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Alors qu’une nouvelle étape du plan de déconfinement national vient d’être franchie, le mal-être continue de perdurer au sein des populations les plus fragilisées. L’équipe du Centre Social l’Horizon (Lannion) reste inquiète quant à la santé mentale de ses habitué.es.  

Une cafetière avec une table et des chaises est installé devant Le Centre Social l’Horizon. Ses salariés prennent une pause pour partager un moment convivial avec les habitant.es du quartier. Le centre accompagne des publics précaires dans leurs démarches de demande d’aide sociale.

Depuis le début de la crise sanitaire le nombre de visiteur.euse a doublé. Hélène Roussel, à l’accueil, relève jusqu'à quinze visites d’habitant.es du quartier par jour. Il.elles viendraient majoritairement pour retrouver du lien social mais aussi parler de leurs problèmes. Elle ajoute que pour « mieux tenir le coup » certain.es seraient tombé.es dans l’alcool ou la drogue. Gêné.es, il.elles reporteraient alors leurs rendez-vous avec les professionnelles du site à la semaine suivante.

Maëva Bouadllaah, agent d’entretien, joue aussi un rôle important dans le centre. Quand ses collègues sont en entretien, elle prend du temps pour discuter avec les habitué.es. Elle observe que « les gens restent courageux  mais semblent particulièrement déprimés et fatigués ». La réouverture ne suffira pas à souffler un vent nouveau sur des situations sociales sclérosées selon elle.

Des conséquences sur le long terme

La ville du Trégor se caractérise déjà par de fortes inégalités sociales. Notamment entre les cadres et salarié.es issu.es de la technopôle et ceux.lles issu.es du secteur primaire et secondaire. On parle « de haut » et « de bas » Lannion. Marie Vernault, l’assistante sociale du centre, redoute une aggravation de la situation. S'il semble encore trop tôt pour tirer des conclusions de l’augmentation des dossiers suivis, elle confie être persuadée que « c’est sur le long terme que la souffrance des plus précaires deviendra évidente ». L’ombre d’une récession économique qui planerait sur le pays l’angoisse tout particulièrement. A cela s'ajoute le décret de modification de l’assurance chômage, qui frappera profondément les plus précaires. Le 30 juin ne sonnera visiblement pas la fin de la crise sanitaire pour tout le monde.

Alicia Arquetoux

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