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Dans les Côtes-d’Armor, sur les 19 librairies recensées, sept ont fait le choix de rouvrir en cette période de confinement. Certaines ont décidé de se lancer dans la livraison ou utiliser le site « click & collect », un système de vente à emporter. Tandis que d’autres, préfèrent rester fermés. Nous faisons le point.

Le « click & collect », est le nouveau terme à la mode dans le domaine des librairies. Un anglicisme qui permet aux consommateurs de commander en ligne et de venir retirer son produit directement sur place. Depuis le 17 mars, de nombreuses librairies ont dû fermer suite au confinement lié au Covid 19, mais peu à peu, certaines ont rouvert. Au total, sept librairies des Côtes-d’Armor sur 19 ont fait le choix de passer par la livraison à domicile ou la vente à emporter. Un moyen rapide et sécurisé qui satisfait la demande des clients les plus fidèles.

Comment ça marche ?

Certains libraires ont rouvert de manière spontanée et individuelle en indiquant à leurs clients leurs modes de fonctionnement par le biais d’affiches ou des réseaux sociaux. C’est le cas de la librairie Mot et Images à Guingamp, Céline Vignon, responsable, s’est lancé dans la vente en ligne via son site internet. Les clients peuvent ensuite récupérer leurs achats en magasin, « j’ai un sas dans l’entrée de la librairie, c’est une personne à la fois » explique-t-elle. Puis, elle a décidé de suivre ses confrères et de se lancer dans le « click & collect ». Cette initiative est portée par Livres Hebdo, qui tient à jour une carte nationale interactive des librairies proposant ce service. Daniel Verdier, gérant de Tom’ Librairie à Perros-Guirec, fait partie de ces recenser, « les commandes se font soit par téléphones, soit par mail. Je réserve les livres, puis les clients viennent les chercher. Il faut savoir que la librairie n’est pas ouverte au public, il n’y a donc pas de circulation ». Alors, pour les plus férus de lecture qui ne peuvent pas attendre la fin du confinement, commander est possible.

Plus qu’une demande, un besoin

Si les difficultés économiques se font sentir en cette période de confinement, certains libraires ont décidé de rouvrir mais, surtout pour satisfaire leurs clients. « Certains voulaient récupérer les livres qu’ils avaient en commande et je me sentais mal de leur dire non, alors que le livre était là, j’ai les moyens de le faire en toute sécurité sanitaire » souligne Cécile Vignon. Sa librairie effectue environ une dizaine de commandes par jour. Ce qui permet de ravir les plus fanatiques de lecture.

Une vente à emporter controversé

Tous les libraires n’ont pas fait le même choix, comme par exemple Benoit Le Louarn, gérant de la librairie Du Renard à Paimpol, qui a décidé de rester fermé jusqu’à la fin du confinement. « Il y a une crise sanitaire énorme. Si tous les commerces font ça, il y aura du monde plein les rues. Ce n’est peut-être pas très responsable vis-à-vis des soignants qui ne demandent qu’une chose, c’est que l’on reste chez soi et que l’on fasse attention » relate Benoit Le Louarn. Le système de « click & collect » sera mis en place dans sa librairie, mais seulement à partir du 11 mai prochain avec un protocole sanitaire très strict.

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Alors que le déconfinement approche, la reprise des courses cyclistes n’est pas à l’ordre du jour. L’impossibilité de se démarquer sème le doute chez les coureurs professionnels dont le contrat arrive à terme et pourrait mettre fin aux rêves de certains amateurs.

Être confinés, un comble pour des cyclistes habitués à passer des heures de selle à l’air libre. Mais pour certains cette situation met leur carrière en péril. Le Lannionnais Alan Riou, cycliste professionnel pour la formation bretonne Arkéa-Samsic, gagne sa vie grâce à son sport. Dans l'élite depuis janvier 2018, le trégorois comptait sur la saison 2020 pour convaincre son équipe de prolonger son contrat. En effet, pour celui qui a fait ses classes au club cycliste du Granit Rose, 2020 était aussi la dernière année le liant à l’équipe managée par Emmanuel Hubert. Heureusement pour lui, il a été auteur d'une première saison satisfaisante qui lui a permis de se mettre en avant. « J’ai fait une première saison mitigée mais avec de bonnes performances. J’ai aussi eu la chance de faire quelques courses en début de saison donc je reste positif. » Nombreux sont les cyclistes dans le flou. Au sein du WorldTour, la catégorie reine du cyclisme professionnel, plus d'un quart des coureurs sont dans l'attente d'un nouveau contrat.

A désormais moins d’un an de leur fin de contrat, l’idée d’un retour dans les pelotons amateurs préoccupe plusieurs d’entre eux. Les équipes ont déjà baissé les salaires en raison de la crise et vont devoir composer avec les effectifs déjà en place. Ce sont les amateurs qui pourraient pâtir de la situation.

Situation compliquée pour les amateurs

Les meilleurs cyclistes amateurs ont pour objectif de décrocher un contrat professionnel. Cela passe par des performances remarquées tout au long de l’année sur les plus grandes épreuves du calendrier. « Je savais qu’à mon âge ça allait être compliqué. La période de confinement m’a permis de me remettre en question. Maintenant le but c’est de trouver un travail qui me plaît. » A 26 ans, Aurélien Le Lay, voit son objectif de passer professionnel s'envoler alors qu'il avait bien commencé la saison. Depuis deux ans, le coureur des Côtes d'Armor Marie Morin - Véranda Rideau se consacre à la pratique de son sport pour se donner un maximum de chances pour réussir. Aujourd'hui, il n'a plus beaucoup voire plus du tout le temps de faire ses preuves auprès des formations professionnelles. Il continue de s'entraîner tout en aidant ses beaux-parents dans leur boulangerie et laisse derrière lui ses espoirs d’obtenir un contrat professionnel. « Ce serait vache que les équipes laisse tomber leurs coureurs déjà en contrat. En plus, elles ne prendront pas le risque d’aller dans l’inconnu. C’est compliqué pour elles aussi. » Heureusement pour les équipes professionnelles, l’Union Cycliste Internationale a annoncé une fin de saison remodelée qui leur permettra d’observer les forces en présence et d'offrir un nouveau contrat selon les performances. Le calendrier amateur n’a quant à lui pas encore été dévoilé.

