Skip to content

Le problème des violences faites aux femmes ne disparait pas pendant le confinement. Les bénévoles sont en branle bas de combat dans les structures de soutien aux victimes de violences conjugales.

Lannion n'échappe pas à la problématique des violences intrafamiliales. Les victimes de violences conjugales sont d'habitude accompagnées par l'association LePas crée en 2007. Les structures d'aides aux personnes confrontées à ces violences attendent la fin du confinement dans la région avec anxiété alors qu'à la fin de la première semaine de quarantaine imposée le nombre de signalements de violences avait augmenté de 32% en zone rurale selon le ministère de l'intérieur.

Une situation explosive

Morgane Boete, psychologue intervenant dans la structure s'attend à une augmentation subite du nombre de consultations, expliquant que "pendant le confinement c'est encore plus complexe pour elles d'alerter sur leur situation". Le confinement à contraint les femmes victimes de violences conjugales à rester toute la journée avec leur conjoint et les moments d'isolement qui auraient pu permettre de donner l'alerte de manière discrète se sont réduis à peau de chagrin. La fin des mesures de restriction prévues pour le 11 Mai pourrait faire bondir les appels à l'aide. Morgane Boete s'inquiète de la situation à venir expliquant que "pour le moment on a peu d'appels" mais sait que la situation va s'aggraver.

Une vigilance accrue

Les pouvoirs publics ont répondu à l'augmentation importante du nombre de signalements par une communication accrue appelant à la vigilance des proches sur des signes de violences subies. La psychologue se réjouit de l'attention importante portée sur le sujet des violences conjugales même si certaines réticences se font sentir. Pour elle, "il faut continuer d'en parler" insistant sur son caractère généralisé. Pour la médecin diplômée courant 2002, il y a un lien évident entre la médiatisation et le nombre de prises en charge, "on le voit bien, peu après un événement ponctuel médiatisé on a des gens qui viennent nous voir".

Manque de moyens

Des nouveaux dispositifs d'alerte ont aussi été mis en œuvre, une simple phrase prononcée à un pharmacien peut déclencher l'appel des forces de l'ordre. Même si la psychologue accueille avec optimisme les propositions gouvernementales, le manque de moyen est une grande préoccupation dans le milieu associatif dédié aux violences faites aux femmes. Mais l'heure n'est pas à la levée de fond pour la médecin engagée qui improvisera au moment venu pour essayer de venir en aides à toutes celles qui en ont besoin. "On fera avec ce que l'on aura" dit-elle pour terminer.

Pour éviter la propagation du coronavirus dans les prisons, des détenus en fin de peine et en détention provisoire ont été libérés. A Saint-Brieuc, la maison d’arrêt reste pourtant soumise à une forte surpopulation, incompatible avec le respect des règles sanitaires.

La maison d’arrêt de Saint-Brieuc n’a jamais accueilli aussi peu de détenus. Et pourtant, la surpopulation carcérale reste très forte. Malgré les mesures prises par l’administration pénitentiaire, qui a décidé de libérer exceptionnellement des détenus en fin de peine, la crise sanitaire actuelle aggrave les conditions d’incarcération des détenus français. 

Nous nous sommes entretenus avec Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), qui accompagne les proches des détenus avant les visites au parloir.

La maison d'arrêt de Saint-Brieuc accueille aujourd'hui 124 détenus. Crédits : DAVID ADEMAS / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Surpopulation carcérale  

Fin mars, ils étaient 166 prisonniers à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc. Ils ne sont plus que 124. « On n’a jamais eu aussi peu de détenus », se réjouit Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (AFDMA 22). Les libérations anticipées et le fonctionnement ralenti de la justice réduisent le taux d’occupation des prisons un peu partout en France. « Les seules incarcérations en ce moment, c’est pour violences conjugales », précise le co-président de l’AFDMA 22. Mais à Saint-Brieuc, malgré 25 % de détenus en moins et un taux d’occupation de 144 %, la surpopulation carcérale reste supérieure à la moyenne nationale qui vient de passer pour la première fois depuis plusieurs décennies sous la barre des 100 %. Malgré une capacité d’accueil de 86 places théoriques, les détenus se partagent à trois des cellules de neuf mètres carré. La promiscuité empêche l'application des gestes barrières et le respect des règles de distanciation sociale. En Bretagne, 324 détenus en fin de peine ont été libérés

Même si la tendance générale est à une diminution de la surpopulation carcérale, Jean-Jacques Le Doré est plutôt pessimiste. « Quand la justice va se remettre en place ça va repartir. Pour que ça baisse vraiment, il faudrait une décision ministérielle. Sinon il n’y a pas de raisons que les procureurs condamnent moins », déplore le co-président de l’AFDMA de Saint-Brieuc. 

Des conséquences sur les détenus

L'isolement et la promiscuité « fragilisent l'état psychologique de certains détenus », explique Jean-Jacques Le Doré. La crise sanitaire aggrave un contexte difficile, déjà exacerbé par la surpopulation. Avec la fermeture des parloirs le 17 mars, garder le contact avec leurs proches est devenu plus compliqué pour les détenus. « Mais depuis le début de l’année, toutes les cellules de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc sont équipées d’un téléphone ». ajoute Jean-Jacques Le Doré ; un moindre réconfort en attendant une reprise progressive des visites.

Réouverture des parloirs le 11 mai

Les parloirs de tous les établissements pénitentiaires devraient réouvrir le 11 mai dans le cadre d'un déconfinement progressif.  Les visites seront limitées à une personne un masque obligatoire. L’AFDMA 22 se prépare elle aussi à accompagner les proches des détenus à partir de lundi.

AFDMA 22 : 16, rue de la Tullaye 22000 Saint-Brieuc, 02 96 52 06 94

A lire aussi : A Lannion, les associations attendent de pied ferme la fin du confinement

La mobilisation en faveur de l’accès aux plages et du littoral ne cessait de s’étendre depuis quelques semaines. Jeudi 7 mai, Christophe Castaner, a annoncé que la réouverture des plages sera possible au cas par cas "sur autorisation des préfets ». Si certains se félicitent de cette annonce, d’autres craignent que les plages restent inaccessibles encore plusieurs semaines ou que les mesures de sécurité ne soient pas respectées.

L’incompréhension montait ces dernières semaines chez certains élus, habitants, et commerçants bretons face à la fermeture des plages et du littoral initialement prolongée jusqu’au 1er juin. Mais leur mobilisation semble avoir porté ses fruits. Lors d'une conférence de presse, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a annoncé que « le Préfet pourra autoriser l'accès aux plages, lacs et centres nautiques sur demande des maires ». Cette décision a aussitôt fait réagir certains élus qui plaidaient un accès aux plages et à la mer depuis leur fermeture. « Je me félicite de la décision du gouvernement [ …]. C’était une demande des élus du littoral breton, appuyée par les parlementaires. Le bon sens peut se conjuguer avec les impératifs sanitaires » s’est empressé d’écrire le député costamoricain, Éric Bothorel, sur son compte Twitter. Comme 61 députés français, il avait signé quelques jours auparavant, un courrier adressé à Edouard Philippe et à Roxana Maracineanu, ministre des Sports, en faveur d’un « retour à l’océan et à la mer par l’autorisation de la pratique d’une activité physique responsable et citoyenne à partir du 11 mai ». 

