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La saison des mariages, qui se tient habituellement de mai à septembre, est décalée d'un mois. Entre couvre-feu, reports de cérémonies et mariages décalés en journée, les wedding planners sont contraints de s’adapter.

Alors que la saison des mariages débute habituellement au mois de mai, le déconfinement partiel oblige certains mariés à décaler les festivités. “Sur mai, j’avais 5 mariages prévus. Trois ont été reportés, deux décalés en journée”, indique Lisa Le Loët, wedding-planneuse située à Aix en Provence. Le couvre-feu à 21h instauré jusqu’au 9 juin, empêche amoureux et invités de profiter pleinement de la fête. Les cérémonies qui se tiennent en mai se concentrent sur des fêtes le midi pour finir avant l’heure imposée par les mesures gouvernementales. 

La grande nouveauté, c’est les mariages programmés en semaine l’été, vu que les weekend sont pleins.

Une autre forme de mariage

 

Alors que la quasi intégralité des mariages prévus en 2020 ont été décalés, la profession a largement bénéficié de l'aide de l’Etat. Elle a aussi pu compter sur les réservations anticipés qui n'ont pas été annulées. Suite à cette année quasi blanche, organisateurs et fédérations regroupant professionnels des mariages souhaitaient une dérogation pour le couvre feu. Malheureusement celle-ci n'a pas été acceptée et ils sont donc contraint de s’adapter comme le rappelle la préfecture du Nord : "aucune dérogation au couvre-feu n'est applicable aux célébrations des mariages". Ainsi, “pour rester après le couvre feu, il faut que les invités restent sur place” explique Marie Adam, wedding planneuse à Lannion. Elle admet que cela représente un budget supplémentaire pour les mariés qui ne peuvent pas forcément s’offrir ce type de logement.

 

C’est pourquoi une nouvelle forme de mariage voit le jour :  “La grande nouveauté, ce sont les cérémonies programmées en semaine, vu que les weekends sont pleins”, explique Lisa, qui travaille également comme make-up artist pour les mariages. Les festivités commencent donc le matin ou le midi afin que les invités puissent rentrer avant le couvre feu. 

Ces reports de mariages ont entraîné des coûts supplémentaires pour les mariés. Lors de la réservation d’un prestataire (photographe, maquilleurs, DJ…), les demandeurs versent généralement un acompte de 30% du prix du service. Si le mariage est décalé ou annulé, les prestataires ne rendent pas nécessairement ce montant : “ Ils n’ont plus forcément le moyens de rembourser, ça a été une année compliquée pour eux”, précise Lisa. Pour les organisateurs de mariages, la recherche de nouveaux prestataires due aux changements des dates de cérémonies est aussi très chronophage.

Pour autant, en raison du report d'une majorité de mariages de 2020 à cette année, les organisateurs affichent quasi complets jusqu'en octobre. Et la tendance devrait se poursuivre : L'année prochaine risque d'être encore plus incroyable pour les mariages”, anticipe la gérante de Marie & Vous.

Un nouveau microbe jamais vu dans la baie de Lannion a été détecté mercredi 12 mai. Les pêcheurs de coquillages ont été contraint par la préfecture de jeter leurs productions, mais les pêcheurs au large n'ont rien à craindre.

La pêche à pied est mise en pause dans la baie de Lannion jusqu’à nouvel ordre. Un microbe, le pseudo-nitzschia australis, microalgue présentant un risque d’intoxication alimentaire, a été détecté sur les côtes de Locquémeau.

L’eau qui dort à Locquémeau

Les pécheurs à pied sont les plus affectés par cette microalgue. Tous les producteurs de coquillages sauf les huîtres ayant continué leur activité le lundi et le mardi, ont été contraints de jeter leurs récoltes. Jean, cultivateur de bigorneaux témoigne : "J’ai péché lundi mais maintenant je dois tout détruire [...] ce sont les aléas du métier"

Maintenant je dois tout détruire [...] ce sont les aléas du métier.

