saturation.

Un mécontentement antérieur au COVID-19

Les dispositifs mis en place par le Gouvernement désespère Laureline Jacq, handicapée moteur et membre du bureau de l'association APS France Handicap. « Ils sont bien gentils, mais à quoi cela sert de pouvoir réaliser une attestation de sortie? Alors qu’on est incapable de sortir de chez soi en respectant les gestes barrières, c’est absurde ! Et puis on nous dit clairement qu’on peut compter que sur nous-mêmes ». Un sentiment d'abandon qui agace depuis plusieurs années. « L’État compte énormément sur les associations locales et nationales pour faire son boulot à sa place. Sauf qu’il ne donne quasiment pas de moyens aux associations ».

Un manque humain et financier qui est mis en évidence avec le confinement au détriment des personnes atteintes de handicap. Les besoins sont pourtant multiples, ils vont de la nécessité à faire les courses et à faire un brin de toilette. Les associations d’aide à domicile, comme l’ADMR, sont en manque de masques et de gants. Ce manque de protection les place dans une situation délicate. Cela risque d’exposer les aidants et les bénéficiaires de leurs services à une contamination involontaire. La situation a obligé de nombreux soignants à stopper toutes activités, laissant les personnes en situation de handicap livrées à elles-mêmes.

Des proches sur-sollicités

Les personnes atteintes de handicap ont eux très peu de temps pour réagir au confinement. Les plus chanceux ont réussi à intégrer des foyers spécialisés. Certains n'ont pas eu cette chance. L'annonce du confinement a été trop soudaine pour qu'une telle démarche soit possible. Alors, en guise de dernière solution, la personne handicapée a dû se confiner chez de la famille ou toute seule à son domicile. Le confinement ayant réduit drastiquement les interventions des aidants, ce sont les proches qui doivent les remplacer du jour au lendemain. « Le plus dur c’est l’aspect psychologique, faire comprendre ce qui se passe, pourquoi c’est important de suivre les gestes barrières et surtout de récupérer de nouvelles habitudes», témoigne une proche d’une personne en situation de handicap. « On s'est retrouvé pris au dépourvu, heureusement qu'il peut compter sur mon mari et moi. Pour lui faire à manger et ses soins, mais nous ne sommes pas des professionnels ».

Malheureusement cette sur-sollicitation constante des proches ne date pas du confinement. Elle est seulement amplifiée par la crise sanitaire. Les personnes en situation de handicap sont souvent marginalisées. Pourtant cette minorité représente 24% de la population active en français. Les personnes en situation de handicap et leurs proches réclament plus de considération. 

Infographie réalisée par Seton se basant sur une enquête de l'INSEE réalisé en 2007

Un soutien inattendu

Les parents de jeunes enfants handicapés peuvent compter sur le soutien de Corentin Tolisso. Le joueur de l'équipe de France football organise une vidéo-conférence par semaine grâce à la plateforme "Tous Mobilisés". Un moment de générosité et de complicité, permettant à la fois d'émerveiller les enfants et d'un moment de relâchement pour les parents.

Corentin Tolisso apprend la langue des signes - capture d'écran prise par Tous Mobilisés -

Depuis le 23 mars 2020, la plateforme "Tous mobilisés" a aussi mis en place un numéro vert : 0 805 035 800. Elle permet de répondre aux éventuelles questions des parents en charge d'enfants handicapés. La ligne téléphonique est joignable du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 17h. 

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