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Un nouveau microbe jamais vu dans la baie de Lannion a été détecté mercredi 12 mai. Les pêcheurs de coquillages ont été contraint par la préfecture de jeter leurs productions, mais les pêcheurs au large n'ont rien à craindre.

La pêche à pied est mise en pause dans la baie de Lannion jusqu’à nouvel ordre. Un microbe, le pseudo-nitzschia australis, microalgue présentant un risque d’intoxication alimentaire, a été détecté sur les côtes de Locquémeau.

L’eau qui dort à Locquémeau

Les pécheurs à pied sont les plus affectés par cette microalgue. Tous les producteurs de coquillages sauf les huîtres ayant continué leur activité le lundi et le mardi, ont été contraints de jeter leurs récoltes. Jean, cultivateur de bigorneaux témoigne : "J’ai péché lundi mais maintenant je dois tout détruire [...] ce sont les aléas du métier"

Maintenant je dois tout détruire [...] ce sont les aléas du métier.

C’est la première fois que l’on détecte ce microbe dans la baie de Lannion. Mais les pécheurs de la baie ne sont pas pour autant inquiets. Les situations de ce genre sont fréquentes. L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) réalise souvent des « contrôles de routine » pour s’assurer que l’eau n’est pas potentiellement infectée. Les pécheurs sont prévenus généralement le lundi, et s’adaptent.

Carte des zones touchés par le microbe

C’est quoi, ce pseudo Nitzchia ?

Quelle est cette microalgue qui débarque en Côtes-d'Armor ? « C’est un plancton végétal », explique Arthur Le Pas, responsable de la communication pour de l'Ifremer. « Cette algue microscopique se laisse porter par les courants », cela provient de phénomènes naturels, et ne se maîtrise donc pas.

Comme l’écrit la préfecture du Finistère dans un communiqué de presse, « les personnes ayant consommé des coquillages provenant de ces zones et présentant des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, nausées) et/ou des symptômes neurologiques (maux de tête persistants, désorientation et confusion) sont invitées à se rapprocher de leur médecin. » La toxine est nocive et peut à forte dose devenir responsable d’intoxications amnésique chez l’humain.

Cela n'a pas empêché certains pêcheurs au large de prendre des précautions dès l'annonce des analyses. Johnny Brochault, mytiliculteur dit avoir mis son activité entre parenthèse sur la journée du mardi et du mercredi : "Je ne voulais pas prendre le risque d'expédier, parce que si les taux dévoilés étaient trop élevé, tous ce qu’on a récolté lundi aurait du être détruit".

Leïlou Robert

Malgré les difficultés des commerces à survivre aux confinements successifs, le centre-ville de Lannion voit se créer depuis plus d’un an de nouvelles boutiques. Philippe Auriou a ouvert 7 commerces afin de redynamiser le centre-ville, et ne compte pas s’arrêter là.

Des boutiques de mode et de chaussures fleurissent dans le centre ville de Lannion. Ouvertes l’année dernière, en pleine crise sanitaire, ces nouveaux commerces font face à des défis particuliers. Philippe Auriou a ouvert 7 boutiques en centre-ville de Lannion depuis un an : Les deux font la paire, IKKS, Sélection, Les chaussures, Sélection Bis, Sinequanone et Du pareil au même. Les restrictions sanitaires n’entament pas la détermination du chef d'entreprise, qui compte ouvrir une huitième boutique.

Une stratégie commerciale

Il compte sur un nouveau dynamisme du centre ville, insufflé grâce à l’ouverture des boutiques et une volonté commune entre les commerçants. Selon lui, il est primordial de proposer une offre diversifiée à Lannion et de recréer l’attraction autour du centre ville. Cette offre permettra d’attirer une clientèle plus large, qui trouvera son bonheur parmi les commerces lannionais. La plupart de ses boutiques sont des franchises et ont été ouvertes l’année dernière, en pleine crise sanitaire.

Cet investissement du centre-ville par le chef d'entreprise contre la fuite des commerces vers les zones commerciales. Alors que les centre-villes perdent en activité, celui de Lannion est la cible des grandes marques.

 C’est assez paradoxal sur Lannion, car lorsqu’on fait appel à une marque, 9 fois sur 10 elle est intéressée.

Philippe Auriou explique que lorsque la ville n'attirait plus, c'est car elle était vide. Aux yeux du commerçant, Lannion possède de nombreux atouts : le charme du centre-ville, et une forte demande de commerces de proximité par les habitants.