« La règle générale, c’est la fermeture »

Lors de la conférence de presse sur le déconfinement, Christophe Castaner a toutefois précisé que « la règle générale, c’est la fermeture ». Dans tous les cas, cette décision relève, dans un premier temps, de la responsabilité des maires. Et certains d’entre eux, ne solliciteront pas les Préfets pour autoriser l’accès à leurs plages. Gilles Sergent, maire de Beuzec-Cap-Sizun, et les habitants de cette commune finistérienne attendront encore quelques semaines avant de remettre les pieds à l’eau. « Ce n’est pas une urgence. L’accès à la mer est secondaire, et les plages relèvent du loisir. On rouvre les écoles, les transports, c’est déjà beaucoup. Il vaut mieux rester prudents. » Lui, préfère attendre le 1er juin, comme prévu initialement par le Gouvernement pour autoriser l’accès aux plages dans sa commune. « Si on a un retour de bâton suite au déconfinement, nous le ressentirons fin mai ou début juin. À partir de cette date, nous verrons si c’est possible de rouvrir les plages et sentiers côtiers, parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions, ce n’est pas gagné. Restons prudents, le 1er juin viendra très vite"

D’autres élus craignent quant à eux, une invasion des littoraux une fois leur accès autorisé. « Si les gens restent les uns sur les autres sans bouger, ça deviendra embêtant. » prévient Philippe Delsol, maire de Plouha dans les Côtes-d’Armor. Face aux propositions du Gouvernement, Dominique Salvert, maire de l’Ile de Sein qui compte moins de 250 habitants au large de Brest, ne se sent pas vraiment concerné. « Chez nous, ce n’est pas un problème la réouverture des plages puisque les touristes ne peuvent pas accéder à l’île. » Cependant, à la place de nombreux maires qui doivent aujourd’hui prendre une décision, son avis est bien tranché.

Si j’étais maire d’une grande commune touristique sur le littoral, je ne serais pas favorable à la réouverture des plages. Dans certaines villes balnéaires, c’est évident que si on les rouvre, les plages vont être prises d’assaut.

Dominique Salvert, maire de l'Ile de Sein
Comme celles du Cap-Fréhel, les plages pourront rouvrir sous dérogations à partir du lundi 11 mai. / CRÉDIT PHOTO : leparisien.fr  ©Olivier Boitet

Un retour sur les plages sous conditions 

Ces dernières heures, sur les réseaux sociaux les propositions pour garantir l’accès aux plages en toute sécurité ont fusé. Elles fleurissent sur le net : créneaux horaires, couloirs d’accès à la mer comme c’est le cas à Sydney, box en thermoplastique transparents proposés par une entreprise italienne, ou encore un « pass plage » comme cela est expérimenté à Ostende, en Belgique. Les internautes n’ont pas hésité à les relayer afin de regagner rapidement les plages. Des exemples sur lesquels pourraient s’appuyer certains maires avant d’émettre une demande auprès de la préfecture de leur département.

Daniel Moysan, maire de Crozon, aussi président de la communauté de commune Presqu’île de Crozon-Aulne maritime, veut s’assurer que l’accès aux plages soit possible tout en respectant les mesures de sécurité. « J’ai donc lancé le service de l’espace naturel de la communauté de commune pour me faire des propositions afin qu’on puisse fréquenter les plages, pratiquer les disciplines associées de façon à ce qu’on vienne pas détruire ce que nous avons gagné avec le confinement », affirme-t-il. Sa presqu’île compte 61 km de littoral, alors cette décision qu’il prendra dans les jours à venir, sera mûrement réfléchie. « Je demanderai au Préfet d’autoriser l’accès à notre littoral lorsque je recevrai un plan cohérent et réaliste qui permettra de contrôler la transmission du virus », assure Daniel Moysan.

La mobilisation reste malgré tout présente

Malgré les annonces du ministre de l’Intérieur, la mobilisation en faveur de la réouverture des plages et du littoral est loin de s’atténuer. Des associations appellent à la désobéissance civile et à la mobilisation sur les plages, lundi 11 mai au matin en Bretagne. Le rassemblement prévu sur la plage de Trestel à Trevou-Tréguignec dans les Côtes-d’Armor aura tout de même lieu. Johann Michaux, Président de l’Association costarmoricaine de protection de la mer et du littoral, Nique pas ta mer, s’est joint à ce mouvement. Pour lui, les plages ne pourront pas être accessibles dès le 11 mai, comme l’a annoncé le Gouvernement.

Ces décisions vont être prises par les mairies, sachant que les élections municipales ont été bloquées, puis renvoyées aux préfectures, qui elles vont se réunir pour établir des arrêtés. Tout cela demandera combien de temps encore ? Peut-être un mois ! insiste Johann Michaux.

Ce lundi 11 mai, une manifestation pacifique aura lieu sur la plage de Trestel à Trévou-Tréguignec pour demander l'accès aux plages sans dérogation des maires. / Photo : letelegramme.fr ©Hervé Moisan

Il espère voir les manifestants en nombre. « Nous invitons chacun à venir à 11h sur la plage de Trestel, et à se vêtir de rouge. Le rouge est la couleur du mécontentement et de la colère. Nous préparons affiches et banderoles. » Cependant, en cette période de pandémie, le respect des gestes barrières reste primordial. « Nous demandons aux participants de respecter les consignes de sécurité mises en place par le Gouvernement, à savoir les distances, le port du masque, pour que tout se passe pour le mieux », assure-t-il.

Le 2 mai, Marjorie Sanchez, a créé une pétition sur le net. Depuis, elle a réunit plus de 28 000 signatures. « J’avais besoin de communiquer ma colère et de voir les réactions des gens. Je me suis dis que ça allait peut-être faire réagir les personnes. Depuis les annonces du Premier Ministre la semaine dernière, la pétition a bien circulé. Je me suis finalement rendue compte que la plupart des personnes partageaient la même opinion que moi. » En prenant connaissance des annonces du Gouvernement, cette habitante de Plobannalec-Lesconil semble satisfaite de son initiative. « Les nouvelles sont optimistes. J’espère que le Préfet rouvrira les plages rapidement avec du bon sens ». Cependant, sa pétition ne sera stoppée que « lorsque les barrières aux plages seront levées ». 

Depuis le début du confinement, les plages sont vides. Cette situation a donné lieu à des rencontres insolites. Un chevreuil s'est baigné dans le Morbihan.

L’inquiétude demeure chez les commerçants 

Même si la réouverture des plages est possible, « la règle générale, c’est la fermeture » a bien précisé le ministre. Des mesures qui ne satisfont pas vraiment les commerçants. Sur les côtes bretonnes, le passage dans les commerces est essentiellement lié à leur proximité avec les plages. Commerçants et artisans craignent une absence totale de clients la semaine prochaine. Céline Rousseau, est présidente de l’association des commerçants et artisans de Locquirec, et tient aussi "l'Atelier de Linou".

