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Dans les Côtes-d'Armor, les auto-écoles sont restées closes pour l’apprentissage du code de la route pendant le confinement. Des solutions numériques se sont lancées, mais semblent être insuffisantes.

Un rapport de Vinci Autoroute présenté dans Le Parisien le 11 mai a révélé que les Français.es sont parmi les moins respectueux du code de la route en Europe. Et selon les auto-écoles, la situation ne s’arrange pas depuis le confinement. L’auto-école Gaillard à Saint-Brieuc a vu le temps de réussite des examens augmenter et le nombre d’élèves diminuer depuis le confinement. « L’apprentissage du code à distance a eu des conséquences désastreuses, on n'a jamais vu autant de décrochage. Les élèves décrochent déjà scolairement depuis le distanciel alors pour le code, c’est pire», explique une employée.

Un manque de motivation qui se fait sentir

De plus, le manque de contact humain détériore la motivation des élèves. L’école a pu mettre en place des cours en visioconférence, mais celles-ci n’ont eu qu’un succès très limité. « On a reçu beaucoup d’appels d’élèves demandant si une dérogation n’était pas possible pour suivre les cours à l'auto-école, mais nous ne pouvions évidemment pas donner suite à leurs demandes… ».  Malgré le temps laissé par le confinement, le manque de cours en présentiel se fait sentir quant à la compréhension des leçons. Selon cette école, le niveau des élèves se serait détérioré par rapport aux années précédentes. 

Stéphane lui, a tout de même fait le pari de rester en auto-école classique sur Lannion. Inscrit en septembre, il a très vite assisté à l'arrêt des leçons. Cet étudiant a essayé de passer son code de la route sur le site web mis à disposition par l’auto-école, mais sans réel succès. « Des visioconférences avaient été mises à disposition sur certains horaires, mais je n'avais pas du tout le temps d’y assister. Et comme nos cours étaient déjà en distanciel, j’en avais marre de passer ma journée derrière des écrans », témoigne ce dernier. Après plusieurs tentatives de l’obtenir, Stéphane sent sa motivation diminuer et déplore les pertes financières engendrées. Cette tendance est confirmée par l’école de conduite de Saint-Brieuc. 

Un tournant vers les solutions numériques

Suite à la fermeture des auto-écoles, certain.es élèves ont donc décidé de se tourner vers des solutions numériques. Dans un article du Point, Édouard Rudolf, le fondateur d'En voiture Simone, a revendiqué 35 % de nouveaux inscrits depuis le 15 mars. L'application Ornikar a également son succès auprès des élèves. Marius et Lilou, deux étudiant.es breton.nes, ont passé leur code en deux mois sur la plateforme. « Mes amis m’avaient conseillé le site, j’ai choisi cette solution, car elle permettait tout d’abord d’avoir une plus grande liberté et était beaucoup moins chère que des cours en auto-école » explique Lilou. En revanche, malgré la liberté que l’application lui a procuré au cours de ses études Marius nuance : « Même si l’application est très pratique, il manquait tout de même un contact humain et plus d’explications sur certaines leçons ».

Même si aucune étude n’a pour l’instant montré un potentiel taux de réussite en baisse, le manque de cours en présentiel se fait ainsi sentir. Mais la reprise des cours en présentiel reste encore très incertaine pour le mois de juin. 

Laudet Esther

 

Inspirés par le rêve d'Annie Le Duffec, décédée le 7 janvier 2021, les 8 habitant.es du hameau de Tréduder ont créé un lieu de vie écologique autonome. 

Niché dans un coin de verdure dans la baie de Plestin-les-Grèves, l’éco-hameau de Tréduder restera l'œuvre d'Annie Le Duffec. La fondatrice de ce lieu créé il y a quinze ans, mais qui reste méconnu du public, est décédée le 7 janvier 2021. Le hameau abrite 8 personnes qui se sont installées avec l’espoir de vivre autrement, dans une démarche respectueuse de l’environnement.

Avec ses maisons aux architectures personnalisées selon les goûts de leurs occupant.es, sa végétation luxuriante, ses jardins cultivés, ses jeux pour enfants, le lieu dégage une atmosphère accueillante. C'est là qu'Annie Le Duffec s'est installée il y a quinze ans, d’abord seule. Après quelques mois de tracasseries administratives qui ont bien failli lui faire abandonner l’idée, elle a été rejointe par 6 intéressé.es. Ces dernièr.es se sont réparti.es les parcelles pour un prix minime, animés par le même rêve.

Infirmière, charpentier, peintre….seul critère pour les nouveaux.elles arrivant.es : suivre le cahier des charges écologique du lieu. Une fois sur place, la petite communauté construit la maison de chacun, avec l’aide d'artisan.es locaux. Chacun.e a pu construire les plans de sa maison selon son imagination, et en accord avec ses convictions écologiques.

construction des habitations
Photos issues de la construction des habitations

L'écologie au cœur du projet

Habitation de Michel

Michel, l'ancien compagnon d'Annie Le Duffec, a rejoint le village en 2010, alors âgé de 65 ans. “J’étais émerveillé”, raconte ce militant écologiste antinucléaire, engagé à l'antenne lannionnaise de l'association Nous voulons des coquelicots. Le studio chaleureux qu’il a construit à moindre coût est isolé avec de la laine de bois pour éviter le chauffage et équipé d'un petit robinet.

Tous.tes les habitant.es de l'éco-hameau de Tréduder ont par ailleurs adopté les toilettes sèches. Disposés sur les toits des maisons, de rares panneaux solaires assurent l’électricité. Le tri est soigneusement respecté. De grandes cuves de récupération d’eau de pluie parsèment les terrains afin d'alimenter les cultures, qui n’ont pas vocation à garantir l’autonomie totale du lieu. Enfin, une partie des terrains sont laissés à l’état sauvage,” pour laisser la nature reprendre ses droits”, explique Michel. 

Une expérience collective

Malgré la distance qui sépare les maisons les unes des autres, le projet se veut expérience collective, basé sur l'entraide entre habitant.es et le partage de valeurs communes. De temps en temps, des assemblées se tiennent pour échanger sur les différents problèmes rencontrés.

Les quatre enfants qui habitent le hameau profitent également d’une aire de jeux commune, d’un bus abandonné. Annie Le Duffec a également tenu à créer un local collectif et un poulailler. La construction d’un four commun se profile dans les jours à venir. Malgré son isolement, le petit village est reste en lien avec la commune de Tréduder : Annie était la présidente du comité d’animation de la ville. Elle était à l'initiative de nombreux évènements sur le lieu : projections, vide greniers, fêtes... Malgré leur tristesse liée à la disparition d'Annie, les habitant.es comptent continuer à faire vivre cette utopie engagée.

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