D'autres articles sur le sport : Handball. La résine de la discorde

Le problème des violences faites aux femmes ne disparait pas pendant le confinement. Les bénévoles sont en branle bas de combat dans les structures de soutien aux victimes de violences conjugales.

Lannion n'échappe pas à la problématique des violences intrafamiliales. Les victimes de violences conjugales sont d'habitude accompagnées par l'association LePas crée en 2007. Les structures d'aides aux personnes confrontées à ces violences attendent la fin du confinement dans la région avec anxiété alors qu'à la fin de la première semaine de quarantaine imposée le nombre de signalements de violences avait augmenté de 32% en zone rurale selon le ministère de l'intérieur.

Une situation explosive

Morgane Boete, psychologue intervenant dans la structure s'attend à une augmentation subite du nombre de consultations, expliquant que "pendant le confinement c'est encore plus complexe pour elles d'alerter sur leur situation". Le confinement à contraint les femmes victimes de violences conjugales à rester toute la journée avec leur conjoint et les moments d'isolement qui auraient pu permettre de donner l'alerte de manière discrète se sont réduis à peau de chagrin. La fin des mesures de restriction prévues pour le 11 Mai pourrait faire bondir les appels à l'aide. Morgane Boete s'inquiète de la situation à venir expliquant que "pour le moment on a peu d'appels" mais sait que la situation va s'aggraver.

Une vigilance accrue

Les pouvoirs publics ont répondu à l'augmentation importante du nombre de signalements par une communication accrue appelant à la vigilance des proches sur des signes de violences subies. La psychologue se réjouit de l'attention importante portée sur le sujet des violences conjugales même si certaines réticences se font sentir. Pour elle, "il faut continuer d'en parler" insistant sur son caractère généralisé. Pour la médecin diplômée courant 2002, il y a un lien évident entre la médiatisation et le nombre de prises en charge, "on le voit bien, peu après un événement ponctuel médiatisé on a des gens qui viennent nous voir".

Manque de moyens

Des nouveaux dispositifs d'alerte ont aussi été mis en œuvre, une simple phrase prononcée à un pharmacien peut déclencher l'appel des forces de l'ordre. Même si la psychologue accueille avec optimisme les propositions gouvernementales, le manque de moyen est une grande préoccupation dans le milieu associatif dédié aux violences faites aux femmes. Mais l'heure n'est pas à la levée de fond pour la médecin engagée qui improvisera au moment venu pour essayer de venir en aides à toutes celles qui en ont besoin. "On fera avec ce que l'on aura" dit-elle pour terminer.

Pour éviter la propagation du coronavirus dans les prisons, des détenus en fin de peine et en détention provisoire ont été libérés. A Saint-Brieuc, la maison d’arrêt reste pourtant soumise à une forte surpopulation, incompatible avec le respect des règles sanitaires.

La maison d’arrêt de Saint-Brieuc n’a jamais accueilli aussi peu de détenus. Et pourtant, la surpopulation carcérale reste très forte. Malgré les mesures prises par l’administration pénitentiaire, qui a décidé de libérer exceptionnellement des détenus en fin de peine, la crise sanitaire actuelle aggrave les conditions d’incarcération des détenus français. 

Nous nous sommes entretenus avec Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), qui accompagne les proches des détenus avant les visites au parloir.

La maison d'arrêt de Saint-Brieuc accueille aujourd'hui 124 détenus. Crédits : DAVID ADEMAS / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Surpopulation carcérale  

Fin mars, ils étaient 166 prisonniers à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc. Ils ne sont plus que 124. « On n’a jamais eu aussi peu de détenus », se réjouit Jean-Jacques Le Doré, co-président de l’association des familles de détenus de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (AFDMA 22). Les libérations anticipées et le fonctionnement ralenti de la justice réduisent le taux d’occupation des prisons un peu partout en France. « Les seules incarcérations en ce moment, c’est pour violences conjugales », précise le co-président de l’AFDMA 22. Mais à Saint-Brieuc, malgré 25 % de détenus en moins et un taux d’occupation de 144 %, la surpopulation carcérale reste supérieure à la moyenne nationale qui vient de passer pour la première fois depuis plusieurs décennies sous la barre des 100 %. Malgré une capacité d’accueil de 86 places théoriques, les détenus se partagent à trois des cellules de neuf mètres carré. La promiscuité empêche l'application des gestes barrières et le respect des règles de distanciation sociale. En Bretagne, 324 détenus en fin de peine ont été libérés

Même si la tendance générale est à une diminution de la surpopulation carcérale, Jean-Jacques Le Doré est plutôt pessimiste. « Quand la justice va se remettre en place ça va repartir. Pour que ça baisse vraiment, il faudrait une décision ministérielle. Sinon il n’y a pas de raisons que les procureurs condamnent moins », déplore le co-président de l’AFDMA de Saint-Brieuc. 

Des conséquences sur les détenus

L'isolement et la promiscuité « fragilisent l'état psychologique de certains détenus », explique Jean-Jacques Le Doré. La crise sanitaire aggrave un contexte difficile, déjà exacerbé par la surpopulation. Avec la fermeture des parloirs le 17 mars, garder le contact avec leurs proches est devenu plus compliqué pour les détenus. « Mais depuis le début de l’année, toutes les cellules de la maison d’arrêt de Saint-Brieuc sont équipées d’un téléphone ». ajoute Jean-Jacques Le Doré ; un moindre réconfort en attendant une reprise progressive des visites.

Réouverture des parloirs le 11 mai

Les parloirs de tous les établissements pénitentiaires devraient réouvrir le 11 mai dans le cadre d'un déconfinement progressif.  Les visites seront limitées à une personne un masque obligatoire. L’AFDMA 22 se prépare elle aussi à accompagner les proches des détenus à partir de lundi.

AFDMA 22 : 16, rue de la Tullaye 22000 Saint-Brieuc, 02 96 52 06 94

A lire aussi : A Lannion, les associations attendent de pied ferme la fin du confinement

La mobilisation en faveur de l’accès aux plages et du littoral ne cessait de s’étendre depuis quelques semaines. Jeudi 7 mai, Christophe Castaner, a annoncé que la réouverture des plages sera possible au cas par cas "sur autorisation des préfets ». Si certains se félicitent de cette annonce, d’autres craignent que les plages restent inaccessibles encore plusieurs semaines ou que les mesures de sécurité ne soient pas respectées.

