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Le confinement, imposé par l'épidémie du COVID-19, a augmenté de plus de 30% les signalements des violences conjugales en France. Cette mesure de "protection" pour tous.te.s les Français.e.s, afin d'éviter la propagation du virus, a eu l'effet inverse pour ces femmes qui se retrouvent coincées avec leur bourreau. En Bretagne, des aides sont mises en place, pourtant le suivi des victimes reste difficile.

EN FRANCE, LES FEMMES VIVENT UN ENFER

"Cette fois, les coups de poings se sont abattus. D'abord sur son visage, puis sur ses yeux, puis ses bras. Camille en cris, se recroqueville au sol dans un coin de mur. (...) Le bruit réveille dans sa chambre Louis, 11 ans et demi. " raconte le journal Marianne, à propos de Camille, victime de violences conjugales.

33 femmes sont mortes sous les coups de leurs (ex) conjoints depuis le début de l'année 2020. EN 2019, ce sont 149 femmes qui ont succombé à leurs blessures. En France, le nombre de victimes de violences conjugales est estimé à 219 000 par an.

Depuis le mardi 17 mars 2020, tou.te.s les Français.e.s ont reçu l'ordre de rester confiné.e.s chez eux.elles. Les seules exceptions de sorties étant pour les besoins nécessaires avec une attestation sous peine de sanction(s). Pour les femmes victimes de violences conjugales, ce confinement est un terrain encore plus dangereux. Les chiffres le démontrent : les signalements ont augmenté  de 32 % en zone rurale et de 36% en zone d'agglomération : "Il y a une hausse des signalements [de violences conjugales] auprès des forces de l'ordre", a déclaré Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, jeudi 16 avril sur franceinfo.

Pour ces femmes battues, c'est la peur qui pèse tous les jours. Enfermées entre 4 murs, l'inquiétude règne. La boule au ventre constante, la crainte de dire quelque chose de travers qui pourrait déclencher la bombe, la colère de leur martyre, de l'homme avec qui elles sont coincées.

Pour Zahrah AGSOUS, chargée de mission pour l’action contre les violences masculines faites aux femmes et aux mineures, à Paris, le gouvernement est efficace mais ce n’est pas la réalité : “c’est très complexe de déterminer s’il y a réellement des violences ou non. Les femmes sont victimes de violences oui, mais depuis le confinement, ce sont les signalements qui ont augmenté car les femmes ne peuvent pas s’échapper des mains de leur bourreau. Est-ce que le  nombre de femmes sauvées a évolué? Je ne pense pas. Avec l’épidémie, les centres d’accueil logent encore moins de femmes.’’ 

Source: @collage_feminicides_Lannion

EN BRETAGNE : DES CHIFFRES ET DES MESURES

Gendarme en Ille-et-Vilaine, Sylvain Le Nicol traite des affaires de violences conjugales : "parfois, entre ce que le gouvernement dit et ce qu'il se passe, c'est totalement différent. En Bretagne, il y a une progression sur certains départements c'est une bonne nouvelle." témoigne-t-il.

Face aux violences, et surtout depuis le début du confinement, de plus en plus de mesures ont été mises en place. "Le gouvernement a réagi rapidement cette fois" confie Laura*, psychologue clinicienne pour les victimes de violences conjugales.

Dans les pharmacies, un code  peut sauver les victimes : ''masque 19''. Ania*, assistante sociale locale tente avec ses collègues de prévenir les pharmaciens et pharmaciennes de Lannion. Ania est surprise des nombreuses mesures que le gouvernement a appliqué: '' j'essaye d'activer ces mesures nationales au niveau local, je ne sais pas s'il y aura des résultats."

"À l'avenir, ce code devrait rester, ça aide."

Est-ce que les résultats sont là ? De mars à mai 2019 et de mars à mai 2020, dans les départements des Côtes d'Armor et du Morbihan, les signalements des violences conjugales ont baissées. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut conclure que les violences conjugales sont moins présentes.

Si au niveau national tant bien qu'au niveau local, les mesures sont appliquées et peuvent paraître efficaces : ''il est indispensable que le Gouvernement continue sur la lancée. La plateforme d'éviction des conjoints violents est disponible seulement pendant le confinement mais je suis preneuse pour qu'elle soit étendue." explique Ania.

L'ARGENT MANQUE TOUJOURS À L'APPEL

Dans certaines régions, malgré ces évolutions, c'est un plus gros problème qui se pose. Laura, seule psychologue pour les victimes de violences conjugales dans la région des Côtes d'Armor a été placée en chômage technique : '' C'est inadmissible, c'est juste purement économique. Je ne sais pas comment les femmes que j'accompagnais vivent le confinement. Elles peuvent appeler le 17, le 3919 ou le 119, mais est-ce qu'elles le feront?". Pour les femmes et les enfants, c'est un véritable calvaire. La justice marche au ralenti. "Certaines mères ont prévenu des agressions sexuelles que leur compagnon avait infligé à l'enfant avant le confinement. Désormais, les affaires sont suspendues. Je ne sais pas du tout ce qu'il en est de ces personnes." explique la psychologue.

Pour les associations d'aide aux femmes, c'est aussi compliqué. En Ille-et-Vilaine, département où les signalements de violences conjugales ne font qu'augmenter, les centres ou associations sont indisponibles :

À Concarneau (29), le financement ne manque pas en ce temps de crise sanitaire. Même si toute l'année, le défaut du nombre de places reste pesant. Mais, aujourd'hui, les absents, ce sont les appels qui eux, ont diminué. L'association l'abri côtier permet de rediriger les femmes victimes de violences conjugales vers des centres d'hébergements. Pour les bénévoles, le flou est total. Pour eux.elles, si les signalements ont baissé c'est mauvais signe.

Bonnes nouvelles pour certain.e.s, mauvaises pour d'autres. Pendant ce confinement, les données sur l'augmentation des violences conjugales restent très floues. Seuls les signalements sont comptés. Cependant, la baisse ou l'augmentation de ces signalements ne peuvent pas démontrer qu'en Bretagne, et en France, les violences conjugales ont diminué ou augmenté. Le gouvernement et les associations ont multiplié les initiatives afin d'éviter les drames, mais l'isolement ne favorise pas la prise de parole des victimes.

* prénoms d'emprunt

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Numéros nationaux

Si vous êtes victimes ou si vous avez connaissance de personnes victimes de violences, téléphonez au 116 006. SMS au 116.

Depuis un ordinateur : www.urgence114.fr.

En cas d’urgences, composer le 17 ou le 3919

Le numéro de l’enfance en danger (pour les enfants et les jeunes jusqu’à l’âge de 21 ans) est le numéro 119 ou 114 par SMS.

Au niveau local

L’association France victimes 72 a mis en place un numéro de téléphone portable, tél. : 07-61-52-68-44. Adresse mail : accueil@francevictimes72.fr.

SOS Femmes accueil 72, tél. 02-43-78-12-75.

L'association LE PAS à Lannion (22) : 02 96 48 15 33

"C'est l'ennui. Je vais faire quoi ? Je vais prendre de la drogue."

