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Dans les Côtes-d’Armor, sur les 19 librairies recensées, sept ont fait le choix de rouvrir en cette période de confinement. Certaines ont décidé de se lancer dans la livraison ou utiliser le site « click & collect », un système de vente à emporter. Tandis que d’autres, préfèrent rester fermés. Nous faisons le point.

Le « click & collect », est le nouveau terme à la mode dans le domaine des librairies. Un anglicisme qui permet aux consommateurs de commander en ligne et de venir retirer son produit directement sur place. Depuis le 17 mars, de nombreuses librairies ont dû fermer suite au confinement lié au Covid 19, mais peu à peu, certaines ont rouvert. Au total, sept librairies des Côtes-d’Armor sur 19 ont fait le choix de passer par la livraison à domicile ou la vente à emporter. Un moyen rapide et sécurisé qui satisfait la demande des clients les plus fidèles.

Comment ça marche ?

Certains libraires ont rouvert de manière spontanée et individuelle en indiquant à leurs clients leurs modes de fonctionnement par le biais d’affiches ou des réseaux sociaux. C’est le cas de la librairie Mot et Images à Guingamp, Céline Vignon, responsable, s’est lancé dans la vente en ligne via son site internet. Les clients peuvent ensuite récupérer leurs achats en magasin, « j’ai un sas dans l’entrée de la librairie, c’est une personne à la fois » explique-t-elle. Puis, elle a décidé de suivre ses confrères et de se lancer dans le « click & collect ». Cette initiative est portée par Livres Hebdo, qui tient à jour une carte nationale interactive des librairies proposant ce service. Daniel Verdier, gérant de Tom’ Librairie à Perros-Guirec, fait partie de ces recenser, « les commandes se font soit par téléphones, soit par mail. Je réserve les livres, puis les clients viennent les chercher. Il faut savoir que la librairie n’est pas ouverte au public, il n’y a donc pas de circulation ». Alors, pour les plus férus de lecture qui ne peuvent pas attendre la fin du confinement, commander est possible.

Plus qu’une demande, un besoin

Si les difficultés économiques se font sentir en cette période de confinement, certains libraires ont décidé de rouvrir mais, surtout pour satisfaire leurs clients. « Certains voulaient récupérer les livres qu’ils avaient en commande et je me sentais mal de leur dire non, alors que le livre était là, j’ai les moyens de le faire en toute sécurité sanitaire » souligne Cécile Vignon. Sa librairie effectue environ une dizaine de commandes par jour. Ce qui permet de ravir les plus fanatiques de lecture.

Une vente à emporter controversé

Tous les libraires n’ont pas fait le même choix, comme par exemple Benoit Le Louarn, gérant de la librairie Du Renard à Paimpol, qui a décidé de rester fermé jusqu’à la fin du confinement. « Il y a une crise sanitaire énorme. Si tous les commerces font ça, il y aura du monde plein les rues. Ce n’est peut-être pas très responsable vis-à-vis des soignants qui ne demandent qu’une chose, c’est que l’on reste chez soi et que l’on fasse attention » relate Benoit Le Louarn. Le système de « click & collect » sera mis en place dans sa librairie, mais seulement à partir du 11 mai prochain avec un protocole sanitaire très strict.

A lire aussi: Les cinémas d'art et essai vont-ils disparaître après le confinement ?

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Les salles obscures de toute la France sont fermées depuis l’arrêté ministériel du 14 mars 2020. Une crise qui n'épargne aucun exploitant de salles de cinéma.

Aller voir un film au cinéma serait la deuxième activité post-confinement privilégiée par les Français. Si le déconfinement a bel et bien débuté ce lundi 11 mai, la réouverture des salles obscures se décidera vraisemblablement début juin, lors de la prochaine étape fixée par le gouvernement. Emmanuel Macron n'ayant annoncé aucune date lors de son allocution à propos de la culture, mercredi 6 mai. Après deux mois d'interruption totale pour les exploitants de salles de cinéma, l'heure est au bilan.