L’incompréhension montait ces dernières semaines chez certains élus, habitants, et commerçants bretons face à la fermeture des plages et du littoral initialement prolongée jusqu’au 1er juin. Mais leur mobilisation semble avoir porté ses fruits. Lors d'une conférence de presse, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a annoncé que « le Préfet pourra autoriser l'accès aux plages, lacs et centres nautiques sur demande des maires ». Cette décision a aussitôt fait réagir certains élus qui plaidaient un accès aux plages et à la mer depuis leur fermeture. « Je me félicite de la décision du gouvernement [ …]. C’était une demande des élus du littoral breton, appuyée par les parlementaires. Le bon sens peut se conjuguer avec les impératifs sanitaires » s’est empressé d’écrire le député costamoricain, Éric Bothorel, sur son compte Twitter. Comme 61 députés français, il avait signé quelques jours auparavant, un courrier adressé à Edouard Philippe et à Roxana Maracineanu, ministre des Sports, en faveur d’un « retour à l’océan et à la mer par l’autorisation de la pratique d’une activité physique responsable et citoyenne à partir du 11 mai ». 

« La règle générale, c’est la fermeture »

Lors de la conférence de presse sur le déconfinement, Christophe Castaner a toutefois précisé que « la règle générale, c’est la fermeture ». Dans tous les cas, cette décision relève, dans un premier temps, de la responsabilité des maires. Et certains d’entre eux, ne solliciteront pas les Préfets pour autoriser l’accès à leurs plages. Gilles Sergent, maire de Beuzec-Cap-Sizun, et les habitants de cette commune finistérienne attendront encore quelques semaines avant de remettre les pieds à l’eau. « Ce n’est pas une urgence. L’accès à la mer est secondaire, et les plages relèvent du loisir. On rouvre les écoles, les transports, c’est déjà beaucoup. Il vaut mieux rester prudents. » Lui, préfère attendre le 1er juin, comme prévu initialement par le Gouvernement pour autoriser l’accès aux plages dans sa commune. « Si on a un retour de bâton suite au déconfinement, nous le ressentirons fin mai ou début juin. À partir de cette date, nous verrons si c’est possible de rouvrir les plages et sentiers côtiers, parce qu’il ne faut pas se faire d’illusions, ce n’est pas gagné. Restons prudents, le 1er juin viendra très vite"

D’autres élus craignent quant à eux, une invasion des littoraux une fois leur accès autorisé. « Si les gens restent les uns sur les autres sans bouger, ça deviendra embêtant. » prévient Philippe Delsol, maire de Plouha dans les Côtes-d’Armor. Face aux propositions du Gouvernement, Dominique Salvert, maire de l’Ile de Sein qui compte moins de 250 habitants au large de Brest, ne se sent pas vraiment concerné. « Chez nous, ce n’est pas un problème la réouverture des plages puisque les touristes ne peuvent pas accéder à l’île. » Cependant, à la place de nombreux maires qui doivent aujourd’hui prendre une décision, son avis est bien tranché.

Si j’étais maire d’une grande commune touristique sur le littoral, je ne serais pas favorable à la réouverture des plages. Dans certaines villes balnéaires, c’est évident que si on les rouvre, les plages vont être prises d’assaut.

Dominique Salvert, maire de l'Ile de Sein
Comme celles du Cap-Fréhel, les plages pourront rouvrir sous dérogations à partir du lundi 11 mai. / CRÉDIT PHOTO : leparisien.fr  ©Olivier Boitet

Un retour sur les plages sous conditions 

Ces dernières heures, sur les réseaux sociaux les propositions pour garantir l’accès aux plages en toute sécurité ont fusé. Elles fleurissent sur le net : créneaux horaires, couloirs d’accès à la mer comme c’est le cas à Sydney, box en thermoplastique transparents proposés par une entreprise italienne, ou encore un « pass plage » comme cela est expérimenté à Ostende, en Belgique. Les internautes n’ont pas hésité à les relayer afin de regagner rapidement les plages. Des exemples sur lesquels pourraient s’appuyer certains maires avant d’émettre une demande auprès de la préfecture de leur département.

Daniel Moysan, maire de Crozon, aussi président de la communauté de commune Presqu’île de Crozon-Aulne maritime, veut s’assurer que l’accès aux plages soit possible tout en respectant les mesures de sécurité. « J’ai donc lancé le service de l’espace naturel de la communauté de commune pour me faire des propositions afin qu’on puisse fréquenter les plages, pratiquer les disciplines associées de façon à ce qu’on vienne pas détruire ce que nous avons gagné avec le confinement », affirme-t-il. Sa presqu’île compte 61 km de littoral, alors cette décision qu’il prendra dans les jours à venir, sera mûrement réfléchie. « Je demanderai au Préfet d’autoriser l’accès à notre littoral lorsque je recevrai un plan cohérent et réaliste qui permettra de contrôler la transmission du virus », assure Daniel Moysan.

La mobilisation reste malgré tout présente

Malgré les annonces du ministre de l’Intérieur, la mobilisation en faveur de la réouverture des plages et du littoral est loin de s’atténuer. Des associations appellent à la désobéissance civile et à la mobilisation sur les plages, lundi 11 mai au matin en Bretagne. Le rassemblement prévu sur la plage de Trestel à Trevou-Tréguignec dans les Côtes-d’Armor aura tout de même lieu. Johann Michaux, Président de l’Association costarmoricaine de protection de la mer et du littoral, Nique pas ta mer, s’est joint à ce mouvement. Pour lui, les plages ne pourront pas être accessibles dès le 11 mai, comme l’a annoncé le Gouvernement.

Ces décisions vont être prises par les mairies, sachant que les élections municipales ont été bloquées, puis renvoyées aux préfectures, qui elles vont se réunir pour établir des arrêtés. Tout cela demandera combien de temps encore ? Peut-être un mois ! insiste Johann Michaux.

Ce lundi 11 mai, une manifestation pacifique aura lieu sur la plage de Trestel à Trévou-Tréguignec pour demander l'accès aux plages sans dérogation des maires. / Photo : letelegramme.fr ©Hervé Moisan

Il espère voir les manifestants en nombre. « Nous invitons chacun à venir à 11h sur la plage de Trestel, et à se vêtir de rouge. Le rouge est la couleur du mécontentement et de la colère. Nous préparons affiches et banderoles. » Cependant, en cette période de pandémie, le respect des gestes barrières reste primordial. « Nous demandons aux participants de respecter les consignes de sécurité mises en place par le Gouvernement, à savoir les distances, le port du masque, pour que tout se passe pour le mieux », assure-t-il.