Ils s'appellent Camille, Benjamin, Lucas, Imane ou Ellie. La drogue ils aiment ça. En gélule ou en poudre, elle fait partie de leur vie. Depuis le début du confinement, ils ont du s'adapter. Récit de 53 jours de consommation confinés, par la voix de ceux qui fument, qui sniffent, qui boivent, qui tripent et qui luttent.

Le confinement rime, pour la plupart des français, avec adaptation. Mais la consommation quotidienne de drogue ne s'adapte pas si facilement et n'en a que faire des épidémies. Il n'existe pas de télé-travail de l'addiction, encore moins de case à cocher "sortie pour aller acheter de quoi fumer". Consommateurs comme vendeurs ont du faire face à des difficultés inédites qui ont plongé encore davantage dans la difficulté ceux qui ne peuvent s'en passer.

Camille, 20 ans, cannabis et kétamine

Camille a vingt ans. Sa drogue préférée ? Le cannabis. C'est un petit bout de sa vie, c'est un "compagnon de chemin" et elle ne s'imagine pas vivre sans, COVID-19 ou non. Le début du confinement a été dur pour elle : impossible de trouver de quoi fumer, plus aucune livraison, crise d'angoisse à l'horizon. Camille a finalement réussi a se procurer de la Kétamine, un médicament utilisé comme anesthésique général en médecine humaine et animale. "J'ai tout fini en deux semaines... C'est pas bien !" avoue t-elle. Pour des personnes comme Camille, sujettes à l'angoisse, il est souvent difficile d'avoir des passages à vide : un jour sans prendre aucune substance ni aucun médicament. Le confinement et l'ennui ont aggravé cette sensation. Mais le plus pesant, c'est les autres. "Moi j'ai plein de chemins qui m'ont menée à la drogue. Mais c'est vrai que les gens s'en foutent de savoir comment t'en es arrivé là". Entre fausses attestations, cannabis et kétamine, Camille a accepté de mieux m'expliquer sa situation par téléphone.

Benjamin, 30 ans, cannabis

Benjamin est boucher, il vient de fêter ses 30 ans et porte des vêtements de toutes les couleurs . Régulièrement, il fume quelques joints "tranquille devant ses séries", mais aucune attache au produit : il a tout arrêté pendant le confinement, sans aucune difficulté. "J'avais terminé mon stock pour ne pas avoir à fumer pendant le confinement, il me restait plus grand chose. J'aurais pu fumer un joint par jour... mais ça ne me tentait pas, je préfère soit ne pas fumer du tout, soit fumer à fond". Pas de tracas pour Benjamin, le confinement a suspendu sa consommation mais cela n'a eu aucune conséquence sur son moral. Nous en avons parlé au téléphone, il a hâte d'être déconfiné mais pas forcément de recommencer à fumer.

Lucas, 23 ans, sobre depuis 53 jours

Lucas à 23 ans et a déjà pris 30 substances différentes au fil de sa vie. La drogue pour lui c'est avant tout des aventures, des expériences, des cases à cocher. "Je veux tester le plus de choses possibles", observe t-il. Comme Camille, il fume du cannabis et consomme régulièrement des drogues dures. Avant le confinement, Lucas se procurait régulièrement de la cocaïne, du LSD, des champignons hallucinogènes, de la morphine et surtout beaucoup de médicaments : du Xanax, ou de préférence du Tramadol mais toujours à titre récréatif. Pourtant, à l'instar de Benjamin, lui non plus n'a eu aucun mal à stopper sa consommation. Lucas a tendance à compenser avec des cigarettes, qu'il enchaîne, selon lui. Entre deux maux, il faut choisir le moindre.

Imane, 20 ans et Elie, 30 ans, cannabis et alcool

Imane à 20 ans, Elie en a 30 et tout deux vivent dans leur caravane, avec Kaïo, leur chien. Ce jeune couple a traversé de nombreuses épreuves. Sans argent et sans toit, ils ont fait la manche pendant un an avant de pouvoir trouver leur caravane. Elie est alcoolique, aidé et soutenu de toutes ses forces par Imane. Tous deux consomment régulièrement du cannabis et des drogues dures. Elie souffre de sa dépendance à l'alcool tandis qu'Imane craint tous les jours de retomber dans le cannabis - Elle en a fumé de manière intensive pendant quatre ans. Tous deux, cahin-caha se soutiennent et s'aident à avancer. Les drogues feront probablement partie de leur vie encore longtemps, mais tous deux réapprennent doucement à aimer de nouveau "la vie normale, sans rien prendre, se lever sobre, faire des choses". La transition commençait doucement à s'opérer chez eux quand le confinement à commencé. La pénurie de cannabis due à la fermeture des frontières et la hausse des prix de l'alcool les ont fermement poussé vers la sortie du tunnel. Ces 53 jours n'ont pas toujours été roses, et l'envie toujours plus dure à réfréner. Ils ont tout deux fait les écarts nécessaires au long processus de guérison "Je le disais tous les jours : je veux me droguer, on se fait chier, c'est le confinement !", s'amuse Imane. Comme Camille, l'ennui leur donne envie de consommer. Et pareillement, l'envie est parfois trop forte pour que ces deux abîmés de la vie ne lui résiste 50 jours. Imane et Elie ont accepté de témoigner face à la caméra pour une raison simple : "on a vu tellement de nos potes mal finir. Une de nos amies, on l'a retrouvée en overdose dans une cave, bouffée par des rats. On veut pas que ça arrive à d'autres gens".

Le confinement des personnes en situation de handicap est devenu une épine dans le pied pour l’État, révélant l’incapacité du gouvernement à répondre à leurs besoins. 

Durant le confinement ce sont 9,6 millions de Français en situation de handicap qui sont livrés à eux-mêmes. Dans l'objectif d'expliquer la crise du coronavirus et de donner la possibilité de compléter une autorisation de sortie, le Gouvernent a mis en place une foire aux questions et « une rubrique accessible à tous ». Il a fallu attendre 12 jours pour avoir le lancement de la plateforme Handicaps Solidaires. Elle permet de recenser tous les acteurs se mobilisant sur le territoire, afin de les mettre en relation avec les personnes atteintes de handicap. La plateforme a été suivie de nombreux sites internet dédiés pour ces personnes. Les sites sont très peu mis en avant par le ministère de la Santé. De plus, ils redirigent souvent les utilisateurs vers des associations au bord de la saturation.

Un mécontentement antérieur au COVID-19

Les dispositifs mis en place par le Gouvernement désespère Laureline Jacq, handicapée moteur et membre du bureau de l'association APS France Handicap. « Ils sont bien gentils, mais à quoi cela sert de pouvoir réaliser une attestation de sortie? Alors qu’on est incapable de sortir de chez soi en respectant les gestes barrières, c’est absurde ! Et puis on nous dit clairement qu’on peut compter que sur nous-mêmes ». Un sentiment d'abandon qui agace depuis plusieurs années. « L’État compte énormément sur les associations locales et nationales pour faire son boulot à sa place. Sauf qu’il ne donne quasiment pas de moyens aux associations ».

Un manque humain et financier qui est mis en évidence avec le confinement au détriment des personnes atteintes de handicap. Les besoins sont pourtant multiples, ils vont de la nécessité à faire les courses et à faire un brin de toilette. Les associations d’aide à domicile, comme l’ADMR, sont en manque de masques et de gants. Ce manque de protection les place dans une situation délicate. Cela risque d’exposer les aidants et les bénéficiaires de leurs services à une contamination involontaire. La situation a obligé de nombreux soignants à stopper toutes activités, laissant les personnes en situation de handicap livrées à elles-mêmes.

