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Le Port de Paimpol est devenu cette année, référent national pour la France sur le recyclage de filets de pêche. De leurs côtés, les professionnels de la pêche se sensibilisent dans le port de Perros-Guirec. Ces initiatives sont soutenues par l’Union Européenne qui valorise la réduction de plastique dans l’environnement et porte une directive pour 2024. 

« Lorsque je pêche, je réutilise mes filets » raconte le pêcheur perrosien, Jean-Michel*. Il contribue, à sa manière, au recyclage de ses filets et permet la préservation de ses zones de pêche. Lorsque Jean-Michel* nettoie les coquillages et mollusques agrippés sur la proue de son bateau, il nous parle du coût des filets en plastique. Pierre Gikal, responsable dans la capitainerie, différencie la consommation de filets par les navires de pêche à gros rendement et les « petits rafiots». Les premiers utilisent de nouveaux filets chaque semaine voire moins suivant l'utilisation, tandis que les propriétaires de bateaux à un mat (plus petits) peuvent réutiliser leurs filets.

  • Port de Perros-Guirrec (Image de Stéphane DUPRAT)

Des actions locales encourageantes

Le port Paimpol est devenu le représentant de la France en matière de « pêche propre ». De surcroit, une initiative de recyclage est en phase de test sur les côtes armoricaines. Une action qui a été propulsé durant le second confinement (octobre et novembre 2020) . Une nouvelle étape d’expérimentation va s’effectuer « dans quelques mois » et va être « étendue à plusieurs ports du littoral trégorois », selon Cristelle Bacon de Lannion Trégor Communauté. (Celle-ci va concerner les ports de Lannion et de Guingamp-Paimpol).

Pour épauler ce projet, il y a plusieurs acteurs privés et publics. La CCI (concessionnaire des ports des Côtes d'Armor sauf celui de Perros-Guirec, qui est un port communal), Lannion-Trégor communauté (LTC), Guingamp-Paimpol Agglomération, Fil&Fab, Nanovia ou encore la coopérative maritime de Paimpol. Plus concrètement, de Trédrez-Locquémeau à Plouha, les filets sont ramassés et conduits ensuite à l’ESAT de Plourivo. D’après LTC, une partie des filets sont démontés et transformés en billes de plastique par l’entreprise Fil&bab basée à Brest. L’autre partie des filets et autres articles seront réutilisés par les pêcheurs. Les filets usagés pourront être collectés à partir d’avril et jusqu’en octobre. Des initiatives encourageantes venues en réponse aux différents rapports d'institutions ou d'organisations qui pointaient du doigt les pratiques de pêche.

27% des articles de pêche représentent des déchets sauvages retrouvés en mer

Selon un article d’Usine Nouvelle, 800 tonnes de filets de pêche et aux alentours de 400 tonnes de chaluts sont utilisées chaque année pour lequel il existe aucune filière de recyclage. Par ailleurs, l’Union Européenne constate que 27% des articles de pêche représentant des déchets sauvages retrouvés en mer. Pour valoriser des actions de préservation de l’environnement, l’U.E avait annoncé une directive concernant les pratiques de recyclages.

La même année, l’ONG Greenpeace avait annoncée 640 000 tonnes de filets, lignes, gilets de sauvetage et autres cordes sont perdues ou abandonnées dans les océans par l’industrie de la pêche.

Solutions verte limitées

« En tant que gestionnaire des ports, la chambre de commerce et d’industrie a une obligation de gestion et de prise en charge des déchets mais les filets ne sont guère recyclés», Rosine Danguy,

Pour le moment, rien n’est obligatoire. Les pêcheurs locaux volontaire peuvent recycler à leur guise leurs filets. Gurvan Rolland de la "CCI Ports 22" -Chambre du Commerce et de l'Industrie-  explique que cette initiative va permettre le recyclage des filets. Jusqu’à présent jetés dans des bennes avant d’être enfouis. « En tant que gestionnaire des ports, la chambre de commerce et d’industrie a une obligation de gestion et de prise en charge des déchets mais les filets ne sont guère recyclés» lance Rosine Danguy, adjointe à l’éco-responsabilité à la mairie de Perros-Guirec.  Pierre Gikel raconte que « la pratique de recyclage des filets dépend en général des pêcheurs et de leur utilisation des filets au quotidien ».

*le prénom de la première personne interrogée a été modifié à sa convenance.


Le prix  des filets de pêche varie suivant des critères de qualité de conception, de matériaux utilisée ou encore de la marque. Allants de 40 à 300 euros pour un seul filet.