Le 2 mai, Marjorie Sanchez, a créé une pétition sur le net. Depuis, elle a réunit plus de 28 000 signatures. « J’avais besoin de communiquer ma colère et de voir les réactions des gens. Je me suis dis que ça allait peut-être faire réagir les personnes. Depuis les annonces du Premier Ministre la semaine dernière, la pétition a bien circulé. Je me suis finalement rendue compte que la plupart des personnes partageaient la même opinion que moi. » En prenant connaissance des annonces du Gouvernement, cette habitante de Plobannalec-Lesconil semble satisfaite de son initiative. « Les nouvelles sont optimistes. J’espère que le Préfet rouvrira les plages rapidement avec du bon sens ». Cependant, sa pétition ne sera stoppée que « lorsque les barrières aux plages seront levées ». 

Depuis le début du confinement, les plages sont vides. Cette situation a donné lieu à des rencontres insolites. Un chevreuil s'est baigné dans le Morbihan.

L’inquiétude demeure chez les commerçants 

Même si la réouverture des plages est possible, « la règle générale, c’est la fermeture » a bien précisé le ministre. Des mesures qui ne satisfont pas vraiment les commerçants. Sur les côtes bretonnes, le passage dans les commerces est essentiellement lié à leur proximité avec les plages. Commerçants et artisans craignent une absence totale de clients la semaine prochaine. Céline Rousseau, est présidente de l’association des commerçants et artisans de Locquirec, et tient aussi "l'Atelier de Linou".

« Nous, commerçants, vivons essentiellement grâce au côté balnéaire de Locquirec. Si l’accès aux plages reste donc interdit, les gens ne se déplaceront pas et ne viendront pas consommer. »

Céline Rousseau, présidente de l’association des commerçants et artisans de Locquirec

La saison estivale, période clé pour les commerçants et artisans, aurait dû commencer depuis quelques semaines et ce manque à gagner risque d'être encore prolongé. « Il va y avoir un fort impact sur nos activités économiques. Et même si nous travaillons essentiellement en période d’été, notre saison commence dès avril. La plupart de nos commerces rouvrent lundi, j’ai peur qu’il n’y ait personne », s’inquiète la graphiste. 

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Les salles obscures de toute la France sont fermées depuis l’arrêté ministériel du 14 mars 2020. Une crise qui n'épargne aucun exploitant de salles de cinéma.

Aller voir un film au cinéma serait la deuxième activité post-confinement privilégiée par les Français. Si le déconfinement a bel et bien débuté ce lundi 11 mai, la réouverture des salles obscures se décidera vraisemblablement début juin, lors de la prochaine étape fixée par le gouvernement. Emmanuel Macron n'ayant annoncé aucune date lors de son allocution à propos de la culture, mercredi 6 mai. Après deux mois d'interruption totale pour les exploitants de salles de cinéma, l'heure est au bilan.

La fréquentation en baisse dès janvier

L’année 2019 correspond au deuxième plus haut niveau de fréquentation des salles de cinéma depuis 53 ans, avec 213,3 millions d’entrées. En revanche, le début de l’année 2020 a enregistré un net recul. Une différence qui coïncide avec l'arrivée du coronavirus en France. Dans un premier temps, la majorité des spectateurs ne change pas leurs habitudes. Mais avec le déclenchement du stade 2, le 29 février. L'interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes, le 9 mars, puis de plus de 100 personnes le 13 mars. Le Premier ministre déclenche alors le stade 3 du dispositif de gestion de l'épidémie de coronavirus, synonyme de fermeture de l'ensemble des lieux publics "non-indispensables". Les cinémas sont donc contraints de fermer le 14 mars après ce discours d'Édouard Philippe.

Les exploitants de salles de cinéma, se retrouvent sans revenus, avec un loyer à payer. C'est la principale difficulté pour eux. Dans une interview accordée au Point le 5 mai dernier, Jérôme Seydoux, propriétaire des cinémas Pathé et Gaumont (130 multiplexes / 1 300 écrans en France) observe : “comme de nombreuses enseignes, nous discutons actuellement avec nos principaux bailleurs immobiliers afin de trouver rapidement des solutions équitables face aux problématiques des loyers commerciaux”. Une problématique qui ne se pose pas pour certains exploitants : “Nous sommes totalement indépendants et propriétaires de nos deux salles. Nous n'avons pas donc pas de loyer à payer”, rappelle Laurence Le Quéré directrice générale des cinémas Les Baladins à Lannion et Perros-Guirec.

"En comparaison à des complexes plus importants, la fermeture nous fait moins mal"

Roland Berhault, président du cinéma associatif Le Vendelais

Les cinémas avec peu, voir pas de salariés pour certains associatifs, affronte la crise avec plus de tranquillité. "Les plus petits ne sont pas les plus fragiles. Des cinémas de toutes tailles vont souffrir. Il y a des colosses aux pieds d’argile. Les associatifs avec des bénévoles seront peut-être moins touchés”, avance Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), dans Ouest-France, le 4 mai dernier. Pour les multiplexes, la situation est plus préoccupante. L'entretien, le loyer, les charges et la maintenance des machines représentent des dépenses importantes. Dans le même temps, l'ensemble de leurs salariés sont tous au chômage partiel. “Nous n’avons pas de salariés et pas de loyer à payer. Notre cinéma repose sur le dévouement de ses 40 bénévoles. En comparaison à des complexes plus important, la fermeture nous fait moins mal. Cela représente pour nous un manque à gagner entre 3 et 4 000 euros”, confirme Roland Berhault, président du cinéma associatif Le Vendelais (1 écran / 200 places).

300 millions d'euros de manque à gagner

Les salles les plus en difficultés sont celles ayant récemment entrepris des travaux, à l’instar des Baladins à Perros-Guirec. Fermé depuis le 6 janvier pour rénover ses deux salles ainsi que sa façade, le cinéma a rouvert seulement à partir mi-février. Coût des opérations : 450 000 euros. “Le remboursement se poursuit. Nous avons payé 82 000 euros en avril”, détaille Laurence Le Quéré. Une situation que veulent éviter ses confrères. “Nous allons retarder les investissements et faire toutes les économies nécessaires pour tenir le coup le plus longtemps possible”, prévient Jérôme Seydoux, dans son interview accordé au Point.  