Des proches sur-sollicités

Les personnes atteintes de handicap ont eux très peu de temps pour réagir au confinement. Les plus chanceux ont réussi à intégrer des foyers spécialisés. Certains n'ont pas eu cette chance. L'annonce du confinement a été trop soudaine pour qu'une telle démarche soit possible. Alors, en guise de dernière solution, la personne handicapée a dû se confiner chez de la famille ou toute seule à son domicile. Le confinement ayant réduit drastiquement les interventions des aidants, ce sont les proches qui doivent les remplacer du jour au lendemain. « Le plus dur c’est l’aspect psychologique, faire comprendre ce qui se passe, pourquoi c’est important de suivre les gestes barrières et surtout de récupérer de nouvelles habitudes», témoigne une proche d’une personne en situation de handicap. « On s'est retrouvé pris au dépourvu, heureusement qu'il peut compter sur mon mari et moi. Pour lui faire à manger et ses soins, mais nous ne sommes pas des professionnels ».

Malheureusement cette sur-sollicitation constante des proches ne date pas du confinement. Elle est seulement amplifiée par la crise sanitaire. Les personnes en situation de handicap sont souvent marginalisées. Pourtant cette minorité représente 24% de la population active en français. Les personnes en situation de handicap et leurs proches réclament plus de considération. 

Infographie réalisée par Seton se basant sur une enquête de l'INSEE réalisé en 2007

Un soutien inattendu

Les parents de jeunes enfants handicapés peuvent compter sur le soutien de Corentin Tolisso. Le joueur de l'équipe de France football organise une vidéo-conférence par semaine grâce à la plateforme "Tous Mobilisés". Un moment de générosité et de complicité, permettant à la fois d'émerveiller les enfants et d'un moment de relâchement pour les parents.

Corentin Tolisso apprend la langue des signes - capture d'écran prise par Tous Mobilisés -

Depuis le 23 mars 2020, la plateforme "Tous mobilisés" a aussi mis en place un numéro vert : 0 805 035 800. Elle permet de répondre aux éventuelles questions des parents en charge d'enfants handicapés. La ligne téléphonique est joignable du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 17h. 

Depuis le début du confinement et la fermeture de nombreuses entreprises, la consommation électrique a fortement chuté en France. S’il n’y a rien de dramatique, cette baisse est historique et mérite d’être mise en lumière. Cette énergie indispensable, dont nous évoquerons l’apparition, fait l’objet d’une surveillance permanente au quotidien, partout à travers le territoire.

Le grand voyage de l’électricité

Afin de bien nous mettre au courant, faisons un cours rappel du grand voyage de l’électricité. Depuis des milliers d’années, l’électricité n’a cessé de voyager. Et pour cause, cette énergie est impossible à contenir car elle connait une circulation permanente.  D’abord découverte dans le domaine médical grâce à la force électrique d’un poisson comme l’ambre, l’Homme a pendant longtemps chercher des réponses à son fonctionnement et ne peut, dans cette mesure, être défini comme son inventeur. Néanmoins, il reste à l’origine de sa découverte et de sa maîtrise.

En 1800, Alessandro Volta invente la première pile de l’histoire de l’Humanité. En 1879, l’Américain Thomas Edison met au monde la première ampoule capable d’éclairer grâce à de l’électricité et construit, dans la foulée, la première centrale électrique. Dès lors, des centaines de centrales électriques sont mises sur pied, partout à travers la planète. Sans elles, nous n’aurions pas de lumière, de chauffage, d’internet… Aujourd’hui, la consommation d’électricité en France varie selon l’activité économique mais également selon l’évolution de la météo.

La consommation d’électricité quotidienne diminue depuis plusieurs semaines

La consommation française d'électricité varie tout au long du jour et de la nuit. Elle présente des « pics » et des « creux » en fonction des moments de la journée, du jour de la semaine, des vacances et jours fériés mais également des saisons et de la météorologie. Elle reflète donc la vie quotidienne des Français et l’activité économique.

Depuis le 17 mars et le début du confinement national, nombreuses sont les entreprises qui ont dû fermer leurs portes. En effet, la situation sanitaire ne permet plus de travailler dans des conditions normales. Par ailleurs, la consommation d’électricité est considérée comme un bon indicateur de l’activité économique et des comportements de masse (en niveau, structure et répartition géographique). Dans son bilan du mois d’avril, le groupe RTE (Réseau de transport d'électricité) note une diminution de la consommation d’électricité de l’ordre de 15 à 20%, depuis le début du confinement. Un résultat qu’il définit comme « spectaculaire » car jamais il n’a été aussi important.

La dernière baisse majeure avait été enregistrée à la suite de la crise économique de 2008, lorsque les entreprises avaient du mal à se relancer. Le ralentissement économique avait atteint la consommation électrique dans la mesure où celle-ci avait perdu 5% de moyenne. Par ailleurs, l'année 1975 était marquée par une chute de consommation d'électricité équivalente, cette fois due à un choc pétrolier. Ainsi, certaines crises économiques historiques sont facteurs d'une chute de consommation électrique, bien qu'elle reste très rare. Depuis dix ans, la courbe de consommation d'électricité était restée plus ou moins stable.

Ce graphique confirme le constat de chute inédite de la consommation d'électricité en France, établi par RTE. En période de non-confinement, les raisons de baisse sont généralement expliquées par une situation économique instable voire régressive ainsi qu’à l’évolution de la température. En plus du confinement, la remontée des températures ces derniers jours a permis à la courbe de se rééquilibrer (les chauffages électriques étant moins utilisés).

Les pylônes électriques de haute tension ne sont pas que visité par les lignards
Photo LPO

L’entretien du réseau électrique ne s’arrête pas

Le réseau électrique, bien que moins utilisé, continue d’être entretenu quotidiennement par les professionnels du domaine. Nous avons rencontré plusieurs d’entre eux pour comprendre dans quelle mesure est ce qu’il ou elle était atteint par la pandémie du Covid 19 au travail.

Rémi (50 ans) est salarié dans le bureau de contrôle DEKRA. Son métier consiste à surveiller le bon fonctionnement des différents circuits électriques et de s’assurer de l’application des règles de sécurité par les entreprises. Il assure « continuer d’aller au boulot avec davantage de précautions depuis le début de la pandémie ». L’inconvénient pour lui et ses collègues est qu’ « une grande partie des entreprises et des établissements est fermée donc inaccessible ». En effet, il explique avoir l’habitude d’exercer au sein d’ERP (établissement recevant du public).  

Soazig, (45 ans) est cheffe de service pilotage coordination des projets RTE sur 19 départements. Elle explique la chute des consommations par « l’arrêt des aéroports, des gares et bien-sûr des simples usagers ». Le travail continue, pour elle et son équipe, après s’être arrêté pendant quelques jours. « Certains projets devaient absolument reprendre, comme l’entretien des câbles et des pylônes. Les appels d’offres pour l’entretien se sont succédés et le gouvernement a autorisé la reprises des chantiers avec l’obligation de respecter plusieurs normes de sécurité ». Soazig parvient à trouver un aspect positif au ralentissement de la consommation électrique: «Ecologiquement, c'est évidemment un bon point».