 

Les machines à sous et jeux électroniques des casinos ont repris du service. Ces restrictions sanitaires excluent donc les tables de jeux. Mais pas de quoi refroidir les clients, qui étaient venus par centaines pour la réouverture.

Mercredi 19 mai, Pierre Journé, directeur du Kasino à Perros-Guirec, a accueilli environ 450 personnes. « On a même dû refuser des personnes » précise le directeur. De quoi renflouer les caisses, qui étaient vides depuis octobre. Un protocole sanitaire avec une interdiction des tables de jeux et une jauge limitée de 35%, en sont les principaux points. Le couvre-feu à 21 heures limite aussi le casino dans son activité, surtout à l’approche du week-end de la Pentecôte. « On aurait pu avoir trois soirs chargés avec le lundi férié, mais on ne peut pas en profiter ». 140 personnes sont désormais autorisées à entrer dans le casino en même temps. Une différence avec les 400 personnes que la structure pouvait initialement accueillir.

« On ne peut accueillir que 35% de notre capacité d’accueil habituel. On ne va pas se plaindre, c’est toujours mieux que 0 »

Gel hydroalcoolique, nombre d’entrées limitées…Les retrouvailles entre le personnel et les clients étaient tout de même très attendues. Pour Jeanette, une habituée du casino, « c’est un bonheur de les voir ! ». Mais comme tous les lieux publics, l’incertitude sur la durée de ces retrouvailles inquiètent. « J’espère juste que ça va durer » avoue Jeanette. Le service restauration et bar du casino sont fermés. Les clients peuvent donc seulement jouer pour l’instant. Mais malgré toutes ses contraintes, le directeur se dit soulagé : « On ne peut accueillir que 35% de notre capacité d’accueil habituel. On ne va pas se plaindre, c’est toujours mieux que 0 »

Un personnel réduit

Le fonctionnement des équipes a été revu. Organisé avec une ronde de 3 équipes par jour, c’est avec 2 équipes que le Casino fonctionne désormais. Une partie des employés est donc toujours en chômage partiel. Pour les croupiers du casino, pas d’exception. Ils sont tous en chômage partiel et « attendent de pouvoir reprendre du service au plus vite » affirme Pierre Journé qui espère un retour à la normale pour mi-juin. Pour le moment, la réouverture totale des casinos est prévus pour le 30 juin, comme les cinémas.

Pour cette deuxième étape du déconfinement, les restaurants hôteliers, comme celui d'Agapa à Perros-Guirec, sont autorisés à rouvrir en intérieur. Résultat d’un rapport de force entre le gouvernement et professionnels de ce secteur.


Les hôtels font l’exception dans le milieu de la restauration : ce sont les seuls à pouvoir rouvrir en intérieur. Ces derniers doivent appliquer le même protocole sanitaire que celui prévu pour la réouverture des terrasses : 6 personnes à table et une jauge fixée à 50% de la capacité d’accueil. 

À l’hôtel Agapa de Perros-Guirrec, on s’affaire pour mettre le couvert. Le 5 étoiles avait développé son room service pendant le confinement. Le protocole sanitaire permet à l’Agapa de rouvrir son restaurant à hauteur de 20 places pour deux services par soir, alors que l’établissement de luxe accueille chaque nuit près de 100 personnes. Cette jauge impose une organisation méticuleuse : « On va devoir cumuler le room service et celui en salle, ça complique la tâche en cuisine », explique le chef cuisinier, Jean Alexandre Avaratla.

Le service à table est bien plus convivial qu’un room service

L'hôtel a également recruté des saisonnier pour faire face à l’augmentation de la demande. Le week-end de la pentecôte affiche déjà complet. Margot Gilbert, étudiante en hôtellerie-restauration y voit tout de même du bon : « je n’avais pas appris en cours comment faire du room service, j’ai donc pu apprendre sur le terrain ». Les professionnels de la restaurations s’accordent à dire que l’ouverture des restaurants dans les hôtels est une bonne nouvelle. « Le service à table est bien plus convivial qu’un room service », assure Margot.

Un grand flou dans l’annonce

L'hôtel n’a su que tardivement qu’il pourrait rouvrir son restaurants. L'annonce surprise de cette réouverture a fait suite aux discussions engagées par les syndicats du secteur ces derniers mois. La directrice de l’Agapa, Corinne Barbarin, se ravit de cette décision : « la restauration fait partie de notre métier, nous ne sommes pas que des marchands de sommeil ».