La fréquentation en baisse dès janvier

L’année 2019 correspond au deuxième plus haut niveau de fréquentation des salles de cinéma depuis 53 ans, avec 213,3 millions d’entrées. En revanche, le début de l’année 2020 a enregistré un net recul. Une différence qui coïncide avec l'arrivée du coronavirus en France. Dans un premier temps, la majorité des spectateurs ne change pas leurs habitudes. Mais avec le déclenchement du stade 2, le 29 février. L'interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes, le 9 mars, puis de plus de 100 personnes le 13 mars. Le Premier ministre déclenche alors le stade 3 du dispositif de gestion de l'épidémie de coronavirus, synonyme de fermeture de l'ensemble des lieux publics "non-indispensables". Les cinémas sont donc contraints de fermer le 14 mars après ce discours d'Édouard Philippe.

Les exploitants de salles de cinéma, se retrouvent sans revenus, avec un loyer à payer. C'est la principale difficulté pour eux. Dans une interview accordée au Point le 5 mai dernier, Jérôme Seydoux, propriétaire des cinémas Pathé et Gaumont (130 multiplexes / 1 300 écrans en France) observe : “comme de nombreuses enseignes, nous discutons actuellement avec nos principaux bailleurs immobiliers afin de trouver rapidement des solutions équitables face aux problématiques des loyers commerciaux”. Une problématique qui ne se pose pas pour certains exploitants : “Nous sommes totalement indépendants et propriétaires de nos deux salles. Nous n'avons pas donc pas de loyer à payer”, rappelle Laurence Le Quéré directrice générale des cinémas Les Baladins à Lannion et Perros-Guirec.

"En comparaison à des complexes plus importants, la fermeture nous fait moins mal"

Roland Berhault, président du cinéma associatif Le Vendelais

Les cinémas avec peu, voir pas de salariés pour certains associatifs, affronte la crise avec plus de tranquillité. "Les plus petits ne sont pas les plus fragiles. Des cinémas de toutes tailles vont souffrir. Il y a des colosses aux pieds d’argile. Les associatifs avec des bénévoles seront peut-être moins touchés”, avance Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), dans Ouest-France, le 4 mai dernier. Pour les multiplexes, la situation est plus préoccupante. L'entretien, le loyer, les charges et la maintenance des machines représentent des dépenses importantes. Dans le même temps, l'ensemble de leurs salariés sont tous au chômage partiel. “Nous n’avons pas de salariés et pas de loyer à payer. Notre cinéma repose sur le dévouement de ses 40 bénévoles. En comparaison à des complexes plus important, la fermeture nous fait moins mal. Cela représente pour nous un manque à gagner entre 3 et 4 000 euros”, confirme Roland Berhault, président du cinéma associatif Le Vendelais (1 écran / 200 places).

300 millions d'euros de manque à gagner

Les salles les plus en difficultés sont celles ayant récemment entrepris des travaux, à l’instar des Baladins à Perros-Guirec. Fermé depuis le 6 janvier pour rénover ses deux salles ainsi que sa façade, le cinéma a rouvert seulement à partir mi-février. Coût des opérations : 450 000 euros. “Le remboursement se poursuit. Nous avons payé 82 000 euros en avril”, détaille Laurence Le Quéré. Une situation que veulent éviter ses confrères. “Nous allons retarder les investissements et faire toutes les économies nécessaires pour tenir le coup le plus longtemps possible”, prévient Jérôme Seydoux, dans son interview accordé au Point.  

Près de 15 000 salariés mis au au chômage partiel et 300 millions d'euros de manque à gagner pour les salles d'ici à juillet. C'est le bilan possible de cette crise sans précédent selon l’enquête de l’édition papier du Monde du 2 mai. "Il va s'écouler du temps avant un retour à la normal. Ça risque de se payer jusqu'à fin 2021", se projette Christophe Garnier, directeur du cinéma Le Club à Fougères (6 écrans).