« Nous, commerçants, vivons essentiellement grâce au côté balnéaire de Locquirec. Si l’accès aux plages reste donc interdit, les gens ne se déplaceront pas et ne viendront pas consommer. »

Céline Rousseau, présidente de l’association des commerçants et artisans de Locquirec

La saison estivale, période clé pour les commerçants et artisans, aurait dû commencer depuis quelques semaines et ce manque à gagner risque d'être encore prolongé. « Il va y avoir un fort impact sur nos activités économiques. Et même si nous travaillons essentiellement en période d’été, notre saison commence dès avril. La plupart de nos commerces rouvrent lundi, j’ai peur qu’il n’y ait personne », s’inquiète la graphiste. 

Le retour en classe se fera donc le lundi 11 mai, peu de temps avant les épreuves du baccalauréat. Une partie de l’examen sera comptabilisée en contrôle continu. Tout en sachant que les résultats obtenus lors du confinement ne seront pas comptabilisés dans la moyenne. Mais se pose alors une question : combien de jours les élèves auront en présentiel avant l’examen pour le contrôle continu ?

Pour rappel, les établissements scolaires avaient été fermés le 16 mars 2020 en France afin de stopper la propagation du Covid-19. Ces fermetures sont intervenues en pleines révisions pour les quelques 70 000 lycéens en âge de passer l’examen.

Pour les élèves de terminale générale et technologique, il a été décidé que le bac 2020 aura bien lieu mais sans épreuves écrites. La notation prendra en compte le contrôle continu, comme le rappelle Axelle Choffat dans un article pour l’Intern@ute. Le ministère de l’Education a précisé que « l’ensemble des épreuves seront validées par la note obtenue dans les disciplines concernées durant les trois trimestres de l’année de terminale, à l’exception des notes obtenues pendant la période du confinement ».

Le ministère assure qu’un jury d’examen étudiera les livrets scolaires afin de regarder « le cas de chaque élève » et de « garantir l’harmonisation entre les candidats. »

Pour les élèves n’ayant pas de moyenne générale au-dessus de 10, donc ne s’assurant pas le diplôme grâce au contrôle continu, un oral de rattrapage est envisagé au mois de juillet. Cet oral serait accessible uniquement pour les élèves ayant une moyenne entre 8 et 9,99 et sous réserve de faisabilité.

Un baccalauréat équivalent à celui des années précédentes ?

Valentine Percot, une élève de terminale décrochant son baccalauréat mention bien, souligne que les oraux de rattrapage « sont une bonne chose » pour les élèves dans le besoin. Elle « regrette néanmoins le fait qu’il n’y est pas d’épreuves écrites » : « la mention très bien était un vrai objectif à ma portée ». Avec ces modalités post-confinement, « impossible, pour elle, de l’avoir ». De quoi la décevoir malgré l’obtention de son bac mention bien.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, s’est exprimé sur les modalités du bac 2020 lors d’une conférence télévisée le 3 avril. Il a dit s’être appuyé sur les critères suivants pour prendre sa décision : « ne pas léser les élèves », « garantir la qualité et l’équité du diplôme du baccalauréat afin qu’il soit un véritable baccalauréat » et « s’assurer qu’il y ait le maximum de semaines en cours, notamment au mois de juin ».

Léonie Dinel, élève de terminale, se pose aussi la question de la valeur de son baccalauréat : « vaudra-t-il autant que ceux des années précédentes ? » Doute qui persiste dans la tête de plusieurs élèves de terminales souhaitant ensuite intégrer de grandes écoles. Jean-Michel Blanquer a promis sur le site du gouvernement que « le baccalauréat 2020 donne les droits habituels des bacheliers à tous ses titulaires ». Il précise également que si un élève a été admis à une formation de l’enseignement supérieur « notamment dans le cadre de Parcoursup, [ils pourront] s’inscrire dans la formation visée une fois le baccalauréat obtenu ».

Le maintien des oraux de français ne fait pas l'unanimité

En ce qui concerne les élèves de premières pour le baccalauréat de français, c’est encore une autre affaire.

Le 3 avril lors de sa conférence télévisée, Jean-Michel Blanquer a annoncé que la deuxième session d’E3C (épreuves communes de contrôle continu), ni l’épreuve écrite de français se tiendront en 2020. L’épreuve orale du bac de français est tout de même maintenue même si les élèves sont encore dans le flou : l’oral se tiendra « fin juin, début juillet » mais pas plus de précision.

Comme le rappelle Thibaut Cojean dans un article pour l’Etudiant, la note de l’épreuve écrite de français sera déterminée par « les notes des trois trimestres de premières […] sauf celles obtenues pendant la période de confinement ».

Ces modalités post-confinement n’arrangent pas tout le monde. Marilou Jourand, plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, aurait préféré l’inverse : « ça ne m’avantage pas forcément ».

Naomie Jourand · Avis de Marilou Jourand

Mais Marilou peut se rassurer : « leur programme est allégé » le rappelle Le Parisien dans un article. Désormais les élèves de premières se contenteront de réviser 15 textes en série générale et 12 textes en série technologique.

Mais tout le monde n’est pas d’accord pour maintenir l’oral de français. Le SNES-FSU, premier syndicat enseignant, s’insurge : « pourquoi maintenir cette épreuve quand toutes les autres sont annulées ? ». Le syndicat s’appuie sur un argument non-négligeable : les mesures sanitaires ne peuvent être respectées durant l’épreuve. Jean-Luc-Levénès, adhérent au syndicat, précise à France Bleu : « on va manipuler des brouillons, des cartes d’identités, des stylos. Et les classes seront-elles désinfectées entre chaque élève ? » C’est donc l’inquiétude qui règne du côté des enseignants. Le professeur poursuit en dénonçant le manque d’équité de l’épreuve : « il y a des élèves qui sont équipés, avec des ordinateurs et des parents derrière, d’autres élèves qui n’ont qu’un téléphone, d’autres n’ont pas internet pour réviser et recevoir les cours ».

Une pétition a été lancée en ligne afin de demander l’annulation des épreuves orales du bac de français. Elle recueille déjà plusieurs milliers de signatures.

Le point de vue du SNES-FSU est partagé par la CGT Educ’Action qui préférerait également « un report ou un passage en contrôle continu ». Ils soulignent un acharnement à l’encontre des lycéens : « non seulement ils ont essuyé les plâtres avec les E3C, mais en plus on leur demande de passer la pire épreuve sans y être préparés. Ça fait beaucoup en une année ».

Fabien Fourel dans un article pour France Bleu Azur, a recueilli les propos des parents d’élèves de la FCPE des Alpes-Maritimes. Céline Vaillant s’inquiète que le bac 2020 soit pénalisant pour toute une génération : « même un report de l’épreuve en terminale serait dommageable. Les élèves sont déjà très chargés en terminale. »

Cette perplexité est partagée par les parents d’élèves qui ne savent pas exactement sur quel pied danser. Florence Jourand, dont sa fille est censée passer l’oral de français entre le 26 juin et le 4 juillet, souhaite qu’elle passe l'épreuve seulement si les règles sanitaires sont respectées.

Sur le site du gouvernement, Jean-Michel Blanquer assure tout de même que l’examen pourrait « se tenir dans le respect des règles sanitaires strict si la situation perdurait ». Interrogé en milieu de semaine par BFM TV, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il considérait « que ça reste possible que, dans la dernière semaine de juin, les conditions sanitaires permettent de le faire passer ».