Des difficultés mais de l’optimisme

Philippe Auriou parie sur ce nouvel élan du centre ville pour se relever économiquement des confinements. Le click and collect n’a pas bien fonctionné pour ses boutiques. Pour ce chef d'entreprise, la clientèle est attachée au contact, incompatible avec ce système virtuel. Fidéliser une clientèle est un enjeu de taille pour les commerces récemment ouverts.

Ces créations de boutiques représentent un investissement important, qui se heurte aux restrictions sanitaires actuelles. Cette chute du chiffre d'affaire l'empêche aujourd'hui des soldes, témoigne t-il. Les collections (de vêtements ou de chaussures) coûtent chères, et ses magasins gardent des charges à payer.

Durant la fermeture de ses commerces, il n’a pas utilisé les réseaux sociaux. Cette rupture avec sa clientèle est difficile, et il espère la retrouver rapidement à la réouverture.

Ces périodes de confinements nous ont fait un peu tomber dans l'oubli, c’est très dur

Les petits commerces locaux sont mis de côté dans cette période selon lui, et il témoigne d’une incompréhension vis à vis de certaines décisions gouvernementales. Philippe Auriou explique pouvoir mettre en place des jauges de clients et autres dispositifs sanitaires facilement, a contrario des grands magasins.

Malgré ces difficultés, le commerçant reste optimiste et prévoit même d'ouvrir une huitième boutique dans le centre ville. Une franchise Benetton, la marque de vêtements italienne, sera la prochaine étape de sa conquête.

Après des mois de fermeture, les commercant.es des magasins textiles du centre-ville de Lannion s’inquiètent : le click and collect n’a pas permis d'écouler les collections hivernales. Les vendeurs renvoient celles-ci ou essaient de les brader... quitte à annuler les soldes d’été prévus mi-juin.

Alors que le e-commerce a bondi de 13% pendant les 6 premiers mois de 2020 par rapport au trimestre précédent, selon le média LSA , le click and collect n’a visiblement pas porté ses fruits chez les commercant.es textiles de Lannion. On a essayé, mais personne n’est venu commander chez nous. Au mois de novembre, par exemple, nous n’avons reçu qu’une seule commande”, déplore Sébastien, le gérant du magasin Devred situé place du Centre à Lannion.

Face à cette situation, beaucoup de magasins ont donc fait le choix de fermer la boutique, le temps de travail des employé.es ne pouvant être rentabilisé. Pour beaucoup de magasins et de clients, la fracture numérique est trop grande. “Il faut prévoir un site web, mettre en place des moyens que nous n'avions pas anticipés. Et de nombreux clients ne se sont pas du tout habitués à ces nouvelles habitudes de consommation”, explique Caroline, employée de La Fée Maraboutée. "Si les gens viennent en boutique; c’est pour essayer, être conseillé ! Sinon ils commanderaient directement sur internet”, estime la vendeuse. 

Un surplus de stock des collections d’hiver 

L’échec du "click & collect" a eu des conséquences sur les stocks. Philippe, qui a ouvert 7 magasins cette année malgré la pandémie dans le centre-ville de Lannion, est ainsi confronté à des problèmes de gestion des collections d’hiver commandées en septembre. Celles-ci n’ont jamais réussi à s’écouler et restent à la charge des magasins non franchisés. “Une collection nous coûte plus de 10 000 euros ! Nous n’avons quasiment pas réalisé de ventes depuis octobre et nous ne pouvons plus nous renouveler.", témoigne le gérant de Sélection, ainsi que d'autres commercant.es. Certains ont fait le choix de revendre une partie de leur marchandise soldée à des usines, des grossistes ou des boutiques éphémères. 

Devanture du magasin Kookai le 19/05/2021

"Jusqu'à moins 60 % sur certaines collections” peut on lire sur la devanture du magasin Kookaï du centre de Lannion, dès le premier jour de la réouverture, le 19 mai. Une manière d'écouler une partie de ses vêtements d'hiver, l'autre partie étant renvoyée à l'usine. A l'inverse, la maroquinerie Léonie choisit de ne pas solder sa collection hivernale. Les soldes d'été arrivent beaucoup trop tôt, alors que nous n’avons même pas pu écouler nos stocks d'hiver. On ne peut pas se permettre de faire des prix dès la réouverture alors qu’on ne fait plus de bénéfices depuis des mois”, juge le gérant. Les soldes d’été ne concernerons donc pas tous les commerçant.es.