C’est la première fois que l’on détecte ce microbe dans la baie de Lannion. Mais les pécheurs de la baie ne sont pas pour autant inquiets. Les situations de ce genre sont fréquentes. L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) réalise souvent des « contrôles de routine » pour s’assurer que l’eau n’est pas potentiellement infectée. Les pécheurs sont prévenus généralement le lundi, et s’adaptent.

Carte des zones touchés par le microbe

C’est quoi, ce pseudo Nitzchia ?

Quelle est cette microalgue qui débarque en Côtes-d'Armor ? « C’est un plancton végétal », explique Arthur Le Pas, responsable de la communication pour de l'Ifremer. « Cette algue microscopique se laisse porter par les courants », cela provient de phénomènes naturels, et ne se maîtrise donc pas.

Comme l’écrit la préfecture du Finistère dans un communiqué de presse, « les personnes ayant consommé des coquillages provenant de ces zones et présentant des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, nausées) et/ou des symptômes neurologiques (maux de tête persistants, désorientation et confusion) sont invitées à se rapprocher de leur médecin. » La toxine est nocive et peut à forte dose devenir responsable d’intoxications amnésique chez l’humain.

Cela n'a pas empêché certains pêcheurs au large de prendre des précautions dès l'annonce des analyses. Johnny Brochault, mytiliculteur dit avoir mis son activité entre parenthèse sur la journée du mardi et du mercredi : "Je ne voulais pas prendre le risque d'expédier, parce que si les taux dévoilés étaient trop élevé, tous ce qu’on a récolté lundi aurait du être détruit".

Leïlou Robert

Après près de 7 mois de fermeture, les bars et restaurants avec terrasses ont rouvert ce mercredi 19 mai. Les clients étaient-ils au rendez-vous pour ces deux premières soirées de réouvertures ? Quel bilan tirer de cette première étape de déconfinement ?

Les terrasses ont rouvert ce mercredi 19 mai.

 

Ce mercredi 19 mai marque enfin la fin des fermetures des bars. Si certains établissements ont choisi de rouvrir le 9 juin ou le 30 juin pour attendre l'autorisation d'accueillir plus de clients, d'autres patrons ont préféré démarrer leur saison dès cette semaine.

Un soulagement pour tous …

"On s'est tous retrouvés dans la joie et la bonne humeur", s'exclame Valérie, propriétaire du bar Cap O' Bar de Perros-Guirec. "Les terrasses étaient pleines hier et aujourd'hui de 10h30 à 13h30 et de 17h30 à 18h30". A quelques pas de là, au Celtic. "Il y a avait beaucoup de monde avec une très bonne ambiance." Les deux lieux de fêtes ont atteint près de 50 à 60 personnes, remplissant toutes les tables en terrasses. "Le bar, c'est aussi un des premiers liens social. On s'ouvre à la liberté" souligne Valérie.

… mais un piège pour les commerçants

"Ouvrir les terrasses c'est une chose. Mais c'est un cadeau empoissonné. On est limité juste pour les terrasses. Je comprends que certains veulent ouvrir le 9 juin." juge pourtant le propriétaire du bar le Celtic. En effet, quelques commerces préfèrent ouvrir plus tard, ce qui leur serait plus bénéfique financièrement. Au Cap O'Bar, c'est la convivialité qui prime, au détriment du profit : "On ouvre mais ce n'est pas rentable pour nous financièrement. Ce n'est pas 50 clients qui vont payer le salaire de nos trois salariés."

Le Port de Paimpol est devenu cette année, référent national pour la France sur le recyclage de filets de pêche. De leurs côtés, les professionnels de la pêche se sensibilisent dans le port de Perros-Guirec. Ces initiatives sont soutenues par l’Union Européenne qui valorise la réduction de plastique dans l’environnement et porte une directive pour 2024. 

