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Pour éviter la propagation du coronavirus dans les prisons, des détenus en fin de peine et en détention provisoire ont été libérés. A Saint-Brieuc, la maison d’arrêt reste pourtant soumise à une forte surpopulation, incompatible avec le respect des règles sanitaires.

La maison d’arrêt de Saint-Brieuc n’a jamais accueilli aussi peu de détenus. Et pourtant, la surpopulation carcérale reste très forte. Malgré les mesures prises par l’administration pénitentiaire, qui a décidé de libérer exceptionnellement des détenus en fin de peine, la crise sanitaire actuelle aggrave les conditions d’incarcération des détenus français. 

Nous nous sommes entretenus avec Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), qui accompagne les proches des détenus avant les visites au parloir.

La maison d'arrêt de Saint-Brieuc accueille aujourd'hui 124 détenus. Crédits : DAVID ADEMAS / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Surpopulation carcérale  

Fin mars, ils étaient 166 prisonniers à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc. Ils ne sont plus que 124. « On n’a jamais eu aussi peu de détenus », se réjouit Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (AFDMA 22). Les libérations anticipées et le fonctionnement ralenti de la justice réduisent le taux d’occupation des prisons un peu partout en France. « Les seules incarcérations en ce moment, c’est pour violences conjugales », précise le co-président de l’AFDMA 22. Mais à Saint-Brieuc, malgré 25 % de détenus en moins et un taux d’occupation de 144 %, la surpopulation carcérale reste supérieure à la moyenne nationale qui vient de passer pour la première fois depuis plusieurs décennies sous la barre des 100 %. Malgré une capacité d’accueil de 86 places théoriques, les détenus se partagent à trois des cellules de neuf mètres carré. La promiscuité empêche l'application des gestes barrières et le respect des règles de distanciation sociale. En Bretagne, 324 détenus en fin de peine ont été libérés

Même si la tendance générale est à une diminution de la surpopulation carcérale, Jean-Jacques Le Doré est plutôt pessimiste. « Quand la justice va se remettre en place ça va repartir. Pour que ça baisse vraiment, il faudrait une décision ministérielle. Sinon il n’y a pas de raisons que les procureurs condamnent moins », déplore le co-président de l’AFDMA de Saint-Brieuc. 

Des conséquences sur les détenus

L'isolement et la promiscuité « fragilisent l'état psychologique de certains détenus », explique Jean-Jacques Le Doré. La crise sanitaire aggrave un contexte difficile, déjà exacerbé par la surpopulation. Avec la fermeture des parloirs le 17 mars, garder le contact avec leurs proches est devenu plus compliqué pour les détenus. « Mais depuis le début de l’année, toutes les cellules de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc sont équipées d’un téléphone ». ajoute Jean-Jacques Le Doré ; un moindre réconfort en attendant une reprise progressive des visites.

Réouverture des parloirs le 11 mai

Les parloirs de tous les établissements pénitentiaires devraient réouvrir le 11 mai dans le cadre d'un déconfinement progressif.  Les visites seront limitées à une personne un masque obligatoire. L’AFDMA 22 se prépare elle aussi à accompagner les proches des détenus à partir de lundi.

AFDMA 22 : 16, rue de la Tullaye 22000 Saint-Brieuc, 02 96 52 06 94

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