Laudet Esther 

Alors qu’une nouvelle étape du plan de déconfinement national vient d’être franchie, le mal-être continue de perdurer au sein des populations les plus fragilisées. L’équipe du Centre Social l’Horizon (Lannion) reste inquiète quant à la santé mentale de ses habitué.es.  

Une cafetière avec une table et des chaises est installé devant Le Centre Social l’Horizon. Ses salariés prennent une pause pour partager un moment convivial avec les habitant.es du quartier. Le centre accompagne des publics précaires dans leurs démarches de demande d’aide sociale.

Depuis le début de la crise sanitaire le nombre de visiteur.euse a doublé. Hélène Roussel, à l’accueil, relève jusqu'à quinze visites d’habitant.es du quartier par jour. Il.elles viendraient majoritairement pour retrouver du lien social mais aussi parler de leurs problèmes. Elle ajoute que pour « mieux tenir le coup » certain.es seraient tombé.es dans l’alcool ou la drogue. Gêné.es, il.elles reporteraient alors leurs rendez-vous avec les professionnelles du site à la semaine suivante.

Maëva Bouadllaah, agent d’entretien, joue aussi un rôle important dans le centre. Quand ses collègues sont en entretien, elle prend du temps pour discuter avec les habitué.es. Elle observe que « les gens restent courageux  mais semblent particulièrement déprimés et fatigués ». La réouverture ne suffira pas à souffler un vent nouveau sur des situations sociales sclérosées selon elle.

Des conséquences sur le long terme

La ville du Trégor se caractérise déjà par de fortes inégalités sociales. Notamment entre les cadres et salarié.es issu.es de la technopôle et ceux.lles issu.es du secteur primaire et secondaire. On parle « de haut » et « de bas » Lannion. Marie Vernault, l’assistante sociale du centre, redoute une aggravation de la situation. S'il semble encore trop tôt pour tirer des conclusions de l’augmentation des dossiers suivis, elle confie être persuadée que « c’est sur le long terme que la souffrance des plus précaires deviendra évidente ». L’ombre d’une récession économique qui planerait sur le pays l’angoisse tout particulièrement. A cela s'ajoute le décret de modification de l’assurance chômage, qui frappera profondément les plus précaires. Le 30 juin ne sonnera visiblement pas la fin de la crise sanitaire pour tout le monde.

Alicia Arquetoux


Les terrasses rouvrent dans le centre de Lannion mais de manière limité. Les restrictions sanitaires ne permettent pas aux restaurateurs d'offrir un grand nombre de couvert. Certains ont alors décidé de prendre le contrepied et proposent des services de restauration à commander en ligne.

Réouverture des terrasses des restaurants et bars dans le centre-ville de Lannion (image : Stéphane DUPRAT)

« C’est un peu à contre cœur que je fais de la vente à emporter » souffle Ronan, le chef cuisinier du restaurant Too Ti Bon. Face à la succession de confinement et de mesure restrictives, les lieux accueillant du public et plus particulièrement les restaurants et terrasses ont dû fermer. Certains restaurateurs ont alors pris la décision de faire de la vente à emporter, du « drive » ou encore du « click and collect ». Une habitude qui n’est pas de tous les goûts.

Une pratique du numérique parcellaire

Le relationnel est le fer de lance dans  la restauration. Les commandes et la vente à emporter « banalisent un phénomène de déconnection avec les clients » mais il est contraint à couvrir 30 couverts pour s’assurer une revenue stable. Plus tard, on apprend qu’il a créé un compte Facebook avant les différents confinements. La page est alimentée par sa compagne. Il pense que les   « médias sociaux » ne sont pas assez intuitif pour lui. Pour Karine Lemeur chez Maestro, le constat est le même. Elle utilise, cependant, un outil appelé le QR code (un code barre) à lire avec son téléphone permettant de respecter la distanciation sociale avec ses clients. Lorsque que l’on flash ce code barre de nouvelle génération, on obtient la carte détaillée des menus. Karine a été aidé par sa fille de 22 ans pour la page Facebook et la mise en relation avec la plateforme Uber Eat.