Les lignards n'ont pas le vertige pour continuer d'entretenir les réseaux électriques de haute tension, même en période de crise sanitaire. Photo RTE

L'autorisation donnée par le gouvernement pour continuer certains chantiers de construction a notamment permis à RTE de poursuivre l'un de ses trois grands projets de haute tension en Bretagne, avec le chantier d'entretien de la ligne Loscoat-La Martyre, au nord de Brest.

L'entreprise Concensio Italia est en action pour trois semaines. Brésiliens, Espagnols, Péruviens... ils sont de plusieurs nationalités à œuvrer ensemble sur les pylônes électriques de haute tension finistériens. Nous sommes allés à leur rencontre. Voici les images.

Enfin, il faut savoir que François Brottes, le directeur de RTE, a appelé en compagnie de 91 dirigeants d’entreprises françaises et internationales, à «faire de la relance économique un accélérateur de la transition». Dans un document publié le 4 mai, les patrons des grandes entreprises définissent des points à respecter pour redémarrer la vie des entreprises avec davantage de précaution, notamment en matière environnementale. Aussi, l'ancien ministre de l'écologie, Nicolas Hulot, a réagi à cette situation dans les colonnes du Monde, le 7 mai, en affirmant que «ce serait une erreur pathétique de ne pas tirer de leçon de cette crise». Enfin, il faut noter qu'à quelques jours d'un début du déconfinement, la demande d'électricité s'est faite sentir particulièrement dans les entreprises qui redémarrent leur économie. Bien-sûr, il faudra encore attendre quelques semaines pour que la courbe de consommation se rééquilibre définitivement. En attendant, le gouvernement et les entreprises aspirent à tirer des enseignements de la crise pour faire du redémarrage de l'économie, une relance adaptée et raisonnable.

Dans le Pays du Trégor se trouve un jardin aux 5000 plantes et 17 hectares. Isabelle Vaughan, une amoureuse des plantes, entretien le jardin Kerdalo avec 4 autres personnes. Elle raconte ce qu’une telle responsabilité implique.

A Trédarzec se trouve un jardin, aux 5000 plantes d'ici et d'ailleurs et 17 hectares. Isabelle Vaughan, gérante et propriétaire, entretient le jardin de Kerdalo avec 4 autres personnes, à la main. Elle raconte ce qu’une telle responsabilité implique.

Le jardin de Kerlado se trouve à Trédarzec (Côtes-d'Armor). Le parfum des fleurs et le calme des allées, offrent un cadre majestueux au milieu du vert des arbres. Aux manettes, Isabelle Vaughan, qui gère ce jardin de 17 hectares, prisé par les visiteurs du monde entier, à la main. Labellisé « jardin remarquable », cet endroit paradisiaque inspiré des jardins anglais, offre une bouffée d'air frais.

Le jardin est entièrement visitable.
Des chemins ont été conçus pour se délecter de chaque plante inatteignable, rangée dans des compartiments offrant une variation de couleurs. Photographe : Thierry Nicolas

Kerdalo, une petite entreprise

Isabelle Vaughan, propriétaire et gérante de ce jardin privé, a décidé d’y consacrer sa vie. Mais entretenir un jardin de 17 hectares tapissé d'herbe ou de galets et visité par environ 14 000 personnes par an, implique aussi la gestion d’une petite entreprise. A la tête de cette EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), elle emploie un jardinier à plein temps et deux à mi-temps. Ce sont les visites qui « payent les salaires, les charges salariales, les plantations, les travaux et les taxes foncières ».

L’entretien du jardin

Le jardin est un héritage de son père Peter Wolonsky (cf infographie ci-dessous), qu’elle a souhaité laisser tel quel au maximum. « Il y a un esprit qui reste mais on rajoute des végétaux continuellement. Parce qu’avec un jardin qui a 50 ans, on est dans l’obligation de continuer à planter. Cependant on ne replante pas forcément les mêmes choses à chaque fois ». Avec les 5000 plantes, venant des quatre coins du monde, présentes dans le jardin, Isabelle Vaughan a fait le choix de « contrôler » la végétation. « La nature est là, mais elle est contrôlée continuellement. Il y a des choses qu'il faut enlever, mais il faut aussi garder le côté sauvage, un sauvage contrôlé ». Certains endroits semblent sauvages, tels une forêt tropicale, les plantes montent jusqu'à plusieurs mètres. Et d'autres sont très ordonnés, avec des buissons taillés minutieusement. Aucun produit chimique n’est utilisé, « tout est fait à la main ».

Les jardiniers à la merci du climat

La hantise des jardiniers : les tempêtes. « En 1987, on a eu 200 arbres à terre à peu près. Il y a eu aussi la tempête de 1999. Mais tous les deux, trois ans, il y a des dégâts. On tremble à chaque fois qu’on sait qu’il y aura des coups de vent. » Malgré plusieurs intempéries, la Bretagne reste un endroit « idyllique » pour les jardiniers. « Vous pouvez faire pousser ce que vous voulez en Bretagne. Sauf les végétaux qui préfèrent les terres calcaires. » L’adepte des plantes déplore le changement climatique. « Il y a des périodes très humides, mais il n’y a plus que le crachin breton qu’il y avait dans le temps. Donc il y a des périodes très sèches et très difficiles. »

Un endroit paradisiaque à Trédarzec (Côtes-d'Armor), prisé par les visiteurs du monde entier. « J’ai des Australiens, des Anglais, des Belges, des Allemands, mais pas beaucoup de Trégorois. »

Informations pratiques : prix : adulte 10 euros et enfant à partir de 4 ans : 5 euros

Horticulteur depuis plus de 30 ans à Janzé en Ille et Vilaine, Pierre-Yves Georgeault doit faire face à la crise actuelle, liée au coronavirus. Pour limiter la perte de ses plantes, il propose d’offrir ses fleurs dans les Ehpad, afin d’égayer le quotidien des résidents.

« Les Ephad sont ravis, certaines familles m’envoient des messages de remerciement », se réjouit Pierre-Yves Georgeault. Horticulteur depuis plus de 30 ans dans la commune de Janzé en Ille et Vilaine, il produit environ 200 000 fleurs en pot chaque année. En raison de l’épidémie due au coronavirus, ce chef d’entreprise a été contraint de stopper son activité. « Dès le début, j’ai jeté 3000 plantes, et j’en jette encore régulièrement », déplore Pierre-Yves.

Pierre-Yves Georgeault est horticulteur à Janzé, près de Rennes

Pour éviter le gaspillage de ses productions au moment de Pâques, l’horticulteur a souhaité faire plaisir. « J’ai contacté 3 Ehpad aux alentours et je suis allé leur livrer environ 200 plantes ». Suite à cette première initiative, Pierre Yves Georgeault, avec l’aide de son fils, a décidé de poursuivre sur sa lancée. « Quand mon fils a vu toutes les plantes qu’il y avait dans les serres, il a eu l’idée de créer une cagnotte participative ». L’objectif de cette cagnotte est d’obtenir des dons, et lorsque le palier des 500 euros est franchi, l’entreprise Georgeault se rend dans un Ehpad pour lui fournir des fleurs. « On a déjà livré 150 plantes dans une dizaine d’Ehpad du département. On espère que par le bouche à oreille, il va y avoir davantage de dons pour qu’on puisse livrer d’autres Ehpad », ajoute l’horticulteur.