« Lorsque je pêche, je réutilise mes filets » raconte le pêcheur perrosien, Jean-Michel*. Il contribue, à sa manière, au recyclage de ses filets et permet la préservation de ses zones de pêche. Lorsque Jean-Michel* nettoie les coquillages et mollusques agrippés sur la proue de son bateau, il nous parle du coût des filets en plastique. Pierre Gikal, responsable dans la capitainerie, différencie la consommation de filets par les navires de pêche à gros rendement et les « petits rafiots». Les premiers utilisent de nouveaux filets chaque semaine voire moins suivant l'utilisation, tandis que les propriétaires de bateaux à un mat (plus petits) peuvent réutiliser leurs filets.

  • Port de Perros-Guirrec (Image de Stéphane DUPRAT)

Des actions locales encourageantes

Le port Paimpol est devenu le représentant de la France en matière de « pêche propre ». De surcroit, une initiative de recyclage est en phase de test sur les côtes armoricaines. Une action qui a été propulsé durant le second confinement (octobre et novembre 2020) . Une nouvelle étape d’expérimentation va s’effectuer « dans quelques mois » et va être « étendue à plusieurs ports du littoral trégorois », selon Cristelle Bacon de Lannion Trégor Communauté. (Celle-ci va concerner les ports de Lannion et de Guingamp-Paimpol).

Pour épauler ce projet, il y a plusieurs acteurs privés et publics. La CCI (concessionnaire des ports des Côtes d'Armor sauf celui de Perros-Guirec, qui est un port communal), Lannion-Trégor communauté (LTC), Guingamp-Paimpol Agglomération, Fil&Fab, Nanovia ou encore la coopérative maritime de Paimpol. Plus concrètement, de Trédrez-Locquémeau à Plouha, les filets sont ramassés et conduits ensuite à l’ESAT de Plourivo. D’après LTC, une partie des filets sont démontés et transformés en billes de plastique par l’entreprise Fil&bab basée à Brest. L’autre partie des filets et autres articles seront réutilisés par les pêcheurs. Les filets usagés pourront être collectés à partir d’avril et jusqu’en octobre. Des initiatives encourageantes venues en réponse aux différents rapports d'institutions ou d'organisations qui pointaient du doigt les pratiques de pêche.

27% des articles de pêche représentent des déchets sauvages retrouvés en mer

Selon un article d’Usine Nouvelle, 800 tonnes de filets de pêche et aux alentours de 400 tonnes de chaluts sont utilisées chaque année pour lequel il existe aucune filière de recyclage. Par ailleurs, l’Union Européenne constate que 27% des articles de pêche représentant des déchets sauvages retrouvés en mer. Pour valoriser des actions de préservation de l’environnement, l’U.E avait annoncé une directive concernant les pratiques de recyclages.

La même année, l’ONG Greenpeace avait annoncée 640 000 tonnes de filets, lignes, gilets de sauvetage et autres cordes sont perdues ou abandonnées dans les océans par l’industrie de la pêche.

Solutions verte limitées

« En tant que gestionnaire des ports, la chambre de commerce et d’industrie a une obligation de gestion et de prise en charge des déchets mais les filets ne sont guère recyclés», Rosine Danguy,

Pour le moment, rien n’est obligatoire. Les pêcheurs locaux volontaire peuvent recycler à leur guise leurs filets. Gurvan Rolland de la "CCI Ports 22" -Chambre du Commerce et de l'Industrie-  explique que cette initiative va permettre le recyclage des filets. Jusqu’à présent jetés dans des bennes avant d’être enfouis. « En tant que gestionnaire des ports, la chambre de commerce et d’industrie a une obligation de gestion et de prise en charge des déchets mais les filets ne sont guère recyclés» lance Rosine Danguy, adjointe à l’éco-responsabilité à la mairie de Perros-Guirec.  Pierre Gikel raconte que « la pratique de recyclage des filets dépend en général des pêcheurs et de leur utilisation des filets au quotidien ».

