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Depuis le début de la pandémie, les entreprises peuvent contracter des prêts garantis par l’État afin de résister aux confinements successifs. En Côtes-d’Armor, les secteurs du commerce et de l’industrie manufacturière ont été particulièrement demandeurs.

Entrée de la zone industrielle de Lannion

Le commerce costarmoricain est lourdement touché depuis le début de la crise sanitaire. Dans le département, sur les 572 millions d'euros octroyés aux entreprises via les prêts garantis par l'Etat (PGE), 143 millions ont été accordés aux commerces à travers 1059 prêts. Le secteur du commerce est de loin celui qui a le plus bénéficié de ces aides financières dans les Côtes-d'Armor, suivi par l'industrie manufacturière (106,5 millions prêtés) et les activités financières et d'assurance (81,7 millions).

Le commerce figure également en tête des secteurs les plus aidés dans le Finistère, avec 176,6 millions d'euros de PGE, suivi de près par les activités financières et d'assurance (171,3 millions de PGE). En Ille-et-Vilaine, ces activités financières et assurantielles constituent le secteur le plus aidé, avec 736,5 millions de PGE, en raison du rôle de métropole joué par la ville de Rennes.

Le Morbihan fait figure d'exception : ce sont les services administratifs et de soutien qui ont le plus bénéficié des PGE (254,5 millions accordés), suivis de près par le secteur du commerce (250,3 millions).

375 commerces costarmoricains en relation avec le tribunal de commerce

En Côtes-D'Armor, ces garanties de l’État ont contribué à maintenir des commerces dans une situation tenable. Néanmoins, d’après Gilles Henrio, président du tribunal de commerce de Saint-Brieuc, 375 commerces en difficulté sont en relation avec le tribunal de commerce.

Le secteur de l'industrie manufacturière compte, pour sa part, plus de 2700 entreprises dans le département d’après l’INSEE, qui ont bénéficié de 338 PGE pour 106,5 millions d'euros. En Ille-et-Vilaine, même si le montant des ces PGE accordés aux entreprises de l'industrie manufacturière est deux fois plus important (208,2 millions), le secteur n'est que le cinquième le plus aidé.

 

Alors que les terrasses du centre-ville de Lannion se sont remplies à l'occasion de la réouverture des bars et restaurants, certains établissements ont trouvé des combines pour dépasser la jauge qui leur était attribuée. Jusqu'ici, mairie et police ferment les yeux.

Terrasse d'un bar de Lannion, mercredi 19 mai 2021.

Pour attirer un maximum de personnes et relancer leur activité, les bars et restaurants envisagent toutes les solutions, quitte à étendre leur terrasse et dépasser les jauges imposées par les autorités. Mercredi 19 mai à midi, à l'occasion de la réouverture des terrasses, on pouvait voir une restauratrice du centre-ville de Lannion faire des allers-retours entre son restaurant et sa terrasse située de l’autre côté de la route. Celle-ci est habituellement située juste devant l’entrée du restaurant, mais le soleil de ce mercredi réchauffait le trottoir d’en face... La restauratrice a donc déplacé toute sa terrasse au soleil.

"On n'a pas le droit mais on le prend", assume la restauratrice. Le confinement a lourdement touché cet établissement, qui doit fermer définitivement dans deux semaines. Contrainte de réduire son nombre de couverts - trois tables aujourd’hui contre six à huit avant l’épidémie - la patronne tente tout pour attirer ses derniers clients. Elle n'est pas la seule.

On ne sait pas vraiment si on a le droit, mais je pense que la mairie ne va pas nous embêter

Dans les rues de Lannion, plusieurs bars ont rajouté des tables sur le côté des terrasses en bois, espérant que la police et la municipalité ne soient pas pointilleuses. Le gérant de l’un ces bars avoue ne pas s’être beaucoup renseigné avant de prendre cette initiative : "on ne sait pas vraiment si on a le droit, mais je pense que la mairie ne va pas nous embêter". La police, elle, a prévenu qu’elle veillera au respect des gestes barrières et du couvre-feu sur les terrasse.

Dépassement de jauge

Certains bars dérogent totalement à la jauge diminuant de 50 % le nombre de clients autorisés en terrasse. Derrière son comptoir, une employée explique que « les tables sont toutes espacées de plus d’un mètre, donc on n'a pas vraiment diminué le nombre de tables ». L’établissement, qui peut accueillir une cinquantaine de personnes en extérieur, s’est tout de même étendu sur le trottoir pour mieux espacer ces tables.

Pour la Crêperie de la place, l'extension de la terrasse s'est avérée plus compliquée. Celle-ci étant située entre deux magasins, elle ne peut pas empiéter sur le trottoir situé devant ces établissements, malgré une tentative de négociation. La terrasse s’est donc enrichie de quelques tables hautes, afin de d'accueillir plus de clients debout. D’après tous les responsables d'établissements interrogés, ces combines visant à dépasser les jauges s’expliquent également par l'absence de volonté par la mairie d'aider les restaurateurs à agrandir les terrasses de manière éphémère. Contactée, la mairie n’a pas pu répondre à nos questions.

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