Des établissements ravis

« Dès que j’ai pris connaissance du projet, j’ai été tout de suite séduit », se souvient Michel Barbe, directeur de l’Ehpad "Les jardins du Castel" situé à Châteaugiron. Mardi 29 avril, l’Ehpad s’est vu remettre 160 plantes destinées à décorer les extérieurs ainsi que les chambres des résidents. « Quand les fleurs ont été livrées, Mr Georgeault nous a expliqué dans quel esprit cela avait été fait et qu’il était en train de perdre toutes ses plantes. Nous avons été très émus par son geste », ajoute le directeur. Au sein de la résidence, l’action a suscité un grand engouement. « J’ai été très touchée par ce cadeau, il signifie que des personnes pensent à nous et qu’on est pas seuls dans cette période compliquée », raconte Michelle*, résidente depuis 2 ans. « J’ai choisi un Bégonia pour ma chambre, il met de la couleur et de la vie, ça fait du bien ». Certains établissements ont décidé d’utiliser cette action pour en faire une activité destinée aux résidents. Pierre-Yves Georgeault ayant déposé des plantes afin de fleurir les extérieurs, les animatrices ont proposé à des résidents valides, de participer à un atelier jardinage. L’objectif était de fleurir le jardin avec les plantes offertes. « Pour l’Ehpad ce don a été quelque chose de très positif, il nous a permis de mettre un peu de lumière dans le quotidien des résidents », conclut Michel Barbe.

«Je vais perdre 95 % de mon chiffre
d’affaire cette année »

Pierre-Yves Georgeault

En activité depuis plus de 30 ans, Pierre-Yves Georgeault n’avait jamais connu une situation semblable à celle qu’il vit depuis quelques mois. Habituellement, 50 % de son chiffre se fait entre les mois de mars et mai. C’est aussi la période des salons. « Je viens d’avoir la confirmation que tous les grands événements vont être annulés ». A 62 ans, l’horticulteur janzéen espérait stopper son activité à la fin de l’année, une retraite remise en cause au vu de la situation. « Cette année, je vais perdre 95 % de mon chiffre d’affaire, la cagnotte me permet de limiter les pertes ». La collecte de fonds en ligne vient de passer les 7000 euros, ce qui permet à Pierre-Yves de gagner un peu d’argent et de ne pas jeter ses plantes. Toutefois, l’horticulteur souhaiterait que la cagnotte prenne plus d’ampleur. « Nous aimerions avoir davantage de dons venant des familles des résidents. Notre objectif premier est que les familles fassent des dons pour faire livrer les Ehpad de leurs proches, comme un cadeau, mais pour l’instant, j’ai majoritairement reçu des dons de personnes que je connais ».

L'entreprise Georgeault a été contrainte de jeter des milliers de fleurs depuis le début du confinement © Ouest-France

Plus de 300 donneurs

Plus de 300 personnes ont déjà participé à la cagnotte en ligne. Parmi eux, Claude et Brigitte Gault, deux retraités confinés chez eux dans le pays de Fougères, prochaine destination de l’entreprise Georgeault. « Quand on a vu les photos de la montagne de fleurs stockées dans les serres, on a trouvé ça navrant », déplore Claude Gault. « En offrant des fleurs dans les Ehpad, on apporte de la couleur et de la joie aux résidents ». Sensibles à l’avenir de l’entreprise Georgeault, Claude et Brigitte Gault comptent sur une aide de l’État pour aider l’horticulteur à sortir de cette crise. « Nous espérons qu’il sera aidé. A notre échelle, nous avons contribué à la cagnote pour amortir le choc de la crise mais surtout pour payer les frais de déplacements liés aux dons dans les Ehpad. » Malgré le confinement, les plantes continuent à pousser dans les serres de l’entreprise Georgeault. Pierre-Yves espère recueillir un maximum de fonds, pour continuer de faire plaisir et fleurir les chambres des résidents en Ehpad.

*Nom d'emprunt

Le 12 mars, le président de la République annonçait la mise en quarantaine des activités culturelles françaises. Des millions d’artistes se sont retrouvés au chômage technique. Le monde de Shakespeare connaît de réelles difficultés face à la pandémie. Difficile d'organiser l’avenir théâtral breton où le contact est plus que nécessaire, et où les réponses sanitaires manquent à l'appel.

Quand les consignes du déconfinement sont annoncées par le Premier Ministre le 28 avril à l’Assemblée Nationale, le monde théâtral breton attendait la marche à suivre. Chou blanc, il n’y a pas eu d’informations sur une quelconque réouverture des lieux culturels de la part d’Edouard Philippe. Quant au ministre de la Culture, il n’a pas été plus bavard sur le sujet, ce qui tendance à énerver le monde du spectacle vivant. Nous n’avons pas eu d’informations sur notre sort depuis le début du confinement. Franck Riester communique très peu. Nous avons l’impression d’être oubliés, l’impression que la culture est la dernière roue du carrosse”, témoigne avec passion Grégory Fernandes, comédien d’une troupe de théâtre. 

Sans directives, les professionnels du secteur ont l’impression de vivre un entracte sans fin. Il aura fallu attendre 51 jours de confinement et d’une tribune d’un collectif de personnalités de la sphère culturelle pour espérer à des réponses. Jeanne Balibar, Catherine Deneuve ou encore Jean Dujardin ont fait part de leurs craintes face aux conditions des intermittents du spectacle dans une tribune du journal le Monde. Suite à cet appel, Emmanuel Macron a réagi sur Twitter : 

Mercredi 6 mai au matin, le chef de l’État a pu échanger pendant environ trois heures avec des artistes de différents domaines en présence de Franck Riester, ministre de la Culture, et de ses collègues de l’Économie Bruno Le Maire et du Travail Muriel Pénicaud. Un “plan de sauvetage” a été annoncé. Dès le 11 mai, les musées et les galeries d’art pourront ouvrir s'il y a une possibilité de gérer les flux d'affluence. Concernant les théâtres, seules les répétitions sont motifs de réouverture. Les conditions de sécurité vont être annoncées au début du mois de juin par le ministre de la Culture.

Une profession forcée à se réinventer

Aucune consigne concrète n'a été donnée, il est donc difficile de reprogrammer les spectacles culturels bretons. Emmanuel Macron a tout de même évoqué le rôle du Gouvernement pour la création du calendrier 2021. “On doit vous offrir des conditions pour préparer la saison prochaine (ndlr: afin de respecter les normes sanitaires)” déclare-t-il en direct sur les chaines de télévision. Mais comment organiser les représentations théâtrales de septembre, sachant qu’une seconde vague reste dans la tête des Français ?

Mariane Gauthier, chargée de la communication du théâtre lannionnais "Le Carré Magique", va devoir modifier ses habitudes. “On se demande si nous n’allons pas changer notre manière de communiquer. Nous allons devoir créer une autre relation au public, notamment avec la création d’un programme trimestriel”, confie-elle.