*le prénom de la première personne interrogée a été modifié à sa convenance.


Le prix  des filets de pêche varie suivant des critères de qualité de conception, de matériaux utilisée ou encore de la marque. Allants de 40 à 300 euros pour un seul filet.

 

Décédé le 6 mai à l'âge de 54 ans, l’auteur de Berserk, Kentaro Miura laisse derrière lui un manga culte de la dark fantasy, qui restera inachevé au regret des fans.

Un manga de légende a perdu son auteur. Kentaro Miura est décédé le 6 mai 2021 à l'âge de 54 ans, d'une dissection aortique, une maladie rare touchant l'aorte. Le magazine de mangas Young Animala l'a annoncé ce jeudi 20 mai. Depuis plus de 30 ans, Kentaro Miura travaillait sur Berserk, un manga vendu à plus de 50 millions d’exemplaires dans le monde. Cette œuvre phare de la dark fantasy est brutalement interrompue après 40 tomes parus.

Il a donné ses lettres de noblesse au manga de dark fantasy

A Lannion, la disparition du mangaka laisse des regrets. « Le monde du manga est en deuil », témoigne Jessica Rey, co-responsable du rayon manga à la librairie Gwalarn de Lannion. Les dizaines de tomes de Berserk mettent en scène des combats sanguinaires dans un univers médiéval et fantastique, mis en valeur par le dessin méticuleux de Kentaro Miura. "Il a donné ses lettres de noblesse au manga de dark fantasy" explique t-elle. Les planches en noir et blanc présentent dans une ambiance apocalyptique des monstres et guerriers détaillés, aux puissantes lignes noires. Pour la libraire, la création de Berserk en 1989 est "incroyable pour l'époque, avec de tels dessins et un univers si sombre".

La série de sa vie restera inachevée, c’est terrible

Grande amatrice de manga, Jessica Rey attendait que la série soit achevée pour se lancer dans l’aventure de Berserk. "La série de sa vie restera inachevée, c’est terrible" ajoute t-elle. Après avoir appris la mort du mangaka, elle a décidé de commencer la série de 40 tomes au plus vite. Elle anticipe une forte demande pour ce manga et imagine que sa maison d’édition rendra hommage à Kentaro Miura.

Un succès mérité

Le manga est particulièrement populaire chez les jeunes adultes. « Au moins une fois par mois, un jeune achetait un exemplaire de Berserk à la librairie », raconte la libraire. Marius, un étudiant, partage sa passion : « C’est mon manga préféré » témoigne t-il. Il a commencé Berserk il y a trois ans, par l’animé d’abord, puis par les mangas. Malgré un récit « très trash », le manga est aussi porteurs de problématiques contemporaines. « L’histoire est très touchante, et on retrouve des caractéristiques de la vie de l’auteur dans le personnage principal » raconte t-il. Marius est aussi amoureux du trait, et explique les dessins du manga comme des chefs d’œuvres. « L’univers de Berserk est très réaliste et travaillé » rajoute l’étudiant. Pour lui, la mort du mangaka a été un choc. L’histoire reste inachevée, mais il relativise malgré tout. « C’est dommage car il reste beaucoup de mystères, mais au moins je ne serais pas déçu par la fin ». Avant tout, Berserk reste dans l’univers du manga comme une œuvre majeure de la dark fantasy.

L'ispisiri a ouvert ses portes le 1er mai à Lannion. C'est un lieu autogéré et solidaire, basé sur le volontariat des adhérents. Tout le monde participe pour proposer à la vente des produits locaux et écologiques.