Le fabriquant de bottes en caoutchouc Aigle a repris sa production depuis le 4 mai 2020. Le retour au travail a été un véritable casse-tête pour les dirigeants.

La production a repris peu après les annonces de déconfinement du gouvernement le 28 avril dernier. Situé à Ingrandes sur Vienne (86), l'usine Aigle compte près de 1 000 employés. Spécialisée dans la fabrication de bottes en caoutchouc depuis 1853, la production a repris du service depuis le 4 mai. Avant le confinement, Aigle produisait des bottes en caoutchouc qu'elle vendait à travers le monde, mais sa production a soudainement été arrêtée. Une partie de l'atelier avait alors été réquisitionnée afin de produire des masques en tissu pour les collectivités. L'entreprise a cependant dû s'organiser pour le retour de ses ouvriers.

Une stratégie de retour longuement discutée

De nombreuses questions restent en suspens, comme le port obligatoire du masque ou encore une reprise à temps partiel pour certains. Le Premier Ministre Edouard Philippe a d'ailleurs annoncé que les usines allaient être en capacité de protéger ses employés, lors de son discours le 07 mai 2020 à Matignon. La direction de l'entreprise avait déjà pris ses précautions au préalable en commandant un stock important de masques en Asie il y a quelques semaines.

Afin d'être équitable, transparente et de répondre aux questions de ses salariés, Aigle a consulté ses responsables ainsi que ses syndicats afin d'établir le meilleur plan sanitaire possible. La direction l'affirme, une vraie discussion a eu lieu entre les différents échelons de l'entreprise. En effet, chaque responsable a été consulté afin de choisir le meilleur scénario de reprise. L'une des options était de reprendre en équipe, les syndicats ont cependant averti que certains employés avec des enfants ne pourraient pas travailler à 5 heures du matin dès le 4 mai. La solution choisie a été un retour progressif par secteur des employés, étalé sur une semaine. Il semblerait donc qu'Aigle ait été à l'écoute de ses salariés. La direction espère ne pas faire face aux protestations comme c'est le cas pour le groupe PSA.

Visite de l'usine Aigle à Ingrandes sur Vienne (86) Source : TV7 Bordeaux

Selon Stéphanie Lacroix*, responsable des secteurs montage, préparation et finition, "cela a permis une meilleure communication dans une entreprise de cette taille". Tout le monde étant en télétravail, les décisions se sont prises à distance. "Nous avons eu plusieurs réunions en visio-conférence, notamment avec la directrice du site Aigle, Virginie De Maillard", explique la jeune femme. La reprise a donc été encadrée afin d'assurer une sécurité pour tous.

Des mesures drastiques pour une protection optimale

Une telle communication est assez rare dans une entreprise de plus de 1 000 employés. Cela a permis aux employés comme Ludovic Jean* de moins appréhender le retour dans l'atelier. "On nous a prévenu deux semaines avant des précautions qui avaient été prises, et des changements qui allaient bouleverser nos journées de travail. Ils ont pris le temps de nous expliquer que nos pauses allaient être réduites, que nous n'aurions plus accès aux machines à café. On nous a aussi dit que l'accès aux vestiaires et aux douches nous serait interdit, ça risque d'être compliqué pour certains postes salissants".

Image d'illustration des mesures mises en place dans les usines.

Bien qu'organisée, cette reprise a été quelque peu déstabilisante pour les ouvriers. "J'ai dû ce matin partir de chez moi habillé en tenue de travail, vu qu'on n'a plus accès aux vestiaires. J'ai reçu deux masques en tissu à l'entrée pour 8 heures de travail. On revoit nos collègues mais à travers les plexiglas. C'est une ambiance étrange", témoigne David Crochu, ouvrier de l'usine depuis 20 ans. Ces mesures ont été prises afin de respecter les annonces faites par le gouvernement. Aigle a déjà annoncé équiper ses salariés de masques en tissus de leur production dès la semaine prochaine.

"Nous avons pris toutes les mesures nécessaires, nos employés seront protégés."

Affirme Stéphanie Lacroix, responsable chez Aigle.

Afin de décider des moyens à mettre en place, Aigle a décidé de s'appuyer sur les mesures qu'avaient prises d'autres entreprises de la région comme Fenwick-Linde (86). Ces mesures, bien qu'étant là pour protéger les salariés, les contraignent. C'est notamment le cas pour les pauses repas qui sont réduites de moitié, permettant ainsi un roulement et donc un respect des distanciations sociales. Le micro-ondes étant interdit, l'un des travailleurs a dû emporter un sandwich à midi et manger dans sa voiture. Certains comme Ludovic Jean ou David Crochu craignent un soulèvement de la part des ouvriers si la situation devait se prolonger, au vu de leurs conditions loin d'être idéales. Cependant, certaines conditions semblent difficiles à faire appliquer, comme l'interdiction de ventilateurs, lorsque l'on sait que des personnes travaillent au contact de fours à plusieurs centaines de degrés. La direction assure cependant que les mesures se seront pas permanentes. Tout dépendra de l'avancée de la production mais surtout des annonces du gouvernement.

Un déficit maîtrisable

Concernant l'aspect économique, Aigle SA a un capital de 6 126 332 euros, l'entreprise n'est pas non plus en déficit budgétaire. Le Coronavirus a eu un impact certain sur l'entreprise, cette dernière prévoit un chiffre d'affaire divisé par deux pour le mois de mai. Cependant la direction semble confiante, comme l'affirme plusieurs ouvriers ainsi que Stéphanie Lacroix "Nous sommes normalement en pleine période de production de bottes pour la chasse. Cette année les choses vont être un peu différentes, mais on ne prévoit pas de licenciements, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour". Pour preuve, un récent recrutement a eu lieu aux calandres, secteur qui retravaille la matière première afin de la préparer pour en faire une botte. Donc même si Aigle a connu un déficit de ses ventes au cours des deux derniers mois, les ventes par Internet ont pu continuer.

Fabrication d'une botte Aigle Source : Office du Tourisme de la Vienne

Une atmosphère positive semble planer sur l'entreprise, comme l'indique la directrice industrielle Nathalie Blanchet "Nos magasins devraient rouvrir courant semaine prochaine, au niveau mondial. Nous espérons ainsi éviter un déficit important". Le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, avait sonné l'alerte : l'économie doit repartir. C'est donc ce qu'essaye de faire Aigle, en ne poussant pas la productivité mais en optant plutôt pour une reprise en douceur. "Je devais travailler de 7h30 à 15h30 aujourd'hui, mais ils m'ont finalement laissé partir à 12h30 car le travail était fini", témoigne David Crochu. La direction semble donc avoir pris les mesures nécessaires pour reprendre une activité en toute sécurité.

* Certains noms ont été modifiés

Pendant le confinement, Marie-Laure et sa jument assurent la livraison à domicile pour les habitants. L'entraide de proximité permet au village de mieux supporter la crise sanitaire.