Près de 15 000 salariés mis au au chômage partiel et 300 millions d'euros de manque à gagner pour les salles d'ici à juillet. C'est le bilan possible de cette crise sans précédent selon l’enquête de l’édition papier du Monde du 2 mai. "Il va s'écouler du temps avant un retour à la normal. Ça risque de se payer jusqu'à fin 2021", se projette Christophe Garnier, directeur du cinéma Le Club à Fougères (6 écrans).

La consommation dématérialisée de films explose

Période de confinement oblige, les Français se sont tournés vers les plateformes de streaming SVOD et/ou VOD. D'autant plus avec le lancement de Disney +, le 7 avril dernier ou avec l'arrivée sur Netflix d'une partie du catalogue du studio MK2 (Truffaut, Chaplin, Lynch, Dolan...). Selon un sondage Hadopi, après quatre semaines de confinement, la consommation de biens culturels dématérialisés “n’a jamais concerné autant d’internautes [...] ce qui fait progresser la consommation dématérialisée de musique, films et surtout de séries TV à un niveau jamais atteint”. C'est même 57% des sondés qui affirment regarder plus de films qu’avant le confinement. Une situation qui renforce les craintes des exploitants de salles de cinéma. On y pense. Cela ne date pas d’aujourd’hui mais le confinement renforce cette impression. Je préfère penser que les gens reviendront au cinéma. C’est un lien social important et un moment de partage unique”, réagit Laurence Le Quéré. Il y a plusieurs publics. Les cinéphiles et habitués reviendront, c’est à n’en pas douter. La crainte vient plutôt des spectateurs concevant le cinéma comme un divertissement et pouvant se satisfaire avec une plateforme de streaming. Est-ce qu’ils auront la volonté de revenir ?”, s’interroge Roland Berhault.

La réouverture : l’inconnue

Les distributeurs prendront-ils le risque de sortir leurs films au moment de la réouverture des salles ? C’est la question qui taraude les exploitants. “On a l’exemple du dernier James Bond. Les distributeurs l’ont déprogrammé 8 jours avant sa sortie nationale alors qu’on devait le diffuser en avant-première. Une sortie nationale qui ne marche pas et la réputation est faite ! Son distributeur a préféré ne pas prendre de risques”, raconte Roland Berhault. Les blockbusters de juillet comme Tenet de Christopher Nolan (22 juillet), Mulan du studio Disney (22 juillet) ou Bob l'éponge - Le Film : Eponge en eaux troubles risquent de subir un échec commercial si les spectateurs ne sont pas au rendez-vous. Mais s'ils sont déprogrammés, les salles n'auront pas de films porteurs.

Une situation qui n'est pour l'instant que potentielle puisque aucun calendrier de réouverture n’a été annoncé par le gouvernement. Le ministre de la culture, Franck Riester, rappelait le 5 mai dernier sur Europe 1 l'existence d'un délai "d’au moins quatre semaines entre le moment où la décision de réouverture sera prise et le moment où elle sera effective". Dans l’éventualité où le gouvernement annoncerait le 2 juin prochain la réouverture des cinémas, ce délai d'un mois préconise un début de retour à la normale pour les exploitants de salles d'ici juillet. Reste à savoir si les spectateurs seront au rendez-vous.

Le retour en classe se fera donc le lundi 11 mai, peu de temps avant les épreuves du baccalauréat. Une partie de l’examen sera comptabilisée en contrôle continu. Tout en sachant que les résultats obtenus lors du confinement ne seront pas comptabilisés dans la moyenne. Mais se pose alors une question : combien de jours les élèves auront en présentiel avant l’examen pour le contrôle continu ?

Pour rappel, les établissements scolaires avaient été fermés le 16 mars 2020 en France afin de stopper la propagation du Covid-19. Ces fermetures sont intervenues en pleines révisions pour les quelques 70 000 lycéens en âge de passer l’examen.

Pour les élèves de terminale générale et technologique, il a été décidé que le bac 2020 aura bien lieu mais sans épreuves écrites. La notation prendra en compte le contrôle continu, comme le rappelle Axelle Choffat dans un article pour l’Intern@ute. Le ministère de l’Education a précisé que « l’ensemble des épreuves seront validées par la note obtenue dans les disciplines concernées durant les trois trimestres de l’année de terminale, à l’exception des notes obtenues pendant la période du confinement ».

Le ministère assure qu’un jury d’examen étudiera les livrets scolaires afin de regarder « le cas de chaque élève » et de « garantir l’harmonisation entre les candidats. »

Pour les élèves n’ayant pas de moyenne générale au-dessus de 10, donc ne s’assurant pas le diplôme grâce au contrôle continu, un oral de rattrapage est envisagé au mois de juillet. Cet oral serait accessible uniquement pour les élèves ayant une moyenne entre 8 et 9,99 et sous réserve de faisabilité.

Un baccalauréat équivalent à celui des années précédentes ?

Valentine Percot, une élève de terminale décrochant son baccalauréat mention bien, souligne que les oraux de rattrapage « sont une bonne chose » pour les élèves dans le besoin. Elle « regrette néanmoins le fait qu’il n’y est pas d’épreuves écrites » : « la mention très bien était un vrai objectif à ma portée ». Avec ces modalités post-confinement, « impossible, pour elle, de l’avoir ». De quoi la décevoir malgré l’obtention de son bac mention bien.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, s’est exprimé sur les modalités du bac 2020 lors d’une conférence télévisée le 3 avril. Il a dit s’être appuyé sur les critères suivants pour prendre sa décision : « ne pas léser les élèves », « garantir la qualité et l’équité du diplôme du baccalauréat afin qu’il soit un véritable baccalauréat » et « s’assurer qu’il y ait le maximum de semaines en cours, notamment au mois de juin ».

Léonie Dinel, élève de terminale, se pose aussi la question de la valeur de son baccalauréat : « vaudra-t-il autant que ceux des années précédentes ? » Doute qui persiste dans la tête de plusieurs élèves de terminales souhaitant ensuite intégrer de grandes écoles. Jean-Michel Blanquer a promis sur le site du gouvernement que « le baccalauréat 2020 donne les droits habituels des bacheliers à tous ses titulaires ». Il précise également que si un élève a été admis à une formation de l’enseignement supérieur « notamment dans le cadre de Parcoursup, [ils pourront] s’inscrire dans la formation visée une fois le baccalauréat obtenu ».