Pour trouver l'Ispisiri, fiez-vous aux fleurs dessinées sur le trottoir, et aux fenêtres décorées de la rue Roger Barbé à Lannion. Une trentaine de personnes ont crée cette épicerie solidaire, autogérée et ouverte à tous. Ici, pas de salariés, ni de hiérarchie. Tout le monde participe au bon fonctionnement de l'épicerie. Les adhérents sont à la fois bénévoles et consommateurs : « On fait fonctionner la structure et on en bénéficie aussi. » explique Marielle André, adhérente. Et c'est justement ce qui a plu à Claire Gablin, membre de la première heure : « comment on amène une autre façon de penser, de gérer les choses, c'est ça qui m'intéresse. On expérimente. »

Le fonctionnement de l'épicerie repose sur une confiance mutuelle. Les adhérents peuvent prendre l'initiative de commander les produits qu'ils souhaitent, dans le respect de la charte commune. « Tout le monde peut faire ce qu'il veut, il faut juste que les adhérents soient logiques dans leurs choix. Comme c'est une communauté, il y aura toujours des gardes-fous. » explique Axel Bouteiller, adhérent de l'épicerie.

Le fonctionnement en autogestion peut surprendre, comme pour Marielle André, qui a travaillé dans une enseigne alimentaire : « J'étais habituée à un fonctionnement plus commercial. Découvrir cette liberté de fonctionnement, ça m'oblige à travailler un peu sur moi. Je n'avais pas pensé à certains aspects de l'organisation. Je me rends compte qu'il y a toujours des manières de fonctionner à inventer. »

Une répartition des taches basée sur le volontariat

Au début du projet, ils étaient une quinzaine de personnes motivées. « Le but c'est de rassembler les gens autour d'un projet, de les faire se rencontrer. » s’enthousiasme Claire Gablin. Avec le bouche-à-oreille, ils sont maintenant 60 adhérents. Planning et tableaux sont nécessaires pour se répartir les taches, entre les permanences sur les heures d’ouverture, la manutention, la réception des commandes, etc... Là encore, le système repose sur le volontariat. « Chacun fait ce qui l'attire selon ses disponibilités. » précise Marielle André. Pour l'instant, l'épicerie est ouverte 3 fois par semaine. Les adhérents envisagent de nouveaux horaires lorsqu’ils seront plus nombreux.

Quand des décisions doivent être prises à l'Ispisiri, elle le sont sur la base du consensus. Il n'y a aucun vote, et le président est tiré au sort parmi tous les adhérents. Ce statut ne lui donne pas plus de poids que les autres membres, mais l'épicerie est obligée de désigner des représentants pour être déclarée en tant qu'association.

Des commissions ont également lieu entre groupes d'adhérents pour discuter de sujets spécifiques. Pas de règles strictes, chacun est libre d'y participer et de donner son avis. « Parfois la communication est difficile. Il peut y avoir aussi des prises de tête parce que tout le monde n'est pas d'accord, mais c'est normal. » raconte Marielle André. Pour Elise Barreaud, adhérente elle aussi, c'est justement un des intérêts du projet : « Ce qui va être intéressant, c’est de voir comment on va résoudre et désamorcer les problèmes, et à quoi cela va nous mener. »

Un projet à échelle humaine

L'Ispisiri cherche de nouveaux adhérents, il faut suffisamment de monde pour que l'épicerie puisse fonctionner en autogestion. Mais elle souhaite rester une initiative à taille humaine. Les adhésions devraient donc s'arrêter à 150 membres. « On cherche à faire du lien, et au-delà de 150 personnes, je ne suis pas sûre qu'on arrive tous à se rappeler de nos prénoms ! » précise Elise Barreaud.


Comment l'idée d'une épicerie solidaire s'est construite ? L'explication de Marielle André.

Les infirmiers anesthésistes ont démarré un mouvement de grève dans toute la France. Lundi, ils étaient 4 grévistes sur 13 à Lannion, 11 sur 13 à Guingamp, et 90% d'infirmiers anesthésistes grévistes à l’hôpital de Saint Brieuc. Parmi leurs revendications, une hausse salariale et une reconnaissance de leur statut, qu'ils obtiennent à la suite de cinq ans d'études.