La consommation dématérialisée de films explose

Période de confinement oblige, les Français se sont tournés vers les plateformes de streaming SVOD et/ou VOD. D'autant plus avec le lancement de Disney +, le 7 avril dernier ou avec l'arrivée sur Netflix d'une partie du catalogue du studio MK2 (Truffaut, Chaplin, Lynch, Dolan...). Selon un sondage Hadopi, après quatre semaines de confinement, la consommation de biens culturels dématérialisés “n’a jamais concerné autant d’internautes [...] ce qui fait progresser la consommation dématérialisée de musique, films et surtout de séries TV à un niveau jamais atteint”. C'est même 57% des sondés qui affirment regarder plus de films qu’avant le confinement. Une situation qui renforce les craintes des exploitants de salles de cinéma. On y pense. Cela ne date pas d’aujourd’hui mais le confinement renforce cette impression. Je préfère penser que les gens reviendront au cinéma. C’est un lien social important et un moment de partage unique”, réagit Laurence Le Quéré. Il y a plusieurs publics. Les cinéphiles et habitués reviendront, c’est à n’en pas douter. La crainte vient plutôt des spectateurs concevant le cinéma comme un divertissement et pouvant se satisfaire avec une plateforme de streaming. Est-ce qu’ils auront la volonté de revenir ?”, s’interroge Roland Berhault.

La réouverture : l’inconnue

Les distributeurs prendront-ils le risque de sortir leurs films au moment de la réouverture des salles ? C’est la question qui taraude les exploitants. “On a l’exemple du dernier James Bond. Les distributeurs l’ont déprogrammé 8 jours avant sa sortie nationale alors qu’on devait le diffuser en avant-première. Une sortie nationale qui ne marche pas et la réputation est faite ! Son distributeur a préféré ne pas prendre de risques”, raconte Roland Berhault. Les blockbusters de juillet comme Tenet de Christopher Nolan (22 juillet), Mulan du studio Disney (22 juillet) ou Bob l'éponge - Le Film : Eponge en eaux troubles risquent de subir un échec commercial si les spectateurs ne sont pas au rendez-vous. Mais s'ils sont déprogrammés, les salles n'auront pas de films porteurs.

Une situation qui n'est pour l'instant que potentielle puisque aucun calendrier de réouverture n’a été annoncé par le gouvernement. Le ministre de la culture, Franck Riester, rappelait le 5 mai dernier sur Europe 1 l'existence d'un délai "d’au moins quatre semaines entre le moment où la décision de réouverture sera prise et le moment où elle sera effective". Dans l’éventualité où le gouvernement annoncerait le 2 juin prochain la réouverture des cinémas, ce délai d'un mois préconise un début de retour à la normale pour les exploitants de salles d'ici juillet. Reste à savoir si les spectateurs seront au rendez-vous.

Dans le Pays du Trégor se trouve un jardin aux 5000 plantes et 17 hectares. Isabelle Vaughan, une amoureuse des plantes, entretien le jardin Kerdalo avec 4 autres personnes. Elle raconte ce qu’une telle responsabilité implique.

A Trédarzec se trouve un jardin, aux 5000 plantes d'ici et d'ailleurs et 17 hectares. Isabelle Vaughan, gérante et propriétaire, entretient le jardin de Kerdalo avec 4 autres personnes, à la main. Elle raconte ce qu’une telle responsabilité implique.

Le jardin de Kerlado se trouve à Trédarzec (Côtes-d'Armor). Le parfum des fleurs et le calme des allées, offrent un cadre majestueux au milieu du vert des arbres. Aux manettes, Isabelle Vaughan, qui gère ce jardin de 17 hectares, prisé par les visiteurs du monde entier, à la main. Labellisé « jardin remarquable », cet endroit paradisiaque inspiré des jardins anglais, offre une bouffée d'air frais.

Le jardin est entièrement visitable.
Des chemins ont été conçus pour se délecter de chaque plante inatteignable, rangée dans des compartiments offrant une variation de couleurs. Photographe : Thierry Nicolas

Kerdalo, une petite entreprise

Isabelle Vaughan, propriétaire et gérante de ce jardin privé, a décidé d’y consacrer sa vie. Mais entretenir un jardin de 17 hectares tapissé d'herbe ou de galets et visité par environ 14 000 personnes par an, implique aussi la gestion d’une petite entreprise. A la tête de cette EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), elle emploie un jardinier à plein temps et deux à mi-temps. Ce sont les visites qui « payent les salaires, les charges salariales, les plantations, les travaux et les taxes foncières ».

