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Depuis le début du confinement et la fermeture de nombreuses entreprises, la consommation électrique a fortement chuté en France. S’il n’y a rien de dramatique, cette baisse est historique et mérite d’être mise en lumière. Cette énergie indispensable, dont nous évoquerons l’apparition, fait l’objet d’une surveillance permanente au quotidien, partout à travers le territoire.

Le grand voyage de l’électricité

Afin de bien nous mettre au courant, faisons un cours rappel du grand voyage de l’électricité. Depuis des milliers d’années, l’électricité n’a cessé de voyager. Et pour cause, cette énergie est impossible à contenir car elle connait une circulation permanente.  D’abord découverte dans le domaine médical grâce à la force électrique d’un poisson comme l’ambre, l’Homme a pendant longtemps chercher des réponses à son fonctionnement et ne peut, dans cette mesure, être défini comme son inventeur. Néanmoins, il reste à l’origine de sa découverte et de sa maîtrise.

En 1800, Alessandro Volta invente la première pile de l’histoire de l’Humanité. En 1879, l’Américain Thomas Edison met au monde la première ampoule capable d’éclairer grâce à de l’électricité et construit, dans la foulée, la première centrale électrique. Dès lors, des centaines de centrales électriques sont mises sur pied, partout à travers la planète. Sans elles, nous n’aurions pas de lumière, de chauffage, d’internet… Aujourd’hui, la consommation d’électricité en France varie selon l’activité économique mais également selon l’évolution de la météo.

La consommation d’électricité quotidienne diminue depuis plusieurs semaines

La consommation française d'électricité varie tout au long du jour et de la nuit. Elle présente des « pics » et des « creux » en fonction des moments de la journée, du jour de la semaine, des vacances et jours fériés mais également des saisons et de la météorologie. Elle reflète donc la vie quotidienne des Français et l’activité économique.

Depuis le 17 mars et le début du confinement national, nombreuses sont les entreprises qui ont dû fermer leurs portes. En effet, la situation sanitaire ne permet plus de travailler dans des conditions normales. Par ailleurs, la consommation d’électricité est considérée comme un bon indicateur de l’activité économique et des comportements de masse (en niveau, structure et répartition géographique). Dans son bilan du mois d’avril, le groupe RTE (Réseau de transport d'électricité) note une diminution de la consommation d’électricité de l’ordre de 15 à 20%, depuis le début du confinement. Un résultat qu’il définit comme « spectaculaire » car jamais il n’a été aussi important.

La dernière baisse majeure avait été enregistrée à la suite de la crise économique de 2008, lorsque les entreprises avaient du mal à se relancer. Le ralentissement économique avait atteint la consommation électrique dans la mesure où celle-ci avait perdu 5% de moyenne. Par ailleurs, l'année 1975 était marquée par une chute de consommation d'électricité équivalente, cette fois due à un choc pétrolier. Ainsi, certaines crises économiques historiques sont facteurs d'une chute de consommation électrique, bien qu'elle reste très rare. Depuis dix ans, la courbe de consommation d'électricité était restée plus ou moins stable.

Ce graphique confirme le constat de chute inédite de la consommation d'électricité en France, établi par RTE. En période de non-confinement, les raisons de baisse sont généralement expliquées par une situation économique instable voire régressive ainsi qu’à l’évolution de la température. En plus du confinement, la remontée des températures ces derniers jours a permis à la courbe de se rééquilibrer (les chauffages électriques étant moins utilisés).

Les pylônes électriques de haute tension ne sont pas que visité par les lignards
Photo LPO

L’entretien du réseau électrique ne s’arrête pas

Le réseau électrique, bien que moins utilisé, continue d’être entretenu quotidiennement par les professionnels du domaine. Nous avons rencontré plusieurs d’entre eux pour comprendre dans quelle mesure est ce qu’il ou elle était atteint par la pandémie du Covid 19 au travail.

Rémi (50 ans) est salarié dans le bureau de contrôle DEKRA. Son métier consiste à surveiller le bon fonctionnement des différents circuits électriques et de s’assurer de l’application des règles de sécurité par les entreprises. Il assure « continuer d’aller au boulot avec davantage de précautions depuis le début de la pandémie ». L’inconvénient pour lui et ses collègues est qu’ « une grande partie des entreprises et des établissements est fermée donc inaccessible ». En effet, il explique avoir l’habitude d’exercer au sein d’ERP (établissement recevant du public).  

Soazig, (45 ans) est cheffe de service pilotage coordination des projets RTE sur 19 départements. Elle explique la chute des consommations par « l’arrêt des aéroports, des gares et bien-sûr des simples usagers ». Le travail continue, pour elle et son équipe, après s’être arrêté pendant quelques jours. « Certains projets devaient absolument reprendre, comme l’entretien des câbles et des pylônes. Les appels d’offres pour l’entretien se sont succédés et le gouvernement a autorisé la reprises des chantiers avec l’obligation de respecter plusieurs normes de sécurité ». Soazig parvient à trouver un aspect positif au ralentissement de la consommation électrique: «Ecologiquement, c'est évidemment un bon point».

Les lignards n'ont pas le vertige pour continuer d'entretenir les réseaux électriques de haute tension, même en période de crise sanitaire. Photo RTE

L'autorisation donnée par le gouvernement pour continuer certains chantiers de construction a notamment permis à RTE de poursuivre l'un de ses trois grands projets de haute tension en Bretagne, avec le chantier d'entretien de la ligne Loscoat-La Martyre, au nord de Brest.

L'entreprise Concensio Italia est en action pour trois semaines. Brésiliens, Espagnols, Péruviens... ils sont de plusieurs nationalités à œuvrer ensemble sur les pylônes électriques de haute tension finistériens. Nous sommes allés à leur rencontre. Voici les images.

Enfin, il faut savoir que François Brottes, le directeur de RTE, a appelé en compagnie de 91 dirigeants d’entreprises françaises et internationales, à «faire de la relance économique un accélérateur de la transition». Dans un document publié le 4 mai, les patrons des grandes entreprises définissent des points à respecter pour redémarrer la vie des entreprises avec davantage de précaution, notamment en matière environnementale. Aussi, l'ancien ministre de l'écologie, Nicolas Hulot, a réagi à cette situation dans les colonnes du Monde, le 7 mai, en affirmant que «ce serait une erreur pathétique de ne pas tirer de leçon de cette crise». Enfin, il faut noter qu'à quelques jours d'un début du déconfinement, la demande d'électricité s'est faite sentir particulièrement dans les entreprises qui redémarrent leur économie. Bien-sûr, il faudra encore attendre quelques semaines pour que la courbe de consommation se rééquilibre définitivement. En attendant, le gouvernement et les entreprises aspirent à tirer des enseignements de la crise pour faire du redémarrage de l'économie, une relance adaptée et raisonnable.

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