Thomas Barbotaud, infirmier anesthésiste à l’hôpital de Lannion, était gréviste, mais n'a pas pu aller manifester auprès de ses collègues. Il a dû assurer un service minimum à l’hôpital, et il n'est pas le seul : « Le nombre de gens dans la rue n'est pas du tout représentatif du nombre de grévistes. Il y avait beaucoup plus de personnels grévistes, mais ils étaient assignés dans les hôpitaux. » Lundi 17 mai, les infirmiers anesthésistes bretons étaient environ 150 environ devant l'ARS (Agence Régionale de Santé) de Rennes.

« On est l’objet à tout faire de l’hôpital »

La profession d'infirmier anesthésiste est méconnue. Pourtant, ils occupent un poste clé dans les hôpitaux : ils réalisent 15 millions d’anesthésies par an dans les blocs opératoires, les urgences et les blocs de réveil.

Parmi les slogans des manifestants figurait « Un métier formidable mais un statut fort minable ». Le statut représente justement le nerf de la guerre pour les quelques 11 000 infirmiers anesthésistes en France. Ils demandent principalement une meilleure reconnaissance de leur spécialité, accompagnée d'une revalorisation salariale. « Il y a un ras-le-bol depuis des années, mais on ne les voit pas ou on ne les entend pas souvent. » observe Mathieu Nicole, secrétaire général du syndicat CGT de l’hôpital de Saint Brieuc.

Une amélioration de statut refusée

Pour cinq années d'études, les infirmiers anesthésistes gagnent en moyenne seulement 100€ supplémentaires par mois par rapport aux infirmiers non spécialises, qui effectuent deux années de formation. Ils ont donc demandé l'obtention du statut d'auxiliaire médical en pratique avancée, qui leur a été refusé le 6 mai à l'Assemblée nationale. « Sauf que la pratique avancée, c'est exactement ce qu'on fait depuis 50 ans. » souligne Thomas Barbotaud. Les infirmiers anesthésistes assistent les médecins, qui supervisent généralement deux à trois salles d'opération. « Le médecin anesthésiste, c'est comme le pilote, il donne le plan de vol, et l'infirmer anesthésiste l'exécute. On a une responsabilité énorme, on reste tout le temps avec le patient dans le bloc opératoire, de l'entrée à la sortie. »

Une augmentation des compétences requises

Les taches réalisées par les infirmiers anesthésistes augmentent selon Mathieu Nicole, secrétaire général du syndicat CGT de l’hôpital de Saint Brieuc. « La responsabilité qui leur incombe devient de plus en plus lourde à porter, ils doivent gérer de plus en plus de missions. » Un problème notamment liée à la pénurie des médecins anesthésistes, et aux sous-effectifs. A l’hôpital de Lannion, ils ne sont que 13 infirmiers anesthésistes, alors qu'ils étaient encore 18 en 2010. « On cumule les heures supplémentaires. J'ai treize horaires différents possibles, je travaille de jour, de nuit, des week-ends, des jours fériés, ... » explique Thomas Barbotaud. Ces conditions de travail difficiles inquiètent quant à l'attractivité du métier, qui est en train de « fondre comme neige. »

Les syndicats du corps médical sont actuellement en négociation avec le gouvernement pour refaire une grille des salaires. Elle devrait être présentée en octobre. En attendant, une grève nationale de l'ensemble des personnels hospitaliers aura lieu le 15 juin.

Adopté par une famille bretonne à l’âge de 4 ans, Jean-Eldar Ollivier débute un périple à pied jusqu'à Astrakhan, en Russie, sa ville natale. 6 000 km séparent l'aventurier de sa famille biologique.