L’entretien du jardin

Le jardin est un héritage de son père Peter Wolonsky (cf infographie ci-dessous), qu’elle a souhaité laisser tel quel au maximum. « Il y a un esprit qui reste mais on rajoute des végétaux continuellement. Parce qu’avec un jardin qui a 50 ans, on est dans l’obligation de continuer à planter. Cependant on ne replante pas forcément les mêmes choses à chaque fois ». Avec les 5000 plantes, venant des quatre coins du monde, présentes dans le jardin, Isabelle Vaughan a fait le choix de « contrôler » la végétation. « La nature est là, mais elle est contrôlée continuellement. Il y a des choses qu'il faut enlever, mais il faut aussi garder le côté sauvage, un sauvage contrôlé ». Certains endroits semblent sauvages, tels une forêt tropicale, les plantes montent jusqu'à plusieurs mètres. Et d'autres sont très ordonnés, avec des buissons taillés minutieusement. Aucun produit chimique n’est utilisé, « tout est fait à la main ».

Les jardiniers à la merci du climat

La hantise des jardiniers : les tempêtes. « En 1987, on a eu 200 arbres à terre à peu près. Il y a eu aussi la tempête de 1999. Mais tous les deux, trois ans, il y a des dégâts. On tremble à chaque fois qu’on sait qu’il y aura des coups de vent. » Malgré plusieurs intempéries, la Bretagne reste un endroit « idyllique » pour les jardiniers. « Vous pouvez faire pousser ce que vous voulez en Bretagne. Sauf les végétaux qui préfèrent les terres calcaires. » L’adepte des plantes déplore le changement climatique. « Il y a des périodes très humides, mais il n’y a plus que le crachin breton qu’il y avait dans le temps. Donc il y a des périodes très sèches et très difficiles. »

Un endroit paradisiaque à Trédarzec (Côtes-d'Armor), prisé par les visiteurs du monde entier. « J’ai des Australiens, des Anglais, des Belges, des Allemands, mais pas beaucoup de Trégorois. »

Informations pratiques : prix : adulte 10 euros et enfant à partir de 4 ans : 5 euros

Le 12 mars, le président de la République annonçait la mise en quarantaine des activités culturelles françaises. Des millions d’artistes se sont retrouvés au chômage technique. Le monde de Shakespeare connaît de réelles difficultés face à la pandémie. Difficile d'organiser l’avenir théâtral breton où le contact est plus que nécessaire, et où les réponses sanitaires manquent à l'appel.

Quand les consignes du déconfinement sont annoncées par le Premier Ministre le 28 avril à l’Assemblée Nationale, le monde théâtral breton attendait la marche à suivre. Chou blanc, il n’y a pas eu d’informations sur une quelconque réouverture des lieux culturels de la part d’Edouard Philippe. Quant au ministre de la Culture, il n’a pas été plus bavard sur le sujet, ce qui tendance à énerver le monde du spectacle vivant. Nous n’avons pas eu d’informations sur notre sort depuis le début du confinement. Franck Riester communique très peu. Nous avons l’impression d’être oubliés, l’impression que la culture est la dernière roue du carrosse”, témoigne avec passion Grégory Fernandes, comédien d’une troupe de théâtre. 

Sans directives, les professionnels du secteur ont l’impression de vivre un entracte sans fin. Il aura fallu attendre 51 jours de confinement et d’une tribune d’un collectif de personnalités de la sphère culturelle pour espérer à des réponses. Jeanne Balibar, Catherine Deneuve ou encore Jean Dujardin ont fait part de leurs craintes face aux conditions des intermittents du spectacle dans une tribune du journal le Monde. Suite à cet appel, Emmanuel Macron a réagi sur Twitter : 

Mercredi 6 mai au matin, le chef de l’État a pu échanger pendant environ trois heures avec des artistes de différents domaines en présence de Franck Riester, ministre de la Culture, et de ses collègues de l’Économie Bruno Le Maire et du Travail Muriel Pénicaud. Un “plan de sauvetage” a été annoncé. Dès le 11 mai, les musées et les galeries d’art pourront ouvrir s'il y a une possibilité de gérer les flux d'affluence. Concernant les théâtres, seules les répétitions sont motifs de réouverture. Les conditions de sécurité vont être annoncées au début du mois de juin par le ministre de la Culture.