Sans son aide je n’aurais pas pu faire de la vente…

La vente en ligne entraine des contraintes

La propriétaire de Maestro, note que sa filiation avec l’entreprise Uber Eat, lui apporte un élément de gestion en plus. Entre la gestion des commandes et la préparation des plats « à la minutes à certains moments », elle ne s’en sort plus. Elle n’oublie pas de rappeler que cette plateforme de mise en relation numérique entre le client et l’offreur pratique des marges de commission de 30% sur chaque plat préparé. Une part du gâteau à l’arrivée moindre. Elle a donc été obligé de majorer son prix de 10% pour atteindre un prix final encore accessible. Du côté de Ronan, c’est le volume « souvent aléatoire de vente à la journée qui peut mettre dans le doute ».

Dans l’air du « tout numérique » la question de la numérisation des pratiques de vente de produits devient la clé d’une nouvelle économie et révèle de nouveaux usages faisant naitre d’autres professions.

Stéphane DUPRAT

Partout en France, les salles obscures aperçoivent le bout du tunnel. L'impatience était de mise devant le cinéma Les Baladins à Lannion, ce mercredi 19 mai. Comment le public vit-il cette renaissance ?

Enfin ! En ce mercredi après-midi ensoleillé, le public s'est rendu en nombre à la réouverture des cinémas. Les salles obscures ne rouvrent qu’à seulement 35 % de leur capacité, mais pour le moment, la plupart de ces cinéphiles disent surtout vouloir retrouver "l’ambiance".

Un goût de liberté

Au programme, cinéma français et ça plaît ! Diane et Emmanuel sont amis. Ils attendent tous les deux, en terrasse, autour d’une tasse de café, que le cinéma Les Baladins de Lannion rouvre ses portes pour aller voir le biopic de l’artiste Michel Ange. "Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça", assure Diane. Plus qu'un film en particulier, la sexagénaire attendait plus généralement le retour du cinéma en grand format.

Je serais allée voir n’importe quel film, du moment que j'allais au cinéma, je ne pouvais pas louper ça

"Je veux l’odeur des pop-corn et des bruits de bouche s’il le faut, un voisin de fauteuil un peu trop bavard, un couple s’embrassant juste devant moi, un enfant un peu trop turbulent, tout, je suis prête à tout accepter", lance une jeune fille dans la file d'attente. Annette, retraitée, attend son amie pour aller voir Adieu les cons d'Albert Dupontel. Elle n’avait pas prévu ce matin d’aller au cinéma, raconte-t-elle, contrairement à son amie qui avait noté la date dans son agenda : c'était cinéma ou rien ! "Je suis très heureuse d’aller le voir, j’ai hâte, hâte de retrouver les salles", se réjouit Annette.

« Aller au cinéma, c’est aider la culture ! »

L’absence de blockbusters américain ne gêne visiblement pas le public. Au contraire, plusieurs privilégient le cinéma d’auteur. Ces cinéphiles de la première heure ont été sensibles aux discours du monde du cinéma les incitant à soutenir la création. "Aller au cinéma c’est aider la culture", abonde Diane.

Pour l'industrie cinématographique francophone, cette réouverture représente un bol d'air financier. En effet, une taxe est prélevée sur chaque ticket de cinéma - la "taxe spéciale additionnelle" (TSA) - afin de financer le cinéma français. Mais, habituellement, ce sont d'abord les blockbusters hollywoodiens qui contribuent le plus à ce financement. Or, ils sont peu nombreux à l'affiche cette semaine.

Leïlou Robert

Sous les serres bretonnes, les tomates commencent à rougir. Les maraîchers recrutent chaque année de nombreux saisonniers pour aider à la récolte dont des étrangers.  Avec la pandémie et la fermeture des frontières, est-ce le cas dans les exploitations du Trégor ?

A quelques kilomètres de Lannion, à Penvénan, les producteurs de tomates ne semblent pas spécialement concernés par les problématiques de restrictions aux frontières. Pour Sylvain*, exploitant à Kermaria-Sulard, « ce n’est pas un souci ». Il dit ne recruter que des habitués venant de la région et n’être pas concerné par ces mesures. Mais l’agriculteur confie tout de même faire parfois appel à ces travailleurs venant en France pour travailler l’été. « Chaque année, un couple de Roumains vient travailler dans les serres », mais même là, pas de soucis. « On a toujours l’attestation professionnelle qui permet de justifier leur venue ici ».