C’est un long périple qui attend Jean-Eldar Ollivier. 6 000 km sépare sa ville natale d'Astrakhan, en Russie, de Brest, sa ville d’adoption. À 22 ans, il a décidé de quitter la famille bretonne qui l'a recueilli à 4 ans, pour rejoindre à pied sa patrie d'origine et retrouver les traces de sa famille biologique russe. Passé par Lannion mercredi 19 mai, il souhaite achever cette expédition pour « expérimenter la liberté la plus complète possible ».  En se libérant des contraintes de transport, il est « entièrement autonome et libre de [ses] mouvements ».

6 000 km de solidarité

Afin de parcourir ce voyage de 6 000 km qu'il espère "fort émotionnellement", il compte s’appuyer sur la solidarité des citoyens. Pour cela, il mise sur son réseau d’amis et la communauté du site Couchsurfing.com, un service de mise en relation pour être hébergé gratuitement chez l'habitant. Les restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 ne l'empêchent pas de trouver des hébergements, explique-t-il : « Je suis toujours en Bretagne pour l’instant, les habitants sont assez décontractés à ce sujet ». Le couvre-feu n’est pas un problème non plus : « Si je me fais contrôler, je dis que je n’ai plus de domicile fixe. Chez moi, c’est mon sac à dos. »

Pour préparer ce voyage, il a mis en place une cagnotte en ligne en février dernier, qui a récolté 3 300 euros en seulement un mois. Cet argent lui permet de se nourrir au cours de son voyage, mais surtout d’acheter du matériel indispensable à ce périple : un sac à dos à 200 euros, une tente et un téléphone satellitaire à 600 euros.

Les retrouvailles familiales

Lors de son arrivée à Astrakhan, il compte mener l'enquête pour retrouver sa famille biologique. En novembre 2019, sa mère adoptive lui a transmis son dossier d’adoption, qu’elle lui avait caché jusque-là. À l’intérieur de celui-ci apparaissent le prénom et le nom de sa mère biologique. Une amie traductrice qui se trouve en Russie ainsi que des juges et notaires, pourront aussi l’aider dans sa démarche.

Qu'envisage-t-il de faire après avoir retrouvé sa famille biologique ? « Ce sera une période de découverte, je ne m’attends pas à grand-chose, je ne veux pas me faire d’illusion », expose l’aventurier. Une chose est sûre : un retour définitif à Brest n’est pas envisagé. « L’idée n’est pas de revenir en Bretagne, mon objectif est de rester dans ma ville natale. Je ne serai plus la même personne après ce voyage », estime Jean-Eldar, avant de se diriger vers Bréhat pour une journée de repos. 5 870 km le sépare encore de ses racines russes.

Lannion Trégor Communauté (LTC) a lancé une campagne en 2020 pour aider financièrement ses habitants à détruire des nids de frelons asiatiques. Bien que ces aides soient appréciées, pour certains professionnels, elles restent insuffisantes.

Le mois de mai est propice au développement des frelons asiatiques. C’est donc le début de la saison pour les désinsectiseurs, qui devront faire face à une demande de plus en plus importante jusqu’à novembre. Pour pouvoir détruire un nid de frelons asiatiques, les habitants de Lannion peuvent faire une demande directement auprès de la mairie. Cette dernière s’occupe ensuite de faire des requêtes vers des entreprises spécialisées. Les aides liées à l’intervention peuvent varier entre 15 et 25 euros pour LTC et s’élèvent à hauteur de 25 euros pour la mairie de Lannion. Elles ne sont donc pas négligeables pour les particuliers et les apiculteurs à qui, il reste généralement une vingtaine d’euros à payer.

Carte représentant la répartition des frelons asiatiques en 2015. Elle a été réalisée par l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) le 10/09/2015.

Nicolas Gouizan, qui est désinsectiseur pour l'entreprise Neature, dans Lannion et ses alentours, détaille la démarche à suivre : « Un référent mandaté par la mairie, vient s’assurer qu’il s’agit bien de frelons asiatiques avant de nous appeler ». Bien qu’il soit intéressant, le montant accordé aux aides reste pour certains apiculteurs, insuffisant.

Une image d'un nid de frelons asiatiques, provenant de la banque d'images: Pixabay.