Le maintien des oraux de français ne fait pas l'unanimité

En ce qui concerne les élèves de premières pour le baccalauréat de français, c’est encore une autre affaire.

Le 3 avril lors de sa conférence télévisée, Jean-Michel Blanquer a annoncé que la deuxième session d’E3C (épreuves communes de contrôle continu), ni l’épreuve écrite de français se tiendront en 2020. L’épreuve orale du bac de français est tout de même maintenue même si les élèves sont encore dans le flou : l’oral se tiendra « fin juin, début juillet » mais pas plus de précision.

Comme le rappelle Thibaut Cojean dans un article pour l’Etudiant, la note de l’épreuve écrite de français sera déterminée par « les notes des trois trimestres de premières […] sauf celles obtenues pendant la période de confinement ».

Ces modalités post-confinement n’arrangent pas tout le monde. Marilou Jourand, plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, aurait préféré l’inverse : « ça ne m’avantage pas forcément ».

Naomie Jourand · Avis de Marilou Jourand

Mais Marilou peut se rassurer : « leur programme est allégé » le rappelle Le Parisien dans un article. Désormais les élèves de premières se contenteront de réviser 15 textes en série générale et 12 textes en série technologique.

Mais tout le monde n’est pas d’accord pour maintenir l’oral de français. Le SNES-FSU, premier syndicat enseignant, s’insurge : « pourquoi maintenir cette épreuve quand toutes les autres sont annulées ? ». Le syndicat s’appuie sur un argument non-négligeable : les mesures sanitaires ne peuvent être respectées durant l’épreuve. Jean-Luc-Levénès, adhérent au syndicat, précise à France Bleu : « on va manipuler des brouillons, des cartes d’identités, des stylos. Et les classes seront-elles désinfectées entre chaque élève ? » C’est donc l’inquiétude qui règne du côté des enseignants. Le professeur poursuit en dénonçant le manque d’équité de l’épreuve : « il y a des élèves qui sont équipés, avec des ordinateurs et des parents derrière, d’autres élèves qui n’ont qu’un téléphone, d’autres n’ont pas internet pour réviser et recevoir les cours ».

Une pétition a été lancée en ligne afin de demander l’annulation des épreuves orales du bac de français. Elle recueille déjà plusieurs milliers de signatures.

Le point de vue du SNES-FSU est partagé par la CGT Educ’Action qui préférerait également « un report ou un passage en contrôle continu ». Ils soulignent un acharnement à l’encontre des lycéens : « non seulement ils ont essuyé les plâtres avec les E3C, mais en plus on leur demande de passer la pire épreuve sans y être préparés. Ça fait beaucoup en une année ».

Fabien Fourel dans un article pour France Bleu Azur, a recueilli les propos des parents d’élèves de la FCPE des Alpes-Maritimes. Céline Vaillant s’inquiète que le bac 2020 soit pénalisant pour toute une génération : « même un report de l’épreuve en terminale serait dommageable. Les élèves sont déjà très chargés en terminale. »

Cette perplexité est partagée par les parents d’élèves qui ne savent pas exactement sur quel pied danser. Florence Jourand, dont sa fille est censée passer l’oral de français entre le 26 juin et le 4 juillet, souhaite qu’elle passe l'épreuve seulement si les règles sanitaires sont respectées.

Sur le site du gouvernement, Jean-Michel Blanquer assure tout de même que l’examen pourrait « se tenir dans le respect des règles sanitaires strict si la situation perdurait ». Interrogé en milieu de semaine par BFM TV, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il considérait « que ça reste possible que, dans la dernière semaine de juin, les conditions sanitaires permettent de le faire passer ».

Réquisitionné.e.s ou volontaires, les étudiant.e.s infirmier.ère.s se sont engagé.e.s dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Depuis le 23 mars et le début de l’état d‘urgence sanitaire, les étudiant.e.s des IFSI sont réquisitionné.e.s dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus. Dans le décret du 23 mars, le Premier Ministre Edouard Philippe prend des mesures de réquisition de “tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire”. Les IFSI étant fermés depuis le 13 mars, les futurs infirmier.ère.s ont donc été appelés pour venir en soutien du personnel hospitalier. Ce sont d’abord les hôpitaux qui ont appelé les étudiant.e.s.

Travailler dans une Unité Covid

C’est le cas de Emma, étudiante en première année à l’IFSI de Nantes. Elle a intégré début avril un service d’une Unité Covid du CHU de Nantes, où étaient pris en charge les suspicions de Covid-19, qui se sont finalement avérés négatifs. Elle ne sait néanmoins pas comment le CHU a opéré la sélection des étudiant.e.s. Emma a nettoyé les chambres du service pour réduire les risques de contaminations et d’infections. Elle assure avoir travailler dans de bonnes conditions, notamment pour le matériel mis à disposition. Les masques par exemple, étaient en quantité suffisante. Seuls les changement de surblouses étaient contraignants. “Dans la période actuelle, il faut encore plus faire attention aux déplacements des patient.e.s dans ce service, où des cas positifs étaient suspectés”, rappelle l’étudiante. Emma devait alors veiller à ce que les patient.e.s suspecté.e.s restent bien dans leurs chambres et ne déambulent pas dans les couloirs. Dans un autre service, où il y avait des cas avérés, les équipes soignantes étaient en combinaisons intégrale “c’était impressionnant”, confie-t-elle. A la suite de son réquisitionnement, Emma a “un sentiment de fierté” d'avoir participé et aidé dans cette lutte contre l'épidémie, en effectuant “un travail essentiel”“C’est une expérience enrichissante pour mon futur”, conclut-elle.

Des revendications des étudiant.e.s et
des infirmier.ère.s 

Les syndicats ont exposé leurs revendications pour le déconfinement. Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers demande une revalorisation du salaire infirmier de 300 euros par mois et “pas l'aumône”. Thierry Amouroux, porte parole du syndicat, souhaite une “ reconnaissance salariale des compétences et des responsabilités des infirmier.ère.s. plutôt qu’une prime par ci par là”.  Le SNPI réclame aussi une prime pour les EHPAD et les services à domicile du secteur médico-social. Le syndicat estime que “ces ser­vi­ces en grande souf­france doi­vent béné­fi­cier des mêmes mesu­res que les hôpi­taux”. De son côté, la Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Soins Infirmiers rappelle les droits des étudiant.e.s réquisitionné.e.s. Notamment sur le matériel mis à disposition, qui doit être identique à celui des professionnel.le.s. Des indemnités de transports sont aussi possibles. Le syndicat étudiant rappelle aussi l'obligation d'une convention de stage ou d’un contrat de travail pour protéger les étudiant.e.s. Enfin, ceux ou celles qui ont des critères de fragilité reconnus peuvent être exempté.e.s de tout contact avec les patient.e.s positif au Covid-19.