Quant aux conditions de reprises, il n’est pas question de transgresser la loi. Les gestes barrières continuent malgré le déconfinement. L’infectiologue et membre de l’académie de médecine, François Bricaire, a émis des recommandations sur la reprise des activités culturelles : le masque va devoir être obligatoire pour les spectateurs, une distance de deux sièges devra être respectée (entre chaque personne n'appartenant pas à la même famille), l’entracte devra être annulé et pour finir le metteur en scène respectera un mètre de distance entre les comédiens. Un cahier des charges inapplicable et incompatible pour un grand nombre de professionnels.

“ La distanciation sociale dans la culture n’existe pas ! On ne peut pas jouer avec des masques. C’est incompatible et absurde. On essaie de réfléchir à d’autres méthodes mais c’est très difficile

Grégory Fernandes

En effet, les gestes barrières et spectacles vivants ne sont pas bons partenaires. Philippe Le Gal, directeur du Carré Magique, voit cette distanciation d’un mètre entre les comédiens, comme un “non-sens”. Cette mesure, indispensable pour maintenir l’ordre sanitaire, est néanmoins impensable pour le monde théâtral. “Quant aux Circassiens, faire de l’acrobatie sans se toucher ce n’est pas possible ! Il y a un problème majeur. S'ils ne se touchent plus demain, il n’y aura plus de spectacles jusqu’à ce que le contact redevienne possible” , conclut le directeur du théâtre. 

Une période compliquée pour les intermittents

Dans cette crise du coronavirus, l’intermittence du spectacle pourrait devenir encore plus précaire qu’avant. Pour bénéficier des indemnités de chômage versées par l'Assedic, qui est une caisse interprofessionnelle de solidarité, l'intermittent doit justifier 507 heures d’activités pour une durée d’un an avec une date d’anniversaire. Cette période, où les manifestations de plus de 10 personnes sont interdites, paralyse fortement ce quota.

Si les représentations sont annulées, il y a deux possibilités : soit l’établissement décide de payer ces intermittents et donc de valider les heures, soit il décide de payer “au service fait” et donc ne valide pas les heures de travail. Grégory Fernandes, membre de la compagnie DEUG DOEN GROUP, a eu cette chance. “Tous les théâtres qui devaient nous accueillir ont honoré les contrats de la compagnie malgré les annulations des représentations “, confie le comédien. Il s'est rappelé de sa dernière montée sur scène au Carré Magique pour la pièce “Absence de Guerre” le 12 mars 2020 à 20h00, sans savoir qu’au même moment le Président allait le mettre au chômage technique. 

Ces intermittents ont attendu un geste fort de la part du Gouvernement sur un “plan de soutien à la culture”. Une année blanche a été demandée pour ne pas précariser une nouvelle fois ce statut. L’enseignement artistique soutient cette démarche : “ Ils demandent une année blanche à raison ! Les interventions dans les établissements artistiques représentent une partie non négligeable du comptage des heures”, témoigne Anne Huonnic, professeure dans un établissement artistique de Tréguier. Conscient de ce problème, Emmanuel Macron promet cette année blanche . “Beaucoup ne vont pas faire leurs heures”, déplore-t-il. Les intermittents du spectacle auront jusqu'en août 2021 afin de réaliser les 507 heures nécessaires. Le président de la République veut mettre en place des nouvelles collaborations entre les écoles et ces intermittents. Pour se faire, Emmanuel Macron veut organiser du temps périscolaire, financés par l’Education Nationale, pour implanter la culture au sein des écoles. Cela permettra également pour certains comédiens de justifier ses heures d’activités. “C’est une très bonne idée. Il faut développer la culture dans le milieu scolaire et si cela peut aider les intermittents, c’est encore mieux”, reconnaît Anthony Pezron, chargé à la culture de la ville de Lannion.   

Première victime des restrictions des regroupements publics, le théâtre va être l’un des derniers lieux culturels à ouvrir ses portes. Quand ? Comment ? Des questions sans réponses claires et précises pour l'instant.

Missionnées pour faire respecter le confinement, les forces de l’ordre multiplient les contrôles et ont remarqué une nette augmentation des outrages à agents. Ce rôle, ressenti comme autoritaire par la population, cause en effet un climat de tension, parfois caractérisé par des insultes, voire de la violence.

“J’espère que tu vas crever dans un accident de la route”, “Si j’avais mon fusil, je te tirerais dessus”. Depuis le début du confinement, les forces de l’ordre d’Ille-et-Vilaine ont observé une hausse considérable du nombre d’outrages à agents. Ces dernières semaines, les policiers et gendarmes brétiliens ont vu se multiplier les insultes, violences et mêmes les menaces à leur encontre.

“Depuis le début du confinement, ma brigade et moi avons enregistré trois outrages à agents. Pourtant, durant mes 30 ans de gendarmerie, je n’avais été confronté qu’à seulement trois ou quatre cas. Je n’en avais d’ailleurs pas vu depuis 15 ans”, remarque Sylvain Le Nicol, major de la gendarmerie de Saint-Aubin-du-Cormier.

Dans cette vidéo, prise mi-avril par un membre de cette brigade, un contrôle routier de routine a donné lieu à un outrage, ayant fait l’objet d’une plainte par la gendarmerie. Démunis d’attestations, un couple se rendant à une chambre funéraire a été verbalisé. « Nous leur avons proposé de ne leur donner qu’une seule amende malgré leurs deux situations illicites. L’homme est sorti de la voiture, m’a insulté, menacé et m’a asséné un coup sur l’épaule », raconte le major.

Le confinement, cause principale de ces comportements

Malheureusement, cette brigade est loin d’être un cas isolé, comme en témoignent des gendarmes de nombreuses communes du département. “C’est clair que ça peut partir beaucoup plus facilement en outrage, voire en rébellion en ce moment. Les gens sont sur les nerfs. Le confinement amène beaucoup d’outrages et de violences de la part de gens qui sont d’habitude très corrects. Dans le ton, ou même le regard, on sent une hausse de l’agressivité”, déplore Augustin P., brigadier au peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Vitré.

Une agressivité qui s’explique par le caractère répressif des contrôles de confinement, que certains vivent comme une entrave à leur liberté, mais également par les difficultés que rencontrent de nombreuses personnes à vivre cette quarantaine. “Les gens sont plus refermés sur eux-mêmes, plus isolés. Ils sont parfois confrontés à des problèmes divers, comme l’alcool, diverses addictions, ou des problèmes de couples renforcés par le confinement. Tout ce mal-être est transformé en violence verbale et physique”, explique le major Le Nicol. Cette augmentation des outrages à agents rentre, en outre, dans un contexte d’hausse globale des violences depuis le début de la quarantaine.

Cette hausse des outrages à agents ne surprend pas non plus Lucie Le Quec, psychologue clinicienne. "Le confinement a fait apparaître pas mal de troubles de l’humeur. Les gens sont soumis à énormément de contraintes et doivent faire face à des sentiments comme l’anxiété, la colère et la peur. Les policiers et les gendarmes, qui agissent au nom de l’Etat, représentent l’objet de leurs angoisses, ce qui explique que lors des contrôles, les gens se sentent agressés et sont souvent très tendus".

