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“Semaine blanche” : la réouverture solidaire des cinémas bretons

Alors que les salles obscures ont rouvert le 19 mai, les cinémas du Trégor privilégient les films français de 2020, victimes des confinements successifs. Une "semaine blanche" qui ne dit pas son nom, et qui a de bonnes chances d'attirer le public.

Le cinéma Les Baladins situé à Lannion, Bretagne

“Garçon Chiffon” de Nicolas Maury, “Envole moi” de Christophe Barratier, le multiple césarisé “Adieu les cons”... Les cinémas des Baladins à Lannion et Perros-Guirec proposent un large choix de films français à l'occasion de la réouverture des salles obscures, ce 19 mai. Bien loin de la programmation habituelle qui favorise blockbusters ou films étrangers.

C’est mon choix“, explique Laurence Le Quéré, propriétaire des deux cinémas. Les Baladins vont “reprendre des films qui n'ont presque pas été vus comme 'Adieu les cons', à l'affiche qu'une semaine, ADN et Sous les étoiles de Paris, seulement deux jours", affirmait la gérante au Trégor la veille de la réouverture des cinémas.

La "semaine blanche" n’a pourtant pas été actée entre les acteurs du monde cinématographique. Carole Scotta, co-présidente des Distributeurs indépendants réunis européens (DIRE) avait suggéré cette "semaine blanche", par nécessité de préserver les films indépendants européens de la concurrence des long-métrages hollywoodiens lors de cette semaine de reprise. Finalement, chaque salle obscure gérera elle-même ses priorités.

Si cette semaine blanche n'a pas été officiellement mise en place, c'est aussi parce que le calendrier des sorties est modifié en permanence. "Les dates de sortie ne cessent de changer. Rien que cette semaine, 100 films ont changé de date", déplore Laurence Le Quéré, qui peine à s'organiser. Alors que le public du prochain James Bond, Fast and Furious et Black Widow devra attendre, les amateurs de cinéma d'art et d'essai se satisfont de la sélection actuelle. "On trouve ça normal que les films qui sortent ne soient pas les plus récents", juge Emmanuel, qui approuve le fait de privilégier les films français.

Les blockbusters dans les starting blocks

Plusieurs films multi-récompensés vont sortir dans les semaines suivantes et devraient attirer un public conséquent : The Father de Florian Zeller le 26 mai, le road movie Nomadland de Chloé Zhao le 9 juin ou encore l'onde Sound of Metal de Darius Marder le 16 juin. Avant l'arrivée de cette vague de productions oscarisées, certaines salles obscures ont donc pris le parti de l’industrie française, en lui consacrant une semaine sans trop de concurrence internationale.

La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner

Certains observateurs estiment que ces films français peuvent rencontrer leur public. "La France est de loin le pays où les spectateurs ont le plus envie de cinéma en salle et le moins peur d’y retourner", estime Xavier Albert, directeur général d'Universal.

Ce mercredi, à l'occasion de la réouverture des salles, Diane, une habituée, a pourtant choisi d'aller voir Michel Ange, le biopic du cinéase russe Andreï Kontchalovski. "J'aurais choisi n’importe quel film, du moment que je vais au cinéma. Je ne pouvais pas louper ça !", lance-t-elle. Comme elle, une majorité de Français ne privilégie pas nécessairement les productions nationales. Un sondage d'Allociné montre ainsi qu'au delà des nouveautés, c’est l’expérience des salles obscures qui a manqué aux spectateurs durant la crise sanitaire.

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