A quelques centaines de mètres, même son de cloche chez Pierre Guyomar, responsable d’une grosse exploitation maraîchère : Les restrictions sanitaires ne l’impactent pas, ne recrutant pas de travailleurs venus de l’étranger. « J’ai quelques étrangers dans les serres, mais qui vivent en France depuis longtemps ». Une question de logistique pour l’exploitant, « Au moins je suis toujours sûr que la main d'œuvre soit disponible. »

Une stratégie tournée vers la main d'œuvre de proximité partagée par le responsable d’une ferme voisine. S’il assure « prendre des Français, dès [qu’il peut] prendre des Français », il ne répond pas directement quand on lui demande si des saisonniers étrangers travaillent dans ses champs l’été.

Des serres de tomates dans le Trégor (22) / Photo : Guillaume SALIGOT

Dissonance des autres acteurs.

 

Les maraîchers bretons n'auraient-ils donc pas besoin de travailleurs étrangers ? Ce n’est en tout cas pas l’avis de nombreux autres acteurs de l'industrie, en commençant par les coopératives agricoles. « Les maraîchers ont beaucoup d’étrangers, ça leur coûte moins cher. Grâce à cela l'été est plus rentable pour eux que s'ils recrutaient des Français » indique la responsable d'une importante plateforme de conditionnement de la région. Mais dans le nord Finistère, cette stratégie tournée vers la main d'œuvre internationale a causé des torts aux agriculteurs l'année dernière. « Il y a eu de gros soucis : les échalotes étaient arrivées en mars, au début du confinement et les agriculteurs n’avaient pas pu faire venir de travailleurs comme les frontières étaient fermées » affirme le gérant d'une coopérative locale.

Chez les professionnels de l’emploi, l’idée que les agriculteurs ne fassent pas appel à cette main d'œuvre internationale semble compliquée à imaginer. Pour le directeur d’une agence d’intérim de Lannion, elle est même impensable. « Entre avril et octobre, certaines grosses exploitations engagent jusqu’à 300 personnes à elles seules ». Pour lui, la crise sanitaire a eu un effet important sur le recrutement des agriculteurs de la région. « L’été dernier, la venue des travailleurs étrangers a été considérablement réduite ». L'absence des saisonniers avait d'ailleurs fortement perturbé les récoltes et inquiète une partie des exploitants à l'approche de l'été. En effet, le directeur de l'agence de recrutement imagine le phénomène se reproduire cette année avec la mise en place du passe sanitaire et de la fermeture des frontières. A voir donc, si les exploitants du Trégor et des alentours arriveront à recruter cet été et à mener à bien leurs récoltes estivales, avec ou sans travailleurs étrangers.

* le prénom a été modifié

Guillaume SALIGOT

À l’heure où les restrictions sanitaires sont allégées, le sport amateur est toujours en sommeil. À Perros-Guirec, les activités n'ont jamais cessé, mais l'absence de compétitions commence à peser.

Privés de compétitions depuis des mois, pas facile pour les enfants de rester motivé dans leurs activités sportives. Au complexe sportif de Kerabram à Perros-Guirec, les éducateurs s’appliquent à proposer des activités à la fois ludiques et dans le respect des règles sanitaires. Le club municipal de tennis de Perros-Guirec n’a jamais été contraint d’arrêter ses entraînements. Les sportifs pouvaient en effet pratiquer en extérieur, mais la mauvaise météo de cet hiver a contraint les éducateurs à annuler une grande partie des entrainements.

Pour François Gueret, éducateur au club municipal de tennis de Perros Guirec, c’est ce qui explique en partie la baisse de motivation des sportifs : « Cet hiver, on a eu quelques jeunes qui ont souhaité arrêter car la tenue des entrainements n’était jamais certaine en raison de la météo. Pour les adultes, on a essayé d’organiser des animations en extérieur mais nous n’avons pas vraiment eu de retours. » L’absence de compétitions aussi engendré une baisse de motivation chez certains.

Le club de foot de Perros-Louanec n’a pas non plus été contraint d’arrêter les entrainements ces dernières semaines. Et les éducateurs ont eux aussi observé une baisse de motivation chez les jeunes. « Le manque de compétitions a démotivé certains de nos jeunes » explique Frédéric Frei, entraineur des U13 à l’US Perros Louannec. « Nous avons dû adopter de nouvelles méthodes d’entraînement, sans contacts, qui ont rendu le jeu beaucoup moins fun ».