Une crise de confiance envers les forces de l'ordre

Pour Luc*, gendarme en escadron de gendarmerie mobile en Ille-et-Vilaine, cette agressivité à l’encontre des gendarmes et des policiers relève aussi d’un contexte de tension plus général. Les forces de l’ordre, actuellement mandatées pour faire respecter le confinement, sont vues par la population comme des forces répressives, plutôt que des personnes chargées de leur sécurité. “Depuis les Gilets Jaunes, une partie de la population qui était anti-forces de l’ordre, mais ne le revendiquait pas, est devenue plus virulente et cela ressort maintenant pendant les contrôles qu’on effectue”. En effet, ce mouvement, à l’origine de nombreuses confrontations entre policiers et civils, a entamé une crise de confiance de la population envers les autorités.

Pour éviter une généralisation de ces débordements, les magistrats font preuve, dans ce contexte, d’une plus grande fermeté qu’à l’accoutumée à propos des affaires concernant les atteintes à l’autorité publique. “En ce moment, les magistrats ont un regard particulier sur l’outrage, car le pays est assis sur un baril de poudre. Si on laisse passer ces comportements, il y a un gros risque de les voir augmenter”, craint Sylvain Le Nicol.

L'outrage à l'égard d'un agent dépositaire de l'autorité publique est puni d'1 an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende s'il est commis par un auteur unique et de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende s'il est commis par plusieurs auteurs.

Article 433-5 du Code Pénal

Si les procédures d’outrages à agents restaient tout de même jusqu’ici assez rares, malgré le divorce entamé entre les policiers et la population, c’est parce qu’il est difficile de caractériser l’outrage devant un magistrat. "Les insultes sont devenues banales, même si elles ne devraient pas l’être. On ne lance pas de procédure pour une insulte. On peut vraiment caractériser un outrage à partir du moment où on subit des menaces ou des violences", détaille Louis, jeune gendarme. En plus de cela, subir officiellement un outrage engendre une remise en question forcément difficile à vivre pour la victime. "Quand on subit un outrage, on n'en est pas fier, car c’est quelque part synonyme d’un échec. On se demande si on a bien fait notre travail, ce qu’on aurait dû faire pour éviter cela… Cela implique généralement une interrogation sur soi-même", raconte le major Le Nicol.

Une période logiquement difficile mentalement pour les forces de l’ordre, qui doivent à la fois assumer et représenter les décisions de l’Etat, tout en subissant l’angoisse et la colère des habitants au quotidien. A moins d’une semaine du déconfinement, les policiers et les gendarmes aperçoivent enfin le bout du tunnel. Ils espèrent donc unanimement un apaisement, pour pouvoir laisser derrière eux cet épisode de tension avec une partie de la population, trop attachée à sa liberté pour faire des concessions, malgré les risques.

*nom fictif

Suite aux annonces du gouvernement, les autorités locales ont obtenu leur part de responsabilité pour le déconfinement. Dans un département classé vert comme le Maine-et-Loire, la vie normale devrait reprendre rapidement.

Depuis le début de la crise sanitaire, la France vit une situation inédite. Le gouvernement est le premier acteur dans les prises de décision du pays. Puis, le Parlement et le Sénat, en bons protagonistes de la démocratie représentative, votent ses propositions. Jusqu’ici, tout va bien. Mais petit à petit, les marges de manœuvres s'élargissent aux acteurs locaux.

Le 13 avril dernier, Emmanuel Macron a annoncé une première échéance de déconfinement. La date est fixée au 11 mai et d’ici là, les élus et administrations locales vont être grandement sollicités. « Durant les semaines à venir, le Gouvernement, le Parlement, notre administration, avec nos maires et nos élus locaux, auront à préparer la suite. », a déclaré le Président. Préfets, conseils régionaux, départementaux et municipaux ont obtenu leur part de responsabilité.

Les mairies expérimentent la différenciation sociale

Très convoité par les maires, le concept de différenciation sociale, promis par Emmanuel Macron lors de la conférence des maires en novembre 2019, est enfin mis en place. Et cela n’arrive « pas trop tôt », selon le Maire du petit village de Sarrigné, dans le Maine-et-Loire. Il en est convaincu, « plus de décentralisation pour plus de proximité, c’est bien ! ». Toutefois, l’élu relate un dessein mal établi. A quelques jours seulement de la rentrée scolaire, il ne connaît pas sa part de responsabilité auprès de l’école du village. En cas de problème, « qui est responsable ? L’État ou le Maire ? », se demande-t-il. Certes, « il faut donner les moyens financiers » mais sans oublier « les moyens législatifs ». La question peut se poser dans le cas où un enfant serait contaminé à l'école. Pour le moment, rien n'est établi de ce côté là.

Le Maire n’en sera pas à sa première prise de responsabilité. D’abord pour respecter « les arrêtés et les décisions de l’État transmises par le préfet », puis pour protéger ses concitoyens, Sébastien Bodusseau a déjà pris de nombreuses initiatives. Après avoir fermé les parcs, le stade, et le cimetière il a participé à des commandes groupées de masques de protection. Pour préparer la reprise post-confinement, la mairie travaille étroitement avec le préfet du département du Maine-et-Loire mais aussi avec la communauté de communes Angers-Loire-Métropole et les villages voisins. Toujours grâce aux commandes groupées, des masques chirurgicaux et FFP2 seront donnés aux personnels communaux. Les couturiers sarrignéens sont aussi réquisitionnés pour confectionner des masques en tissus aux normes AFNOR, sans oublier l’entreprise locale à imprimante 3D qui produit des visières.

Construction de masques AFNOR, Image de France Info

Rentrée scolaire

Les directeurs d'école préparent la rentrée scolaire pour mettre en place des dispositions assez particulières. Ils travaillent conjointement avec les conseillers municipaux. A Sarrigné, c'est Pascale Dupperay, la directrice de l'école, qui mène la danse. C'est officiel, la petite école du Cèdre-Bleu "ré-ouvrira le 14 mai, deux jours par semaine et par demi-groupe", assure-t-elle. En revanche, la directrice a décidé que les petites classes de sections ne reprendront pas "car tous les jeux doivent être enlevés". Il n'y a aucun intérêt à laisser assis derrière un bureau des petits de 3 et 4 ans, justifie-t-elle. Il a aussi été décidé que la cantine ouvre pour les maternelles mais les primaires se contenteront de manger dans les classes ; "des repas froids pour tout le monde". La directrice se sent chanceuse, avec son école "neuve". Les sanitaires sont aptes à recevoir les écoliers dans de bonne conditions.

L'équipe enseignante se sent également très accompagnée. L'institutrice bénéficie l'aide de ses responsables (le ministère de l'éducation nationale), de l'inspecteur mais aussi des conseillers pédagogiques :"Pour une fois on est bien aidé", mais, "chaque école est différente". Si Sarrigné ne rencontre pas de problème majeur, l'équipe pédagogique a tout de même demandé au Maire de lui laisser deux jours, à partir du 11 mai, afin de préparer la rentrée sur place.

Le département prépare son 11 mai

C'est le département qui a la main sur les collèges. Et ce n'est d'ailleurs pas le seul domaine d'action du Conseil. La restauration des adolescents est également prise en charge. Mais avant l'éducation, c'est l'action sociale qui est la principale compétence des départements français. Protection de l'enfance, insertion sociale et RSA (Revenu de solidarité active), petite enfance mais aussi accompagnement des mineurs non accompagnés (MNA) et personnes âgées, sont les secteurs sur lesquels sont attendus les départements dans le processus de déconfinement.