L’annonce s’est faite en 'off' avec les syndicats. Nous l’avons su de façon officielle beaucoup plus tard

L'information n'est pourtant pas arrivée dans tous les hôtels. « Je ne savais pas du tout que nous pouvions rouvrir », s’exclame la réceptionniste de l’hôtel Kyriad de Lannion. A l'Agapa, Corinne Barbarin n’est pas surprise que certains professionnels ne soient pas au courant : « l’annonce s’est faite en 'off' avec les syndicats. Nous l’avons su de façon officielle beaucoup plus tard ».

La situation se clarifie depuis peu quant à la réouverture d'autres services hôteliers. « Il était temps que le flou se lève. Un appel de client sur deux était lié à une demande de renseignements sur l’ouverture de ces services secondaires », explique Corinne. Les spas pourront rouvrir le 9 juin, et les restaurants pourront accueillir 100% de leur capacité le 30 juin.

Les restaurateurs peuvent dès ce 19 mai accueillir leurs clients, mais cette réouverture n’est pas vue de la même façon par les restaurateurs de Perros-Guirec. Pour certains d’entre eux, la période qui suit ne sera pas rentable : ils attendent avec impatience la vraie ouverture du 9 juin prochain.

Un retour à la liberté ? La deuxième phase de l’assouplissement des restrictions sanitaires débute ce mercredi 19 mai avec la réouverture des terrasses des restaurants. La reprise du service à l'extérieur de ces établissements , synonyme de plaisir pour les clients, réjouit également des restaurateurs de Perros-Guirec. Gwenael Odic, gérant du restaurant La Crémaillère, a rouvert sa terrasse ce matin, après l'avoir mise en place la semaine dernière avec l’autorisation de la mairie.

Tout en continuant la vente à emporter, mise en place depuis le premier confinement de mars 2020, Gwenael Odic attend avec impatience de servir sur place à nouveau ses clients, six mois après sa fermeture : « Beaucoup de clients habitués nous ont demandé de réserver des places pour la terrasse. ». Certains d'entre eux étaient déjà sur le pont une semaine avant.  Il reste également très confiant sur l’arrivée des clients dans son établissement : « Enormément de gens reviendront. De nombreux touristes circulent à cette période, ce qui va nous apporter de la clientèle."

Afin d'anticiper cette arrivée massive et un éventuel manque de personnel, le chef d'entreprise a préféré embaucher dès maintenant du personnel pour la saison.

Une remise en route pour le 9 juin

Plusieurs restaurateurs de Perros-Guirec comptent reprennent du service ce mercredi, mais restent perplexes sur la rentabilité de leur activité. Autorisés à remplir seulement 50 % de leur terrasse, ils s'attendent à une période délicate. C’est le cas de Franck Lascaux, patron de la crêperie Les Calculots : « On n'a que la terrasse, divisée par deux, et toujours pas l’intérieur. Il suffit qu’il pleuve et ça ne sert plus à rien d'ouvrir. Donc on ne pourra travailler correctement qu'à partir du 9 juin, pas avant. » À partir de cette date, il pourra rouvrir entièrement sa terrasse et accueillir ses clients à l’intérieur de son établissement, à 50 % de sa capacité d’accueil maximale. Pour le gérant, la réouverture de ce 19 mai n'est qu'une transition avant une véritable reprise de son activité au mois de juin.

Sébastien Le Rallec de la crêperie Les blés noirs considère lui aussi cette étape du déconfinement comme une préparation au 9 juin : « Ca va permettre de se remettre au boulot, parce qu'il était temps, et de refaire vivre un peu le bourg.» Il mise cependant sur une ouverture seulement le midi et l’après-midi. Malgré le report du couvre-feu à 21h, la fraîcheur des soirées bretonnes l’incite à rester fermé pour le service du soir.

Une reprise plus tardive

Face à ces nombreuses incertitudes, certains restaurateurs préfèrent garder leur rideau fermé et envisagent une reprise plus tardive. Sur le front de mer de Perros-Guirec, le restaurant La Plage attendra encore avant d’ouvrir ses portes au public, « compte tenu de la jauge de 50 % en terrasse, et du fait que l’on ne soit jamais trop sûr des conditions ».

Les problèmes d'organisation liés au personnel confortent la décision du gérant : « C'est compliqué de dire aux employés un jour : 'tu viens au boulot', puis le lendemain 'tu ne viens pas'». Entre jubilation, questionnement sur la rentabilité et attentisme, un retour à la liberté vu différemment par les restaurateurs de Perros-Guirec.

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