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Covid-19. Un baccalauréat sous tension

Le retour en classe se fera donc le lundi 11 mai, peu de temps avant les épreuves du baccalauréat. Une partie de l’examen sera comptabilisée en contrôle continu. Tout en sachant que les résultats obtenus lors du confinement ne seront pas comptabilisés dans la moyenne. Mais se pose alors une question : combien de jours les élèves auront en présentiel avant l’examen pour le contrôle continu ?

Pour rappel, les établissements scolaires avaient été fermés le 16 mars 2020 en France afin de stopper la propagation du Covid-19. Ces fermetures sont intervenues en pleines révisions pour les quelques 70 000 lycéens en âge de passer l’examen.

Pour les élèves de terminale générale et technologique, il a été décidé que le bac 2020 aura bien lieu mais sans épreuves écrites. La notation prendra en compte le contrôle continu, comme le rappelle Axelle Choffat dans un article pour l’Intern@ute. Le ministère de l’Education a précisé que « l’ensemble des épreuves seront validées par la note obtenue dans les disciplines concernées durant les trois trimestres de l’année de terminale, à l’exception des notes obtenues pendant la période du confinement ».

Le ministère assure qu’un jury d’examen étudiera les livrets scolaires afin de regarder « le cas de chaque élève » et de « garantir l’harmonisation entre les candidats. »

Pour les élèves n’ayant pas de moyenne générale au-dessus de 10, donc ne s’assurant pas le diplôme grâce au contrôle continu, un oral de rattrapage est envisagé au mois de juillet. Cet oral serait accessible uniquement pour les élèves ayant une moyenne entre 8 et 9,99 et sous réserve de faisabilité.

Un baccalauréat équivalent à celui des années précédentes ?

Valentine Percot, une élève de terminale décrochant son baccalauréat mention bien, souligne que les oraux de rattrapage « sont une bonne chose » pour les élèves dans le besoin. Elle « regrette néanmoins le fait qu’il n’y est pas d’épreuves écrites » : « la mention très bien était un vrai objectif à ma portée ». Avec ces modalités post-confinement, « impossible, pour elle, de l’avoir ». De quoi la décevoir malgré l’obtention de son bac mention bien.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, s’est exprimé sur les modalités du bac 2020 lors d’une conférence télévisée le 3 avril. Il a dit s’être appuyé sur les critères suivants pour prendre sa décision : « ne pas léser les élèves », « garantir la qualité et l’équité du diplôme du baccalauréat afin qu’il soit un véritable baccalauréat » et « s’assurer qu’il y ait le maximum de semaines en cours, notamment au mois de juin ».

Léonie Dinel, élève de terminale, se pose aussi la question de la valeur de son baccalauréat : « vaudra-t-il autant que ceux des années précédentes ? » Doute qui persiste dans la tête de plusieurs élèves de terminales souhaitant ensuite intégrer de grandes écoles. Jean-Michel Blanquer a promis sur le site du gouvernement que « le baccalauréat 2020 donne les droits habituels des bacheliers à tous ses titulaires ». Il précise également que si un élève a été admis à une formation de l’enseignement supérieur « notamment dans le cadre de Parcoursup, [ils pourront] s’inscrire dans la formation visée une fois le baccalauréat obtenu ».

Le maintien des oraux de français ne fait pas l'unanimité

En ce qui concerne les élèves de premières pour le baccalauréat de français, c’est encore une autre affaire.

Le 3 avril lors de sa conférence télévisée, Jean-Michel Blanquer a annoncé que la deuxième session d’E3C (épreuves communes de contrôle continu), ni l’épreuve écrite de français se tiendront en 2020. L’épreuve orale du bac de français est tout de même maintenue même si les élèves sont encore dans le flou : l’oral se tiendra « fin juin, début juillet » mais pas plus de précision.

Comme le rappelle Thibaut Cojean dans un article pour l’Etudiant, la note de l’épreuve écrite de français sera déterminée par « les notes des trois trimestres de premières […] sauf celles obtenues pendant la période de confinement ».

Ces modalités post-confinement n’arrangent pas tout le monde. Marilou Jourand, plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, aurait préféré l’inverse : « ça ne m’avantage pas forcément ».

Naomie Jourand · Avis de Marilou Jourand

Mais Marilou peut se rassurer : « leur programme est allégé » le rappelle Le Parisien dans un article. Désormais les élèves de premières se contenteront de réviser 15 textes en série générale et 12 textes en série technologique.

Mais tout le monde n’est pas d’accord pour maintenir l’oral de français. Le SNES-FSU, premier syndicat enseignant, s’insurge : « pourquoi maintenir cette épreuve quand toutes les autres sont annulées ? ». Le syndicat s’appuie sur un argument non-négligeable : les mesures sanitaires ne peuvent être respectées durant l’épreuve. Jean-Luc-Levénès, adhérent au syndicat, précise à France Bleu : « on va manipuler des brouillons, des cartes d’identités, des stylos. Et les classes seront-elles désinfectées entre chaque élève ? » C’est donc l’inquiétude qui règne du côté des enseignants. Le professeur poursuit en dénonçant le manque d’équité de l’épreuve : « il y a des élèves qui sont équipés, avec des ordinateurs et des parents derrière, d’autres élèves qui n’ont qu’un téléphone, d’autres n’ont pas internet pour réviser et recevoir les cours ».

Une pétition a été lancée en ligne afin de demander l’annulation des épreuves orales du bac de français. Elle recueille déjà plusieurs milliers de signatures.

Le point de vue du SNES-FSU est partagé par la CGT Educ’Action qui préférerait également « un report ou un passage en contrôle continu ». Ils soulignent un acharnement à l’encontre des lycéens : « non seulement ils ont essuyé les plâtres avec les E3C, mais en plus on leur demande de passer la pire épreuve sans y être préparés. Ça fait beaucoup en une année ».

Fabien Fourel dans un article pour France Bleu Azur, a recueilli les propos des parents d’élèves de la FCPE des Alpes-Maritimes. Céline Vaillant s’inquiète que le bac 2020 soit pénalisant pour toute une génération : « même un report de l’épreuve en terminale serait dommageable. Les élèves sont déjà très chargés en terminale. »

Cette perplexité est partagée par les parents d’élèves qui ne savent pas exactement sur quel pied danser. Florence Jourand, dont sa fille est censée passer l’oral de français entre le 26 juin et le 4 juillet, souhaite qu’elle passe l'épreuve seulement si les règles sanitaires sont respectées.

Sur le site du gouvernement, Jean-Michel Blanquer assure tout de même que l’examen pourrait « se tenir dans le respect des règles sanitaires strict si la situation perdurait ». Interrogé en milieu de semaine par BFM TV, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il considérait « que ça reste possible que, dans la dernière semaine de juin, les conditions sanitaires permettent de le faire passer ».

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