Depuis le début du confinement, Marie-Laure et sa jument sillonnent les rues du petit village breton pour livrer de la nourriture aux habitants. Le 16 mars dernier, Emmanuel Macron a annoncé un confinement strict pour tous les français afin de lutter contre la propagation du Covid-19. La solidarité est de rigueur pour assurer le ravitaillement des plus vulnérables. La jeune femme a décidé de mettre sa calèche au service des petits commerces de Romillé. “Les boutiquiers sont les premiers touchés par cette crise. Ils se retrouvent en grande difficulté économique. J’ai donc décidé de m’associer avec eux pour livrer les personnes qui ont peur de se déplacer.” explique-t-elle. Les clients passent commande auprès de la cavalière par SMS ou par voie électronique. Marie-Laure fait ensuite le tour des boulangeries, de la boucherie, du primeur et de l’épicerie de la commune pour préparer les paniers des habitants. Elle livre entre 10 et 15 commandes par jour.

“Ce sont essentiellement des personnages âgées qui font appel à mes services”, précise-t-elle. Les grandes surfaces sont des lieux à risques pour ces personnes, ainsi la livraison à domicile est une alternative que beaucoup adoptent. “Cette initiative nous permet de garder du lien avec nos clients. Il faut trouver des solutions pour tout le monde et surtout pour les plus exposés au Covid”. confie Anne Denay, gérante de la boulangerie Au bonheur gourmand. Crise sanitaire oblige, Marie-Laure ne quitte jamais son masque et ses gants. Sa calèche est équipée d’une bassine de javel lui permettant ainsi de désinfecter ses équipements régulièrement. Lors des livraisons, la distanciation sociale est respectée et les paiements dématérialisés privilégiés.

La calèche comme vitrine pour les commerçants

La livraison à domicile n’est pas la seule activité de la jeune femme. Elle soutient les commerçants du village en affichant gratuitement sur sa calèche des affiches publicitaires. Avec sa jument, elle circule régulièrement autour de l'Église pour assurer une visibilité aux petites boutiques de la commune. Cette initiative a été pensée par la mairie pour relancer le commerce de proximité. “Nous sommes conscients des impacts de la crise sur le circuit court. La calèche de Marie-Laure permet de faire connaître aux habitants les dates de réouvertures de certaines boutiques. Nous comptons sur la solidarité des romilléens et des romilléennes pour consommer local.” explique la maire.

La calèche permet aussi de promouvoir certains services peu connus des résidents. Ainsi, nous pouvons voir sur cette dernière les coordonnés d’un cabinet de réflexologie. “Je ne savais pas du tout que cette activité était présente à Romillé. C’est un moyen ludique de communiquer autour de ça, ça attire l’œil des enfants, on est intrigués”, confie Pierre, un habitant du village.

Et après le confinement ?

Le 11 mai signe la fin du confinement pour les français. L’avenir inquiète autant qu’il interroge. Si le Premier ministre a annoncé que les personnes âgées pourront, elles aussi, être déconfinées, leurs déplacements devront rester très limités.

Marie-Laure compte bien poursuivre ses services de livraison pour accompagner les plus vulnérables. “A long terme, j’aimerai en faire mon activité principale. Aujourd’hui je ne peux pas en vivre, je ne suis pas assez sollicitée. Je travaille actuellement avec la nouvelle municipalité pour développer des projets originaux. J’emmène régulièrement ma jument chez le vétérinaire et le maréchal ferrant, il faut que je rentabilise mes frais” explique cette dernière. La cavalière cherche donc des solutions pour tirer des bénéfices de son activité. Elle a commencé à démarcher certaines boutiques pour proposer aux clients les plus fidèles un tour de calèche dans le village et aux alentours. En échange, les commerçants devront lui verser une cotisation mensuelle. Ce système de partenariat peut alors inciter les habitants à consommer local. Les tours de calèche proposés par Marie-Laure permettent également de mettre en avant un moyen de transport alternatif, bon pour l’environnement.

____________________

Contact : 06 80 61 33 92

Le confinement, imposé par l'épidémie du COVID-19, a augmenté de plus de 30% les signalements des violences conjugales en France. Cette mesure de "protection" pour tous.te.s les Français.e.s, afin d'éviter la propagation du virus, a eu l'effet inverse pour ces femmes qui se retrouvent coincées avec leur bourreau. En Bretagne, des aides sont mises en place, pourtant le suivi des victimes reste difficile.

EN FRANCE, LES FEMMES VIVENT UN ENFER

"Cette fois, les coups de poings se sont abattus. D'abord sur son visage, puis sur ses yeux, puis ses bras. Camille en cris, se recroqueville au sol dans un coin de mur. (...) Le bruit réveille dans sa chambre Louis, 11 ans et demi. " raconte le journal Marianne, à propos de Camille, victime de violences conjugales.

33 femmes sont mortes sous les coups de leurs (ex) conjoints depuis le début de l'année 2020. EN 2019, ce sont 149 femmes qui ont succombé à leurs blessures. En France, le nombre de victimes de violences conjugales est estimé à 219 000 par an.

Depuis le mardi 17 mars 2020, tou.te.s les Français.e.s ont reçu l'ordre de rester confiné.e.s chez eux.elles. Les seules exceptions de sorties étant pour les besoins nécessaires avec une attestation sous peine de sanction(s). Pour les femmes victimes de violences conjugales, ce confinement est un terrain encore plus dangereux. Les chiffres le démontrent : les signalements ont augmenté  de 32 % en zone rurale et de 36% en zone d'agglomération : "Il y a une hausse des signalements [de violences conjugales] auprès des forces de l'ordre", a déclaré Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, jeudi 16 avril sur franceinfo.

Pour ces femmes battues, c'est la peur qui pèse tous les jours. Enfermées entre 4 murs, l'inquiétude règne. La boule au ventre constante, la crainte de dire quelque chose de travers qui pourrait déclencher la bombe, la colère de leur martyre, de l'homme avec qui elles sont coincées.

Pour Zahrah AGSOUS, chargée de mission pour l’action contre les violences masculines faites aux femmes et aux mineures, à Paris, le gouvernement est efficace mais ce n’est pas la réalité : “c’est très complexe de déterminer s’il y a réellement des violences ou non. Les femmes sont victimes de violences oui, mais depuis le confinement, ce sont les signalements qui ont augmenté car les femmes ne peuvent pas s’échapper des mains de leur bourreau. Est-ce que le  nombre de femmes sauvées a évolué? Je ne pense pas. Avec l’épidémie, les centres d’accueil logent encore moins de femmes.’’ 

Source: @collage_feminicides_Lannion

EN BRETAGNE : DES CHIFFRES ET DES MESURES

Gendarme en Ille-et-Vilaine, Sylvain Le Nicol traite des affaires de violences conjugales : "parfois, entre ce que le gouvernement dit et ce qu'il se passe, c'est totalement différent. En Bretagne, il y a une progression sur certains départements c'est une bonne nouvelle." témoigne-t-il.

Face aux violences, et surtout depuis le début du confinement, de plus en plus de mesures ont été mises en place. "Le gouvernement a réagi rapidement cette fois" confie Laura*, psychologue clinicienne pour les victimes de violences conjugales.

Dans les pharmacies, un code  peut sauver les victimes : ''masque 19''. Ania*, assistante sociale locale tente avec ses collègues de prévenir les pharmaciens et pharmaciennes de Lannion. Ania est surprise des nombreuses mesures que le gouvernement a appliqué: '' j'essaye d'activer ces mesures nationales au niveau local, je ne sais pas s'il y aura des résultats."