Le Conseil départemental a distribué des masques et du gel aux EHPAD pour protéger le personnel et les personnes âgées. "Nous avons également réalisé le recensement des cas et des décès ", affirme Carine Lagarde. Maintenant, les missions se tournent vers "l'accompagnement sur l'accueil des familles pour des besoins particuliers". C'est une "organisation conjointe avec l'Etat", précise la coordinatrice du plan de continuité d'activité du Maine-et-Loire. Si la délivrance du RSA n'a pas été gelée pendant le confinement, l'accompagnement dans la recherche d'emploi "s'est un peu arrêté". En revanche, la fonctionnaire assure que les "conseillers emplois-formation" vont reprendre du service. Les "bénéficiaires auront l'autorisation de se rendre au département ou dans d'autres structures partenaires" comme les Caisses centrales d'activités sociales (CCAS) ou les maison départementales solidaires (MDS)".

Les MDS, MDA et CCAS à l'échelle du département (49)
Les MDA, MDA et CCAS à l'échelle de Angers, capitale du département du Maine-et-Loire (49)

"Tous les enfants placés retourneront au collège"

Le retour au collège "s’organise avec deux autorités". Le département s'occupe des infrastructures et l’éducation nationale de l'accueil et des conditions pédagogiques pour l’enfant. La direction du patrimoine, jeunesse et la direction des collège coordonnent la mise en place du protocole nationale (marquage au sol, plan de circulation, occupation des salles, moments de récréations etc.) avec les conditions spécifiques à chaque collège. Les principaux des collèges ont aussi leur mot à dire et font parti des réunions. En ce moment, "ils essayent de connaître le flux" des collégiens qui retourneront en classe, grâce à un sondage. Si la majeure partie des élèves ont le choix de faire leur rentrée ou non, "tous les enfants placés retourneront au collège". C'est une décision de l'Etat assure C. Lagarde. Et si "les parents ne sont pas d'accord", une procédure sera mise en place. Reste à la charge du département, "l'organisation du transport de ces enfants."

Les difficultés

Des cellules de crise sont prévues dans les emplois du temps des fonctionnaires. Par exemple, les MDS font remonter les difficultés de leurs habitués grâce à "des réunions d’encadrement organisées plusieurs fois par semaine". Le protocole de déconfinement engagé juste avant les vacances de Pâques par le président Macron a pris du temps avant d'être discuté. Avec un effectif en roulement pendant deux semaine à cause de "l'impératif de poser ses congés pendant 5 jours", le personnel n'était pas là pour préparer la sortie de crise, explique C. Lagarde.

En ce moment, trente personnes s'activent pour faire la synthèse de reprise d'activité dans le Maine-et-Loire. Elles tentent de trouver une réponse aux appels du Président et du Premier Ministre. Depuis dix jours, les discussions ont bien reprises : chaque direction a le devoir de faire "remonter un plan de reprise d'activité." La direction générale les classe ensuite selon leur priorité et juge "comment elles pourront reprendre". Elles évaluent aussi les besoins sanitaires.

"Cette carte guidera ainsi chaque département dans la préparation du 11 mai, en rappelant l’objectif d’un confinement stricte, pour faire baisser la circulation du virus... »

Edouard Philipe lors de son allocution "plan déconfinement" le 28 avril, devant le parlement.

Même si le Conseil départemental privilégie le "télé-travail pour les 30% de travailleurs administratifs", l'objectif est de revenir à la normal. Mi-Juin, le Maine-et-Loire, classé vert sur la carte de déconfinement, devrait avoir repris à 100% ses activités, y compris la culture.

Carte du déconfinement avec les départements en verts et rouges. 7 mai 2020

La jeune association trégoroise Second Degré organise des soirées de musique électronique depuis 3 ans. En ces temps de confinement, l'association n'éprouve aucunes pertes économiques. A l'inverse de grands festivals comme Les Vieilles Charrues, Art Rock ou Panoramas.

Depuis le début des restrictions liées à l'épidémie du Covid-19, de nombreux festivals ont dû reporter ou annuler leurs éditions 2020. Les grands festivals bretons comme Les Vieilles Charrues, Art Rock ou Panoramas ont dû se plier face à l'épidémie grandissante. Pour Second Degré, petite association d'une vingtaine de membres, la gestion économique se limite à la bonne entente avec les partenaires et les artistes. "Même si c'est dans les projets de Second Degré, nous n'avons pas encore de salariés", explique le co-fondateur Thomas Lorgeré. Un problème que doivent gérer les grandes associations de festivals disposant de plusieurs membres permanents.

Nuit au château de Bien-Assis reporté au 8 mai 2021

Le collectif de jeunes amis trégorois, Second Degré, propose tous les ans des "nuits au château", mêlant découverte du patrimoine et musique électronique. Le 25 avril dernier, une nouvelle soirée qui aurait dû se dérouler entre les murs du château de Bien-Assis (Pléneuf-Val-André). Heureusement, l'édition pourra avoir lieu dans un an, le 8 mai 2021. "Nos partenaires et les artistes invités ont su être compréhensifs" raconte Thomas, soulagé.

Une vingtaine de jeunes composent l'association Second Degré. (Logo Facebook)

"Faire bouger les jeunes du Trégor"

Thomas, actuel chargé de communication, revient sur la création de Second Degré. "Il y a 5 ans, nous faisions des soirées entre potes et nous avons eu la volonté de créer quelque chose pour faire bouger les jeunes du Trégor", raconte-t-il. Et en 2017, la 1ère édition voit le jour dans un nouveau format de soirée. La "nuit au château de Kergrist" attire 1 000 personnes, "nous étions satisfaits, nous en avions prévu 500 !", explique Thomas. Leur première soirée étant réussite, l'association grandit et en 2018, deux nouvelles nuits au château sont programmées, l'une à Keranno (Grâces) et l'autre à Kergrist (Ploubezre).

Pour cette deuxième édition 2018 au château de Kergrist, l'association trégoroise voit les choses en grand : un festival sur 2 jours, un camping pour les festivaliers ainsi qu'une programmation alléchante. "Promouvoir le patrimoine breton à travers nos soirées a beaucoup plu, mais on a perdu pas mal de budget sur cette édition", se remémore Thomas. Heureusement, "la dernière édition en 2019 s'est bien passé, nous avons pu retomber sur nos pattes".

Pour la fin de l'année 2020, Second Degré prévoit de fêter ses trois ans, "on espère que tout va se dérouler comme prévu, ce ne sera pas une édition gros budget", prévient le jeune originaire de Tréguier. Les membres de Second Degré gardent les pieds sur terre, avec beaucoup d'idées en tête.

La playlist confinement de Thomas, spéciale édition 2020

Le jeune de 24 ans nous a sélectionné ses artistes préférés qui aurait dû venir lors de l'édition du 25 avril au château de Bien-Assis. "Chaque année, nous essayons à la fois de ramener des bonnes têtes d'affiches et de faire découvrir des talents locaux". Une playlist à écouter avant de retrouver les dancefloors, ou plutôt les parvis des châteaux.

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