 

 

Même si on observe une baisse des licenciés en tennis et en football, ces sports ont été très peu affecté par rapport à la lutte ou la natation. 

Remotiver les jeunes

Grâce au travail des éducateurs, les U13 de l'US Perros-Louannec regagnent en motivation avant la reprise des compétitions.

 

En tennis comme en football, les éducateurs redoublent d’efforts pour proposer des activités ludiques adhérents. À partir de la semaine prochaine, le club de tennis organise un tournoi interne sur une durée d’un mois. Selon François Guéret, « cela leur permettra de retrouver le goût de la compétition et de patienter jusqu’aux premières échéances prévues au mois de juillet. »

Pour les éducateurs de l’US Perros-Louannec une forte implication de leur part est primordiale : « Tout dépend de l’animation et de la motivation qu’on leur donne. On doit être éducateur et animateur en même temps. Si nous ne sommes pas motivés les joueurs vont le ressentir et ils vont arrêter ». Pour le moment le club organise de petits matchs en donnant des thèmes à respecter pour perfectionner les joueurs dans un domaine précis. Encore un peu de patience : les U13 de l’US Perros-Louannec devraient reprendre la compétition dans deux semaines.

Lannion Tregor Communauté prévoit d’ici fin mai de construire cinq chaufferies à bois pour alimenter les bâtiments publics de ses communes. Une installation similaire est déjà en place depuis deux ans au siège de l’agglomération pourtant sa dimension écologique est questionnable.

A Trévou-Tréguignec, La Roche-Jaudy, Loguivy-Plougras, Tréguier et Minihy-Tréguier, Lannion Trégor Communauté (LTC) compte installer un réseau local de chaleur fin mai dont l’élément central sera la construction de chaufferies à bois. Dans cette idée de « circuit court énergétique », elles seront (selon LTC) uniquement fournies en bois par le bocage du Trégor. Les agriculteur.ices du territoire rassemblé.es sous la bannière de la STIC Bocagenèse s’occuperont de la coupe. Depuis 2019, une chaufferie à bois alimente les locaux de l’agglomération sur ce même système. Mais est-il une solution durable pour une transition énergétique en phase avec les enjeux actuels?

Une pollution de l’air avérée

En rentrant en combustion, le bois libère des particules d’hydrocarbures aromatiques (HAP) rejetée ensuite en fumée. Très fines, certaines échappent aux filtres placés à l’embouchure des cheminées des chaufferies. Elles peuvent ainsi se fixer dans les voies respiratoires humaines et à terme provoquer des difficultés respiratoire voir des cancers du poumon. En octobre 2020, le Tribunal Administratif de Grenoble a reconnu une faute de l’Etat  concernant son inaction face à la pollution de la vallée de l’Arve (Auvergnes-Rhône-Alpes) imputable notamment à l’usage de chauffage à bois. La zone avait été précédemment placée en vigilance orange pour cause de pollution atmosphérique.  En avril 2020, un collectif de professionnel.elles de la santé alertait dans une tribune sur les dangers sanitaires de l’utilisation de centrales à bois. Seulement, sans études nationales, il est impossible d’évaluer la toxicité réelle des particules relâchées et donc d’agir en conséquence.

Et les cendres ?

Sacs de cendres présents dans la chaufferie de LTC
Sacs de cendres présents dans la chaufferie de LTC

La combustion de copeaux de bois entraîne la création de cendres. Comme les particules d’HAP, plus elles sont fines plus elles représentent un danger pour la santé humaine.  Des entreprises sous contrats avec les collectivités s’occupent donc de les récupérer puis de « les enfouir dans la nature » informe Benjamin Boudon, le régisseur bois du site de LTC. Il dit ignorer la quantité qu’elles représentent pour « sa » chaufferie. Mais la dizaine de sacs de cendres derrière son bureau improvisé en donnent un aperçu. La portée de ce type d’action est difficilement mesurable mais provoque en général un appauvrissement des sols aux alentours et une intoxication de la biodiversité.

D’autres aspects du projet semblent problématiques. Le bois viendrait finalement en partie de forêts administrées par l’Office Nationale des Forêts et des administrateurs de la STIC Bocagénèse, préférant rester anonymes, attendraient depuis trois ans leur retour sur investissement. Outre le discutable apport écologique de ces installations et ses conséquences sur la santé humaine, il semblerait qu’elles ne respectent pas totalement les promesses formulées par LTC à ses usagers.

Alicia Arquetoux

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