Une profession forcée à se réinventer

Aucune consigne concrète n'a été donnée, il est donc difficile de reprogrammer les spectacles culturels bretons. Emmanuel Macron a tout de même évoqué le rôle du Gouvernement pour la création du calendrier 2021. “On doit vous offrir des conditions pour préparer la saison prochaine (ndlr: afin de respecter les normes sanitaires)” déclare-t-il en direct sur les chaines de télévision. Mais comment organiser les représentations théâtrales de septembre, sachant qu’une seconde vague reste dans la tête des Français ?

Mariane Gauthier, chargée de la communication du théâtre lannionnais "Le Carré Magique", va devoir modifier ses habitudes. “On se demande si nous n’allons pas changer notre manière de communiquer. Nous allons devoir créer une autre relation au public, notamment avec la création d’un programme trimestriel”, confie-elle.

Quant aux conditions de reprises, il n’est pas question de transgresser la loi. Les gestes barrières continuent malgré le déconfinement. L’infectiologue et membre de l’académie de médecine, François Bricaire, a émis des recommandations sur la reprise des activités culturelles : le masque va devoir être obligatoire pour les spectateurs, une distance de deux sièges devra être respectée (entre chaque personne n'appartenant pas à la même famille), l’entracte devra être annulé et pour finir le metteur en scène respectera un mètre de distance entre les comédiens. Un cahier des charges inapplicable et incompatible pour un grand nombre de professionnels.

“ La distanciation sociale dans la culture n’existe pas ! On ne peut pas jouer avec des masques. C’est incompatible et absurde. On essaie de réfléchir à d’autres méthodes mais c’est très difficile

Grégory Fernandes

En effet, les gestes barrières et spectacles vivants ne sont pas bons partenaires. Philippe Le Gal, directeur du Carré Magique, voit cette distanciation d’un mètre entre les comédiens, comme un “non-sens”. Cette mesure, indispensable pour maintenir l’ordre sanitaire, est néanmoins impensable pour le monde théâtral. “Quant aux Circassiens, faire de l’acrobatie sans se toucher ce n’est pas possible ! Il y a un problème majeur. S'ils ne se touchent plus demain, il n’y aura plus de spectacles jusqu’à ce que le contact redevienne possible” , conclut le directeur du théâtre. 

Une période compliquée pour les intermittents

Dans cette crise du coronavirus, l’intermittence du spectacle pourrait devenir encore plus précaire qu’avant. Pour bénéficier des indemnités de chômage versées par l'Assedic, qui est une caisse interprofessionnelle de solidarité, l'intermittent doit justifier 507 heures d’activités pour une durée d’un an avec une date d’anniversaire. Cette période, où les manifestations de plus de 10 personnes sont interdites, paralyse fortement ce quota.

Si les représentations sont annulées, il y a deux possibilités : soit l’établissement décide de payer ces intermittents et donc de valider les heures, soit il décide de payer “au service fait” et donc ne valide pas les heures de travail. Grégory Fernandes, membre de la compagnie DEUG DOEN GROUP, a eu cette chance. “Tous les théâtres qui devaient nous accueillir ont honoré les contrats de la compagnie malgré les annulations des représentations “, confie le comédien. Il s'est rappelé de sa dernière montée sur scène au Carré Magique pour la pièce “Absence de Guerre” le 12 mars 2020 à 20h00, sans savoir qu’au même moment le Président allait le mettre au chômage technique. 

Ces intermittents ont attendu un geste fort de la part du Gouvernement sur un “plan de soutien à la culture”. Une année blanche a été demandée pour ne pas précariser une nouvelle fois ce statut. L’enseignement artistique soutient cette démarche : “ Ils demandent une année blanche à raison ! Les interventions dans les établissements artistiques représentent une partie non négligeable du comptage des heures”, témoigne Anne Huonnic, professeure dans un établissement artistique de Tréguier. Conscient de ce problème, Emmanuel Macron promet cette année blanche . “Beaucoup ne vont pas faire leurs heures”, déplore-t-il. Les intermittents du spectacle auront jusqu'en août 2021 afin de réaliser les 507 heures nécessaires. Le président de la République veut mettre en place des nouvelles collaborations entre les écoles et ces intermittents. Pour se faire, Emmanuel Macron veut organiser du temps périscolaire, financés par l’Education Nationale, pour implanter la culture au sein des écoles. Cela permettra également pour certains comédiens de justifier ses heures d’activités. “C’est une très bonne idée. Il faut développer la culture dans le milieu scolaire et si cela peut aider les intermittents, c’est encore mieux”, reconnaît Anthony Pezron, chargé à la culture de la ville de Lannion.   