Des solutions pour l’après confinement ?

Le projet de loi pour la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 23 juillet prochain, présenté par Edouard Philippe, a été adopté en première lecture au Sénat ce mardi 5 mai. Il est en vigueur depuis la promulgation de la  loi du 23 mars dernier, et pour deux mois. Le Gouvernement a pris cette décision car le niveau de circulation du virus reste élevé et les risques de reprise épidémique sont avérés en cas d'interruption soudaine des mesures en cours. Une levée de l'état d'urgence le 23 mai serait donc prématurée”. Cette situation exceptionnelle permet notamment les placements en quarantaine ou à l'isolement de personnes ayant séjournées dans des zones de circulation du Covid-19. Les équipes enseignantes ont dû s’organiser en conséquence. A l’IFSI de Nantes, les partiels et les stages de fin d’année ont été reporté à l’année prochaine. Il est encore impossible pour le moment, de savoir si le Gouvernement prolongera une nouvelle fois l’état d'urgence sanitaire après le 23 juillet. Il devra prendre en compte l’avis du comité scientifique en charge de l’épidémie de Covid-19. Les étudiant.e.s pourront encore être réquisitionné.e.s jusqu’au 23 juillet. Les IFSI eux, n’ont pas prévus de rouvrir avant la fin de l’année universitaire. 

Le fabriquant de bottes en caoutchouc Aigle a repris sa production depuis le 4 mai 2020. Le retour au travail a été un véritable casse-tête pour les dirigeants.

La production a repris peu après les annonces de déconfinement du gouvernement le 28 avril dernier. Situé à Ingrandes sur Vienne (86), l'usine Aigle compte près de 1 000 employés. Spécialisée dans la fabrication de bottes en caoutchouc depuis 1853, la production a repris du service depuis le 4 mai. Avant le confinement, Aigle produisait des bottes en caoutchouc qu'elle vendait à travers le monde, mais sa production a soudainement été arrêtée. Une partie de l'atelier avait alors été réquisitionnée afin de produire des masques en tissu pour les collectivités. L'entreprise a cependant dû s'organiser pour le retour de ses ouvriers.

Une stratégie de retour longuement discutée

De nombreuses questions restent en suspens, comme le port obligatoire du masque ou encore une reprise à temps partiel pour certains. Le Premier Ministre Edouard Philippe a d'ailleurs annoncé que les usines allaient être en capacité de protéger ses employés, lors de son discours le 07 mai 2020 à Matignon. La direction de l'entreprise avait déjà pris ses précautions au préalable en commandant un stock important de masques en Asie il y a quelques semaines.

Afin d'être équitable, transparente et de répondre aux questions de ses salariés, Aigle a consulté ses responsables ainsi que ses syndicats afin d'établir le meilleur plan sanitaire possible. La direction l'affirme, une vraie discussion a eu lieu entre les différents échelons de l'entreprise. En effet, chaque responsable a été consulté afin de choisir le meilleur scénario de reprise. L'une des options était de reprendre en équipe, les syndicats ont cependant averti que certains employés avec des enfants ne pourraient pas travailler à 5 heures du matin dès le 4 mai. La solution choisie a été un retour progressif par secteur des employés, étalé sur une semaine. Il semblerait donc qu'Aigle ait été à l'écoute de ses salariés. La direction espère ne pas faire face aux protestations comme c'est le cas pour le groupe PSA.

Visite de l'usine Aigle à Ingrandes sur Vienne (86) Source : TV7 Bordeaux

Selon Stéphanie Lacroix*, responsable des secteurs montage, préparation et finition, "cela a permis une meilleure communication dans une entreprise de cette taille". Tout le monde étant en télétravail, les décisions se sont prises à distance. "Nous avons eu plusieurs réunions en visio-conférence, notamment avec la directrice du site Aigle, Virginie De Maillard", explique la jeune femme. La reprise a donc été encadrée afin d'assurer une sécurité pour tous.

Des mesures drastiques pour une protection optimale

Une telle communication est assez rare dans une entreprise de plus de 1 000 employés. Cela a permis aux employés comme Ludovic Jean* de moins appréhender le retour dans l'atelier. "On nous a prévenu deux semaines avant des précautions qui avaient été prises, et des changements qui allaient bouleverser nos journées de travail. Ils ont pris le temps de nous expliquer que nos pauses allaient être réduites, que nous n'aurions plus accès aux machines à café. On nous a aussi dit que l'accès aux vestiaires et aux douches nous serait interdit, ça risque d'être compliqué pour certains postes salissants".

Image d'illustration des mesures mises en place dans les usines.

Bien qu'organisée, cette reprise a été quelque peu déstabilisante pour les ouvriers. "J'ai dû ce matin partir de chez moi habillé en tenue de travail, vu qu'on n'a plus accès aux vestiaires. J'ai reçu deux masques en tissu à l'entrée pour 8 heures de travail. On revoit nos collègues mais à travers les plexiglas. C'est une ambiance étrange", témoigne David Crochu, ouvrier de l'usine depuis 20 ans. Ces mesures ont été prises afin de respecter les annonces faites par le gouvernement. Aigle a déjà annoncé équiper ses salariés de masques en tissus de leur production dès la semaine prochaine.

"Nous avons pris toutes les mesures nécessaires, nos employés seront protégés."

Affirme Stéphanie Lacroix, responsable chez Aigle.