« Les pouvoirs publics ne me versent pas un euro pour m’aider à rembourser cette perte de chiffre d’affaire »

Des aides incomplètes pour les professionnels ?

Jean-Christophe Cosnier, apiculteur à Lannion, déplore un manque d’aide de la ville. « Les conséquences des frelons asiatiques sont désastreuses pour mes abeilles et mes ruches. Les pouvoirs publics ne me versent pas un euro pour m’aider à rembourser cette perte de chiffre d’affaire ». En plus d’être aidé financièrement pour la désinsectisation, ce dernier réclame des aides sur ses pertes de chiffres d'affaires.  Eric Sionneau, également apiculteur, reconnaît les efforts mis en place par la ville. « L’argent qui nous est versé pour nettoyer les nids des frelons asiatiques est important ». Il admet cependant, qu’ils peuvent demeurer incomplets. « Il est vrai qu’il n’y a pas d’aides quand on perd des ruches, il faut absolument avoir des assurances. »

Les apiculteurs s’accordent donc tous sur un point : des aides supplémentaires ne seraient pas de refus.

Arrivé le 8 avril à Perros-Guirec, l’Atelier 100Dwich surmonte difficilement la crise sanitaire. Ayant acheté l’enseigne bien avant la pandémie et fraîchement installé, se lancer dans la restauration actuellement est compliqué.

Au 26 Rue du Général de Gaulle, à Perros-Guirec, l’enseigne Chez Antoine a laissé place à l’Atelier du 100Dwich, gérée par Jean et Sylvie Guillet, mari et femme. Auparavant installé dans un camion sur le bord d’une nationale près de Saint-Brieuc, la beauté de Perros-Guirec et la mer les ont fait chavirer.

La devanture, provisoire, de l'Atelier du 100Dwich

Jean et Sylvie sont arrivés le 8 avril, en pleine crise sanitaire. Ces Bretons avaient acheté l’enseigne il y a bien longtemps mais leur lancement est plus complexe que prévu. « Pour le coup nous sommes très juste financièrement » confie le co-gérant de l’Atelier du 100Dwich.

« Nous n’avons pas d’aides de l’État. C’est un vrai challenge. »

La difficulté de se lancer en ces temps-ci est le fait que Jean et Julie n’ont pas d’antécédents. En effet, l'État ne livre d'aides qu'aux restaurateurs installés depuis au moins 1 an. « La plupart des restaurants qui sont installées depuis près 10 ans ont des aides. Nous nous venons d’arriver. Nous n'avons pas d'aides de l'État. C'est un vrai challenge. »

C’est très difficile de surmonter la crise. En revanche, si l'occasion se présente, Sylvie Guillet songerait à faire une demande pour percevoir ces aides plus tôt. Malgré un démarrage récent et ne sachant pas vraiment où cela va les emmener, le couple compte bien rehausser leur chiffre d'affaire. "Pour l'instant, nous venons d'arriver alors nous n'arrivons pas vraiment à chiffrer nos pertes mais l'objectif est bien d'augmenter notre chiffre d'affaire avec ce déconfinement et de se faire une visibilité" affirme la co-gérante.

Des moyens pour attirer la clientèle

Afin de lutter contre les effets de cette crise sanitaire qui touche fortement les gérants, l’Atelier du 100Dwich s’est lancé sur Instagram dans le but d’avoir davantage de visibilité. Sur ce réseau social, Jean et Sylvie annoncent leur menus et communiquent avec leur clientèle.

Par ailleurs, ce vendredi 21 mai, Jean Guillet a un rendez-vous pour faire sa devanture. « Les clients vont mieux comprendre ce que nous proposons. Pour l’instant, nous avons des sandwichs. La devanture indiquera d'une meilleure manière d’autres chose comme des pâtisseries. » Le lancement de ces gérants, freiné par la Covid-19, va se faire au mieux et étape par étape.

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