Première victime des restrictions des regroupements publics, le théâtre va être l’un des derniers lieux culturels à ouvrir ses portes. Quand ? Comment ? Des questions sans réponses claires et précises pour l'instant.

La jeune association trégoroise Second Degré organise des soirées de musique électronique depuis 3 ans. En ces temps de confinement, l'association n'éprouve aucunes pertes économiques. A l'inverse de grands festivals comme Les Vieilles Charrues, Art Rock ou Panoramas.

Depuis le début des restrictions liées à l'épidémie du Covid-19, de nombreux festivals ont dû reporter ou annuler leurs éditions 2020. Les grands festivals bretons comme Les Vieilles Charrues, Art Rock ou Panoramas ont dû se plier face à l'épidémie grandissante. Pour Second Degré, petite association d'une vingtaine de membres, la gestion économique se limite à la bonne entente avec les partenaires et les artistes. "Même si c'est dans les projets de Second Degré, nous n'avons pas encore de salariés", explique le co-fondateur Thomas Lorgeré. Un problème que doivent gérer les grandes associations de festivals disposant de plusieurs membres permanents.

Nuit au château de Bien-Assis reporté au 8 mai 2021

Le collectif de jeunes amis trégorois, Second Degré, propose tous les ans des "nuits au château", mêlant découverte du patrimoine et musique électronique. Le 25 avril dernier, une nouvelle soirée qui aurait dû se dérouler entre les murs du château de Bien-Assis (Pléneuf-Val-André). Heureusement, l'édition pourra avoir lieu dans un an, le 8 mai 2021. "Nos partenaires et les artistes invités ont su être compréhensifs" raconte Thomas, soulagé.

Une vingtaine de jeunes composent l'association Second Degré. (Logo Facebook)

"Faire bouger les jeunes du Trégor"

Thomas, actuel chargé de communication, revient sur la création de Second Degré. "Il y a 5 ans, nous faisions des soirées entre potes et nous avons eu la volonté de créer quelque chose pour faire bouger les jeunes du Trégor", raconte-t-il. Et en 2017, la 1ère édition voit le jour dans un nouveau format de soirée. La "nuit au château de Kergrist" attire 1 000 personnes, "nous étions satisfaits, nous en avions prévu 500 !", explique Thomas. Leur première soirée étant réussite, l'association grandit et en 2018, deux nouvelles nuits au château sont programmées, l'une à Keranno (Grâces) et l'autre à Kergrist (Ploubezre).

Pour cette deuxième édition 2018 au château de Kergrist, l'association trégoroise voit les choses en grand : un festival sur 2 jours, un camping pour les festivaliers ainsi qu'une programmation alléchante. "Promouvoir le patrimoine breton à travers nos soirées a beaucoup plu, mais on a perdu pas mal de budget sur cette édition", se remémore Thomas. Heureusement, "la dernière édition en 2019 s'est bien passé, nous avons pu retomber sur nos pattes".

Pour la fin de l'année 2020, Second Degré prévoit de fêter ses trois ans, "on espère que tout va se dérouler comme prévu, ce ne sera pas une édition gros budget", prévient le jeune originaire de Tréguier. Les membres de Second Degré gardent les pieds sur terre, avec beaucoup d'idées en tête.

La playlist confinement de Thomas, spéciale édition 2020

Le jeune de 24 ans nous a sélectionné ses artistes préférés qui aurait dû venir lors de l'édition du 25 avril au château de Bien-Assis. "Chaque année, nous essayons à la fois de ramener des bonnes têtes d'affiches et de faire découvrir des talents locaux". Une playlist à écouter avant de retrouver les dancefloors, ou plutôt les parvis des châteaux.

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