"À l'avenir, ce code devrait rester, ça aide."

Est-ce que les résultats sont là ? De mars à mai 2019 et de mars à mai 2020, dans les départements des Côtes d'Armor et du Morbihan, les signalements des violences conjugales ont baissées. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut conclure que les violences conjugales sont moins présentes.

Si au niveau national tant bien qu'au niveau local, les mesures sont appliquées et peuvent paraître efficaces : ''il est indispensable que le Gouvernement continue sur la lancée. La plateforme d'éviction des conjoints violents est disponible seulement pendant le confinement mais je suis preneuse pour qu'elle soit étendue." explique Ania.

L'ARGENT MANQUE TOUJOURS À L'APPEL

Dans certaines régions, malgré ces évolutions, c'est un plus gros problème qui se pose. Laura, seule psychologue pour les victimes de violences conjugales dans la région des Côtes d'Armor a été placée en chômage technique : '' C'est inadmissible, c'est juste purement économique. Je ne sais pas comment les femmes que j'accompagnais vivent le confinement. Elles peuvent appeler le 17, le 3919 ou le 119, mais est-ce qu'elles le feront?". Pour les femmes et les enfants, c'est un véritable calvaire. La justice marche au ralenti. "Certaines mères ont prévenu des agressions sexuelles que leur compagnon avait infligé à l'enfant avant le confinement. Désormais, les affaires sont suspendues. Je ne sais pas du tout ce qu'il en est de ces personnes." explique la psychologue.

Pour les associations d'aide aux femmes, c'est aussi compliqué. En Ille-et-Vilaine, département où les signalements de violences conjugales ne font qu'augmenter, les centres ou associations sont indisponibles :

À Concarneau (29), le financement ne manque pas en ce temps de crise sanitaire. Même si toute l'année, le défaut du nombre de places reste pesant. Mais, aujourd'hui, les absents, ce sont les appels qui eux, ont diminué. L'association l'abri côtier permet de rediriger les femmes victimes de violences conjugales vers des centres d'hébergements. Pour les bénévoles, le flou est total. Pour eux.elles, si les signalements ont baissé c'est mauvais signe.

Bonnes nouvelles pour certain.e.s, mauvaises pour d'autres. Pendant ce confinement, les données sur l'augmentation des violences conjugales restent très floues. Seuls les signalements sont comptés. Cependant, la baisse ou l'augmentation de ces signalements ne peuvent pas démontrer qu'en Bretagne, et en France, les violences conjugales ont diminué ou augmenté. Le gouvernement et les associations ont multiplié les initiatives afin d'éviter les drames, mais l'isolement ne favorise pas la prise de parole des victimes.

* prénoms d'emprunt

-----------------------------------------------------------------

Numéros nationaux

Si vous êtes victimes ou si vous avez connaissance de personnes victimes de violences, téléphonez au 116 006. SMS au 116.

Depuis un ordinateur : www.urgence114.fr.

En cas d’urgences, composer le 17 ou le 3919

Le numéro de l’enfance en danger (pour les enfants et les jeunes jusqu’à l’âge de 21 ans) est le numéro 119 ou 114 par SMS.

Au niveau local

L’association France victimes 72 a mis en place un numéro de téléphone portable, tél. : 07-61-52-68-44. Adresse mail : accueil@francevictimes72.fr.

SOS Femmes accueil 72, tél. 02-43-78-12-75.

L'association LE PAS à Lannion (22) : 02 96 48 15 33

"C'est l'ennui. Je vais faire quoi ? Je vais prendre de la drogue."

Ils s'appellent Camille, Benjamin, Lucas, Imane ou Ellie. La drogue ils aiment ça. En gélule ou en poudre, elle fait partie de leur vie. Depuis le début du confinement, ils ont du s'adapter. Récit de 53 jours de consommation confinés, par la voix de ceux qui fument, qui sniffent, qui boivent, qui tripent et qui luttent.

Le confinement rime, pour la plupart des français, avec adaptation. Mais la consommation quotidienne de drogue ne s'adapte pas si facilement et n'en a que faire des épidémies. Il n'existe pas de télé-travail de l'addiction, encore moins de case à cocher "sortie pour aller acheter de quoi fumer". Consommateurs comme vendeurs ont du faire face à des difficultés inédites qui ont plongé encore davantage dans la difficulté ceux qui ne peuvent s'en passer.

Camille, 20 ans, cannabis et kétamine

Camille a vingt ans. Sa drogue préférée ? Le cannabis. C'est un petit bout de sa vie, c'est un "compagnon de chemin" et elle ne s'imagine pas vivre sans, COVID-19 ou non. Le début du confinement a été dur pour elle : impossible de trouver de quoi fumer, plus aucune livraison, crise d'angoisse à l'horizon. Camille a finalement réussi a se procurer de la Kétamine, un médicament utilisé comme anesthésique général en médecine humaine et animale. "J'ai tout fini en deux semaines... C'est pas bien !" avoue t-elle. Pour des personnes comme Camille, sujettes à l'angoisse, il est souvent difficile d'avoir des passages à vide : un jour sans prendre aucune substance ni aucun médicament. Le confinement et l'ennui ont aggravé cette sensation. Mais le plus pesant, c'est les autres. "Moi j'ai plein de chemins qui m'ont menée à la drogue. Mais c'est vrai que les gens s'en foutent de savoir comment t'en es arrivé là". Entre fausses attestations, cannabis et kétamine, Camille a accepté de mieux m'expliquer sa situation par téléphone.

Benjamin, 30 ans, cannabis

Benjamin est boucher, il vient de fêter ses 30 ans et porte des vêtements de toutes les couleurs . Régulièrement, il fume quelques joints "tranquille devant ses séries", mais aucune attache au produit : il a tout arrêté pendant le confinement, sans aucune difficulté. "J'avais terminé mon stock pour ne pas avoir à fumer pendant le confinement, il me restait plus grand chose. J'aurais pu fumer un joint par jour... mais ça ne me tentait pas, je préfère soit ne pas fumer du tout, soit fumer à fond". Pas de tracas pour Benjamin, le confinement a suspendu sa consommation mais cela n'a eu aucune conséquence sur son moral. Nous en avons parlé au téléphone, il a hâte d'être déconfiné mais pas forcément de recommencer à fumer.

Lucas, 23 ans, sobre depuis 53 jours

Lucas à 23 ans et a déjà pris 30 substances différentes au fil de sa vie. La drogue pour lui c'est avant tout des aventures, des expériences, des cases à cocher. "Je veux tester le plus de choses possibles", observe t-il. Comme Camille, il fume du cannabis et consomme régulièrement des drogues dures. Avant le confinement, Lucas se procurait régulièrement de la cocaïne, du LSD, des champignons hallucinogènes, de la morphine et surtout beaucoup de médicaments : du Xanax, ou de préférence du Tramadol mais toujours à titre récréatif. Pourtant, à l'instar de Benjamin, lui non plus n'a eu aucun mal à stopper sa consommation. Lucas a tendance à compenser avec des cigarettes, qu'il enchaîne, selon lui. Entre deux maux, il faut choisir le moindre.

