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Après près de 7 mois de fermeture, les bars et restaurants avec terrasses ont rouvert ce mercredi 19 mai. Les clients étaient-ils au rendez-vous pour ces deux premières soirées de réouvertures ? Quel bilan tirer de cette première étape de déconfinement ?

Les terrasses ont rouvert ce mercredi 19 mai.

 

Ce mercredi 19 mai marque enfin la fin des fermetures des bars. Si certains établissements ont choisi de rouvrir le 9 juin ou le 30 juin pour attendre l'autorisation d'accueillir plus de clients, d'autres patrons ont préféré démarrer leur saison dès cette semaine.

Un soulagement pour tous …

"On s'est tous retrouvés dans la joie et la bonne humeur", s'exclame Valérie, propriétaire du bar Cap O' Bar de Perros-Guirec. "Les terrasses étaient pleines hier et aujourd'hui de 10h30 à 13h30 et de 17h30 à 18h30". A quelques pas de là, au Celtic. "Il y a avait beaucoup de monde avec une très bonne ambiance." Les deux lieux de fêtes ont atteint près de 50 à 60 personnes, remplissant toutes les tables en terrasses. "Le bar, c'est aussi un des premiers liens social. On s'ouvre à la liberté" souligne Valérie.

… mais un piège pour les commerçants

"Ouvrir les terrasses c'est une chose. Mais c'est un cadeau empoissonné. On est limité juste pour les terrasses. Je comprends que certains veulent ouvrir le 9 juin." juge pourtant le propriétaire du bar le Celtic. En effet, quelques commerces préfèrent ouvrir plus tard, ce qui leur serait plus bénéfique financièrement. Au Cap O'Bar, c'est la convivialité qui prime, au détriment du profit : "On ouvre mais ce n'est pas rentable pour nous financièrement. Ce n'est pas 50 clients qui vont payer le salaire de nos trois salariés."

Depuis 1998, La Potinière, bar-restaurant en bord de mer à Trébeurden, est à l'abandon. Alors que la Cour administrative d'appel de Nantes a rejeté en 2020 un permis de construire pour un nouveau projet, la bâtisse délabrée surplombe toujours la ville, au point d’être surnommée “la verrue de Trébeurden” par ses habitants.  

Surnommée la "verrue de Trébeurden", le bar-restaurant La Potinière est à l'abandon depuis 1998

Elle a fait le bonheur des habitants de l'ouest du Trégor autrefois. Désormais, elle est surnommée “la verrue de Trébeurden”. Le bar-restaurant La Potinière n’a plus ouvert ses portes depuis 1998. Une bataille judiciaire autour des murs délabrés de cette vieille bâtisse divise la mairie et les propriétaires depuis 23 ans.

En octobre 2020, la cour administrative d’appel de Nantes a annulé un permis de construire délivré par la société Eolarmor, propriétaire du bâtiment, estimant le nouveau projet trop dégradant pour le site des "Roches Blanches". Deux mois plus tard, en décembre 2020, une tempête a arraché la charpente de l'édifice, qui s'était progressivement transformé en ruine depuis son abandon.

Un projet de surface commerciale refoulé

La société Eolarmor et son gérant Hubert du Boisbaudry, ainsi que la société Yola avaient racheté le bar-restaurant en 1998. Les deux nouveaux co-propriétaires prévoyaient de transformer ce lieu de fête en complexe commercial et d'habitation. Mais la commune n'approuve pas ce projet de rénovation. S’ensuit un combat juridique pour faire valider le permis de construire… “Les propriétaires ne voulaient pas accepter les propositions de la mairie et la mairie refusait les demandes des propriétaires”, se souvient Eliane, habitante de Trébeurden. "La Potinière est donc restée telle quelle depuis...".

La Potinière, quadrillée par des barrières.

Tous les Trébeurdinais pensent la même chose : ça ne peut plus durer

De la Potinière, il ne reste que des murs. Eliane a connu le bar-restaurant avant qu'il ne devienne cet édifice délabré. "On passait du très bon temps là-bas”, se remémore la retraitée, originaire de Lannion et mariée à un Trébeurdinais depuis 25 ans. “Il y avait la salle de jeux au sous-sol, le restaurant au-dessus et le bar sur le côté droit, à l’entrée”. Comme beaucoup d’habitants, elle juge la situation catastrophique : “Tous les Trébeurdinais pensent la même chose : ça ne peut plus durer."

A l'image des masques pendant la crise sanitaire, les pastilles d’iode manquent cruellement dans les pharmacies de Lannion. Epuisement des stocks, dates de péremption dépassées… En cas d’accident nucléaire, la population ne bénéficierait pas de cette première barrière de protection, dénonce Laurent Lintanf, président de l’association Sortir du nucléaire Trégor. 

La centrale nucléaire de Flamanville en construction

 

“Les pastilles d’iodes, c’est en quelque sorte l’incarnation du silence de l’Etat”. Un mois après avoir alerté sur l'absence de stocks de pastilles d'iode en pharmacies, Laurent Lintanf n’a toujours aucune nouvelle. Le président de l’association Sortir du nucléaire Trégor avait interpellé les maires afin que ces derniers avertissent la préfecture sur le manque de comprimés disponibles. De leur côté, les maires n’ont pas eu de réponse de la part de la préfecture, précise le militant.

Un prétexte pour renoncer au nucléaire

Depuis 2019, chaque foyer dans un rayon de 20 kilomètres d’une centrale nucléaire doit se munir de pastilles d’iode. En cas d'accident nucléaire, ces pastilles permettent de protéger la thyroïde en lui faisant ingérer l’iode non radioactif. Elle ne pourra donc plus assimiler l’iode radioactif. Ces pastilles se vendent en pharmacie. Mais au-delà de ce rayon de 20 kilomètres, les comprimés ne sont pas distribués.

La centrale nucléaire de Flamanville, la plus proche de Lannion, se trouve pourtant à 150 kilomètres. Pourquoi alerter sur un danger aussi lointain ? Laurent Lintanf admet que la dénonciation du manque de pastille d’iodes est un motif pour informer la population des dangers du nucléaire. “En indiquant à la population qu’il faut des pastilles d’iodes en cas d'accident nucléaire, on provoque une réaction. Elles se disent : 'Si on nous donne ces médicaments, c’est que le nucléaire est dangereux'. C’est la mission que je mène au sein du collectif."

Des stocks... de 2015

Dans les pharmacies de Lannion, il existe bien des stocks... Mais ils sont périmés. “On a un petit stock qui est périmé depuis 2015” indique Laurence, pharmacienne à Lannion depuis 35 ans. “On ne reçoit aucune instruction de l’Etat. C’est vrai qu’avec l’accident de Fukushima, nous devrions prendre des précautions”. Ce silence des autorités ne passe pas auprès de Laurent Lintanf, qui accuse la France de pratiquer une politique écologique mensongère. “On essaie de nous faire croire que les pastilles d’iode et les confinements sont les solutions en cas d’accident”.

La France est le pays qui utilise le plus l'énergie nucléaire pour sa production d’électricité, avec 19 centrales. “C’est trop pour un pays qui se dit protecteur de l’environnement” s’exclame Laurent Lintanf. Le retraité pointe une "dépendance" du nucléaire qui dure depuis une cinquantaine d’années, mais garde espoir que le pays en sorte d'ici à 2050.

Corentin Mauge

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