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Décédé le 6 mai à l'âge de 54 ans, l’auteur de Berserk, Kentaro Miura laisse derrière lui un manga culte de la dark fantasy, qui restera inachevé au regret des fans.

Un manga de légende a perdu son auteur. Kentaro Miura est décédé le 6 mai 2021 à l'âge de 54 ans, d'une dissection aortique, une maladie rare touchant l'aorte. Le magazine de mangas Young Animala l'a annoncé ce jeudi 20 mai. Depuis plus de 30 ans, Kentaro Miura travaillait sur Berserk, un manga vendu à plus de 50 millions d’exemplaires dans le monde. Cette œuvre phare de la dark fantasy est brutalement interrompue après 40 tomes parus.

Il a donné ses lettres de noblesse au manga de dark fantasy

A Lannion, la disparition du mangaka laisse des regrets. « Le monde du manga est en deuil », témoigne Jessica Rey, co-responsable du rayon manga à la librairie Gwalarn de Lannion. Les dizaines de tomes de Berserk mettent en scène des combats sanguinaires dans un univers médiéval et fantastique, mis en valeur par le dessin méticuleux de Kentaro Miura. "Il a donné ses lettres de noblesse au manga de dark fantasy" explique t-elle. Les planches en noir et blanc présentent dans une ambiance apocalyptique des monstres et guerriers détaillés, aux puissantes lignes noires. Pour la libraire, la création de Berserk en 1989 est "incroyable pour l'époque, avec de tels dessins et un univers si sombre".

La série de sa vie restera inachevée, c’est terrible

Grande amatrice de manga, Jessica Rey attendait que la série soit achevée pour se lancer dans l’aventure de Berserk. "La série de sa vie restera inachevée, c’est terrible" ajoute t-elle. Après avoir appris la mort du mangaka, elle a décidé de commencer la série de 40 tomes au plus vite. Elle anticipe une forte demande pour ce manga et imagine que sa maison d’édition rendra hommage à Kentaro Miura.

Un succès mérité

Le manga est particulièrement populaire chez les jeunes adultes. « Au moins une fois par mois, un jeune achetait un exemplaire de Berserk à la librairie », raconte la libraire. Marius, un étudiant, partage sa passion : « C’est mon manga préféré » témoigne t-il. Il a commencé Berserk il y a trois ans, par l’animé d’abord, puis par les mangas. Malgré un récit « très trash », le manga est aussi porteurs de problématiques contemporaines. « L’histoire est très touchante, et on retrouve des caractéristiques de la vie de l’auteur dans le personnage principal » raconte t-il. Marius est aussi amoureux du trait, et explique les dessins du manga comme des chefs d’œuvres. « L’univers de Berserk est très réaliste et travaillé » rajoute l’étudiant. Pour lui, la mort du mangaka a été un choc. L’histoire reste inachevée, mais il relativise malgré tout. « C’est dommage car il reste beaucoup de mystères, mais au moins je ne serais pas déçu par la fin ». Avant tout, Berserk reste dans l’univers du manga comme une œuvre majeure de la dark fantasy.

Dans le centre-ville de Lannion, la librairie Gwalarn présente une vitrine sur le génocide des Tutsi au Rwanda. Objectif : sensibiliser le public alors que le rapport Duclert a établi en mars 2021 la responsabilité de la France dans ce génocide.

Rendre visible la mémoire du génocide rwandais. C'est l'objectif de la librairie Gwalarn, qui a consacré sa vitrine à ce massacre au cours duquel 800 000 à un million de Tutsi furent tués entre avril et juillet 1994. Vingt sept ans plus tard, le rapport Duclert pointe les "lourdes et accablantes responsabilités de la France dans la crise rwandaise". Alors que ce document crée le débat, la librairie lannionnaise compte informer ses lecteurs sur cet événement historique.

L’actualité comme prétexte

Cette vitrine, c’est l'idée du responsable du rayon essais de la librairie Gwalarn, Philippe Saget. "Je souhaite que les gens qui ne connaissent pas ce sujet se posent des questions", explique-t-il. Le sujet est selon lui trop méconnu en France, alors que le gouvernement a une part de responsabilité dans ce génocide.

La remise du rapport Duclert replace le génocide dans l’actualité, et Philippe Saget y voit une occasion de revenir sur les faits. Le libraire a lui même découvert ce sujet par hasard, lors d’une rencontre avec l'auteur d'un ouvrage consacré au génocide des Tutsi.

Remuer les idées

A la librairie Gwalarn, les vitrines thématiques sont rarement dédiées à des sujets aussi graves, mais "elles ont toujours un écho chez les clients", explique le libraire. Le choix d'avoir consacré la devanture de l'établissement au génocide rwandais suscite à la fois la curiosité de certains, et la satisfaction des ceux qui sont familiers du sujet, raconte-t-il. Il constate ainsi une hausse des ventes des livres sur ce sujet, surtout des ouvrages "plus accessibles" destinés aux profanes.

Ces ouvrages sont divers dans leurs formats : témoignages, livres historiques, romans, bande-dessinées… Le choix est large pour sensibiliser au génocide au Rwanda. Et le libraire le rappelle : "le rôle d’une librairie est de remuer les idées".

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