Imane, 20 ans et Elie, 30 ans, cannabis et alcool

Imane à 20 ans, Elie en a 30 et tout deux vivent dans leur caravane, avec Kaïo, leur chien. Ce jeune couple a traversé de nombreuses épreuves. Sans argent et sans toit, ils ont fait la manche pendant un an avant de pouvoir trouver leur caravane. Elie est alcoolique, aidé et soutenu de toutes ses forces par Imane. Tous deux consomment régulièrement du cannabis et des drogues dures. Elie souffre de sa dépendance à l'alcool tandis qu'Imane craint tous les jours de retomber dans le cannabis - Elle en a fumé de manière intensive pendant quatre ans. Tous deux, cahin-caha se soutiennent et s'aident à avancer. Les drogues feront probablement partie de leur vie encore longtemps, mais tous deux réapprennent doucement à aimer de nouveau "la vie normale, sans rien prendre, se lever sobre, faire des choses". La transition commençait doucement à s'opérer chez eux quand le confinement à commencé. La pénurie de cannabis due à la fermeture des frontières et la hausse des prix de l'alcool les ont fermement poussé vers la sortie du tunnel. Ces 53 jours n'ont pas toujours été roses, et l'envie toujours plus dure à réfréner. Ils ont tout deux fait les écarts nécessaires au long processus de guérison "Je le disais tous les jours : je veux me droguer, on se fait chier, c'est le confinement !", s'amuse Imane. Comme Camille, l'ennui leur donne envie de consommer. Et pareillement, l'envie est parfois trop forte pour que ces deux abîmés de la vie ne lui résiste 50 jours. Imane et Elie ont accepté de témoigner face à la caméra pour une raison simple : "on a vu tellement de nos potes mal finir. Une de nos amies, on l'a retrouvée en overdose dans une cave, bouffée par des rats. On veut pas que ça arrive à d'autres gens".

Depuis le début du confinement et la fermeture de nombreuses entreprises, la consommation électrique a fortement chuté en France. S’il n’y a rien de dramatique, cette baisse est historique et mérite d’être mise en lumière. Cette énergie indispensable, dont nous évoquerons l’apparition, fait l’objet d’une surveillance permanente au quotidien, partout à travers le territoire.

Le grand voyage de l’électricité

Afin de bien nous mettre au courant, faisons un cours rappel du grand voyage de l’électricité. Depuis des milliers d’années, l’électricité n’a cessé de voyager. Et pour cause, cette énergie est impossible à contenir car elle connait une circulation permanente.  D’abord découverte dans le domaine médical grâce à la force électrique d’un poisson comme l’ambre, l’Homme a pendant longtemps chercher des réponses à son fonctionnement et ne peut, dans cette mesure, être défini comme son inventeur. Néanmoins, il reste à l’origine de sa découverte et de sa maîtrise.

En 1800, Alessandro Volta invente la première pile de l’histoire de l’Humanité. En 1879, l’Américain Thomas Edison met au monde la première ampoule capable d’éclairer grâce à de l’électricité et construit, dans la foulée, la première centrale électrique. Dès lors, des centaines de centrales électriques sont mises sur pied, partout à travers la planète. Sans elles, nous n’aurions pas de lumière, de chauffage, d’internet… Aujourd’hui, la consommation d’électricité en France varie selon l’activité économique mais également selon l’évolution de la météo.

La consommation d’électricité quotidienne diminue depuis plusieurs semaines

La consommation française d'électricité varie tout au long du jour et de la nuit. Elle présente des « pics » et des « creux » en fonction des moments de la journée, du jour de la semaine, des vacances et jours fériés mais également des saisons et de la météorologie. Elle reflète donc la vie quotidienne des Français et l’activité économique.

Depuis le 17 mars et le début du confinement national, nombreuses sont les entreprises qui ont dû fermer leurs portes. En effet, la situation sanitaire ne permet plus de travailler dans des conditions normales. Par ailleurs, la consommation d’électricité est considérée comme un bon indicateur de l’activité économique et des comportements de masse (en niveau, structure et répartition géographique). Dans son bilan du mois d’avril, le groupe RTE (Réseau de transport d'électricité) note une diminution de la consommation d’électricité de l’ordre de 15 à 20%, depuis le début du confinement. Un résultat qu’il définit comme « spectaculaire » car jamais il n’a été aussi important.

La dernière baisse majeure avait été enregistrée à la suite de la crise économique de 2008, lorsque les entreprises avaient du mal à se relancer. Le ralentissement économique avait atteint la consommation électrique dans la mesure où celle-ci avait perdu 5% de moyenne. Par ailleurs, l'année 1975 était marquée par une chute de consommation d'électricité équivalente, cette fois due à un choc pétrolier. Ainsi, certaines crises économiques historiques sont facteurs d'une chute de consommation électrique, bien qu'elle reste très rare. Depuis dix ans, la courbe de consommation d'électricité était restée plus ou moins stable.

Ce graphique confirme le constat de chute inédite de la consommation d'électricité en France, établi par RTE. En période de non-confinement, les raisons de baisse sont généralement expliquées par une situation économique instable voire régressive ainsi qu’à l’évolution de la température. En plus du confinement, la remontée des températures ces derniers jours a permis à la courbe de se rééquilibrer (les chauffages électriques étant moins utilisés).

Les pylônes électriques de haute tension ne sont pas que visité par les lignards
Photo LPO

L’entretien du réseau électrique ne s’arrête pas

Le réseau électrique, bien que moins utilisé, continue d’être entretenu quotidiennement par les professionnels du domaine. Nous avons rencontré plusieurs d’entre eux pour comprendre dans quelle mesure est ce qu’il ou elle était atteint par la pandémie du Covid 19 au travail.

Rémi (50 ans) est salarié dans le bureau de contrôle DEKRA. Son métier consiste à surveiller le bon fonctionnement des différents circuits électriques et de s’assurer de l’application des règles de sécurité par les entreprises. Il assure « continuer d’aller au boulot avec davantage de précautions depuis le début de la pandémie ». L’inconvénient pour lui et ses collègues est qu’ « une grande partie des entreprises et des établissements est fermée donc inaccessible ». En effet, il explique avoir l’habitude d’exercer au sein d’ERP (établissement recevant du public).  

Soazig, (45 ans) est cheffe de service pilotage coordination des projets RTE sur 19 départements. Elle explique la chute des consommations par « l’arrêt des aéroports, des gares et bien-sûr des simples usagers ». Le travail continue, pour elle et son équipe, après s’être arrêté pendant quelques jours. « Certains projets devaient absolument reprendre, comme l’entretien des câbles et des pylônes. Les appels d’offres pour l’entretien se sont succédés et le gouvernement a autorisé la reprises des chantiers avec l’obligation de respecter plusieurs normes de sécurité ». Soazig parvient à trouver un aspect positif au ralentissement de la consommation électrique: «Ecologiquement, c'est évidemment un bon point».

Les lignards n'ont pas le vertige pour continuer d'entretenir les réseaux électriques de haute tension, même en période de crise sanitaire. Photo RTE

L'autorisation donnée par le gouvernement pour continuer certains chantiers de construction a notamment permis à RTE de poursuivre l'un de ses trois grands projets de haute tension en Bretagne, avec le chantier d'entretien de la ligne Loscoat-La Martyre, au nord de Brest.