Afin de décider des moyens à mettre en place, Aigle a décidé de s'appuyer sur les mesures qu'avaient prises d'autres entreprises de la région comme Fenwick-Linde (86). Ces mesures, bien qu'étant là pour protéger les salariés, les contraignent. C'est notamment le cas pour les pauses repas qui sont réduites de moitié, permettant ainsi un roulement et donc un respect des distanciations sociales. Le micro-ondes étant interdit, l'un des travailleurs a dû emporter un sandwich à midi et manger dans sa voiture. Certains comme Ludovic Jean ou David Crochu craignent un soulèvement de la part des ouvriers si la situation devait se prolonger, au vu de leurs conditions loin d'être idéales. Cependant, certaines conditions semblent difficiles à faire appliquer, comme l'interdiction de ventilateurs, lorsque l'on sait que des personnes travaillent au contact de fours à plusieurs centaines de degrés. La direction assure cependant que les mesures se seront pas permanentes. Tout dépendra de l'avancée de la production mais surtout des annonces du gouvernement.

Un déficit maîtrisable

Concernant l'aspect économique, Aigle SA a un capital de 6 126 332 euros, l'entreprise n'est pas non plus en déficit budgétaire. Le Coronavirus a eu un impact certain sur l'entreprise, cette dernière prévoit un chiffre d'affaire divisé par deux pour le mois de mai. Cependant la direction semble confiante, comme l'affirme plusieurs ouvriers ainsi que Stéphanie Lacroix "Nous sommes normalement en pleine période de production de bottes pour la chasse. Cette année les choses vont être un peu différentes, mais on ne prévoit pas de licenciements, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour". Pour preuve, un récent recrutement a eu lieu aux calandres, secteur qui retravaille la matière première afin de la préparer pour en faire une botte. Donc même si Aigle a connu un déficit de ses ventes au cours des deux derniers mois, les ventes par Internet ont pu continuer.

Fabrication d'une botte Aigle Source : Office du Tourisme de la Vienne

Une atmosphère positive semble planer sur l'entreprise, comme l'indique la directrice industrielle Nathalie Blanchet "Nos magasins devraient rouvrir courant semaine prochaine, au niveau mondial. Nous espérons ainsi éviter un déficit important". Le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, avait sonné l'alerte : l'économie doit repartir. C'est donc ce qu'essaye de faire Aigle, en ne poussant pas la productivité mais en optant plutôt pour une reprise en douceur. "Je devais travailler de 7h30 à 15h30 aujourd'hui, mais ils m'ont finalement laissé partir à 12h30 car le travail était fini", témoigne David Crochu. La direction semble donc avoir pris les mesures nécessaires pour reprendre une activité en toute sécurité.

* Certains noms ont été modifiés

Pendant le confinement, Marie-Laure et sa jument assurent la livraison à domicile pour les habitants. L'entraide de proximité permet au village de mieux supporter la crise sanitaire.

Depuis le début du confinement, Marie-Laure et sa jument sillonnent les rues du petit village breton pour livrer de la nourriture aux habitants. Le 16 mars dernier, Emmanuel Macron a annoncé un confinement strict pour tous les français afin de lutter contre la propagation du Covid-19. La solidarité est de rigueur pour assurer le ravitaillement des plus vulnérables. La jeune femme a décidé de mettre sa calèche au service des petits commerces de Romillé. “Les boutiquiers sont les premiers touchés par cette crise. Ils se retrouvent en grande difficulté économique. J’ai donc décidé de m’associer avec eux pour livrer les personnes qui ont peur de se déplacer.” explique-t-elle. Les clients passent commande auprès de la cavalière par SMS ou par voie électronique. Marie-Laure fait ensuite le tour des boulangeries, de la boucherie, du primeur et de l’épicerie de la commune pour préparer les paniers des habitants. Elle livre entre 10 et 15 commandes par jour.

“Ce sont essentiellement des personnages âgées qui font appel à mes services”, précise-t-elle. Les grandes surfaces sont des lieux à risques pour ces personnes, ainsi la livraison à domicile est une alternative que beaucoup adoptent. “Cette initiative nous permet de garder du lien avec nos clients. Il faut trouver des solutions pour tout le monde et surtout pour les plus exposés au Covid”. confie Anne Denay, gérante de la boulangerie Au bonheur gourmand. Crise sanitaire oblige, Marie-Laure ne quitte jamais son masque et ses gants. Sa calèche est équipée d’une bassine de javel lui permettant ainsi de désinfecter ses équipements régulièrement. Lors des livraisons, la distanciation sociale est respectée et les paiements dématérialisés privilégiés.

La calèche comme vitrine pour les commerçants

La livraison à domicile n’est pas la seule activité de la jeune femme. Elle soutient les commerçants du village en affichant gratuitement sur sa calèche des affiches publicitaires. Avec sa jument, elle circule régulièrement autour de l'Église pour assurer une visibilité aux petites boutiques de la commune. Cette initiative a été pensée par la mairie pour relancer le commerce de proximité. “Nous sommes conscients des impacts de la crise sur le circuit court. La calèche de Marie-Laure permet de faire connaître aux habitants les dates de réouvertures de certaines boutiques. Nous comptons sur la solidarité des romilléens et des romilléennes pour consommer local.” explique la maire.

La calèche permet aussi de promouvoir certains services peu connus des résidents. Ainsi, nous pouvons voir sur cette dernière les coordonnés d’un cabinet de réflexologie. “Je ne savais pas du tout que cette activité était présente à Romillé. C’est un moyen ludique de communiquer autour de ça, ça attire l’œil des enfants, on est intrigués”, confie Pierre, un habitant du village.

Et après le confinement ?

Le 11 mai signe la fin du confinement pour les français. L’avenir inquiète autant qu’il interroge. Si le Premier ministre a annoncé que les personnes âgées pourront, elles aussi, être déconfinées, leurs déplacements devront rester très limités.

Marie-Laure compte bien poursuivre ses services de livraison pour accompagner les plus vulnérables. “A long terme, j’aimerai en faire mon activité principale. Aujourd’hui je ne peux pas en vivre, je ne suis pas assez sollicitée. Je travaille actuellement avec la nouvelle municipalité pour développer des projets originaux. J’emmène régulièrement ma jument chez le vétérinaire et le maréchal ferrant, il faut que je rentabilise mes frais” explique cette dernière. La cavalière cherche donc des solutions pour tirer des bénéfices de son activité. Elle a commencé à démarcher certaines boutiques pour proposer aux clients les plus fidèles un tour de calèche dans le village et aux alentours. En échange, les commerçants devront lui verser une cotisation mensuelle. Ce système de partenariat peut alors inciter les habitants à consommer local. Les tours de calèche proposés par Marie-Laure permettent également de mettre en avant un moyen de transport alternatif, bon pour l’environnement.

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Contact : 06 80 61 33 92

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