L'entreprise Concensio Italia est en action pour trois semaines. Brésiliens, Espagnols, Péruviens... ils sont de plusieurs nationalités à œuvrer ensemble sur les pylônes électriques de haute tension finistériens. Nous sommes allés à leur rencontre. Voici les images.

Enfin, il faut savoir que François Brottes, le directeur de RTE, a appelé en compagnie de 91 dirigeants d’entreprises françaises et internationales, à «faire de la relance économique un accélérateur de la transition». Dans un document publié le 4 mai, les patrons des grandes entreprises définissent des points à respecter pour redémarrer la vie des entreprises avec davantage de précaution, notamment en matière environnementale. Aussi, l'ancien ministre de l'écologie, Nicolas Hulot, a réagi à cette situation dans les colonnes du Monde, le 7 mai, en affirmant que «ce serait une erreur pathétique de ne pas tirer de leçon de cette crise». Enfin, il faut noter qu'à quelques jours d'un début du déconfinement, la demande d'électricité s'est faite sentir particulièrement dans les entreprises qui redémarrent leur économie. Bien-sûr, il faudra encore attendre quelques semaines pour que la courbe de consommation se rééquilibre définitivement. En attendant, le gouvernement et les entreprises aspirent à tirer des enseignements de la crise pour faire du redémarrage de l'économie, une relance adaptée et raisonnable.

Horticulteur depuis plus de 30 ans à Janzé en Ille et Vilaine, Pierre-Yves Georgeault doit faire face à la crise actuelle, liée au coronavirus. Pour limiter la perte de ses plantes, il propose d’offrir ses fleurs dans les Ehpad, afin d’égayer le quotidien des résidents.

« Les Ephad sont ravis, certaines familles m’envoient des messages de remerciement », se réjouit Pierre-Yves Georgeault. Horticulteur depuis plus de 30 ans dans la commune de Janzé en Ille et Vilaine, il produit environ 200 000 fleurs en pot chaque année. En raison de l’épidémie due au coronavirus, ce chef d’entreprise a été contraint de stopper son activité. « Dès le début, j’ai jeté 3000 plantes, et j’en jette encore régulièrement », déplore Pierre-Yves.

Pierre-Yves Georgeault est horticulteur à Janzé, près de Rennes

Pour éviter le gaspillage de ses productions au moment de Pâques, l’horticulteur a souhaité faire plaisir. « J’ai contacté 3 Ehpad aux alentours et je suis allé leur livrer environ 200 plantes ». Suite à cette première initiative, Pierre Yves Georgeault, avec l’aide de son fils, a décidé de poursuivre sur sa lancée. « Quand mon fils a vu toutes les plantes qu’il y avait dans les serres, il a eu l’idée de créer une cagnotte participative ». L’objectif de cette cagnotte est d’obtenir des dons, et lorsque le palier des 500 euros est franchi, l’entreprise Georgeault se rend dans un Ehpad pour lui fournir des fleurs. « On a déjà livré 150 plantes dans une dizaine d’Ehpad du département. On espère que par le bouche à oreille, il va y avoir davantage de dons pour qu’on puisse livrer d’autres Ehpad », ajoute l’horticulteur.

Des établissements ravis

« Dès que j’ai pris connaissance du projet, j’ai été tout de suite séduit », se souvient Michel Barbe, directeur de l’Ehpad "Les jardins du Castel" situé à Châteaugiron. Mardi 29 avril, l’Ehpad s’est vu remettre 160 plantes destinées à décorer les extérieurs ainsi que les chambres des résidents. « Quand les fleurs ont été livrées, Mr Georgeault nous a expliqué dans quel esprit cela avait été fait et qu’il était en train de perdre toutes ses plantes. Nous avons été très émus par son geste », ajoute le directeur. Au sein de la résidence, l’action a suscité un grand engouement. « J’ai été très touchée par ce cadeau, il signifie que des personnes pensent à nous et qu’on est pas seuls dans cette période compliquée », raconte Michelle*, résidente depuis 2 ans. « J’ai choisi un Bégonia pour ma chambre, il met de la couleur et de la vie, ça fait du bien ». Certains établissements ont décidé d’utiliser cette action pour en faire une activité destinée aux résidents. Pierre-Yves Georgeault ayant déposé des plantes afin de fleurir les extérieurs, les animatrices ont proposé à des résidents valides, de participer à un atelier jardinage. L’objectif était de fleurir le jardin avec les plantes offertes. « Pour l’Ehpad ce don a été quelque chose de très positif, il nous a permis de mettre un peu de lumière dans le quotidien des résidents », conclut Michel Barbe.

«Je vais perdre 95 % de mon chiffre
d’affaire cette année »

Pierre-Yves Georgeault

En activité depuis plus de 30 ans, Pierre-Yves Georgeault n’avait jamais connu une situation semblable à celle qu’il vit depuis quelques mois. Habituellement, 50 % de son chiffre se fait entre les mois de mars et mai. C’est aussi la période des salons. « Je viens d’avoir la confirmation que tous les grands événements vont être annulés ». A 62 ans, l’horticulteur janzéen espérait stopper son activité à la fin de l’année, une retraite remise en cause au vu de la situation. « Cette année, je vais perdre 95 % de mon chiffre d’affaire, la cagnotte me permet de limiter les pertes ». La collecte de fonds en ligne vient de passer les 7000 euros, ce qui permet à Pierre-Yves de gagner un peu d’argent et de ne pas jeter ses plantes. Toutefois, l’horticulteur souhaiterait que la cagnotte prenne plus d’ampleur. « Nous aimerions avoir davantage de dons venant des familles des résidents. Notre objectif premier est que les familles fassent des dons pour faire livrer les Ehpad de leurs proches, comme un cadeau, mais pour l’instant, j’ai majoritairement reçu des dons de personnes que je connais ».

L'entreprise Georgeault a été contrainte de jeter des milliers de fleurs depuis le début du confinement © Ouest-France

Plus de 300 donneurs

Plus de 300 personnes ont déjà participé à la cagnotte en ligne. Parmi eux, Claude et Brigitte Gault, deux retraités confinés chez eux dans le pays de Fougères, prochaine destination de l’entreprise Georgeault. « Quand on a vu les photos de la montagne de fleurs stockées dans les serres, on a trouvé ça navrant », déplore Claude Gault. « En offrant des fleurs dans les Ehpad, on apporte de la couleur et de la joie aux résidents ». Sensibles à l’avenir de l’entreprise Georgeault, Claude et Brigitte Gault comptent sur une aide de l’État pour aider l’horticulteur à sortir de cette crise. « Nous espérons qu’il sera aidé. A notre échelle, nous avons contribué à la cagnote pour amortir le choc de la crise mais surtout pour payer les frais de déplacements liés aux dons dans les Ehpad. » Malgré le confinement, les plantes continuent à pousser dans les serres de l’entreprise Georgeault. Pierre-Yves espère recueillir un maximum de fonds, pour continuer de faire plaisir et fleurir les chambres des résidents en Ehpad.

*Nom d'emprunt

Return to Top ▲Return to Top ▲